Life

La déroutante excellence de l’iPhone 5

Will Oremus, mis à jour le 25.09.2012 à 15 h 44

C’est peut-être le meilleur smartphone du marché, mais êtes-vous certain d’en avoir absolument besoin?

Iphone 5 and Iphone 4 / William Hook via FlickrCC License by

Iphone 5 and Iphone 4 / William Hook via FlickrCC License by

Un visiteur venu d’une autre planète, observant les files d’attente qui se sont formées dans les jours et les heures précédant la sortie de l’iPhone 5, vendredi matin, aurait été en droit de penser que l’appareil était essentiel à la survie de l’espèce humaine. Qu’on se le dise: ce n’est pas le cas.

C’est sûr, c’est un gadget du tonnerre. Élégant, intuitif, impressionnant dans les moindres détails, il vous changera la vie, surtout si vous n’avez pas déjà l’iPhone 4S ou le tout dernier modèle Android. Il faut juste que vous soyez prévenu: ce ne sera pas nécessairement un changement pour le mieux.

Contrairement à la plupart de ceux qui gagnent leur vie en parlant des nouvelles technologies, je ne possède pas tous les appareils mobiles dernier cri. À dire vrai, jusqu’à aujourd’hui, je n’avais en tout et pour tout qu’un vieil iPhone 3G, relégué au rayon des antiquités voici déjà plus de trois ans par le nettement plus rapide iPhone 3GS (ça vous rappelle quelque chose?) Du coup, quand j’ai pu mettre la main sur un iPhone 5 ce matin, après une petite heure de queue dans une agence AT & T, je ne l’ai pas comparé qu’avec l’iPhone 4S sorti à la même époque l’an dernier, ou les derniers-nés de la concurrence — Samsung Galaxy S3, HTC One X ou Motorola Droid Razr, reposant sur le système d’exploitation Android de Google. J’ai également pris comme référence le meilleur de la technologie version 2008.

Au final, quel que soit l’angle sous lequel on l’étudie, l’iPhone 5 est un bijou. Comparé au 4S, il est long, fin et léger, tout en étant significativement plus rapide. Sur l’iPhone 5, j’ai pu télécharger, ouvrir et commencer à utiliser l’appli Twitter, via le réseau 4G LTE d’AT & T en moins de temps qu’il ne m’en a fallu pour ne serait-ce que télécharger l’appli en question sur le 4S.

Il est indiscutable qu’il existe sur le marché des téléphones Android qui, sur le papier, égalent ou surpassent l’iPhone 5. Ils sont dotés pour beaucoup d’écrans plus grands. Certains offrent des batteries dont la charge dure plus longtemps, et disposent des fonctionnalités équivalentes. Mais l’iPhone 5 l’emporte sur le plan de la finition et de l’usinage, et sur des détails qu’on ne peut comprendre en parcourant une liste de caractéristiques. Son interface utilisateur offre fluidité, réactivité et un affichage d’une grande finesse. L’appareil, qui ne pèse quasiment rien, donne néanmoins une impression de robustesse. Et hormis la nouvelle appli Plans, qui souffre de problèmes de précision, il est exempt des étranges balourdises de conception dont souffrent bien de ses concurrents. Pas de boutons mal placés, aucune fonction importante difficile d’accès.

Un smartphone trop parfait

Lorsqu’Apple a lancé l’iPhone 5, certains (parmi lesquels votre serviteur, je dois l’admettre) ont critiqué l’absence de réelle nouveauté. Mais l’avantage de perfectionner, modèle après modèle, un produit déjà excellent, c’est qu’il n’en devient que meilleur. Il serait stupide d’affirmer que l’iPhone 5 est le smartphone parfait — on peut toujours faire mieux. Mais il est plus proche de la perfection qu’il est possible de l’être.

Là est le problème, si l’en est un. Pour les gens qui, comme moi, sont encore habitués aux téléphones spécialisés dans la communication, il est à la fois exaltant et un peu angoissant de se retrouver avec un téléphone optimisé pour tant d’autres usages. C’est exaltant, car on a l’impression d’avoir le monde entier dans sa poche à tout moment. Et déconcertant, car cela peut à l’occasion paraître un peu lourd à porter.

Le fait de pouvoir passer et recevoir des appels, mais également d’envoyer des e-mails et des textos était déjà un peu déroutant. À présent que je peux regarder des films HD en streaming, tourner des vidéos, lire des livres et organiser des vidéoconférences, me vient une inquiétude: arriverai-je un jour à lever le nez de l’écran? Quand mon vieux smartphone avait du mal à télécharger une photo sur Facebook, c’était frustrant, mais également libérateur: j’avais une excuse pour apprécier le paysage.

Ce problème n’est pas réservé à l’iPhone 5, les propriétaires d’iPhone 4S ou de n’importe quel autre téléphone de pointe pourront en témoigner. L’iPhone 5 n’est que la version la plus aboutie à ce jour du téléphone capable de tout faire — à l’exception de toutes les choses de la vie qu’on a réellement besoin de faire.

Will Oremus

Traduit par David Korn

Will Oremus
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Journaliste
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