Le top 10 des rencontres James Bond/Beatles

La pochette de la B.O. de «Vivre et laisser mourir».

La pochette de la B.O. de «Vivre et laisser mourir».

Il y a cinquante ans jour pour jour sortaient «James Bond contre Dr. No» et «Love Me Do». Pour célébrer ce double anniversaire, retour sur les connexions plus ou moins improbables entre ces deux mythes de la pop culture.

Ceux qui voulaient se détendre après le travail au soir du 5 octobre 1962 avaient le choix: découvrir au cinéma un nouvel héros, James Bond, à l’affiche de Dr. No, ou découvrir chez leur disquaire un nouveau groupe, les Beatles, avec leur premier single Love Me Do. Si les deux oeuvres s'opposent philosophiquement sur bien des points, elles sont donc nées au même moment et se sont même parfois croisées. Retour, dans l'ordre chronologique, sur dix de leurs rencontres.

1. Le raté de Saltzman et Broccoli (1963)

Responsable de la franchise Bond, Eon Production, la société de Harry Saltzman et Albert R. Broccoli, devait au départ produire un film par an —hors James Bond— pour United Artists. Alors que Bons baisers de Russie est en préparation, un ami de Saltzman, le journaliste Donald Zec, lui conseille de lancer un projet avec les Beatles.

Broccoli préférera produire Call Me Bwana, avec le comique Bob Hope, qui connaîtra moins de succès que A Hard Day's Night, première escapade des Beatles sur grand écran. Ce sera le premier et dernier film hors Bond de sa société.

2. James n’aime pas les Beatles (1964)

«Ma chère amie, il y a juste des choses qui ne se font pas. Par exemple, boire un Dom Perignon 1953 à une température supérieure à 3 degrés. C’est aussi mauvais que d’écouter les Beatles sans boules Quiès», lance Bond/Connery à Jill Masterson (Shirley Eaton) dans Goldfinger —apparemment, il n’aime pas sa musique secouée, ni agitée.

3. George Martin à la console (1964)

Si Saltzman et Broccoli ont raté les Beatles comme acteurs, ils ont néanmoins vite fait travailler un membre de leur entourage: c’est un des «cinquièmes Beatles», George Martin, qui produit le Goldfinger de Shirley Bassey un an après que son poulain Matt Monro ait signé la chanson de Bons baisers de Russie.

4. Les Beatles parodient Bond (1965)

Pour le scénario de leur second film de cinéma, Help!, les Fab Four s'inspirent largement de l’ambiance de James Bond, au point que le magazine Life saluera l’œuvre comme «un mélange parfaitement merveilleux de James Bond moderne et de conte médiéval romantique». Une des versions du single éponyme contient d’ailleurs une intro d’une quinzaine de secondes pastichant le thème de James Bond.

5. La lutte au sommet de la British Invasion (1965)

«Nés» le même jour, Bond et les Beatles symbolisent un même phénomène: la British Invasion, l’avènement, vingt ans après la fin de la guerre, d’une Angleterre cool aux Etats-Unis. En avril 1964, les Beatles occupent simultanément les cinq premières places des charts américains; la même année sort Goldfinger, suivi l'année d'après d'Opération tonnerre, les deux plus gros succès de la franchise au box-office américain. Suite logique: en 1965, les Beatles et la B.O. de James Bond se succèdent au sommet des charts à une semaine d'écart…

6. Le graffiti de Casino Royale (1967)

Dans la première scène de ce James Bond parodique, qui se passe dans des toilettes publiques de Paris où Peter Sellers a donné rendez-vous à un informateur, on voit un graffiti «The Beatles» —qui sont alors au sommet de leur gloire, le film sortant deux mois avant Sgt Pepper's.

7. Blonde. James Blonde (1967)

Il est arrivé aux Beatles d'avoir de la concurrence dans le coeur des femmes. Dans un épisode de leur dessin animé intitulé Penny Lane, les Fab Four tentent ainsi d'arrêter des voleurs sur la rue éponyme de Liverpool afin de rivaliser avec un détective appelé... James Blonde.

8. Quand Ringo postule (1969)

L’anecdote est racontée dans un dossier de Première sur les cinquante ans de Bond: suite à la défection de George Lazenby après Au service secret de sa Majesté, Ringo Starr aurait postulé avec humour dans une interview au rôle de Bond: «Lazenby, Sean Connery... Pfff. Ce serait bien qu'ils prennent un moche pour une fois! Moi par exemple.»

Ses biographes font aussi état de rumeurs comme quoi il aurait été pressenti pour un rôle dans On ne vit que deux fois. Il se sera consolé, depuis, dans les bras de son épouse Barbara Bach, la James Bond Girl de L'Espion qui m'aimait.

9. Macca, Moore et François-Henri de Virieu (1973)

Si les Beatles n’ont jamais écrit la B.O. d’un James Bond, Paul McCartney en a eu l’occasion avec les Wings en composant celle de L’Heure de vérité… euh, pardon, de Vivre et laisser mourir. Le film en lui-même est plutôt raté (Bond/Moore s’évadant en marchant sur des crocodiles, seriously?) mais la chanson, dans la veine lyrique d’Abbey Road, assez réussie et une de ses plus célèbres.

10. Strawberry Fields forever (2008)

Honey Ryder, Pussy Galore, Vesper Lynd… S’il y a un talent qu’on ne peut dénier aux scénaristes de James Bond, c’est celui des noms qui sonnent. Rien d’étonnant donc à ce qu’ils soient aller chercher celui d’une des plus belles chansons des Beatles pour nommer une agente incarnée par Gemma Arterton dans Quantum of Solace, dernier James Bond en date avant Skyfall cet automne.

Jean-Marie Pottier