France

Vaut-il mieux naître dans le métro, le train ou l’avion?

Pierrick de Morel, mis à jour le 05.11.2012 à 8 h 50

En France, les transporteurs n'adoptent pas la même politique commerciale pour fêter la naissance de bébés sur leurs lignes.

Watching Airplane, ryaninc via Flickr CC, License by

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Un petit Olajuwon est né dans le RER, dimanche 4 novembre, en gare de Houilles-Carrières-sur-Seine (Yvelines), et s'est vu offrir par la SNCF un pass Navigo jusqu'à ses dix-huit ans. Nous republions à cette occasion un article sur les «récompenses» attribuées lors des naissances dans les transports en commun.

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Elles s’appellent Amina, Sofia, Awa ou encore Antoinette. Leur point commun? Ces petites filles sont toutes nées dans des compagnies françaises de transports de voyageurs. Ce type d’événement, plutôt rare, s’est déjà produit à trois reprises depuis le début du mois de septembre.

La première de ces naissances a eu lieu à Clermont-Ferrand, le 12 septembre. Une jeune femme accouche d’un garçon dans un bus de la ligne B, avant d’être admise au CHU la ville. Trois jours plus tard, la même scène se répète, cette fois-ci à Paris: vers 8h20, une jeune femme donne la vie à une petite fille à la station Porte de Clignancourt, sur la ligne 4. Enfin, le 18 septembre, une autre francilienne donne naissance à une fillette sur la ligne 8 du métro parisien, à la station Daumesnil.

Un événement malgré tout assez rare

Malgré cet enchaînement d’accouchements, ce type d’événement n’en reste pas moins exceptionnel: pour preuve, le fait que les régies de transports ou les compagnies n’ont souvent pas de politique prédéterminée.

Responsable de la communication de la Régie des transports marseillais (RTM) depuis dix ans, Patricia Lehoux explique ainsi n’avoir jamais dû faire face à un accouchement survenu dans un des moyens de transports de la cité phocéenne. Pourtant, elle l’assure, si cela se produisait, la RTM ferait un geste:

«Nous sommes une régie humaine. Si une femme accouchait dans un de nos bus ou de nos métros, nous ferions quelque chose, au minimum un bouquet de fleurs. On le saluerait d’une manière ou d’une autre.»

Même réponse à Toulouse, où le service de transports de la ville, la Tisséo, explique qu’il n’y a «pas de politique par rapport aux éventuels accouchements dans les transports en commun toulousains. Pour l’instant, rien n’est prévu, mais si cela arrivait on ferait probablement quelque chose».

Des transporteurs français plus grands, eux, ont déjà eu à affronter ce cas de figure exceptionnel, mais là aussi les exemples sont rares. Air France explique qu’un tel événement ne s’est pas produit sur ses vols depuis plus de dix ans, tandis que la dernière naissance médiatisée sur une ligne SNCF remonte à l’année dernière (la compagnie, elle, indique ne pas se rappeler de quand date le dernier heureux événement).

Lequel de ces transporteurs s’est montré le plus généreux? Tout dépend si on parle de la maman ou de l’enfant et de la façon dont on calcule.

La RATP récompenserait la mère, la SNCF et Air France privilégient l’enfant

D’après Le Parisien, la RATP envisage de marquer le coup en offrant un cadeau à la jeune femme ayant accouché mardi dernier à la station Daumesnil: elle réfléchirait à «faire un geste commercial pour la maman, qui pourrait prendre la forme d'un pass Navigo à vie, […] seule la maman [étant] a priori concernée par le cadeau». Contactée par Slate, la RATP affirmait jeudi 20 septembre qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise.

Que vaudrait un tel cadeau? Une mère de famille de 30 ans qui achèterait un pass Navigo pendant les 55 années qui suivent (d’après les statistiques de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé publiées en janvier 2011, l’espérance de vie d’une Française à la naissance est de 84,5 ans) débourserait 36.000 euros à 63.000 euros au total, selon le nombre de zones –sans tenir compte du remboursement employeur ou des tarifs seniors.

En ce qui concerne la SNCF, on peut se fonder sur l’exemple de la petite Amina, née dans le TGV entre Bordeaux et Paris le 12 août 2011. Le Parisien, qui racontait l’événement, précisait à l’époque que la compagnie avait offert à la petite fille une carte de libre circulation lui permettant de voyager gratuitement jusqu’à sa majorité sur toutes les lignes TGV, Téoz et Lunéa.

Selon une étude de l’Insee publiée en 2005, les ménages français dépensent en moyenne 145 euros par an dans les transports ferroviaires: une carte de libre circulation offerte à une enfant durant quelques années serait donc théoriquement moins intéressante qu’un pass Navigo à vie.

Ces voyages gratuits à vie ou sur une très longue période n’existent en revanche pas dans l’aérien. En juin 2011, nous rappelions que ce type de cadeaux pour les nourrissons des airs n’était en réalité qu’une légende urbaine, Air France expliquant cependant savoir «avoir le geste approprié pour féliciter la famille», une «bonne bouteille» par exemple.

Un fait confirmé aujourd’hui encore à Slate par la compagnie:

«En cas de naissance sur nos lignes, le commandant de bord ne devient pas le parrain de l’enfant et nous n’offrons pas de pas de billets à vie. Mais le nom du bébé serait fortement connu au sein de la compagnie, et quand il sera en âge de voyager, nous saurons l’accueillir comme il faut.»

Au mieux, être surclassé?

Pierrick de Morel

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