La droite renforcée, par Jean-Marie Colombani
Après la lourde défaite du PS, l'UMP et Nicolas Sarkozy, bien que minoritaires, restent maîtres du jeu.
- -
A tout seigneur tout honneur: en l'absence d'un commentaire présidentiel, c'est au Premier ministre qu'il revenait de tirer les enseignements du vote des Français pour l'élection de leurs 72 députés au Parlement européen. François Fillon s'est parfaitement acquitté de cet exercice en soulignant que le succès de l'UMP vaut satisfecit à l'égard de l'exercice par Nicolas Sarkozy de la présidence de l'Union; il a ensuite ramené l'attention sur la gestion de la crise, en prônant «le rassemblement et l'union nationale». On peut ajouter que les résultats en France participent d'un mouvement qui, en Europe, devrait conforter la majorité déjà détenue par les droites au Parlement européen.
C'est sans doute, à l'échelle de l'Union, la principale leçon du scrutin: là où la droite gouverne, elle s'est trouvée plutôt confortée (à l'exception de la Grèce); là où la gauche gouverne (le PSOE en Espagne, les Travaillistes en Grande-Bretagne, et le SPD pour sa part en Allemagne), elle subit la sanction des électeurs. Malgré donc la crise, et malgré la remise à l'honneur des recettes de la social-démocratie, celle-ci s'est donc révélée incapable d'en tirer un profit électoral.
En France, une fois noté le taux record d'abstentions, qui signifie qu'il n'y a pas encore de connexions suffisantes entre la démocratie française et la démocratie à l'échelle de l'Union, une fois également constaté que les partis qui ont fait campagne pour l'Europe ont rassemblé deux votants sur trois, le scrutin se résume au succès de l'UMP et d'Europe-Ecologie et à l'échec du PS et du Modem.
Mais avant d'aller plus loin, une précaution doit être prise: nous étions en présence d'un scrutin à un tour et d'un vote à la proportionnelle qui signifient multiplication des petites listes. Ces deux facteurs sont objectivement défavorables à la gauche. En effet, toutes les autres élections, et notamment les élections régionales à venir, sont en France des scrutins à deux tours. Qui obligent donc aux rassemblements, aux alliances en vue du deuxième tour, tour décisif. On peut donc gagner un scrutin à un tour en terminant premier, comme vient de le faire l'UMP, et être en panne d'alliance en vue d'un deuxième tour. De ce point de vue, notons simplement que le total des voix de gauche, au soir du vote du 7 juin, est supérieur au total des voix de droite, le Modem n'étant comptabilisé ni à droite ni à gauche. Ce seul constat devrait conduire à relativiser les communiqués de victoire du parti du Président.
Il n'en reste pas moins que, selon la règle du jeu de ce scrutin européen, c'est bien l'UMP et Nicolas Sarkozy qui ont gagné. En doublant pratiquement le nombre de voix, et probablement aussi le nombre de sièges de l'UMP pour le Parlement européen.
Comme l'a dit François Fillon, ce sont les fruits d'une présidence française perçue par le pays comme positive. Ce sont aussi les fruits d'une tactique politique couronnée de succès et qui était une exacte réplique, en plus rapide, de sa campagne présidentielle. Il s'est agi pour lui, à travers l'utilisation du thème de la sécurité et, dans une moindre mesure, de celui de l'immigration, de se conforter à droite en écartant tout rival à sa droite. Les deux victimes de cette stratégie sont les souverainistes et l'extrême droite. Et le résultat approche le pourcentage obtenu par Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle.
Enfin, ce score devrait conduire ceux qui n'ont pour seul bagage que l'anti-sarkozysme à réfléchir sur la pertinence d'une attitude que les Français n'approuvent pas.
Le PS, pour avoir trop cédé au pavlovisme ambiant qui, parfois à l'endroit du chef de l'Etat, frisait l'hystérie, est sévèrement sanctionné. Bien sûr, comme le dit Pierre Moscovici, le PS paie sans doute au prix fort son désastreux congrès de Reims; en même temps il est évident que Martine Aubry n'a pas encore pris la mesure de sa responsabilité. Ou, si elle l'a mesurée, elle n'en a donné aucune traduction. Le PS a pourtant mené campagne, sur la fin, autour des thèmes européens. Mais sans parvenir à faire passer un message fort et après s'être laissé embarquer, comme d'habitude, par une funeste attraction de certains de ses cadres à l'égard d'une extrême gauche elle-même en partie sanctionnée.
Une fois de plus, il faut rappeler aux dirigeants socialistes que le pays attend d'une force de gouvernement qu'elle ne soit pas exclusivement le parti de la protestation. Il lui faut exprimer une pensée sur la crise, sur la société française, sur le reste du monde. Exemple: le moment historique de la semaine écoulée a été le discours du Caire de Barack Obama. Avons-nous eu de la part de Martine Aubry et de ses lieutenants un seul commentaire sur cette révision stratégique américaine qui ait retenu l'attention de l'opinion?
Une partie des voix socialistes — c'est particulièrement évident en Ile-de-France — a donc préféré suivre le conseil de Michel Barnier en votant pour les listes Europe Ecologie conduites par Daniel Cohn-Bendit. Ce n'est certes pas la consigne de vote du chef de file de l'UMP en Ile de France qui peut expliquer le succès d'Europe-Ecologie. C'est une certaine façon une logique de situation: l'Europe est aux avant-postes des politiques menées contre le réchauffement climatique, comme elle est à l'origine de nombreuses décisions inspirées par le souci de la protection de l'environnement.
Daniel Cohn-Bendit et les siens ont parlé pendant cette campagne d'Europe et d'écologie: CQFD. Lui-même est évidemment partisan de la gauche au pouvoir, mais comme il l'a souligné, la prudence s'impose car nul n'est propriétaire de ses voix. Il n'empêche: son succès est, si l'on raisonne en terme d'alliance de gouvernements, une meilleure nouvelle pour le PS que ne l'eut été une victoire du Modem.
Le Modem, parlons-en! Son chef de file, François Bayrou, est la première victime. Dans une campagne particulièrement atone, ce dernier s'est débrouillé pour focaliser l'attention de la pire manière en agressant Daniel Cohn-Bendit à propos d'écrits que le leader écologiste avait lui-même désavoués et qui sont en effet significatifs de la dérive de l'extrême gauche des années 1970. Ce faisant, François Bayrou a probablement tombé le masque et laissé penser à certains des lecteurs de son livre «Abus de pouvoirs» qu'il y avait peut-être dans cet ouvrage des éléments d'autoportrait... François Bayrou, qui avait intelligemment choisi de sortir son livre pamphlet contre Nicolas Sarkozy à la veille du scrutin a peut-être aussi été sanctionné pour n'offrir qu'un anti sarkozysme sommaire à celles et ceux qui attendaient que le leader du Modem parle vraiment d'Europe.
Enfin, comme prévu, la bataille à la gauche de la gauche s'est soldée par la victoire de Jean-Luc Mélenchon qui redonne vie et couleur à un PCF jusqu'alors moribond et qui va maintenant s'efforcer de s'intégrer au jeu de ceux qui, à gauche, voudraient reconstruire une alternative de gouvernement. Laissant les amis d'Olivier Besancenot à leur radicalité et à leur refus de toute perspective politique autre que la grève générale.
Pour être au clair sur ce scrutin, il faudra évidemment attendre quelles seront les leçons tirées par les uns et les autres. Avant tout, par le président de la République. En confortant son socle, aidé par le recul du PS (qui risque de diviser par deux sa représentation au parlement européen), le Président s'est redonné une marge de manœuvre. François Fillon a dit: union nationale. Cela laisse penser que l'ouverture devrait être de nouveau au rendez-vous. Mais laquelle? Quels contours donner à ce mouvement qui sera attendu? Pour quelle dynamique? Autour de quelles personnalités? Car encore une fois si l'UMP a gagné, elle n'est pas, loin s'en faut, majoritaire dans le pays.
N'oublions pas non plus que la crise est toujours là, que les chômeurs seront encore plus nombreux à la rentrée et que, comme l'a dit le Premier ministre, l'attente du pays est forte...
Jean-Marie Colombani
Photo: Nicolas Sarkozy Reuters
Mis à jour le 08/06/2009 à 12h54














































Ca y est François Bayrou a gagné. Le clivage droite gauche a explosé et le pivot contradictoire qu'il constituait dans son esprit à sombré, victime expiatoire?
Il fallait un sacré déni des réalités pour ne pas entendre la transformation opérée et promise pas Nicolas Sarkozy. Il en fallait un autre pour croire que la gauche constituait un front autre que la persistance têtue d'un misérabilisme à seule visée révolutionnaire ou que la défense des fonctionnaires comme l'a enfin avoué Martine Aubry ces derniers jours.
Qu'est ce qu'il en ressort? Non plus des partis mais des mouvances.
La mouvance du libéralisme social incarnée par l'UMP qui comporte déjà nombre de personnalités de gauche après s'être associée le centre. « L'ouverture » va se poursuivre pour constituer cette famille en cours de formation, au niveau Européen même.
La mouvance de gauche marxisante qui associe trotskystes, communistes, Front de gauche, NPA et une part du PS. Elle vit dans un autre siècle et comme Besancenot ce soir répète les mêmes formules, quelque soit la situation et ce pour les 100 prochaines années. Jean Luc Melanchon a compris que la gauche universelle était morte et qu'il faudrait se recentrer sur l'essentiel, l'éternelle conflictualité historique.
La mouvance écologiste. Elle va des trotskystes à la Lipietz, aux libertaires, en passant par des anarchistes, des totalitaires fascisants ou schizophrènes, et aussi des gens infantilisés gouvernés par la peur, des imprécateurs de tous poils, des bobos défenseurs de la planète qui tourne autour de leur nombril mais aussi des gens majeurs, d'expérience et de responsabilité, qui savent faire la part du sérieux et du fantasme, et déterminer les enjeux qui vont dans le Sens du bien commun.
Et puis il y a des errants, sans famille: souverainistes, Le Penistes, Bayrouistes, traditionalistes, bandapartistes, fédérations d'électrons libres, astéroïdes issus du PS...
On voit bien que la maturité de ces trois communautés ou mouvances politiques est bien différente mais aussi qu'il existe des recouvrements certains. Les pluri-appartenances devront être possibles sortant des dualismes manichéens contre lesquels Bayrou se fit un temps l'exorciste avant de s'y brûler.
Du PS Jack Lang à prononcé l'éloge funèbre. Des fonctionnaires il faudra trouver un autre défenseur à moins qu'ils ne se répartissent dans les trois familles politiques. De la social démocratie il faudra bien qu'elle se retrouve dans la famille libérale sociale qui est sa philosophie. Et il y a toujours ces apolitiques qui jouent leur propre jeu, c'est-à-dire qui n'ont que faire du bien commun, et auxquels la famille marxiste assimile tous ceux qui ne sont pas avec elle.
Ces mouvances vont bientôt ne plus avoir de frontières en même temps qu'elles se diversifient de la pluralité des communautés d'appartenances. Nous entrons dans le paradigme communautaire, celui de la démocratie communautaire, de la gouvernace communautaire ce qui n'est plus tout à fait le règne des frontières et des clivages radicalisés. Dommage que François Bayrou ne l'ai pas vu venir. Cela aurait donné une consistance à son humanisme quelques fois invoqué.
Nicolas Sarkozy montre une grande maîtrise politique dans ses axes de campagne, une bien meilleure capacité à gérer le temps que celle qui lui est attribuée et aussi un art de la « cuisine » politique consommé. Ses adversaires devraient le considérer à son véritable niveau pour espérer le battre. Ils ne peuvent pas avoir comme seule ligne politique l’anti sarkozysme.
François Bayrou est le grand perdant de cette élection. Ces dérapages ne sont pas seulement le fruit de sa personnalité mais aussi de sa stratégie. D’un discours positif, il faut prendre les bonnes idées à droite et à gauche, il est passé à un discours négatif, ni à droite, ni à gauche. Cela l’a obligé, pour exister, à taper de plus en fort contre la droite et contre la gauche. Il a ainsi obtenu, au prix fort, le statut de meilleur opposant à Sarkozy. La sortie de son pamphlet, pour moi à contre temps, soit trop tôt, soit trop tard ne lui a pas permis de faire une campagne positive et il a ainsi laissé du champ à Europe Ecologie. Pour contrer cette liste, il termine sa campagne comme aurait pu le faire Le Pen, par la théorie du complot et les attaques personnelles. On le voit mal aujourd’hui réunir la gauche, du NPA aux Verts, aux prochaines élections.
Le Ps peut tirer profit de cette situation et, faire de cette défaite, un départ pour les prochaines échéances. Personne à gauche, hors le PS ce soir, ne peut assurer le leadership. Cohn Bendit ne peut pas se présenter aux présidentielles. La dynamique du NPA a été cassée. Mélanchon et le PC seront prêts à des alliances. Certains peut-être au PS ont pu estimer, en tant que Barons locaux, que les défaites dans les élections nationales permettent des victoires dans les élections intermédiaires. Les résultats de ses élections montrent qu’avec un coup de pouce « culinaires » ce n’était pas une fatalité pour la droite. Ils obligent tous les acteurs du PS à se mettre vraiment au travail, mais celui-ci ne s’en trouve pas discrédité. Si l’on fait l’addition des voix de gauche le résultat n’est pas si mauvais, et, le PS finalement est plutôt maître de son destin.
Sarkozy maître du jeu ? Du jeu oui. Quand on tient les ficelles on peut toujours s'amuser.
La droite apparaît tout de même minoritaire en France. Sarko s'est replié sur sa base dure, 10% d'anciens électeurs FN toujours fidèles et 18% d'inconditionnels et sans réserve de voix. Angela Merkel fait plus de 38% avec son parti en Allemagne dans un contexte de crise comparable. Parler de "droite renforcée" ne semble pas vraiment la bonne expression.
pas sure qu'en France les cartes soit encore "redonnées"
sauf erreur de ma part les européenne sont toujours le lieu du pluralisme.
les français semble se "moquer" des européennes du coup c'est le moment de voter autrement juste pour voir....
le fn reste dangereux,
le npa ne propose rien sauf "tout casser"
le ps attaque sarko en s'excusant,
le modem prend une douche liée à une campagne pas "saine" et peut claire.
reste deux champions:
l'ump qui a son bilan de chef de l'Europe avec sarkozy,
les verts qui ont le vent en poupe avec le grenelle, les émissions, pub ......
on note que les écolo sont très dépendant de la crise et de l'effet de mode.....
car aux autre élections ...... à confirmer?
reste un hic: l'europe.
toujours confu
toujours invisible
toujours dans le trou ......
l'Europe est dépendante des dirigeants et de leur volonté ou charisme ....
au moins là dessus sarkozy avait réussi.
Malgré la prudence de l'explication donnée par J.M. Colombani - "Comme l'a dit François Fillon, ce sont les fruits d'une présidence française perçue par le pays comme positive." - je reste perplexe devant cet argument ressassé sans cesse par les discours de l'UMP d'une part, et les commentaires de la plupart des journalistes, même les plus respectables, depuis six mois !
Car enfin, à moins de pratiquer avec enthousiasme la méthode Coué, force est de reconnaître :
1. que la Géorgie n'a pas été "sauvée" par l'intervention de N. Sarkozy, puisque les Russes ont obtenu tout ce que visait leur intervention militaire : le démembrement du pays et l'indépendance de l'Ossétie du sud (et de l'Abkhazie par la même occasion); que les troupes russes n'ont accepté le cessez-le-feu qu'une fois que le sale boulot a été fait ; et que l'entrevue entre le président Medvedev et N. Sarkozy n'a fait qu'entériner cet état de fait qui rappelle "le lâche soulagement" dont on a parlé à une autre époque - toutes proportions gardées - après les accords de Münich.
2. que le cessez-le-feu à Gaza, malgré les interventions vaines de "la présidence française", n'a été accepté par le gouvernement israélien qu'à 48 heures de l'investiture de Barack Obama dont tout le monde savait, les Israéliens les premiers, qu'il serait beaucoup plus hostile que G. Bush, aux expéditions militaires contre les Palestiniens.
Bref, le talent politique de N. Sarkozy, qui est indéniable, est sans doute d'appliquer avec constance le vieux proverbe si cher aux propagandistes politiques, paraphrase de Jean Cocteau dans "les Mariés de la Tour Eiffel" : "puisque ces événements nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur" !
En 2007 les 2 colistiers de la présidentielle avaient su intéresser une grande partie des électeurs conséquence une abstention "relativemenet" faible et une élection par un score au dessus des 50%
Pour les Européennes l'ensemble des candidats sauf peut-être Europe-Ecologie, n'a pas motivé les français conséquence 59% d'abstention si on prend les bulletins blancs nous dépassons les 60%. En conclusion l'ensemble des parties ont des scores en dessous ou légérement au dessus des 10% il n' y a pas vraiment de quoi à sauter de joie même pour l'UMP. Pour ce dernier je pense même qu'il devrait s'inquitéter de ne pas avoir mieux mobilisé. Pour le PS sont côté ringard commence à lasser les français et comme pour la droite avant 2007 toujours les mêmes têtes avec un discours et un vocabulaire qui n'a pas changé depuis 30 ans le PS ne vit pas avec son temps.
Les écologistes n'ont pas compris qu'une partie de l'électorat de dimanche venait de la droite modérée (Modem & UMP) et qui n'a pas envi de voir ce parti faire alliance avec le PS. D'ailleurs Mr. Cohn-Bendit l'a compris car il a évité que des personnes comme Mr Mammère prennent la parole au niveau national et aujourd'hui change son discours vis à vis du PS. Mr Cohn-Bendit analysez votre résultat avant de vous lancer dans ce vous pourriez regretter comme le "pauvre" Bayrou out pour bien longtemps et peut-être plus
Si le score d'Europe Ecologie est tel, c'est que cette formation est un rassembleement.
Rassemblement de personnalités diverses, d'experts en leurs spécialités, de politiques, d'associations et de citoyens ordinaires qui se sont reconnus dans un projet de société nouveau fondé sur l'écologie, avec un programme précis, calculé et portant sur tous les domaines.
Ce programme peut être transposable, en l'adaptant, au niveau local, de façon à fonder un parti.
Ce parti ne pourra exister qu'à la condition qu'il soit, là aussi, un rassemblement à l'image d'Europe Ecologie .
Ce que nombre des militants souhaitent ardemment et attendent.
Les résultats des élections Européennes ont-ils tant d'importance?
- Avec un taux d'abstention de l'ordre de 60% et des scores qui sont calculés sans tenir compte des votes blancs et nuls, quel poids accordé à ces résultats?
- Avec un scrutin de liste à un tour et à la proportionnelle au-delà de 5% par région créées spécialement pour ce scrutin, quel est la lisibilité de ces résultats?
- Avec un nombre de liste si important, que la moitié n'avait pas les moyens d'envoyer des bulletins de vote dans les bureaux électoraux
- Avec des candidats dont 90% au moins étaient totalement inconnus du grand public
Je suis convaincu que ces résultats ne modifieront pas en profondeur la politique française telle qu'elle se pratique. Il n'est même pas sûr que le PS change profondément de stratégie. L'expérience des différents scrutins antérieurs montre, de plus, que les élections Européennes n'ont qu'une influence mineure sur les elections nationales ou locales et que les partis qui ont " percés" dans les Européennes n'ont que peu d'impact ensuite: qui se souvient encore du succès des listes De Villiers - Pasqua en 1999? qui se souvient de la victoire du PS en 2004? Et ces victoires ne se sont jamais traduites par une poussée de ces différentes forces politiques ensuite.
UMP, Victoire ? A mon avis, simple succès bien qu'indéniable.
Il convient tout de même, après le tohu-bohu de la soirée électorale de dimanche soir de reposer les pieds par terre.
Je veux d'ailleurs dire, pour commencer, que j'ai noté, avec satisfaction, à l'exception du premier Ministre, que les ténors UMP sur les plateaux de télévision, ont plutôt été corrects et sans triomphalisme excessif. C'est bien !
Cependant, à l'aune de leurs déclarations, il convient de replacer les choses à leur juste valeur.
L'UMP a gagné plus de deux millions de voix par rapport au scrution de 2004. Mais elle ne fait pas mieux que le PS qui avait obtenu ce jour-là à peu près le même score.
Dimanche, l'UMP a obtenu exactement 4 798 921 voix.
Rappelons que M. Sarkozy est crédité de 40 à 45% de points de popularité dans les derniers sondages.
Dimanche, en sondage grandeur nature, il est brutalement tombé à...28%.
Au premier tour de la présidentielle de 2007, M. Sarkozy avait obtrenu 31%. Il a donc chuté de 3 points.
Au premier tour de la présidentielle de 2007, M. Sarkozy avait obtenu 11 448 663 voix.
Dimanche dernier, M. Sarkozy n'a obtenu que 4 798 921 voix.
N'oublions pas que sur les affiches et bulletins électoraux de l'UMP, seul le portrait de M. Sarkozy était imprimé...
En deux ans, M. Sarkozy a donc perdu 6 649 742 électeurs....
On nous a expliqué à tire larigo que cette belle première place de l'UMP était dûe, en très très grande partie, au "succès" de la présidence Française de M. Sarkozy à l'Union Européenne l'été dernier.
Mais les électeurs en ont été tellement convaincus qu'ils ont été encore 2,11% de plus qu'en 2004 à s'abstenir....
Mais regardons chez nos voisins Membres de l'Union qui votaient eux aussi.
Mme MERKEL n'a pas été récemment Présidente de l'Union. Elle a obtenu 38% des voix, soit dix de mieux que M. Sarkozy.
M. BERLUSCONI n'a pas été récemment Président de l'Union, il a obtenu 39%, soit onze de mieux que M. Sarkozy...
La Droite espagnole a obtenu 42%, la Droite Irlandaise, 53,2%, la Droite Hongroise 56,4%, la Droite Polonaise....74,9%.
Mieux encore, dans les Pays où la Droite n'est pas arrivée en tête, en Grèce, elle obtient tout de même 34,7%, à Malte, 41%, à Chypre, 35,6%, etc....
Finalement, tous comptes faits, les 28% de notre UMP font un peu....riquiqui, non ?
Les présidentielles ne peuvent être comparées aux européennes. Le score de l'UMP et des droites est meilleur que celui des droites de 2004.
La comparaison avec d'autres pays me semble encore plus difficile.
La comparaison de ce vote avec la côte de popularité de Nicolas Sarkozy est extravagante il n'était même pas candidat.
Si l'abstentation a augmenté cela ne peut-être mis uniquement à son débit sinon les abstentionnistes auraient choisi de voter pour ses opposants.
Le résultat de Sarkozy est un bon résultat mais il ne permet en rien d'anticiper sur les échéances futures.
Vous nous dites: " Rappelons que M. Sarkozy est crédité de 40 à 45% de points de popularité dans les derniers sondages.Dimanche, en sondage grandeur nature, il est brutalement tombé à...28%." La popularité et le vote sont deux choses différentes, la popularité de Sarkozy peut très bien se situer entre 40 et 45% et le vote à 28%. En effet, dans les enquêtes de popularité, vous pourrez constater que le total est bien supérieur à 100%: la même personne peut apprécier Sarkozy ET Royal qui auront alors chacun 1 point de popularité, mais cette même personne au second tour de la présidentielle devra mettre dans l'urne qu'un seul bulletin et donc l'un des candidat seulement aura une voix.
Vous nous dites: "En deux ans, M. Sarkozy a donc perdu 6 649 742 électeurs...." Les elections présidentielles et Européennes ne sont manifestement pas comparables: élections uninominale à deux tour et élections de liste par régions spécifiques à un tour. Dans le deuxième cas, Sarkozy n'était pas candidat même s'il a souvent servi de référence.
Quant à comparer les pourcentages français avec ceux des autres pays Européens, les situations nationales étant tellement diverses au moment donné de l'élection, je pense qu'il est bien difficile d'en dégager un sens. L'analyse la plus pertinente me semble être l'évolution sur la durée par pays et, pour une élection donnée, l'analyse des réactions de chaque pays par rapport aux grands problèmes mondiaux (en 2009, c'était manifestement la crise économique). Et encore, toutes ces données doivent être manipulées avec des pincettes, étant toujours évolutives rapidement.
Ce qui me rapproche un peu de votre analyse, c'est qu'en Europe on est amené à raisonner avec des entités qui demeurent les états-nation.
Vous pouvez, Cher Iconoclaste, tourner les chiffres dans tous les sens et nous dire, comme par hasard, que "comparaison n'est pas raison", rien n'y fera!
La Droite française, conduite par M. Sarkozy, ex-président de l'Union Européenne, a fait LE PLUS MAUVAIS score de toutes la Droite dans les 27 Pays Membres.
Ca vous déplait, pourquoi pas, si vous êtes de ce coté de l'échiquier politique.
Mais c'est un fait sorti des urnes et rien ne sert de le contester !
Cher Monsieur, vous comparez des données non comparables pour tenter l'impossible. Votre objectif courageux est de prouver que les résultats de l'UMP sont "riquiqui". Peut'être aurez vous convaincu des slateurs, personnellement ce n'est pas le cas. Je suis allé sur votre Blog. J'ai constaté que vous étiez Militant Pro-Royal c'est votre droit, mais je pense que cela vous fait perdre un peu d'objectivité. Je ne suis pas militant de l'UMP et si les résultats de ce parti était mauvais je n'aurais aucune difficulté à le reconnaître.
Je ne conteste pas votre étude sur les élections sur l'Ile de Malte ou à Chypre. Vous ne nous avez d'ailleurs pas donné les résultats de Bayrou sur ces magnifiques îles. Je vous l'avoue je ne m'y suis pas intéressé et je vous fais toute confiance en la matière . Mais je doute que cela ait un quelconque intérêt pour l'analyse historique des résultats en France.
Je suis votre raisonnement : Faisons l'hypothèse inverse pour le PS: Il a obtenu le meilleur score des partis socio-démocrates de l'UE. Croyez vous que MMe Royal considérera ce résultat comme satisfaisant? Vous voyez bien que cette comparaison n'a pas de sens.
Par contre effectivement les résultats de chacun des pays de l'union sont utiles pour analyser la composition du parlement européen.
Cordialement
Tiens, en voila un qui peut mettre l'adresse de son blog en guise de signature !
Tant mieux, il a donc le droit de signer comme il l'entend
cordialement,
Je dirais que celui qui a gagné, c'est l'électeur qui a très bien su faire passer le message:
- Quand le PS répète depuis des lustres: "nous devons nous unir, nous devons présenter un programme" et n'a ni programme ni union, le PS n'est pas crédible.
- Quand le MODEM crie dans la campagne de 2007 qu'il prendra "les meilleurs de chaque camp pour gouverner dans l'intérêt du pays" puis se met à taper sur le pouvoir de façon primaire, quand, par ailleurs, il commence à accréditer la théorie du complot sur les sondages, il n'est pas plus crédible que le PS.
- Quand on dit que le français ne s'intéresse pas aux programmes européens et que la liste de DeeCeeBee fait 18%, on se trompe.
Il faudrait donc arrêter de prendre l'électeur pour un crétin (je pense à un autre mot, mais SLATE va sans doute le censurer...). Soit il a face à lui un programme ou une campagne en lesquels il se reconnait et il vote pour, soit il n'y a rien et il s'abstient.