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Tour de France 2013: et s'il finissait sur la butte Montmartre?

Camille Belsoeur, mis à jour le 25.10.2012 à 14 h 24

Une arrivée en haut de la célèbre butte parisienne lors de la dernière étape serait l'occasion de boucler la centième édition du Tour en apothéose.

Paris, en 2009. REUTERS/Benoit Tessier

Paris, en 2009. REUTERS/Benoit Tessier

Le départ de la centième édition du Tour de France en juillet 2013, dont le parcours sera dévoilé mercredi 24 octobre, s'annonce spectaculaire. Pour la première fois de son histoire, 110 ans après sa création, la Grande boucle s'élancera de Corse, où les stars du cyclisme mondial batailleront pendant trois jours entre mer et montagne.

Et si l'on en croit les rumeurs persistantes –double ascension de l'Alpe d'Huez et un contre-la-montre autour du Mont Saint-Michel– l'île de Beauté ne devrait être qu'une mise en bouche d’une édition particulièrement spectaculaire. Les organisateurs étant désireux d'en mettre plein la vue aux (télé)spectateurs –sponsors obligent– pour ce Tour puissance 100.

Mais comme tout chef d'œuvre cinématographique exige un épilogue réussi pour conquérir public et critiques, le Tour de France 2013 doit se conclure en feu d'artifice pour entrer dans la légende. Il semblerait que les organisateurs aient opté pour une dernière étape entre Versailles et Paris avec arrivée nocturne sur les Champs-Elysées. Mais j'ai quelque chose de mieux que cette petite variation de la traditionnelle arrivée sur les Champs à souffler à l'oreille de Christian Prudhomme: une arrivée en haut de la butte Montmartre. Trois raisons à cela.

Une alternative aux Champs

Les Champs-Elysées comme tremplin final vers le podium cérémonial du Tour, le petit monde du vélo en a pris l'habitude. Comme un refrain jamais démodé, «la plus belle avenue du monde» est, sans interruption depuis 1975, l'ultime ligne droite de la Grande boucle. Avant cela, le peloton achevait son marathon de trois semaines sur l'ancien vélodrome du Parc des Princes, de 1903 à 1967, puis sur la piste de la Cipale jusqu'en 1975. 

Pour son centenaire, le Tour doit donc prendre de la hauteur. Et poser ses valises sur le parvis de la basilique du Sacré-Cœur. Surtout que Christian Prudhomme a annoncé vouloir rendre hommage aux monuments de France pour cette édition 2013. Une aubaine puisque la célèbre basilique est le deuxième site le plus visité de la capitale en 2011, selon l'Office national du tourisme.

Un col hors-catégorie en Vélib'

Sur les pavés des Champs, le suspense n'existe pas. Depuis 1975, seuls les sprinteurs, ou presque, lèvent le bouquet du vainqueur devant l'Arc de Triomphe. Sur 38 arrivées, seulement quatre ont vu une échappée rallier la ligne d'arrivée avant le peloton. La palme du spectacle étant décernée à Bernard Hinault et Joop Zoetemelk, les deux premiers du classement général en 1979, qui s'étaient livrés cette année là un duel épique pour la victoire d'étape. Plus récemment, en 2005, le Kazak dopé aux vitamines d'EPO Alexander Vinokourov s'était imposé d'une courte tête devant la meute de sprinteurs. 

Si l'ascension de Montmartre depuis la place Blanche via la rue Lepic n'est pas très longue (950 mètres), le pourcentage moyen de la pente, 7,3%, est suffisant pour provoquer un bel écrémage dans le peloton et mettre un terme à ces monotones sprints massifs (quatre victoires consécutives du Britannique Mark Cavendish depuis 2009).

Capture d'écran de Google Maps

Surtout en imaginant un circuit final avec plusieurs passages sur la butte, sur le modèle des Champs-Elysées où les coureurs parcourent, selon les années, de 6 à 8 fois une boucle de 6,5 km. Et puis la butte du Sacré-Coeur à tout de même une belle réputation de col hors-catégorie auprès des utilisateurs du Vélib'.

Bataille pour le maillot jaune

Enfin, pour casser la stupide tradition de «pacte de non-agression» entre les leaders du classement général lors de la 21e étape, un dernier raidillon est l'idéal. Depuis les années 1990, la lutte pour le maillot jaune se termine en effet officieusement la veille de l'arrivée finale. Une pratique de plus, avec les oreillettes ou les courses de côte en montagne, qui conduit à une aseptisation de la course.

La légende se modèle à coups d'exploits et de retournements de situation inattendus. Comme en 1947, lorsque le Français Jean Robic arracha le maillot jaune lors de la dernière étape et remporta le Tour, sans avoir jamais porté la précieuse tunique en trois semaines de course. 

Alors oui, en cas de classement général serré, avec une poignée de secondes entre le leader et son dauphin, le destin du Tour pourrait basculer sur les pavés de Montmartre. Et nous offrir un remake du duel légendaire Lemond-Fignon de 1989

Camille Belsoeur

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