Economie

Le chômage s'étend partout dans le monde. Et alors?

Catherine Bernard, mis à jour le 26.09.2012 à 18 h 28

18 millions de personnes au chômage dans la zone euro, dont 3,4 millions de jeunes. Du jamais vu. Pourtant, on n'en parle pas, ou très peu. Comme si le public et les médias n'en avaient plus rien à faire.

Des chômeurs en Espagne, en septembre 2012 à Madrid. REUTERS/Susana Vera

Des chômeurs en Espagne, en septembre 2012 à Madrid. REUTERS/Susana Vera

En France, le seuil des 3 millions de chômeurs a été franchi pour la première fois depuis 1999 au mois d'août 2012. Nous republions un article paru le 20 septembre sur l'apparente lassitude des médias et du public envers  le sujet.

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En cette rentrée 2012, ils tirent tous la sonnette d'alarme. L'Europe, l'OCDE, l'Office international du travail. Une nouvelle fois. Car le chômage, notamment des jeunes, devient un mal chronique dans (presque tout) le monde. Et pourtant, il ne fait plus guère la une de l'actualité.

Les chiffres? Ils sont donnés discrètement, par exemple par Eurostat, l'office européen des statistiques, qui se borne à délivrer sobrement des statistiques, aussi déprimantes soient-elles. Le 31 août dernier [PDF],  il constatait ainsi que le taux de chômage dans la zone euro s'établissait à 11,3% en juillet (22,6% pour les jeunes), stable par rapport à juin, mais en augmentation de 1,2 point sur un an.

Soit 18 millions de personnes au chômage dans cette zone (dont 3,4 millions de jeunes) contre un peu moins de 16 millions un an plus tôt. 

C'est bien simple: depuis le début de la série statistique, en janvier 1995, on n'avait jamais vu cela. Et du reste, à regarder la courbe en pleine progression des statisticiens européens, on se demande quand elle va s'infléchir.   

Quelques jours plus tard, l'OIT (Office international du travail) enfonçait le clou, cette fois-ci sans ménagement:

«Les (75 millions de) jeunes chômeurs de par le monde risquent de ne pas voir leur situation s'améliorer de sitôt. Au fur et à mesure que la crise de l'euro continue dans sa seconde année ses impacts se font sentir et plus en plus loin, ralentissant les économies de l'Asie de l'Est à l'Amérique latine.»  

Et de fait, nulle part dans le monde –à part un tout petit peu dans le monde développé– le taux de chômage ne devrait s'infléchir d'ici à 2017, prédit l'organisation.

Que faire contre ce mal endémique?

Bref, le chômage devient un mal endémique dans un nombre croissant de régions du monde, et de plus en plus de jeunes n'arrivent jamais sur le marché du travail officiel. Ce qui, bien évidemment, laisse mal augurer de leur intégration professionnelle future.

Mais il en va du chômage comme des famines ou des guerres civiles qui s'éternisent: le public –et les medias– se lasse d'en parler et d'en entendre parler. Car... que faire?

L'OIT propose plusieurs pistes d'actions, plusieurs exemples qui ont fait leurs preuves. Elle estime notamment que «les systèmes de garantie d’emploi et la priorité accordée à la formation pourraient contribuer à sortir les chômeurs de la rue pour les intégrer à des activités utiles, leur offrant une protection contre de nouvelles tensions économiques». La mesure, selon l'OIT, coûterait moins d’un demi pour cent du PIB dans les pays européens.

«En période de restrictions budgétaires, cela peut sembler une lourde charge additionnelle, mais elle sera inférieure aux coûts supplémentaires qu’engendre l’éloignement durable des jeunes chômeurs ayant perdu contact avec le marché du travail.»

Ces mesures ont fait leurs preuves dans les pays les plus volontaristes. Mais dans quels contextes économiques?

Car le problème est plus fondamental: personne n'a encore trouvé le moyen de concilier lutte contre la crise de la dette/de l'euro et politique volontariste de l'emploi. Comment redresser les comptes sans trop d'austérité et sans nuire, donc, à l'activité et à l'emploi? Le défi n'a pour l'instant pas trouvé de solution miracle...

Et par défaut, la crise de la dette passe en priorité. Qu'ils l'assument ou le regrettent, le chômage n'est plus aujourd'hui la priorité des gouvernements occidentaux. 

Catherine Bernard

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