Les anti-OGM sont les climatosceptiques de la gauche
Rassurez-vous, vous n'aurez pas de cancer à cause du maïs génétiquement modifié.
- Dans l'Indiana, en juin 2012. REUTERS/Brent Smith -
J'ai toujours pensé qu'en matière de désinformation, rien ni personne ne pouvait rivaliser avec les sceptiques du changement climatique et leurs sbires plus ou moins haut placés.
Mais c'était avant que je ne commence à m'intéresser aux manipulations scientifiques des anti-OGM. L'étendue de leurs prouesses et le nombre de personnalités qui leur prêtent main-forte ont de quoi vous surprendre.
J'ai donc pu observer que leurs angoisses sont alimentées par de célèbres organisations écologistes, de soi-disant comités de surveillance en sécurité alimentaire et autres journalistes culinaires influents; que des universitaires très respectés offrent un boulevard à leur science boiteuse et que leur propagande ne rencontre que la crédulité chez les plus légendaires de mes confrères; et, enfin, que les médias progressistes qui, quand il s'agit de débats sur le climat, n'hésitent pas à condamner l'indécence rhétorique qui les enrobe, nous servent le même genre d'agitprop dès qu'il est question d'organismes génétiquement modifiés.
Pour le dire en deux mots, j'ai compris que la question des OGM, avec sa charge émotionnelle et politique énorme, s'embourbe dans les mêmes marigots idéologiques que ceux qui ont pourri jusqu'au trognon la science du climat.
L'exemple le plus récent et le plus téméraire de cette déformation scientifique date de mi-octobre, et s'est incarné dans une étude discutable (oui, mais peer-reviewed!), à l'origine d'un déferlement médiatique mondial. Dans cette étude, une équipe de chercheurs français aurait trouvé qu'en donnant du maïs GM à manger à des rats, ceux-ci développent des tumeurs géantes et meurent prématurément.
En à peine 24 heures, la crédibilité de cette étude a été réduite en bouillie par un nombre record de scientifiques. Le consensus fut rapide et sans appel: l'étude était bourrée d'erreurs –des lacunes aussi graves que manifestes, et qu'aucun comité de lecture n'aurait dû laisser passer. La plupart des critiques ont mis en avant la lignée de rats choisie par les chercheurs, particulièrement sujette aux tumeurs. D'autres aspects méthodologiques fondamentaux de cette étude, comme la taille de l'échantillon et ses analyses statistiques ont été aussi largement discrédités. Selon un scientifique de l'Université de Floride, cette étude a tout simplement été «conçue pour effrayer» l'opinion publique.
Manipulation de journalistes
Et on est loin de l'hallucination collective, vu le passif de l'auteur principal de cet article, Gilles-Eric Seralini, qui, comme l'explique NPR, «milite activement contre les OGM depuis 1997» et n'en est pas à sa première étude «contestée», selon les termes du New York Times.
Les circonstances de l'étude de Seralini sur les OGM et les tumeurs de rats vont du bizarre (comme le décrit avec emphase un magazine français, elle s'est déroulée dans des conditions semi-clandestines) au suspect (elle a été financée par un organisme opposé aux biotechnologies, dont Seralini dirige le conseil scientifique).
Autre signe alarmant: Seralini et ses co-auteurs ont manipulé certains journalistes pour les empêcher de parler de leur étude à des chercheurs extérieurs. (La stratégie a visiblement fonctionné comme un charme en Europe). Certains confrères se sont volontairement transformés en simples sténodactylos en signant des accords de confidentialité stipulant qu'ils ne solliciteraient pas l'avis d'experts indépendants avant la publication de l'étude. Une pratique qui a piqué au vif d'autres journalistes scientifiques comme Carl Zimmer qui, sur son blog de Discover, écrit:
«C'est une manière de faire du journalisme scientifique rance et corrompue. Cela donne une mauvaise image des scientifiques concernés, mais, en tant que journalistes, nous devons aussi admettre que cela donne une mauvaise image de notre profession... Si quelqu'un vous tend un accord de confidentialité et vous demande de le signer, si vous n'avez pas d'autre choix que d'écrire un article partial et univoque, FUYEZ. Sinon, vous serez les dindons de la farce».
En parlant de dindons, ai-je déjà signalé que le nouveau livre de Seralini sur les OGM, Tous cobayes! est publié (en France) la semaine dernière? Sans oublier un documentaire, fondé sur ce livre, qui sort au même moment. Pour de plus amples détails, cliquez sur le site de l'organisme anti-biotech qui a financé cette étude. Vous y verrez aussi les répugnantes images des rats nourris au maïs transgénique et développant des tumeurs de la taille d'une balle de ping-pong.
Tout cela est très pratique, vous ne trouvez pas?
Mais il en faut plus pour décontenancer Tom Philpott, le célèbre blogueur culinaire de Mother Jones, qui écrit que les conclusions de Seralini «mettent cruellement en lumière le mantra du secteur des biotechnologies agricoles, pour qui l'innocuité des OGM alimentaires est largement prouvée».
Pourquoi aller contre le consensus scientifique
Philpott claironne souvent sur les dangers écologiques et sanitaires des semences génétiquement modifiées. Mais les craintes que suscitent les OGM, dont toute la presse de gauche fait régulièrement ses choux gras, n'ont que peu de fondement. Comme Pamela Ronald, généticienne végétale à l'Université de Californie-Davis le faisait remarquer l'an dernier dans le Scientific American:
«Il existe un important consensus scientifique prouvant que les plantes génétiquement modifiées disponibles actuellement sur le marché alimentaire ne représentent aucun danger. Après 14 ans de culture et, au total, près d'un milliard d'hectares plantés, la commercialisation de semences génétiquement modifiées n'est à l'origine d'aucun effet nocif sur l'environnement comme sur la santé».
Dès lors, comment se fait-il que des doutes subsistent encore, même chez ceux qui n’exècrent pas Monsanto ou qui ne défendent pas mordicus une alimentation exclusivement bio? Pour certains, c'est l'introduction de nouveaux gènes dans des espèces animales et végétales qui les préoccupent. Mais les humains sélectionnent consciemment les plantes et les animaux qu'ils mangent quasiment depuis qu'ils sont sortis des cavernes et, de fait, ont manipulé leurs gènes tout du long. Le processus était tout simplement un peu plus lent avant l'apparition des biotechnologies.
Pour autant, le malaise que peut susciter une technologie nouvelle et puissante n'est pas uniquement un travers d'ultra-parano. Le principe de précaution est un bon principe. Mais les gens devraient savoir que les OGM font l'objet d'une législation très scrupuleuse (voire trop, selon certains scientifiques, qui déplorent des normes excessivement pesantes).
De nombreux écologistes ont peur que les animaux transgéniques, comme le «Franken-saumon», soient relâchés dans la nature et supplantent leurs cousins conventionnels, ou du moins provoquent des soucis reproductifs chez les membres sauvages de cette espèce. Mais même le scientifique dont les recherches ont servi à élaborer la théorie du «gène de Troie» estime que le risque pour le saumon sauvage est «faible» et que son travail a été mal compris par les anti-OGM.
Une guerre sans fin entre les humains et les nuisibles
Une autre préoccupation, dont on a largement parlé, concerne «la croissance rapide de semences ultrarésistantes», capables désormais de braver le Roundup, l'herbicide n°1 de Monsanto. Un phénomène qui a poussé les agriculteurs à multiplier les quantités de phytosanitaires déversées sur leurs cultures. Par ailleurs, certaines études laissent entendre que d'autres nuisibles développeraient une résistance aux semences OGM. Mais ces problèmes ne sont pas spécifiques à l'ingénierie génétique. L'histoire de l'agriculture, c'est une guerre sans fin entre les humains et les nuisibles.
Inversement, les aspects positifs des semences GM semblent largement supplanter les négatifs. Une étude récente, fondée sur 20 ans d'observation et publiée dans Nature a trouvé que les semences GM permettaient d’améliorer l'écosystème des insectes utiles autour des champs concernés. Pour une synthèse des bénéfices (et des préoccupations lancinantes) générés par les OGM, voyez cet article récent rédigé par Pamela Ronald.
Mais l'argument ultime contre ceux qui redoutent les OGM dans leurs assiettes, c'est qu'il n'existe aucune preuve scientifique crédible de leur danger pour la santé.
Même Philpott, dans sa charitable apologie de l'étude de Seralini, admet que «personne n'est encore tombé raide mort après avoir bu, par exemple, un Coca sucré au sirop de glucose-fructose fabriqué à partir de maïs transgénique». Pour autant, dès le paragraphe suivant, il se demande «Quid des effets 'chroniques', ceux qui arrivent progressivement et qui ne sont pas facilement corrélables à un élément en particulier? Quelle visibilité avons-nous sur ce que nous mangeons?»
Bien que l'étude de Seralini soit un désastre total, Philpott conclut qu'elle «indique de manière inquiétante que tout n'est peut-être pas parfait avec nos aliments – et montre, cela ne fait aucun doute, qu'il faut approfondir nos connaissances sur le sujet». Mais ici, ce qui ne fait vraiment aucun doute, c'est l'incapacité de Philpott à reconnaître de grosses conneries quand elles lui crèvent les yeux.
Incohérence intellectuelle chez les médias à tendance écolo
Si je m'en prends à Philpott, ce n'est pas parce que je lui en veux personnellement, mais parce qu'il représente la frange la plus raisonnable et la plus mesurée de la brigade anti-OGM (dont les membres les plus extrémistes s'affublent de combinaisons blanches pour aller détruire des projets de recherche). Il en va de même pour Grist, qui considère que l'étude française est «importante» et que cela «vaut la peine de s'intéresser aux conclusions de Seralini».
Que la presse de gauche approuve aussi unilatéralement une étude que toute la communauté scientifique tourne en ridicule et considère comme un exemple éhonté de mauvaise science est «fondamentalement déprimant», selon la formule d'un chercheur en médecine qui blogue sous le pseudonyme d'Orac. Pour lui, les manipulations scientifiques et les stratégies alarmistes des anti-OGM ressemblent à celles du mouvement anti-vaccination.
Ce biais en faveur des anti-OGM révèle aussi une incohérence intellectuelle patente chez les médias à tendance écolo. Quand il est question, par exemple, de science climatique, Grist et Mother Jones sont les premiers à dénoncer l'aveuglement et le déni des experts et des politiciens. Mais dès qu'il s'agit d'ingénierie génétique, les journalistes de ces mêmes supports se jettent sur les arguments les plus pseudo-scientifiques, fondés sur les preuves les plus bringuebalantes et alertent l'opinion sur ces OGM qui causent le cancer, bouleversent nos hormones et tuent nos écosystèmes.
Ce genre de rhétorique catastrophiste, j'ai bien compris qu'elle était prévisible de la part de groupes écologistes, des militants anti-OGM et de leurs nervis les plus cupides et les plus malhonnêtes. C'est ce que font les idéologues, montés sur des ressorts partisans. L'étude de Seralini a d'ores et déjà été applaudie par les défenseurs de la Proposition 37, une initiative citoyenne qui, si elle est ratifiée en novembre, donnera lieu à l'étiquetage obligatoire des ingrédients OGM en Californie.
Ce qui est plus déconcertant, par contre, c'est de voir comment de grands médias et des commentateurs influents en arrivent à légitimer cette pseudo-science et à perpétrer certaines des légendes urbaines les plus outrancières, celles-là mêmes à qui un documentaire tendancieux de 2011 vient d'offrir une petite cure de jouvence et que des endroits comme le Huffington Post prennent au pied de la lettre.
Dans une récente chronique publiée dans Nature, Dan Kahan, de Yale, se lamentait au sujet de «l'environnement pollué de la communication scientifique», qui avait profondément polarisé le débat climatique. Il écrivait:
«Les gens acquièrent leurs connaissances scientifiques en consultant des personnes qui partagent leurs valeurs, en qui ils ont donc confiance et qu'ils comprennent».
Ce qui veut dire que les médias de gauche, les universitaires émérites et les défenseurs du bien manger qui se soucient sincèrement de la planète sont en réalité des courtiers en information. Ils ont donc un choix à faire: sur la question des OGM, ils peuvent analyser scrupuleusement les faits et les risques, ou ils peuvent continuer à polluer la communication scientifique et son environnement.
Keith Kloor
Traduit par Peggy Sastre
A lire aussi sur le même thème les derniers billets de Michel Alberganti, sur Globule et téléscope, le blog sciences de Slate.fr
Mis à jour le 05/10/2012 à 7h09















































Les antiOGM sont des négationnistes de la science. Mais ils ont des objectifs politiques et commerciaux derrières. Politicards de seconde zone (Lepage et Grodidier), multinational de la grande distribution, et Synabio, syndicat national des transformateurs de produit bio, dont l'administratrice est aussi présidente de Génération Futur... De là à croire que toute la galaxie des ONG antiOGM écolo n'est qu'un système de marketing déguisé en association...
Article aussi indigeste que le fameux "pâté de carpe et de lapin" !
Oui, il a fallu des années de lutte contre le lobby et les experts, pour que finalement la réalité s'impose : les glaces de l'Arctique fondent et la grande Barrière de Corail disparaît.
Mais cet article fait partie de la longue série que nous allons devoir subir pour essayer de nous embobiner sur les OGM et les pesticides.
On va vouloir nous convaincre que vaporiser des millions de tonnes de produits chimiques toxiques dans nos campagnes est vraiment "sans danger" et "sans conséquences" !
En tout cas, en Inde, quand Monsanto introduit un nouveau maïs ou un nouveau coton transgènique, cela se termine à chaque fois par des vagues de suicides chez les paysans...
Si vous tenez tant à démonter l'étude de Seralini, ayez au moins l’honnêteté de reconnaître que les conditions de l'étude (notamment l'espèce des rats utilisés) sont identiques à celles menées par Monsanto.
Quant aux raisons de la "clandestinité", elles sont sont connues : Monsanto refuse de donner des échantillons pour des études sur lesquelles il n'a pas le contrôle.
Et quand vous affirmez que "les OGM font l'objet d'une législation très scrupuleuse", vous prenez vos lecteurs pour des imbéciles : depuis qu'il a été décidé, aux Etats-Unis, que OGM et "conventionnels" se valaient (grâce à une loi décidée, au passage, par un ancien Monsanto, revenu chez Monsanto après avoir participé au gouvernement Bush père), les règles en vigueur au sein de l'OMC fait qu'il est quasi-impossible en Europe de se prémunir contre.
Autrement dit, "circulez, il n'y a rien à voir".
Si vous vous préoccupez tant de la notre santé, faites donc un article sur la santé des habitants des Etats-Unis, dont l’espérance de vie baisse pour la 1ère fois de l'histoire.
Les OGM sont en vente depuis 14 ans, l'étude de Seralini estime que le temps d'impact sur la santé humaine est d'environ 40 ans. On en reparlera dans 25 ans, comme on reparle depuis une 10aine d'année de l'amiante, du tabac & Co, dont l'industrie a toujours vanté les mérites...
Et pour finir, imbécile également votre article quand il met dans le même sac les OGM industriels dont le profit sont la seule finalité, vs. les OGM "d'état" dans la recherche.
Vous êtes un bon soldat pour défendre la pensée unique.
Vous écrivez "les humains sélectionnent consciemment les plantes et les animaux qu'ils mangent quasiment depuis qu'ils sont sortis des cavernes".
Sortez donc de votre caverne, et interrogez les vrais gens autour de vous : qui sait encore aujourd'hui ce qu'il mange ? Quasiment personne ne lit les étiquettes sur les produits, et quand certains en Europe veulent les rendre plus claires, les agro-industriels dépensent 1 milliard d'euro (oui, j'ai bien écrit UN milliard d'euros, j'ai la source) en lobby pour que le projet de loi ne passe pas.
Vous semblez vous lamenter que l'étude de Seralini ait comme conséquence le vote de la proposition 37 en Californie pour mentionner obligatoirement sur les produits le fait qu'ils contiennent des OGM : une telle proposition est une très bonne chose, qui permettra à ce que les gens, comme vous, commencent à savoir ce qu'ils mangent.
Un article reprochant aux anti-OGM leurs conflits d'intérêts et positions idéologiques (comme le font les anti-OGM envers les pro-OGM) en se contentant de balayer d'un revers de main les questions problématiques (surconsommation de produits phytosanitaires, impact économique sur les agriculteurs, évaluation des conséquences du risque de dissémination, études indépendantes quasi inexistantes, etc...).
Bref chacun se contente de diaboliser celui qui pense différemment. M. Kloor fait rigoureusement la même chose. Et au final, le citoyen n'est pas plus informé.
Juste une tribune idéologique de plus.
Satisfaisant ?
Ce qui me paraît le plus grave n'est pas la nocivité invoquée des OGM. C'est le problème politique grave que provoquent les brevets déposés par les firmes comme MONSANTO sur des organismes vivants. La semence est le premier maillon de la chaîne alimentaire, elle doit être protégée ! Si les paysans viennent à en perdre le contrôle, c’est toute la production agricole qui passera aux mains de quelques firmes internationales. Les paysans n’auront alors plus aucune indépendance. Les pays innovateurs en biotechnologie considèrent les gènes comme une molécule chimique, brevetable en tant que telle, indépendamment de la plante ou de l’animal dans lesquels ils sont actifs ; c’est ce qui explique qu'un agriculteur qui réensemence son champ avec une variété végétale contenant un gène breveté puisse être considéré comme contrefacteur du gène, puisqu’il a, par son semis, reproduit le gène sans autorisation (Cf. l’affaire Percy Schmeiser, agriculteur canadien poursuivi par Monsanto).
Je comprends dans ces conditions l'outrance de votre discours contre "la gauche" qui s'oppose à ce racket de certaines multinationales sur les organismes vivants. Je trouve risible de masquer votre choix politique derrière la soi-disant dénonciation de l'obscurantisme de certains écologistes ! Après tout, vous avez bien le droit de faire le choix de l'ultralibéralisme, et de la privatisation du vivant... Mais il convient de laisser à tous les citoyens le droit d'en débattre, puis d'en décider.
Quand on a renoncé à la rigueur intellectuelle, on devient tour à tour ou simultanément (ce qui n'est paradoxal qu'en apparence) climatosceptique, anti-ogm, complotiste,… pro-BDS, etc.
Ce pays est fichu. Dans les filières scientifiques le combat cesse faute de combattant, en économie faute de battants… et l'énarchie se pigue de manager ce qui reste tandis que les ingénieurs deviennent des commerciaux de luxe pour cause de paupérisation absolue de la recherche !
Je n'y reviendrais qu'en vacances, tant que mes vieux parent vivrons.
Bon courage.
Je partage les doutes émis par ce journaliste concernant l’étude française récente sur les effets éventuels des OGMs. Je ne suis pas du tout expert mais je sais renifler une bonne opération d’intox.
Mais pourquoi Keith Kloor adopte-t-il les mêmes tons excités, excessifs même, des protagonistes anti-OGMs ?
N’est-il pas possible d’avoir un débat sérieux et pondéré sur ce sujet sans des remarques du genre «l'étude était bourrée d'erreurs –des lacunes aussi graves que manifestes, et qu'aucun comité de lecture n'aurait dû laisser passer. » sans préciser lesquels.
Ou « les craintes que suscitent les OGM, dont toute la presse de gauche fait régulièrement ses choux gras, n'ont que peu de fondement. » Pourquoi ‘de gauche’ ?
On dirait une guerre de religions avec des talibans de chaque côté. Ils roulent pour qui ? Le sujet est compliqué et mérite plus que des ‘croisades’ journalistiques pseudo scientifiques.
Personnellement, je crois en la science comme principale facteur d'évolution des sociétés humaines mais ils ne faut pas non plus être naïf.
Le monde scientifique n'est il pas gangréné, aujourd'hui, par des intérêts financiers et autres lobbys pour orienter les recherches vers une rentabilité nécessaire à leur poursuites mais potentiellement nocives à l’humanité?
Autrement dit: la communauté scientifique n'est elle pas prête à toutes les compromissions pour continuer à se faire financer par les industriels et à explorer des domaines fortement intéressant, au détriment de la santé publique?
L'argent n'est il pas roi dans ce monde de dingue?
Je n'ai pas la réponse exacte à cette question mais je ne pense pas que vous l'aillez, non plus.
Sautons l'affaire Seralini, et parlons des vrais problèms
* Les OGM n'apportent rien à l'agriculture, même en admettant que du Maïs qui résiste au roundup produise plus que du maïs normal, il n'y a pas de problèmes de productions mais de distributions. Et quand il y a problème de production c'est pas la résistance au roundup ou au parasite qui va regler le problème d'une sécheresse.
* Contrairement à ce que croie les américains l'évolution est vraie et que si on fait du coton qui résiste aux insectes, les insectes vont résister on est donc dans une guerre sans fin.
* Si je mange bio et que je souhaite que chacun bouffe bio c'est aussi pour éviter les insecticides, donc du maïs qui produit sont propre insecticide ca va juste augmenter les quantitées de pesticides que je bouffe. N'oublions pas que l'on ne fait pas le même vin en Champagne et à bordeaux donc pas de raison que les doses d'insecticides soit les mêmes dans du maïs transgenique.
* On assiste, et là c'est scandaleux, à une privatisation du vivant. ou l'on impose au paysan de planter des graines acheter à des grosses sociétés, et ceux qui replante sont soumis à l'impot. Sans parler des brevets sur les gènes. Bref c'est la biopiraterie pratiquée par les multinationale pharmaceutique puissance 10.
*J'exclus bien sur de ces critiques les bactéries mutantes qui produisent de l'insuline ou des médicaments.
"En à peine 24 heures, la crédibilité de cette étude a été réduite en bouillie par un nombre record de scientifiques. Le consensus fut rapide et sans appel: l'étude était bourrée d'erreurs –des lacunes aussi graves que manifestes, et qu'aucun comité de lecture n'aurait dû laisser passer."
La premiere étude est du Professor Maurice Moloney, fondateur de la société SemBioSys Genetics.
http://www.rothamsted.ac.uk/PersonDetails.php?Who=1086
http://en.wikipedia.org/wiki/SemBioSys_Genetics
Y a plus objectif comme consensus scientifique!
Les études qui permettent la culture des OGM sont elles aussi biaisées. Ce que pointe cette étude, même si elle est elle-même biaisée, c'est que les contrôles qui permettent la mise sur le marché des OGM sont trop courtes.
De fait, si on invalide cette étude, il faut AUSSI invalider les études "pro"-OGM.
Le scientifique qui a fait cette étude pointe aussi du doigt l'utilisation faite des OGM. Ils servent principalement à épandre des défoliants en grande quantité. Dites-moi que ceci n'est néfaste pour l'environnement ! Il va vous falloir de très très bons arguments.
"les plantes génétiquement modifiées disponibles actuellement sur le marché alimentaire ne représentent aucun danger"
Ca dépend pour qui... http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2012/10/03/ogm-le-pdg-de-linra-sexprime-les-paysans-indiens-se-suicident/
Dites donc, ça semble être un vrai métier d'avenir l'écriture d'articles pro-OGM, non ? Je devrais peut-être m'y mettre, ça doit bien payer vu le nombre croissant de "journalistes" se lançant dans l'aventure ! Après nous avoir fait avaler pendant des années les bienfaits de l'économie libérale, maintenant les bienfaits de l'OGM.
On se demande où était ce petit microcosme lorsqu'il eût fallu parler de l'amiante ou plus récemment du Médiator... hmmm... trop occupé à encaisser les chèques sans doute.
Et puis, qu'est-ce qu'un petit scientifique face à 150 porte-paroles en blouses blanches ? La logique mathématique est respectée, nous voilà sauvés ! Amen.
C'est bien là un papier d'Eleveur de patate de l'Idaho! Même si l'étude de Sérini est contestable, ça ne remet pas en cause les doutes sur les semences GMet le choix d'en vouloir ou pas.
Leur principal fabricant qui reste un modèle dans le monde de l'entreprise (...) s'est calmé les inquiètudes!
http://youtu.be/zv-UvuNRh_Q
Franchement qu'est ce qu'il en sait ce Monsieur Kloor sur la dangerosité des OGM ou des pesticides comme le Round-up ? Il a fait des analyses lui-même ? Finalement, à sa façon, ne désinforme pas t'il autant que les gens qu'il prétend pourfendre ? Personnellement, je ne connais pas trop chose au sujet, mais au moins, je reconnais à l'étude du professeur Seralini d'avoir mis en lumière le fait que les études précédentes étaient tronquées (3 mois seulement .. pourquoi ?) , confidentielles et faites par des "experts" mandatés par les producteurs d'OGM eux-mêmes !!! En terme de transparence et d'honnêteté scientifique, on a vu mieux. VIVE le moratoire sur les OGM, et que d'autres études soient faites !
Cette article qui critique les méthodes de Seralini, emploi lui aussi des procédés très douteux pour attaquer les anti-ogm et redorer le blason de ces ogm.
Il serait intéressant de lire cet article: www.rue89.com/planete89/2011/01/18/le-chercheur-anti-ogm-seralini-remporte-son-proces-en-diffamation-177559
"Mais les humains sélectionnent consciemment les plantes et les animaux qu'ils mangent quasiment depuis qu'ils sont sortis des cavernes et, de fait, ont manipulé leurs gènes tout du long. Le processus était tout simplement un peu plus lent avant l'apparition des biotechnologies."
C'est dingue ! Je ne savais pas que les hommes des cavernes pratiquait la biolistique... lol... Il a l'air de bien maîtriser son sujet, ce monsieur Kloor !
Mais comment diable vivons nous si longtemps .J'accepte d'habiter à coté de la centrale nucléaire,et je mange des ogm et j'accepte aussi de ne blamer personne si j'en meurs.
la découverte de Chomsky
ls ont créé l'image d'une masse stupide qui doit être dirigée par des intellectuels intelligents. En fait, ce que nous avons souvent découvert c'est que ces intellectuels, ces classes éduquées, forment la partie la plus endoctrinée, la plus ignorante, la plus stupide de la population. Il y a de très bonnes raisons à cela. Fondamentalement deux raisons. D'abord, en tant que population 'lettrée', ils sont les premiers soumis à la propagande massive. Il y a une deuxième raison, plus importante et plus subtile. Ils sont des organisateurs idéologiques (ideological managers). Par conséquent, ils doivent intérioriser la propagande et y croire."
(cité par G. de Selys dans sa conclusion à l'ouvrage collectif "Médiamensonges", EPO 1991)
Ne croyons pas que la découverte de Chomsky soit simplement due au fait qu'il ait enquêté chez les néo-primates intellectuels du Nouveau-Monde aux racines culturelles courtes et étriquées (c'est à peu près la vision qu'en ont certains depuis le pays de Descartes).
N'oublions pas que, dans ce bon vieux pays de France, "flambeau du monde", les enquêtes dont j'ai parlé lors de l'état des lieux nous ont montré que la croyance aux phénomènes paranormaux augmente avec le niveau "culturel".
En fait, un intellectuel est une personne dont la profession comporte essentiellement une activité de l'esprit; certes, mais cela n'implique en rien que cette activité soit intelligente.
Je me demande vraiment ce que vous, 'auteur de l'article, connaissez des OGM... Déjà le titre laisse penseur : vous critiquez l'étude récente qui affirme peut-être de façon péremptoire que les OGM provoquent des cancers, et pourtant vous clamez l'inverse tout aussi haut et fort sans l'ombre d'un doute et sans apporter aucune preuve par la suite dans l'article.... Je suis d'accord avec le coté ultra médiatique, "complotiste" et tape à l'oeil de cette étude, et elle mériterait certainement d'être remise en cause ou d'être entendue avec modération. Mais pour autant vous même ne faites pas dans la mesure en démontant un à un tout les arguments anti-OGM, sans donner encore une fois de preuve tangible. Pour vous, je résume : avec les organismes génétiquement modifiés, le processus de modification génétique est simplement plus rapide qu'avant ; les OGM font l'objet d'une législation très scrupuleuse donc pas de quoi s'alarmer ; les animaux transgéniques ne font courir aucun risque aux espèces sauvages ; la résistance des semences OGM aux pesticides et ses conséquences en termes d'épandage et de modification de la faune ne sont pas " des problèmes spécifiques à l'ingénierie génétique" ( rien d'étonnant ni d'alarmant, là aussi ca a toujours été puisque " L'histoire de l'agriculture, c'est une guerre sans fin entre les humains et les nuisibles."); et même vous dites "les aspects positifs des semences GM semblent largement supplanter les négatifs." !!!! Après ce beau paragraphe de votre part qui minimise grandement les potentiels dangers des OGM ( mis en avant tout de même par de nombreux scientifiques ne l'oublions pas) il y a de quoi douter de votre objectivité, celle-là même qui selon vous fait défaut chez les auteurs de cette étude et chez de nombreux journalistes de gauche ! Seriez-vous un journaliste de droite pro-OGM ? En tous les cas il y a de quoi se le demander et lorsque vous concluez votre article en déplorant «l'environnement pollué de la communication scientifique», je crois que vous avez raison, mais malheureusement vous faites partie de cette pollution !! (Ps : avez vous lu le livre "OGM, un choix de société" de Christian Vélot, chercheur en génétique moléculaire ??? Il permet d'étoffer ses connaissances purement scientifiques sur les OGM et je sens d'avance que vous apprécierez l'auteur sans partialité !)
Je me demande vraiment ce que vous, 'auteur de l'article, connaissez des OGM... Déjà le titre laisse penseur : vous critiquez l'étude récente qui affirme peut-être de façon péremptoire que les OGM provoquent des cancers, et pourtant vous clamez l'inverse tout aussi haut et fort sans l'ombre d'un doute et sans apporter aucune preuve par la suite dans l'article.... Je suis d'accord avec le coté ultra médiatique, "complotiste" et tape à l'oeil de cette étude, et elle mériterait certainement d'être remise en cause ou d'être entendue avec modération. Mais pour autant vous même ne faites pas dans la mesure en démontant un à un tout les arguments anti-OGM, sans donner encore une fois de preuve tangible. Pour vous, je résume : avec les organismes génétiquement modifiés, le processus de modification génétique est simplement plus rapide qu'avant ; les OGM font l'objet d'une législation très scrupuleuse donc pas de quoi s'alarmer ; les animaux transgéniques ne font courir aucun risque aux espèces sauvages ; la résistance des semences OGM aux pesticides et ses conséquences en termes d'épandage et de modification de la faune ne sont pas " des problèmes spécifiques à l'ingénierie génétique" ( rien d'étonnant ni d'alarmant, là aussi ca a toujours été puisque " L'histoire de l'agriculture, c'est une guerre sans fin entre les humains et les nuisibles."); et même vous dites "les aspects positifs des semences GM semblent largement supplanter les négatifs." !!!! Après ce beau paragraphe de votre part qui minimise grandement les potentiels dangers des OGM ( mis en avant tout de même par de nombreux scientifiques ne l'oublions pas) il y a de quoi douter de votre objectivité, celle-là même qui selon vous fait défaut chez les auteurs de cette étude et chez de nombreux journalistes de gauche ! Seriez-vous un journaliste de droite pro-OGM ? En tous les cas il y a de quoi se le demander et lorsque vous concluez votre article en déplorant «l'environnement pollué de la communication scientifique», je crois que vous avez raison, mais malheureusement vous faites partie de cette pollution !! (Ps : avez vous lu le livre "OGM, un choix de société" de Christian Vélot, chercheur en génétique moléculaire ??? Il permet d'étoffer ses connaissances purement scientifiques sur les OGM et je sens d'avance que vous apprécierez l'auteur sans partialité !)
Ne remettez-vous jamais en doute le sérieux des études menées par Monsanto ou BASF ?
L'article relayé ici-même est flippant et remet en cause le sérieux de Slate... C'est le premier avril ? Il ne me semble pas !
Peu importe le danger avéré des OGM sur l'environnement, les impacts sociaux sont tout simplement désastreux. Et quand bien même l'on viendrait à démontrer l’innocuité des OGM sur la santé ou l'environnement, leurs conséquences indirectes sur ce dernier sont tout simplement intolérables : plus forte pollution des sols par l'augmentation des herbicides employés (vendus par les mêmes) et appauvrissement de la diversité biologique.
Si l'on développe de telles biotechnologies, ce n'est jamais dans l'intérêt des populations. Le but ne sera jamais de résoudre quelques famines ou d'améliorer la condition des paysans.
On peut désormais déplorer des effets indésirables des OGM sur les journalistes.
Comment quelqu'un se prétendant "scientifique", adepte donc de la méthode [hypothèse - expérimentation - confirmation ou infirmation], peut il dire qu'un consensus prouverait quoi que ce soit!
évidemment un article qui ne plait pas à ceux qui se complaisent dans la croyance, mais on ne peut que remercier l'auteur de sa clarté face à l'obscurantisme ambiant sur certains sujets. On pourrait en dire autant pour les ondes électromagnétiques dont le traitement médiatique est similaire.
Dire "anti-ogm" "climato-sceptiques" même combat... c'est bien vu.
Ramener tout cela a un clivage gauche/droite me paraît plus doûteux ; vu des Etats-Unis, peut-être, mais vu d'Europe la situation paraît plus complexe. Les deux leaders du climato-scepticisme (ou à tout le moins des opposants au catastrophisme écologiste construit sur le consensus scientifique sur le réchauffement climatique) en France se réclament quand même de la gauche (Allègre et Courtillot), tandis que la présidente du Criigen, Corinne Lepage, se revendique de la droite.
Sur la même thématique, la professeure de journalisme scientifique de l'Université Laval, sur pactualite.com me paraît plus incisive.
D'abord lorsque commentant les postures du Monde et surtout du Nouvel Obs avec sa première page abracadabrante : "Foutaise! Je ne croyais pas mes confrères français capables de tomber aussi bas…". Mais surtout, au delà de ce coup de gueule, quand elle pointe que le caractère commun de la pseudo-science produite par les climato-sceptiques comme par les anti-ogm c'est cette stratégie consistant à faire "mousser des études qui vont à l’encontre du consensus scientifique, financées par des opposants notoires disposant d’appuis politiques, et publicisées avant même d’avoir été publiées dans des revues savantes et soumises à la critique des pairs. Ces études, après avoir été analysées d’un point de vue scientifique, s’avèrent généralement boîteuses ou incomplètes et ne changent rien ou presque au consensus. Le climat continue de se réchauffer. Et personne n’a jamais noté d’épidémie d’énormes tumeurs cancéreuses chez les millions de rongeurs qui se nourrissent dans les champs d’OGM partout ou presque dans le monde depuis des années. Me semble pourtant que s’il y en avait, les opposants aux OGM les auraient trouvé depuis longtemps!"
Keith Kloor trouve déprimant "que la presse de gauche approuve aussi unilatéralement une étude que toute la communauté scientifique tourne en ridicule et considère comme un exemple éhonté de mauvaise science" mais cela commence peut-être à changer... Effectivement si on excepte la bande à Kempf/Foucart ou du nouvel obs, la bande à Lepage/Séralini a réussi à se mettre à dos la plupart des journalistes scientifiques de gauche qui étaient jusque là plus indulgents : citons Sylvestre Huet, Michel de Pracontal, Jean Yves Nau, etc.
Mais ce qui pourrait être déprimant c'est de lire la majorité des commentaires que j'ai vu postés sous cet article...
"Mais ce qui pourrait être déprimant c'est de lire la majorité des commentaires que j'ai vu postés sous cet article..."
La majorité des commentaires contient des arguments contre les OGM. Qu'avez vous donc à leur répondre?
vous dites n'importe quoi. Foucart a publiquement critiqué l'étude de Séralini/Crigen voir Arret sur images http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5237 quant a dire JY Nau est de gauche c'est à mourir de rire.
Soyons honnetes, la toxicite des OGM est un vrai faux debat.
D'une part, parce que bien d'autres empoisonnements bien reels sont acceptes, et ont des consequences averees sur notre environnement (et sa diversite) et/ou notre sante et meriterait une bien plus importante mobilisation.
D'autre part, et c'est sur ce point que je veux insister, parce que cela arrange politiques et industriels europeens que les OGM soient interdits. Comment concilier des couts de productions agricoles intra europeens non competitifs par rapport a l'etranger a la fois pour les cereales et les proteagineux, et l'impasse legale qui empeche la levee de barrieres douanieres? En se centrant sur l'Europe, et en y eduquant les consommateurs a preferer consommer europeen.
Comment y parvenir? Le patriotisme etant ce qu'il est, l'education bien trop lente, la peur (le doute) est le plus efficace moyen. Pour preuve, la chute de consommation de viande lors de la crise de vache folle, qui n'a ete calmee que par la certification de viande francaise et sans farine animale. Et les soubresauts lors de la tremblante du mouton, grippe aviaire, soja contamine, etc... confirme cette angoisse alimentaire du consommateur francais (et europeen).
Pour ce qui est des vegetaux donc, les entreprises de selection europeennes etant majoritairement en retard sur l'integration des OGM dans leurs programmes de selection, les OGM sont devenus un discriminant evident entre production europeenne et celle du reste du monde. En effet, seuls les integristes bio parlent de supprimer egalement toutes les varietes issues du genie genetique (fusion de protoplaste, mutagenese, etc...).
L'attentisme des pouvoirs publics est en effet surprenant, qui auraient largement pu financer des projets d'evaluation scientifique serieux, mais preferent opter pour la solution douce (comites d'experts, deux trois evaluations, etc...). A cela, s'ajoute l'emergence d'extremismes pro et anti OGM (dont bien entendu des scientifiques prompt a se polariser pour des ideaux), et l'absence de prise en charge par l'Etat de l'evaluation de nocivite des varietes ogm (ce qui est fait pour les evaluations varietales de rendement et gains) qui eviterait la suspicion de partialite des tests.
Ne parlons pas du doux melange des genres avec denonciation pele mele des semenciers (hybride F1)/brevetage des genes/de la nature du vecteur (la resistance aux antibio)/ de la nature de l'insert (resistance aux maladies, herbicide, tolerance a la secheresse,etc..)/ de son origine (pool genetique naturel, distant, voir hors genre), et j'en passe, qui entretien le flou dans le debat. Ce qu'on met (ou selectionne) dans une plante est completement independant de la facon dont on le met (la tolerance aux herbicides peut etre obtenue independamment des OGM par simple selection, assistee de mutagenese si l'on veut l'accelerer), et de la facon dont on le commercialise.
Cela et d'autres phenomenes collateraux (religion et sanctification du vivant, etc...) emmenent irremediablement le consommateur eclaire ou non-eclaire dans le doute, et devrait aboutir au rejet total des OGM a la fois dans l'alimentation humaine et animale dans notre societe majoritairement tournee vers le conservatisme et la defiance vis a vis des elites (politiques, industrielles, scientifiques, etc...).
Je ne pense pas qu'il y ait manipulation interventionniste de l'Etat, mais plutot un attentisme opportuniste exploitant les structures spontanement formees pro et anti OGM pour soulager les tensions dans les politiques agricoles europeennes et favoriser l'agroalimentaire europeen.
Et au final, le consommateur acceptera bien volontiers de financer notre agriculture (ce qui est positif pour le secteur agricole) mais aussi ses travers (agriculture intensive et la cohorte des consequences associees), en attendant la prochaine crise agricole cette fois sur les pesticides peut etre...
Tout d'abord, un détail technique : j'aimerais savoir si les commentaires de cet article traduit seront traduits au journaliste, ou plutôt à l'auteur. La rédaction de Slate peut-elle répondre ? Car je crains finalement que tous ces commentaires, pourtant fort intéressants et qui pourraient bien être instructifs pour M. Kloor, ne servent finalement à rien.
Je passe sur votre évidente prise de position qui discrédite complètement votre article, bien plus que la position anti-OGM de Séralini ne discrédite son étude qui, elle, est accompagnée de chiffres et d'arguments.
Et je rejoins ensuite Un_ane_qui_passe (commentateur; voir plus haut). Laissons de côté un moment les conclusions - vraies ou fausses - de Séralini et revenons aux autres problèmes des OGM. Quand même, se dire que Monsanto créé un maïs GM dans le but de pouvoir vendre davantage de son pesticide favori et ce, dans le but clairement affiché (c'est bien le but d'un pesticide) de ruiner la biodiversité et donc d'appauvrir le sol... Est-ce qu'on ne marche pas un peu sur la tête ?
Et je ne parle pas des problèmes sociaux que cela engendre et encore moins de l'argument - évidemment faux - qui dit que sans les OGM, on ne peut pas nourrir la planète entière.
Si après ça, certains peuvent encore prétendre que les OGM sont une bonne choses pour l'humanité...