Oui, la Suisse est la meilleure démocratie d'Europe
Le pays du secret bancaire, des montres de luxe, de Davos et des référendums interdisant les minarets est aussi celui qui implique le plus ses citoyens dans le processus de décision, loin de toute peopolisation politique.
- A Sarnen, en Suisse, en 2012. REUTERS/Denis Balibouse -
Secret bancaire, tyrolienne et horlogerie. Voilà ce qu'évoque la Suisse à la plupart de nos concitoyens. Mais les Français connaissent très mal le système politique de ce pays pourtant frontalier et francophone.
C'est regrettable, car l'ancienne République helvétique est un haut-lieu de la démocratie. Sûrement le pays européen où le peuple est le plus impliqué dans le processus décisionnel. Car, loin de cantonner le citoyen à un rôle d'électeur, mobilisé une fois tous les cinq ans pour élire ses représentants, la démocratie directe suisse lui permet de s'investir pleinement dans la vie politique de son pays.
Mais avant de vous révéler le secret de la démocratie suisse, commençons par rappeler que ce petit territoire montagneux de moins de 8 millions d'habitants est une République fédérale, composée de 26 cantons, disposant chacun de leur propre Constitution.
Comme dans la plupart des régimes actuels, le corps électoral suisse (environ 5 millions de personnes) élit ses représentants qui siègent à l'Assemblée fédérale. Celle-ci est composée de deux chambres (le conseil des États et le Conseil national) aux pouvoirs identiques.
Ensuite, et c'est là que les choses deviennent intéressantes, le gouvernement –appelé Conseil fédéral– est composé de 7 personnes, élues par le Parlement en suivant une règle tacite, appelée la formule magique qui vise à y faire siéger les principales forces politiques du pays. Le président suisse, dont le rôle est honorifique, est élu pour un an parmi les 7 conseillers fédéraux. Il n'existe donc pas à proprement parler de parti d'opposition, vu que la plupart sont représentés au gouvernement.
Cette particularité pousse les différents partis à rechercher le consensus et la stabilité plutôt que l'affrontement, ce qui vaut à la Suisse d'être considérée comme une démocratie consociationnelle, en opposition aux démocraties majoritaires.
Ceci n'empêche pas pour autant les partis, notamment le parti nationaliste UDC, de critiquer l'action d'un gouvernement dont il est membre. Globalement, «le pouvoir politique est très faiblement concentré dans le système politique suisse. Avec l’autonomie cantonale et le bicamérisme, les droits populaires forment un système pour imposer un partage équilibré des pouvoirs politiques entre la fédération et les cantons», résume le sociologue Antoine Bevort dans son article intitulé Démocratie, le laboratoire suisse.
Le pouvoir aux citoyens
Mais ce qui différencie vraiment la Suisse de la plupart de ses voisins européens, c'est le recours intensif à la démocratie directe. La possibilité laissée aux citoyens de s'exprimer sans passer par le truchement de représentants.
Ainsi, depuis 1848, date de l'entrée en vigueur de leur Constitution, les Suisses ont eu recours 565 fois au référendum. D'ailleurs, «plus de la moitié des référendums nationaux réalisés dans le monde ont eu lieu en Suisse», rappelle le politologue suisse Antoine Chollet, auteur de l'ouvrage Défendre la démocratie directe. Et les types de référendum sont multiples:
- Référendum obligatoire: Pour toute modification de la Constitution, ou toute adhésion aux organismes internationaux, une double majorité de la population et des cantons doit être réunie. Depuis 1848, il y a eu 214 référendums obligatoires et 160 ont été acceptés.
- Référendum facultatif: Les citoyens suisses, à condition de réunir 50.000 signatures dans les 100 jours suivant l'adoption d'une loi, peuvent déclencher un référendum pour la faire rejeter. Le référendum facultatif a permis au peuple de rejeter 93 lois depuis 1848 (sur 169 tentatives). «Pour les organisations politiques ou syndicales, il est très facile de recueillir les 50.000 signatures qui correspondent à environ 1% du corps électoral. Il est même arrivé qu'elles soient recueillies en un week-end», raconte Antoine Chollet.
- Initiative populaire: Le peuple suisse peut déclencher un référendum pour modifier la Constitution. Pour cela, 100.000 signatures doivent être récoltées en 18 mois.
A titre de comparaison, le référendum n'a été utilisé en France que 9 fois depuis 1958, tandis que sur la même période les Suisses se sont exprimés près de 400 fois.
Et la liste des «droits populaires», terme utilisé pour qualifier les leviers de démocratie directe à la disposition de la population, ne s'arrête pas là. Les votations que l'on retrouve au niveau fédéral sont déclinées au niveaux cantonal et municipal.
«Les cantons ne connaissent pas seulement l’initiative populaire constitutionnelle, mais aussi l’initiative populaire législative qui donne la possibilité aux citoyens de proposer l’adoption d’une nouvelle loi. Certains cantons ont instauré également le référendum financier –par lequel certaines dépenses publiques doivent être approuvées par les électeurs– ainsi que le référendum législatif. Dans ce dernier cas, toutes les lois adoptées par le Parlement cantonal doivent être soumises au vote des électeurs», détaille Antoine Bevort.
L'attrait suisse pour la démocratie directe se vérifie encore davantage au niveau communal. Une partie des communes disposent d'un Parlement (dit système extraordinaire), tandis que les autres sont dotées d'une assemblée communale (système ordinaire) où tous les citoyens sont appelés à participer et à voter. Cette forme d'assemblée est celle qui se rapproche le plus de la démocratie athénienne, où les citoyens, réunis en ecclesia, discutaient ensemble des affaires de la Cité.
Ce partage du pouvoir entre le peuple et ses représentants présente de nombreuses vertus. Pour Antoine Bevort, les multiples votations «alimentent de façon quasi continue des débats politiques approfondis sur tous les sujets qui importent dans les affaires de la cité», ce qui élève les citoyens au rang de «politiciens occasionnels».
Ainsi, les grands enjeux de société sont débattus tant au niveau fédéral (retraites, laïcité...), que local (ramassage des ordures, construction de maisons secondaires dans des zones protégées...).
Pour autant, les citoyens ne sont pas appelés à voter tous les jours. Pour des raisons de coût, les votations sont organisées 4 jours par an. Et les citoyens n'ont même pas à se rendre au bureau de vote. Ils reçoivent chez eux les bulletins qu'ils n'ont qu'à renvoyer par voie postale.
Pouvez-vous citer un homme politique suisse?
Cette implication constante de la population permet de déplacer «les enjeux de la vie politique des questions de personnes aux questions politiques, ce qui distingue singulièrement la Suisse de la vie politique française grandement polarisée par l’enjeu présidentiel. [...] La démocratie directe limite la professionnalisation et la personnalisation de la politique», souligne Antoine Bevort. Les représentants étant contraints de partager leur pouvoir avec le peuple, la vie politique n'est pas, comme c'est le cas en France, parasitée par une peopolisation outrancière des gouvernants.
C'est pourquoi, quand le philosophe Jean-Paul Jouary, lors du concours d'entrée à l'IEP Paris, demande aux étudiants de lui citer un homme politique suisse, il n'obtient que très rarement de réponse.
Les parlementaires, bien que leur salaire ait grandement augmenté ces dernières années, ne sont en théorie pas des professionnels de la politique. Le partage du pouvoir avec le peuple les pousse à plus de transparence et de proximité. Cela se vérifie notamment dans la rédaction des textes de lois qui doivent être courts et intelligibles par la majorité de la population (exemple d'un texte sur la réforme de l'Etat récemment soumis au vote).
Enfin, l'implication des Suisses dans le processus de décision fait d'eux des citoyens plus éclairés.
«Plus on offre aux citoyens des opportunités de participer à la vie politique, mieux ils sont en effet informés», assure Antoine Bevort en se fondant sur les résultats d'une enquête, réalisée dans différents pays européens dont la Suisse, qui met en évidence la corrélation entre l'étendue des dispositifs de démocratie directe et les connaissances politiques. Et ce n'est pas tout. Le Guide de la démocratie directe, rédigé par plusieurs universitaires, met en évidence qu'un haut degré de d'implication populaire ne nuit pas à la performance économique, bien au contraire. L'implication des citoyens tend notamment à limiter l'évasion fiscale.
Une démocratie conservatrice
Pour autant, la démocratie directe ne fait pas que des heureux en Suisse. Elle ne subit pas d'attaque frontale mais elle est de plus en plus remise en cause par les parlementaires de façon insidieuse. Les critiques se font surtout entendre à droite, où les politiques, pour préserver leur prérogatives, souhaiteraient limiter le nombre des votations ou ne pas soumettre des sujets jugés trop techniques à la population.
«Sauf que derrière ces critiques tactiques se cache une critique de la démocratie elle-même», analyse Antoine Chollet qui explique que la gauche suisse émet elle aussi des réserves, arguant que la démocratie directe permet l’émergence de votations contraires aux «droits fondamentaux».
Certains scrutins récents ont effectivement donné du grain à moudre aux détracteurs de la démocratie directe. Dernièrement, les Suisses ont ainsi voté pour l'interdiction de construire des minarets et pour le renvoi des criminels étrangers. Des dérives xénophobes que l'artiste plasticien suisse Thomas Hirschhorn, interrogé par Les Inrockuptibles en 2009, attribue au mauvais fonctionnement de la démocratie directe:
«Il y a cinq ans déjà, avec mon exposition Swiss Swiss-Democracy, j’avais voulu donner forme à cette inquiétante dérive de la démocratie directe, qui a pour logique de trouver un consensus; mais on ne peut vivre dans le consensus avec un fascisme larvé. Comment prétendre incarner la démocratie parfaite si, dans le même temps, cette démocratie se ferme à l’autre et se replie sur elle-même?»
Le politologue Antoine Chollet réfute cette accusation. Pour lui, ce n'est pas la démocratie directe qu'il faut juger, mais plutôt le conservatisme et le repli sur soi inhérents à la société suisse.
«Dans les années 1970, il y avait déjà des votes catastrophiques en Suisse sur les étrangers. C'est malheureusement une vieille tradition suisse. En 1848 par exemple, les juifs avaient interdiction de travailler dans l'administration fédérale et pendant longtemps les clochers catholiques étaient interdits dans les cantons protestants.»
Si la xénophobie, banalisée par le parti nationaliste UDC, est mise en avant pour contester la démocratie directe, notons tout de même qu'au moment où les Suisses interdisaient les minarets, l'Union européenne accusait la France de discrimination raciale au sujet de sa chasse aux Roms (problème toujours d'actualité), sans pour autant que le principe de démocratie représentative soit remise en cause de notre côté de la frontière. Sans oublier que les votations controversées représentent une infime partie des scrutins. Ainsi, depuis 1970, seules 6% des votations fédérales étaient consacrées aux questions de sécurité alors que dans le même temps, l'environnement et la politique sociale comptaient respectivement pour 21% et 23% des consultations.
Prendre le risque de la démocratie
Néanmoins, d'autres phénomènes viennent ternir l'étendard de la démocratie suisse. Le puissant lobby ÉconomieSuisse s'implique énergiquement pour faire barrage aux lois et votations qui pourraient aller contre les intérêts patronaux.
La faible participation aux votations est également pointée du doigt comme une limite de la démocratie représentative. Avec une moyenne de 45% sur la dernière décennie, la participation n'est effectivement pas transcendante. Antoine Chollet précise néanmoins que pour les sujets importants, la participation peut atteindre 80% et que pour certains textes, «il y a une forme d'autocensure des citoyens. S'ils ne se sentent pas compétents ou s'ils n'ont pas le temps de s'informer sur un sujet, ils ne vont pas voter».
Il insiste également pour que l'on compare le taux de participation de la démocratie directe suisse, qui permet à plusieurs millions de citoyens de s'exprimer, avec celles des systèmes représentatifs où seuls quelque centaines de parlementaires donnent leur avis.
Quant à la lenteur supposée du système, le politologue ne la considère pas comme problématique, au contraire. «La démocratie a besoin de temps pour se développer. L'urgence a toujours été le moyen de gouvernement de l’exécutif et des dictatures», rappelle-t-il.
Alors certes, la démocratie suisse n'est pas irréprochable. J'avoue ne pas comprendre comment ils ont pu refuser deux semaines de vacances supplémentaires. Mais il serait dommage de se priver de ce formidable outil d'émancipation qu'est la démocratie directe sous prétexte que le peuple est faillible.
«La démocratie comporte des risques, mieux vaut être prêts à les prendre que de la contraindre dans des limites qui vont l'appauvrir», tranche Antoine Chollet. Mais avant de s'interroger sur la capacité du peuple à gouverner, questionnons celle de nos représentants, qui ont piteusement échoué dans leur gestion des crises environnementales et économiques, actuelles et à venir.
Alors oui, il ne fait aucun doute que la Suisse est actuellement la démocratie –«le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple», selon l'expression de Lincoln– d'Europe la plus avancée, en termes de souveraineté populaire et d'implication des citoyens dans la prise de décision. En somme, ce que l'on est en droit d'attendre d'une démocratie.
Emmanuel Daniel
Mis à jour le 14/10/2012 à 9h34













































Comme de ma grand-mère, de la Suisse maman dit platement du bien. Mais vaguement, comme si elle ne parlait que de l'air de la Suisse, ou de son gazon. À moins que la Suisse des riches ne soit justement que ce gazon sans terre, ce linceul décent étendu sur un corps caché ou absent.
Je n'ai pas envie d'aimer cette Suisse. Telle que ma mère me la décrit, c'est un lieu sage et triste, un lieu inodore, dont on parle avec respect en baissant la voix, mais où aucun être jeune ne pourrait avoir l'idée d'aller s'installer pour commencer une vie nouvelle et encore moins pour gâcher plus follement l'ancienne.
La Suisse est le calme cimetière où dorment les morts de notre famille et les vivants indifférents à notre destinée. Et c'est notre pays. Nos passeports portent sa marque : une petite croix nette, blanche, découpée soigneusement dans le rouge brutal de la couverture cartonnée.
Lika Spitzer (Le Tournesol de Davos)
Oui le peuple en Suisse se prononce souvent sur tout et parfois n'importe quoi... La principale vertu de cela est de mettre une certaine pression sur nos élus. Mais surtout cela permet une certaine continuité dans la vie politique. Certains dirons un long fleuve tranquille, mais cela évite surtout tout les 5 ans de voir un gouvernement détricoter la législature précédente.
C'est une avancée constante, certes lente et parfois non significative, mais une avancée sereine, ce n'est pas pour autant qu'elle est plus pertinente. Le principal avantage c'est que le peuple ne pourra jamais s'en prendre à ses parlementaires et critiquer leurs choix puisqu'il peut intervenir en tout temps ou presque... Est-ce que cela est bien ? Je n'en suis pas toujours convaincu. La démocratie dans l'antiquité a reçu de nombreuses critiques de la part des philosophes qui voyaient en elle la porte ouverte à la démagogie et au populisme. Est-il plus facile d'être démagogue et populiste quand on reçoit un chèque en blanc pour 5 ans comme en France, ou au contraire est-ce que le système en Suisse pousse nos hommes et femmes politiques vers un populisme quasi quotidien pour à défaut de recevoir le soutien populaire, au moins éviter les bâtons dans les roues...
En ce qui concerne les sujets "scabreux" interdiction des minarets, renvoie des criminels étrangers, la Suisse est souvent montrée du doigt pour sa dérivé xénophobe, cela est simplement du au fait que le système permet de poser les questions de société actuelle, et malheureusement le peuple donne souvent une réponse (trop?) émotive à la question.
Demandez à votre président un petit référendum sur une question de ce genre, ça nous ferait plaisir de ne plus être les seuls "racistes" du continent :)
De combien de semaines de vacances disposent les Suisses, je n'en sais rien.
Cependant, je m'étonne que vous ne compreniez pas pourquoi un vote démocratique refuse des congés supplémentaires.
La crise, tout ça... Il n'y a pas que des banquiers en Suisse. Et la population craint peut-être pour la pérennité de ses emplois?
Ce sujet mérite d'être creusé pour être compris non?
La question qui était posé à l'éopque était de savoir si le MINIMUM de vacances en Suisse devait passer de 4 à 6 semaines.
Le minimum légal est maintenu de 4 semaines, par contre ça n'empêche aucun employeur de donner plus. La grande majorité des fonctionnaires ont 5 semaines, et de nombreux employés du privé également.
Pourquoi on a voté contre ? EconomieSuisse a bien fait comprendre le risque que cela engendrerait pour l'emploi... et comme ils disposent de moyens quasi illimités pour faire campagne il n'y avait pas trop de doute sur la question.
Juste pour que vous compreniez le système, rien n'empêche dans 1 ou 2 ans à un syndicat qui recueillerait les 100'000 signatures de lancer un référendum pour 5 semaines de vacances.
C'est un peu comme ça que cela marche. On demande l'impossible pour tenter d'avoir le minimum lors de la prochaine tentative.
On est aussi un pays qui accepte régulièrement les hausses d'impôts :)
J'ai toujours pensé que la Suisse était la seule vraie démocratie, mais lorsque l'on voit que ses citoyens choisissent par referendum quatre semaines de congés payés par an plutôt que cinq, je me dit qu'une bonne dictature ne pourrait qu'arranger leurs droits sociaux.
@marianne ARNAUD
Ce bien germanique de pays m'attire pour sa diversité, son originalité et sa propreté tout autant qu'il me débecte pour la fadeur de ses habitants et... sa propreté.
@ dreadcast
Je dois reconnaître que j'ai un peu de mal avec cette Suisse "meilleure démocratie d'Europe" parce qu'elle m'a déchue de ma nationalité de naissance - non pas parce que j'étais le moins du monde une criminelle, à moins de considérer qu'épouser un jeune médecin français ne soit un crime - et que j'ai refusé de renoncer sur l'honneur à la nationalité française acquise par le mariage.
c'était une ancienne pratique qui depuis a été abandonné...il fut c'est vrai un temps ou la double nationalité n'était pas accepté, tout simplement. On ne vous a pas déchu de votre nationalité à l'époque, on vous a demander de choisir...ce qui n'était de mon point de vue en rien révoltant, vous pouviez rester Suisse ou choisir cette nationalité française, et même maintenant vous pouvez si je ne m'abuse la redemander.
Il y a une dérive dans l'article qui semble vouloir confondre socialisme laxiste( chacun veut vivre sur les dos des autres, cf les critiques de Tocqueville) avec démocratie réelle( chacun comprend sa responsabilité).
Une vraie démocratie ne peut-être que de droite( dans la vision politique française mais cela peut aller plus au centre dans d'autres pays, et à gauche dans le passé), car décentralisée et la somme des individualismes, sinon il s'agit d'une dictature démocratique par l'intermédiaire de l'état qui cherche juste la paix sociale en prenant aux uns pour donner aux autres en fonction du pouvoir en place( diviser pour régner).
La démocratie tient par l'éducation de la population, en général les sociologues la relie à la taille de la classe moyenne, qui vit principalement du commerce et de l'innovation, ce sont les gens qui ont donc une activité de gestion et de risque, qui comprennent ce que c'est que d'équilibrer les ressources, les rentrées et les dépenses, ainsi que d'essayer de prévoir l'avenir et les conséquences à long terme de décisions prises sur le moment. La démocratie est la mise en commun de ressources pour être plus facilement gérées en commun( et ainsi moins coûteuses en temps argent et complexité), cela n'a strictement rien à voir avec une quelconque "redistribution sociale" ou "plus de droits".
Alors arrêtez de mêler les résultats de référendums à la qualité de la démocratie, cela n'a strictement rien à voir.
Où est la crédibilité d'une personne qui tape sur la démocratie uniquement parce qu'il n'est pas "d'accord" avec la conclusion de votes ? elle n'a qu'à aller convaincre les gens, sinon elle n'est tout simplement pas démocrate, car si on veut que son point de vue gagne, on devient tous avocats dans une démocratie, ce qui requiert donc du temps, c'est aussi pour cela que la démocratie a commencé par le haut de la société( les nobles ou les grands commerçants qui votaient), par ceux qui avaient les moyens d'avoir du temps pour discuter; alors si vous voulez par exemple donner plus de "congés" aux gens vous pouvez utiliser l'argument que cela soit du temps réservé pour étudier de grandes questions et débattre.
Ok, maintenant que l'on sait qui est la meilleure démocratie d'Europe, ne serait-il pas intéressant de savoir qui est la pire ?
Moi, j'en connais une dans laquelle :
- les élus adorent cumuler les fonctions rémunératrices et beaucoup de ceux, au PS, qui avaient promis de ne plus cumuler si Hollande était élu continuent de le faire sans aucune gène (alors qu'ils ont TOUS signé un contrat avec le PS promettant de le faire avant fin septembre 2012)
- les députés adorent embaucher leur femme et enfants comme collaborateurs surpayés (3 ou 4 fois le salaire d'un assistant normal) avec l'argent des contribuables
- les "représentants du peuple" on voté une constitution européenne pourtant rejetée par référendum en 2005 par le peuple
- des élus à tous les niveaux abusent de leurs pouvoirs par exemple pour s'attribuer des apparts de fonctions, des voitures de fonction, des augmentations de rémunérations, des voyages tous frais payés, offrir des marchés publics à leurs amis, etc etc
Je pense qu'on a toutes nos chances !
Le principal reproche qui veut que certain vote soit rascite est une utopie...parce que contraire à la réalité, une initiative (c'est la que c'est le plus criant) doit d'abord passé devant nos élus pour être déclarée recevable avant de passer devant le peuple. Il est vrai par contre qu'ils doivent faire très attention à bien analyser la situation car il risque leur poste au prochaine élections si ils leur prenaient l'envie de refuser une initiative au peuple. La votation sur les minarets ne vous en déplaise est totalement conforme au droit international et ca a été confirmé par la cour européenne dont acte. Chiche a vous d'organiser cette votation qui montrera à l'envie le divorce dans les pays européens entre les élites politiques et le bon sens du peuple.
La dernière initiative sur laquelle nous n'avons pas eu a voter car le texte a été retiré par son auteur avant passage devant le parlement était sur la réintroductioon de la peine de mort dans certains cas. il aurait été intéressant de voir la réaction du parlement et peut-être du peuple.
Pour le reste, si la Suisse peut passer pour froide , elle est surtout, à l'inverse du friendly US ou l'on oublie le lendemain la personne rencontrée le soir...Ici il faut donner du temps au temps et si je peux me permettre, nous malgré les critiques, pouvons vous donner des leçons d'intégration des étrangers car nous avons peu de guettos voir pas du tout, sommes très exigeant avec eux et les mettons sous pression, c'est totalement vrai. Par contre nous acceuillons plus de 25% d'étranger et avons pendant la guerre pris en nombre réel le plus de réfugié de toute l'europe...c'est peut-être lem moment de relativiser les jugements sur cette suisse que certaines élites ne cessent de croire rasciste.
C'est en tous cas ce qu'affirme le président de la chambre haute du parlement allemand, en réponse à une proposition de loi du ministre des finances sur la fuite des capitaux allemands vers la Suisse.
Il a dit texto " Les banquiers suisse sont des délinquants et on ne peut pas négocier avec des délinquants".
Une grande partie de l'économie souterraine, corruption, drogue, délinquance financière est hébergée dans ce pays qui le réinvestit, pour le blanchir, dans des sociétés de services qui font tourner la machine.
En gros, ce pays est à lui seul un gigantisme receleur, et je n'ai aucune envie de comparer un pays de ce type à ce que j'appelle une démocratie, mais si certain aspects "populistes" sont traités par voie référendaire.
Mais pourquoi l'Allemagne, l'Europe en général et les Etats-Unis affirment-ils que la Suisse est "un repère de délinquants financiers"?
Cela n'a rien à voir avec un quelconque sursaut éthique, il s'agit purement et simplement d'une guerre économique.
La Suisse est le premier pays du monde à avoir bloqué les avoirs financiers des dictateurs des pays du Printemps Arabe... Qu'a fait le modèle de démocratie qu'est la France? Et Dieu sait que les actifs de ces dictateurs déchus sont légion à Paris et sur la Riviera.
Bien sûr, la Suisse a profité de son secret bancaire (aujourd'hui à la dérive) et de son taux d'imposition mais - tenez-vous bien - les Services Financiers hors Assurances représentent moins de 10% du PIB du pays! Pharma, biotechnologies, industrie des machines, pièces de précisions, hôtellerie... Voilà les vrais moteurs de l'économie helvétique. Les clichés de pays profiteur et peu regardant des droits humains sont en grande partie relayés par les leadeurs de pays européens... sans le sous!
Le succès de la Suisse n'est en grande partie pas dû à son secteur financier.
La Suisse a été beaucoup mieux gérée. Et - l'auteur de l'article l'a illustré - cela tient majoritairement à son système de démocratie directe, rendant impossible "l'achat" pur et simple de votes par l'accroissement de dette, technique vastement répandue parmi les républiques bananières européennes jusqu'à il y a peu. Voir les doublons à tous les échelons dans la fonction publique française ou les quelques 76 aéroports neufs et désespérément vides en Espagne...
Un paradis fiscal, actif, peut-il être un exemple démocratique ?
Ça dépend, la France n'est pas un exemple démocratique selon vous?
L'avantage de la Suisse, c'est sa stabilité et sa simplicité qui découlent de la notion même de démocratie. Les lois prennent du temps à être écrites et approuvées et elles sont toujours suffisamment simples pour être comprises par la majorité. Vous avez jeté un oeil aux lois fiscales françaises? Vu à quelle fréquence elles changeaient? Même si la Suisse abandonne les plus controversées de ses mesures fiscales, de riches étrangers continueront à venir s'y installer.
Confederatio Europae?
Pourquoi pas? Le modèle peut inspirer.
Des agglomérations, des régions, et la C. E. avec un Gouvernement élu à la proportionnelle, un Parlement, un Sénat pour modérer, un représentant symbolique. Le régalien C. E. , le reste local avec un minimum à garantir à ses résidants.
Qu' ensuite les régions, les agglomérations se font leur petites popotes comme bien leur semble, pourvu qu' ils restent dans les clous financiers imposés, pourquoi pas?
Une constitution commune, quelques règles garantissant la bonne santé financière, les libertés individuelles, une planète intacte et saine, une éducation et une santé/ hygiène publique minimale. Une justice terminant devant une cour C. E. , une police locale mais fortement en réseau C.E., des communications au niveau C. E.
Pourquoi pas? J. F. D. I.
D'accord avec l'apologie de la démocratie directe. Le système est beau, propre et fonctionne sûrement.
Mais la Suisse a une histoire qui favorise le développement d'une gestion harmonieuse. Banque mondiale des fonds constitués sur le vol des richesses du Tiers-Monde, le pays cartonne et est si riche qu'il est inattaquable. Les fameux votes incessants qui appelle les citoyens aux urnes pour se prononcer sur n'importe quoi sont méritoires mes dévoile la chimère de l'absence d'enjeu politique. On est plein aux as, on fait en sorte de garder les pauvres hors de chez nous et ensuite, on fait joujou en votant sur la couleur des trains ou le nombre de virage que tel chemin de campagne doit compter.
Le spectacle des réfugiés africains contraints de loger dans des camps (oui, des camps) la nuit dont ils sont expulsés durant la journée, interdits d'activité et recevant un pécule dérisoire qui doivent vivre dans les villes qui vomissent l'argent, l'arrivée à la présidence l'an prochain d'un imbécile arriéré grâce au mécanisme magique des rotations et le maintien des procédés bancaires opaques permettant aux tortionnaires d'épargner l'argent de leur peuple dans les banques helvétiques balancent l'heureux constat présent.
La Suisse est donc la meilleure démocratie d'Europe. Comme l'industrie nucléaire est la meilleure source d'énergie.
Bonjour,
Merci pour ce commentaire. Deux choses cependant :
Et non, la Suisse n'est pas qu'un repaire d'exilés fiscaux et de banquiers :
http://www.romandie.com/news/n/Pres_d039un_million_de_pauvres_en_Suisse151020121056.asp
Et non, les Suisses ne votent pas que sur la couleur des trains. Nombre de votations concernent des sujets aussi importants que la fiscalité, le système de retraites ou encore l'interdiction d'exporter du matériel de guerre.
Je vous invite à jeter un œil aux archives des votations :
http://www.ch.ch/abstimmungen_und_wahlen/01253/01265/01299/index.html?lang=fr
Mais il est vrai, comme l'ont fait remarquer plusieurs commentaires, que la Suisse n'est pas pour autant le pays des Bisounours. On peut notamment déplorer la puissance des lobbies qui influent sur les votes et les élections, quand ils ne sont pas directement au Parlement. Mais en ce qui concerne l'implication du peuple dans le processus de décision, il est difficile de faire mieux que les Suisses.
:::::Troll spotted:::::
Tant de jalousie et de méchanceté gratuite sont rarement visibles dans les commentaires sur Slate.fr
À propos de la richesse de la Suisse: le peuple accepte régulièrement des hausses d'impôts, de nouvelles taxes et s'est fait un devoir de mettre un frein à l'endettement public bien avant que les pays européens ne soient inquiétés pour leurs dettes faramineuses. Par conséquent, l'Etat est riche, enregistre des bénéfices record et investit. Forcément, cela rend jaloux.
Ensuite, le peuple s'est prononcé sur le frein à l'endettement, des projets ferroviaires de plusieurs milliards et autres objets que l'on ne peut pas qualifier de «joujoux». Oui, il s'est aussi prononcé sur des minarets et autres détails parce que cela fait aussi partie du «vivre ensemble».
À ce propos, la situation peu enviable des requérants d'asile en Suisse n'est pas aussi dramatique que dans bien d'autres pays d'Europe. Ils touchent un pécule dérisoire, certes, mais ils n'ont rien en Italie. Ils vivent dans des lieux peu accueillants oui, mais ils ont au moins un toit. La situation de ces requérants fait régulièrement débat en Suisse car le peuple est bien conscient de la réalité de ces problèmes. Laissons-lui le temps de trouver la solution qui le satisfera le plus car il ne supporte pas les solutions politiciennes rapides ni le statuquo qui sont trop souvent choisis par d'autres démocraties.
Enfin, les «procédés bancaires opaques» ne sont pas l'apanage de la Suisse ni des banques helvétiques. Ils sont tout autant utilisés par les banques américaines, françaises et britanniques avec l'avantage pour celles-ci d'avoir un gouvernement uni derrière elles.
La Suisse se paye finalement le luxe d'abandonner l'industrie nucléaire que vous détestez tant, tout comme elle se paye le luxe d'être une démocratie efficace et moderne.
Vive la Suisse! }8-(:)
dans les avis des lecteurs on peut noter qu'il y a de nombreux préjugés pas toujours actuels, personnellement pour vivre la-bas depuis 13 ans je peux faire la part des choses; il y a des choses que je trouve très intéressantes telles que les autoroutes gratuites et des sorties plus nombreuses qu'en France( s'acquitter de 40chf de vignette pour l'année) cela n'est pas excessif quand on voit ce que l'on dépense dans ce pays pour avoir le droit de rouler. Autre chose en relation avec l'automobile,les contrôles techniques sur les véhicules sont assurés par des services d'état, il y a un grand centre dans chaque canton et leur qualité et leur probité sont d'une autre valeur que celles laissés à la mafia des garagistes par chez- nous!!
On peut toujours objecter que ce pays a reçu beaucoup d'argent sale mais tous les petits pays ne rêvent que de çà, attirer l'argent et les fortunes chez eux, ce qui n'a pas que des avantages puisque cela entraîne une hausse importante de l'immobilier ainsi que le coût de la vie.Mais bon rien n'est parfait ici bas, mais si l'on considère le nombre d'étrangers vivant en Suisse en rapport avec la population indigène, et malgré quelques réactions épidermiques et xénophobes de temps à autre, le pays pourrait être classé champion du monde de la tolérance et de la convivialité.
Vraiment???
Le réseau autoroutier Suisse est absolument catastrophique. En France aussi le réseau est gratuit et il y a beaucoup de sorties. Ca s'appelle des "routes nationales" et c'est ce qu'il y a de plus comparable à une autoroute Suisse.
Le système en Suisse est viable, car il oblige les politiciens à être cohérents et performants. A partir du moment ou vous savez que vos choix, peuvent être remis en question par 100'000 citoyens signataires et que le reférendum sur la question devient obligatoire, ça évite les effets de genre et la démagogie.
Deuxième élément clé de la Suisse, la politique se fait dans la continuité et le compromis. Les législations durent 4 ans, mais la continuité de l'équilibre des forces et plus ou moins le même depuis 60 ans.
C'est un pays fortement marqué à droite, mais qui sous la pression de la démocratie directe doit tenir compte de l'opinion publique.
EN France c'est tout le contraire. Présidentielle + législatives = feu vert pour 5 ans avec les pleins pouvoir. Et même avec ça, le quinquennat se résume à :
La première année sert à critiquer ce qui s'est fait avant et à le démolir sur le plan législatif. La deuxième à annoncer les réformes qui souvent ne sont que de pâles promesses électorales, la troisième année il faut calmer le mécontentement et les deux dernières à ne rien faire histoire d'avoir une chance d'être réélu.
En Suisse à chaque sessions parlementaire le couperet peut tomber. Si le peuple est mécontent il lancera un référendum. Du coup les partis se mettent au tour de la table et on trouve un compromis + ou - acceptable.
A cela s'ajoute les derniers éléments, la répartition des pouvoirs entre la confédération et les cantons. Avec un système de démocratie directe à chaque niveau.
Vous ficeler le tout, et vous avez une population qui participe activement 4 fois par année à la démocratie dans son pays.