Vélo urbain: une piste cyclable rien que pour moi!

Les pistes cyclables, c’est contraignant et elles ne vont pas partout. Mais on peut désormais emporter la sienne avec soi en vadrouille nocturne.

Un vélo équipé de la piste cyclable virtuelle XFire -- DR

- Un vélo équipé de la piste cyclable virtuelle XFire -- DR -

Les pistes cyclables, je n’aime pas beaucoup parce qu’elles me contraignent à rouler où l’on me dit de rouler. Personnellement, je préfère rendre dingues les automobilistes en zigzaguant au milieu du trafic et leur donner des sueurs froides pendant les heures de pointe. Je sais, c’est assez puéril et même dangereux, mais je suis sûr que vous aussi vous en faites, des trucs que je trouverais stupides si vous m’en parliez.

N’empêche, je trouve cette idée de la piste cyclable autonome et portative que vient de mettre au point une petite boîte américaine tout à fait enthousiasmante. Pas à cause de l’augmentation de la protection du vélocipédiste qu’elle sous-tend, évidemment, ce n’est pas le genre de la maison, mais bien grâce au potentiel d’agacement supplémentaire des bagnoleux qu’elle possède. Non seulement vous pouvez continuer à faire du gymkhana sur le boulevard Haussmann mais, framboise sur le kouign aman, vous pouvez prétendre que vous êtes dans votre droit quand les taxis vous font un bras d’honneur parce que vous venez encore de leur couper la route inopinément.

Le procédé est tout simplement, hum, lumineux et offre même un, re-hum, éclairage inédit sur la sécurité du cycliste urbain bien qu’il ne fonctionne que la nuit… Deux rayons laser émanant d’un bidule discret fixé à la tige de la selle et alimentés par des piles AAA banales forment deux barrières virtuelles de 60 cm à 1,2 mètre autour de vous, incitant les automobilistes à vous laisser autant d'espace que si vous circuliez sur une vraie piste cyclable!

Le XFire, c'est son nom de code, n’est pas encore vendu en France parce que les innovations technologiques n’arrivent dans les zones provinciales de la planète qu’avec un certain temps de latence, mais on peut déjà le commander à un distributeur britannique pour 29,95 livres. Je viens d'ailleurs de recevoir le mien et, même si je suis encore en phase de test, je suis assez d'accord avec Chris Juden, l’expert en sécurité vélocipédique interrogé par le Guardian (à Londres, on trouve le XFire jusque dans les supermarchés):

«La route ne reflète qu’une petite fraction de la lumière qui est projetée dessus. De plus, le conducteur ne regarde pas nécessairement le bitume puisque la recherche sur le mouvement des yeux montre que le regard se fixe plutôt sur ce qui peut représenter un risque, comme le trafic arrivant d’en face, les feux, les panneaux, etc.»

Du coup, au-delà de la petite gloriole que je tire d'être le tout premier français à en posséder un, je me rends compte qu'il est plus souvent repéré par les piétons et les autres cyclistes que par les types qui se curent le nez derrière leur volant en attendant que le feu repasse au vert. J'ai tenté de les sensibiliser à mon initiative, mais sans grand succès. Le laser, ils n'y voient que du feu, apparemment.

Bah, qu'importe! Ma piste cyclable personnelle est tout de même plus fun qu'un gilet fluo (je n'en ai pas) ou qu'un casque en polystyrène (argh!). Et si je me fais écraser avec, on pourra toujours la rebaptiser «couloir de la mort» pour faciliter son décollage commercial.

Hugues Serraf

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L'AUTEUR
Hugues Serraf est journaliste et auteur. Ses derniers livres : Ils sont fous ces juifs !, Petites exceptions françaises et L'anti-manuel du cycliste urbain. Retrouvez-le sur Twitter : @Hugues_Serraf Ses articles
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Publié le 04/11/2012
Mis à jour le 04/11/2012 à 15h19
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