Profs sans élèves: mais combien sont-ils au juste?
Des dizaines de milliers d’enseignants ne sont pas devant les élèves mais l’Etat ne sait pas dire exactement combien. Ça ne l'empêche pas de vouloir en recruter de nouveaux.
- REUTERS/Radovan Stoklasa -
François Hollande s’était engagé à recruter 60.000 enseignants et Vincent Peillon programme déjà l’arrivée de 40.000 nouveaux hussards de la République dans les casernes de la grande bavarde. Chouette alors! Mais comment calcule-t-on les besoins en postes et le nombre de places supplémentaires proposées aux concours? Je veux dire, au-delà de la nécessité de renvoyer l’ascenseur aux électeurs qui cotisent à la Maif et portent encore le deuil de la Camif?
Voyons voir… D’abord, il y a le «taux d’encadrement», c’est-à-dire la mesure du ratio maîtres-élèves. Mais la France est à peu près dans la moyenne des pays de l’OCDE et il ne semble pas qu’il y ait véritablement péril en la demeure de ce côté-là: elle est en dessous de la norme dans le primaire avec 19,7 élèves par prof contre 14,3, mais un poil au-dessus dans le secondaire avec 12,2 contre 13,5.
Hum, mauvais indice, donc, semble-t-il…
L’effectif moyen des classes ne permet pas non plus de savoir s’il y a malaise ou non puisque, lorsqu'on s’intéresse aux effectifs par classe, la France est un peu au-dessus avec ses groupes de 22,7 galopins contre 21,4 en moyenne. En outre, les pays dont les résultats sont les meilleurs dans les comparaisons internationales de la fameuse enquête Pisa sur l’acquisition de connaissance sont aux antipodes l’un de l’autre: le number one, la Finlande, est à 19,8 petits blondinets par classe, la Corée du Sud, médaille d'argent, est à 28,6 petits bruns.
Bah, admettons que la France constitue une exception (encore une) et que les critères moyens chez les autres soient inopérants chez nous. Pourquoi pas. Nos établissements ont donc besoin de dizaines de milliers de profs de plus et, coffres vides ou pas, il faudra aller les chercher avec les dents, comme on disait, même si le job n’intéresse plus personne.
Mais ne pourrait-on pas simplement commencer par faire revenir ceux d’entre eux qui, toujours comptabilisés comme appartenant à l’Education nationale, ne sont plus devant des élèves pour tout un tas de raisons plus ou moins valides?
«97.000 profs sans élèves?» Oui mais non (mais oui quand même)
En 2005, d’après le rapport d’un parlementaire UMP, Jean-Yves Chamard, quelque 97.000 enseignants étaient, à des titres divers, dégagés de l’obligation d’animer une classe. 97.000?! Argh, ça fait pas mal de monde, ça, sur 800.000 profs et instits au total... Bon, en réalité, et justement parce que les situations sont si diverses, il ne s’agit pas de 97.000 tire-au-flanc. Le rapport le précise, il existe au moins quatre grandes catégories de profs sans classe:
1. Les enseignants sans classe mais ayant des activités pédagogiques
Ceux-là étaient 18.000 à l’époque du rapport, mais peuvent correspondre à des décharges pour direction d’école, de réaffectation au Centre national d’enseignement à distance. Jean-Yves Chamard relève bien quelques bugs et étrangetés, mais au final, ça sonne légitime…
2. Les enseignants temporairement hors du système éducatif
Là, ils étaient 21.000 dont il faut distinguer les personnels en disponibilité (qui ne sont pas rémunérés), des «détachés» auprès d’organismes divers (on ne peut pas savoir auprès de qui, mais ça peut être auprès d’associations culturelles, sportives comme l'UNSS, oeuvres laïques, etc.). Ils sont alors rémunérés et, dans certains cas, mais on ne sait pas combien, l’organisme d’accueil peut rembourser l’Etat pour les salaires versés. [ajout du 27/9: ils peuvent également être rémunérés directement par l'organisme d'accueil]
3. Les enseignants exerçant en dehors du secondaire ou du ministère de l’Education nationale
Dans cette catégorie, Jean-Yves Chamard en dénombrait 26.500. Le rapport n’est pas clair sur la question des rémunérations.
4. Les enseignants sans classe et sans activité pédagogique
Ça, c’est la catégorie la plus rock’n’roll, puisqu’elle regroupait 32.000 enseignants en 2005, dont 9.500 «remplaçants inoccupés», 1.900 «surnombres disciplinaires», 1.000 «remplaçants incapables d’enseigner», 700 «enseignants en réadaptation», ainsi que de nombreuses décharges diverses jugées «obsolètes ou aux justifications mal contrôlées par la Cour des comptes»...
Mais tout ça, c’était en 2005, nous sommes en 2012. La RGPP est passée par là, en même temps que Sarkozy et le grand rasoir à étêter un fonctionnaire sur deux et les choses ont dû changer, surtout s’il faut désormais se remettre à recruter en masse. Je veux en avoir le cœur net:
– Allô, le ministère de l’Education nationale? Bonjour madame, je voudrais parler à Vincent Peillon...
– Je suis désolée, vous ne pouvez pas lui parler directement, je vous passe le service presse et communication...
Ah, les services de presse de ministères, je connais. C’est super efficace. On apprend plein de trucs sur le fonctionnement de l’Etat.
– Allô, le service de presse? Bonjour monsieur, je suis journaliste et je voudrais savoir comment on calcule les besoins en profs nouveaux, mais aussi si les chiffres de 2005 sur le nombre de profs n’enseignant pas ont évolué ces dernières années...
– Ah, écoutez, c’est une bonne question, je vais demander en haut-lieu et je vous recontacte avec la réponse dans l’après-midi…
Non, rien de rien, je ne vous dirai rien
Mais le temps de l’Etat n’est pas exactement le même que celui des journalistes Web, qui veulent tout tout de suite et ne vérifient rien, et une semaine plus tard, la dame du standard finit par me reconnaître à ma sonnerie:
– C’est encore le monsieur de Slate? Le service de presse va vous rappeler, je vous l'ai déjà dit...
– Mais quand? Parce que je voulais écrire mon article au moment où Vincent Peillon expliquait qu’il allait embaucher plein de profs, pour être repris par Google et Yahoo et faire plus de clics...
– Quand il le pourra...
Le jour arrive enfin où le monsieur du service de presse me rappelle, mais c’est pour me dire qu’il ne me dira rien:
– Allô, vous êtes le monsieur de Slate? Je suis le monsieur du service de presse.
– Ah bonjour, je suis bien content de vous avoir à nouveau... Alors?
– Alors on me dit de vous dire que je ne peux rien vous dire...
– Comment ça?
– Je peux vous donner le nom des catégories de profs sans classe mais pas vous dire combien ils sont.
– Mais pourquoi?
– Parce que nous ne sommes pas en mesure de donner un nombre précis, alors on préfère ne pas le communiquer...
– Vous ne savez pas combien ils sont?
– On le sait, mais pas précisément, alors on ne le dit pas...
– Mais puisque je le demande, vous devez le dire, même si c’est pas précis [là je prends le ton comminatoire de celui à qui on ne la fait pas], je représente la Presse, l’Information...
– Non, n’insistez pas, on ne vous dira rien du tout. C’est comme ça qu’on fait avec la presse. Ou alors posez-moi une question à laquelle je peux répondre puisque d’habitude, j’ai des réponses...
– Ok. Si vous ne savez pas sur combien de profs vous pouvez compter exactement, comment savez-vous de combien de nouveaux profs vous avez besoin?
– Désolé, c’est aussi une question à laquelle on m'a dit que je ne pouvais pas répondre...
– Zut alors, c’est pas de chance.
Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’Ifrap (Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, un think tank libéral), qui a travaillé sur ce sujet, n’est pas surprise:
«Ils ne peuvent pas vous donner les chiffres parce qu’ils ne les connaissent pas exactement c’est vrai, mais surtout parce qu’ils ne peuvent pas expliquer la grande proportion d’enseignants qui ne peuvent ou ne veulent simplement plus enseigner et qu’il n’est pas toujours évident de recaser quelque part. Ça n’est pas anormal parce que les gens ne veulent plus faire le même travail toute leur vie, qu’ils soient profs ou autre chose, mais dans l’Education nationale, on peut rester quand même.»
Oui, c’est une grande famille. Et elle va encore faire des petits, semble-t-il.
Hugues Serraf
Mis à jour le 27/09/2012 à 8h51

















































Vous faite une petite erreur sur le statut de détaché : "Ils sont alors rémunérés et, dans certains cas, mais on ne sait pas combien, l’organisme d’accueil peut rembourser l’Etat pour les salaires versés."
De nombreux détachés ne sont pas payés par l'éducation nationale, mais par l'organisme dans lequel ils travaillent. C'est mon cas : j'enseigne dans une école privée à l'étranger, homologuée Education Nationale, qui accueille entre autres des enfants d'expatriés français. Je ne suis plus payé par l'Education Nationale, mais par mon école directement.
Effectivement, des détachés sont directement rémunérés par l'organisme d'accueil. J'ajoute cette précision.
"il ne semble pas qu’il y ait véritablement péril en la demeure de ce côté-là: elle est en dessous de la norme dans le primaire avec 19,7 élèves par prof contre 14,3"
Avec 37% d'élèves par enseignant de plus que la moyenne c'est peut-être bien une forme (limitée, certes) de péril, non ? En regardant les chiffres que vous fournissez, il me semble que l'un des deux axes de votre article ("pas besoin de plus de profs", pour faire court) s'effondre, au moins partiellement.
Je ne dis pas qu'il ne faut pas plus de profs, mais que l'on peut se demander comment on calcule les besoins si l'on ne connait pas le nombre de profs effectivement disponibles. Mais sur le taux d'encadrement, la moyenne en question cache une grande amplitude dans le classement de l'OCDE, laquelle ne démontre pas que ce soit la clé de quoi que ce soit.
Les États-Unis et l'Espagne, qui ont de mauvais résultats dans PISA (inférieurs à ceux de la France) sont à 14,3 et 13,3. La Corée du Sud, deuxième meilleure performance, est 22,5.
Il faut arrêter de penser que les détachés n'enseignent plus.
Par exemple, les professeurs des lycée militaires sont détachés auprès du ministère de la défense, les professeurs des maisons de la Légion d'honneur sont détachés auprès du ministère de la justice, ceux qui enseignent à l'étranger auprès du ministère des affaires étrangères (enfin, pas tous, c'est compliqué l'enseignement à l'étranger...), etc.
Tout ces détachés sont bien devant des élèves...
Comme vous – et comme l’Education Nationale apparemment – je ne sais pas combien d’enseignants il nous faut pour améliorer les performances actuelles. Mais je sais que ceux qui sont en activité ne travaillent pas assez.
Oui bien sûr je connais tous les arguments concernant le temps passé hors classe en corrigés, en préparation, en gestion. Supposons que c’est vrai. Ceci n’explique pas pourquoi ces professionnels de la formation, éduqués et formés par l’Etat, ne travaillent que 30 semaines par an.
Existe-t-il une autre profession qui chôme autant ?
J’entends déjà les cris et les injures – ‘Poujadiste’, ‘affreux droitiste etc’. – mais je n’entends jamais d’explication de ce phénomène.
Je sais comme tout le monde qu’un enfant a besoin de temps libre – plus, apparemment, en France que dans d’autres pays plus performants mais passons. Mais leurs enseignants ?
Passent-ils ces 10-15 semaines libres à préparer leurs cours, faire des stages de perfectionnement ? Pourquoi on ne leur invite pas à enseigner les très nombreux adultes en manque de formation (10% d’illettrés en France), moyennant rémuneration supplémentaire ?
Déjà mes amis enseignants, pourtant dévoués et compétents, m’avouent qu’ils n’ont même pas besoin du temps que le système offre déjà pour exercer leur métier (quelques 17 heures par semaine hors classe). Mais loin d’évoquer cette question, on n’évoque que le manque de personnel.
Le moins qu’on puisse exiger c’est qu’on évoque les deux sujets à la fois.
Les profs ne chôment pas.
Rappelons qu'à indice égal, les profs sont payés sur 10 mois, leur traitement étant répartis sur l'année. On est loin des primes ou d'un hypothétique 13e mois, le 11e mois serait déjà un grand luxe.
Ils ont des congés, mais ils sont loin d'être tous payés ! Je ne dis pas ça pour qu'on les plaigne, c'est un choix, mais qui se paye.
@Leskhal: Sauf que les profs payés 10, c'est juste un mythe;
http://www.tatoufaux.com/?Les-profs-sont-payes-10-mois
Mais c'était bien tenté.
Bonjour,
j'ai lu votre article avec intérêt, et je me sens directement concerné :
1) le ratio elèves/prof n'a pas à être comparé avec les autres pays dans la mesure où nous avons un territoire très rural (allez voir la moyenne d'élèves par classe en lozere, on ne peut pas non plus pondre des élèves)
2) anecdote personnelle : je me suis mis en 80 % l'an dernier (pour élever un enfant et parce que en qualité de maitre formateur, j'avais trop de travail). Faute de profs disponibles, j'ai du bosser de septembre à décembre 2011 100% pour être payé 80% !!!
de ce fait, on m'a mis en "grandes vacances" en janvier fevrier afin de récupérer le "trop perçu", chose qui ne m'arrangeait absolument pas, merci M. Chatel
Donc quand on me dit qu'il y a trop de profs sans activité, je rigole, car j'en ai fait les frais.
Merci à vous de me publier
Bonjour,
J'aimerais connaître la méthode pour calculer la moyenne du nombre d'élèves devant un enseignant.
Est-ce que cette moyenne tient compte des enseignants qui ne sont pas devant des élèves?
Est-ce que cette moyenne ne se calcule qu'à partir des élèves qui sont devant un enseignant?
Vous comprendrez que les chiffres ne seront pas identiques.Parce que j'aimerais savoir si vous connaissez dans votre entourage, des classes à 23 élèves dans les collèges ou dans les lycées?Ça n'existe plus!
Évidemment, si la moyenne est calculée en comptant les détachés, qui n'ont plus d'élèves dans l'éducation Nationale, mais qui ont des élèves dans une autre ministère...la moyenne sera plus basse.
Est-ce que on pourrait calculer la moyenne réelle d'élèves dans les classes ?
Et la comparer avec la moyenne de 23 élèves par classe.
En générale, il est plus parlant d'utiliser le taux median... et les notions de décile...
Ce qui est le plus édifiant c'est la conclusion hallucinante de la journaliste à la fin de l'article : "Ça n’est pas anormal parce que les gens ne veulent plus faire le même travail toute leur vie, qu’ils soient profs ou autre chose, mais dans l’Education nationale, on peut rester quand même.»
D'accord sur la première partie : oui aujourd'hui, il est normal de changer de métier au cours de sa vie professionnelle et on peut comprendre qu'après plusieurs années d'enseignement, on souhaite voir autre chose mais à ce moment là, il faut partir et avoir le courage de s'affirmer. ce qui est le plus incroyable c'est que le système permette une tel chose. Si ils ne travaillent plus directement pour l'éducation nationale alors, leur traitement devrait purement et simplement ne plus être versé par ce ministère.
le ton, la méthode, tout me plait dans cette article... jusqu'au réactions corporatistes qu'ils suscitent.
de plus j'ai lu cette article le lendemain du rapport de l'Académie des sciences qui soulevaient le même type de dysfonctionnement dans la recherche.
les enseignant m'amusent. dès que l'on soulève des problèmes plus que réels (n'est il pas normal de connaitre le nombre d'enseignants détachés,et quels sont les méthodes d'évaluation des besoins?), les enseignants nous abreuvent de pathos, de petites expériences personnelles. personne ne dit que c'est un métier facile. personne ne nie les problèmes des enseignants. dans le même temps à part créer des postes aucune réforme n'est possible dans ce ministère.
Définition du verbe ‘chômer’ selon le Petit Robert « Ne pas travailler ». Les enseignants chôment pendant trois mois par an au lieu de 5-6 semaines pour la plupart des citoyens.
J’ai déjà entendu l’argument comme quoi ils ne sont payés que 10 mois par an et il n’est pas faux. Un salaire réduit pour une année de travail réduite.
Mais justement, surtout en temps de crise, quand il manque cruellement de formations pour une partie important de la société (je pense notamment aux chômeurs peu qualifiés), comment peut-on justifier le fait que les spécialistes de la formation ne travaillent pas autant que les autres salariés ?
Il va de soi que ces mois supplémentaires devraient être rémunérés en sus.
Il n’est pas sans intérêt qu’une des catégories qui ont bénéficié le plus de l’ancien système d’heures sup exonérées de charges et d’impôts était les enseignants, preuve qu’ils ont plein de potentiel.
Et vous ? Si vous êtes vous-même enseignant, seriez-vous d’accord pour chômer moins? Et sinon, pourquoi ?
J'aime beaucoup cet article qui rend bien compte de la situation incroyablement complexe de la gestion des ressources humaines dans l'Education Nationale.
Précisons néanmoins quelque chose.
Pour entrer dans l'Education Nationale en tant que titulaire, il faut passer un concours de l'enseignement. Une fois ce concours réussi, l'heureux élu fait partie certes de l'Education Nationale, mais il est plus généralement titulaire de la fonction publique.
Alors, au même titre que n'importe quel fonctionnaire titulaire, il peut donc demander à changer de Ministère, s'il le souhaite et qu'il parvient à se faire recruter ailleurs.
Rien d'exceptionnel à ce qu'un grand nombre d'enseignants ne soient pas en poste devant des classes, donc. Cela ne signifie pas qu'ils sont payés à rien faire! Ces enseignants détachés ne sont d'ailleurs plus rémunérés par l'Education Nationale, mais par le Ministère qui les accueille.
"des détachés sont directement rémunérés par l'organisme d'accueil" eux-mêmes subventionnés par le ministère de l'EdNat, avec au passage les rémunérations afférentes aux directeurs et "staff+frais+avantages"
Excellent article dont les politiques devraient tenir compte et surtout agir (nous sommes fatigués des discours)
Question à un million : si c'est tant la planque ce métier, comment se fait-il qu'en temps de crise, alors que le chômage est au plus haut et que tant de gens en cherchent, il y ait si peu de gens pour devenir prof? Sérieusement, comment vos raisonnements ou plutôt votre position de principe s'accommode-t-elle de ce fait pourtant frappant?
Malgré le titre, il ne s'agit pas que des maths (ni d'un site de gauchistes) :
http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202167849717-recrutement-aux-concours-enseignants-un-tiers-des-postes-non-pourvus-en-mathematiques-343311.php
http://www.slate.fr/story/51621/devenir-prof-rever
C'est assez fascinant cette haine des profs, j'aimerais bien savoir d'ou elle vient (subsidiaire : vous détesteriez qui si on pouvait enfin éradiquer tous ses fainéants de profs?).
Cela dit, je suis tout à fait pour une exigence de transparence de la part de l'education nationale : à eux de justifier et de présenter clairement ce qu'ils font de leur budget...ne croyez pas que je m'y oppose, bien au contraire!
"...si c'est tant la planque ce métier, comment se fait-il qu'....il y ait si peu de gens pour devenir prof?" Parce qu'ils sont si mal payés - un salaire de mi-temps pour un travail de mi-temps. QED
Bin non ça suffit pas, un paquet de gens sont à la recherche d'un job même à temps partiel. En ce moment, un boulot de planqué, même à temps partiel, ça devrait attirer!
En outre, on tente de recruter des profs à pôle emploi aussi, ce qui donne des possibilités pour essayer...pourtant, pas grand monde ne se précipite dessus. Je persiste : de moins en moins de monde pour devenir prof, c'est, encore plus en temps de crise, toute une réflexion qui manque pour accorder ça à l'idée que c'est un métier facile/de planqué.
(même pas besoin de relever votre raccourci fort sympathique prof=boulot à mi-temps ;) )
Un autre additif qui ne sera pas sans intérêt :
Je suis détaché, et rémunéré directement par l'université étrangère qui m'emploie : je ne coûte donc rien au budget de l'Etat. En revanche, je rapporte (à peu près 3 000 euros par an), au régime de retraite, auquel j'ai fait le choix de continuer à cotiser. Certes, mes motivations ne sont pas philanthropiques, au sens où il s'agit pour moi de conserver mes droits à la retraite. Mais on peut constater ainsi qu'un enseignant détaché, loin d'être une charge pour la collectivité, peut même, en vertu (et le terme paraît ici particulièrement adéquat...) de la logique du système par répartition, représenter une source de revenus nette pour cette même collectivité... Et mon cas n'est certainement pas isolé.
Voyez comme le monde est complexe :-)