Mali: François Hollande s'en va-t-en guerre
En ce qui concerne la Syrie, la prudence confine à l'impuissance. Mais pour le Sahel, le Président a décidé de monter au front, malgré les otages et malgré l'absence de l'Europe.
- François Hollande aux Nations unies, le 25 septembre 2012. REUTERS/Mike Segar -
Une des décisions les plus difficiles que doit prendre un président de la République, chef des armées, est de trancher entre la guerre et la paix.
Quatre mois après son entrée en fonctions, François Hollande est confronté à ce dilemme. Comme l’ont été la plupart de ses prédécesseurs, Mitterrand dans l’ex-Yougoslavie et dans le Golfe, Chirac au Kosovo et en Afghanistan, Sarkozy en Libye.
Raymond Aron disait que le problème de Valéry Giscard d’Estaing était de ne pas comprendre que l’Histoire était tragique. François Hollande n’a pas eu le temps de l’ignorer. Il a commencé son quinquennat en annonçant le retrait accéléré des troupes françaises d’Afghanistan.
Etait-ce un signe de faiblesse alors que Nicolas Sarkozy avait, lui, sonné la charge contre le colonel Kadhafi? Sans que la question ait reçu une réponse, le nouveau chef de l’Etat a été confronté au conflit en Syrie et à l’effondrement d’un pays africain, le Mali, sous les coups conjugués des indépendantistes touareg et des terroristes d’Aqmi (al Qaida au Maghreb islamique).
Le Mali n'est pas la Syrie
En Syrie, la prudence qui confine à l’impuissance l’emporte. Au Mali, François Hollande monte au front. Il a décidé d’agir et l’a annoncé haut et fort à la tribune des Nations unies où il prononçait mercredi 26 septembre son premier discours devant l’Assemblée générale.
La désintégration du Mali est «une menace pour l’ensemble du monde», a-t-il déclaré, en appelant à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité et à la création d’une force de stabilisation, sous chapitre VII de la Charte de l’ONU. Ce chapitre autorise le recours à la force quand la paix mondiale est menacée.
Certes, la France ne sera pas en première ligne. Elle n’a pas l’intention d’envoyer des troupes au sol pour mettre hors d’état de nuire les quelque 6.000 combattants d’Aqmi qui parcourent le Sahel en se jouant de frontières poreuses. Si intervention il y a, elle sera le fait d’une force composée essentiellement de contingents des pays de la Cedeao, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest.
C’est aux Africains eux-mêmes, a souligné François Hollande, qu’il revient de prendre leurs responsabilités. La France fournira le «soutien logistique». Mais cette expression peut cacher des degrés d’implication très divers, allant de la simple formation des troupes engagées au renseignement voire à une couverture aérienne sans parler de la présence sur le terrain de commandos des forces spéciales, en toute discrétion.
L'absence de l'Europe
Ce «soutien logistique» à une force africaine était d’ailleurs le type d’action envisagé par le gouvernement précédent.
François Hollande sait qu’il prend un risque. La France a, au Sahel, six otages qui peuvent être l’objet de représailles de la part d’Aqmi. Toutefois le président de la République a été très clair: la position sur la nécessaire intégrité territoriale du Mali –c’est-à-dire l’espoir d’un retour à la stabilité de toute la région sahélienne– ne doit pas être conditionnée par la question des otages. Leur libération reste un objectif prioritaire mais elle ne saurait déterminer une stratégie plus globale pour le Sahel. D’autant plus que les otages vivants sont plus utiles pour Aqmi qui s’en sert comme d’une fructueuse monnaie d’échange.
La crise du Sahel se joue à quelques centaines de kilomètres des côtes européennes, mais l’Europe brille par son absence. La France est quasiment seule à s’en préoccuper. Tout en la soupçonnant parfois de sombres arrière-pensées néocolonialistes, ses partenaires ne sont pas mécontents qu’elle assume les coûts et les risques.
L’Union européenne s’intéresse au développement, au soutien humanitaire, à la résolution de la crise alimentaire, toutes choses certes très utiles. Leur mise en œuvre suppose le retour au calme sur place et cette stabilité ne peut être restaurée que par l’usage d’un hard power qui effraie la majorité des Etats européens.
Comme si l’Afrique était encore plus loin que l’Afghanistan.
Daniel Vernet
Mis à jour le 28/09/2012 à 10h53













































Si effectivement, après le discours du Président Hollande à l'Onu, tout était "normal", les choses se passeraient comme le claironne monsieur Vernet : "François Hollande s'en va-t-en guerre" !
Or nous sommes payés pour savoir qu'il y a souvent des marges non négligeables entre les envolées plus ou moins lyriques des discours à la tribune de l'ONU, et la réalité sur le terrain.
Sans minimiser la situation de terreur qui règne au nord du Mali dénoncée par Amnesty International, on ne peut que constater que, ni les Etats-Unis, ni encore moins l'UE, ne sont prêts à aider la France dans son "soutien logistique".
La France ne peut compter que sur les pays africains de la Cedeao, qui eux n'ont pas les moyens militaires de former cette force internationale censée intervenir au Mali.
De plus, l'Algérie, la seule puissance militaire de la région, a toujours été contre toute ingérence étrangère au Mali. Il est donc improbable qu'elle puisse accepter l'intervention de l'"ancien colonisateur".
A cela pourrait s'ajouter des difficultés avec l'opinion française qui pourrait ne pas accepter à la légère qu'on sacrifie nos otages pour se débarrasser de quelques centaines de rebelles touaregs qui n'en sont pas moins maliens, et qui revendiquent de très longue date ce territoire.
Et pour finir, les Français qui vont être mis à rude épreuve lors de l'application du traité européen de stabilité, accepteront-ils de gaîté de coeur que nos dépenses militaires s'envolent ?
Voilà des questions auxquelles cet article ne répond pas, mais qui finiront bien par se faire jour.
L'intervention d'une armée africaine est une illusion, catr il n'y a pas en Afrique d'armée capable d'aller au Mali sans prendre le risque de s'y faire étriller comme cela s'est passé pour l'ersatz d'armée malienne.
La France sera contrainte d'aller au sol pour suppléer les défaillances de cette armée africaine, en supposant qu'on arrive à la composer et à la former - ce sui n'est pas gagné -, et ce sera perçu comme un retour du colonialisme, avec un résultat en demi teinte car il faudra rapidement plier bagages ;
Comme l'Europe n'a pas d'armée - les Allemands se refusent à tirer un coup de fusil à blanc ;
comme on ne formera pas de coalition comme pour l'intervention libyienne, avec le suppport de l'OTAN (càd des Américains) pour tout ce qui relève de l'observation ;
la seule solution est une intervention de l'OTAN sous l'égide de l'ONU. Il faut faire comprendre aux américains que ce ne sera ni le Vietnam ni l'Afghanistan, mais qu'en 3 mois ces gugusses islamistes seront anéantis - car il faudra les tuer sur place pour qu'ils n'aillent pas jouer ailleurs. Et tout le monde sera gagnant, y compris cette pseudo armée africaine qui aura gagné sans trop combattre.
Mitterrand III - dit autrefois Culbuto - est-il capable de faire celà ? j'en doute.
Help Sarkosy... help !