Pourquoi le livre numérique coûte à peine moins que le papier
De plus en plus prisés, les e-books se vendent aux alentours de 15 euros. Est-ce bien légitime?
- Le kindle d'Amazon, REUTERS/Handout. -
Nous sommes en 1454. Un certain Johannes Gutenberg bricole le premier livre imprimé de l’histoire occidentale. Dans le sillage de sa Bible à 42 lignes, éditeurs, imprimeurs et libraires se multiplient en Europe, marquant l’émergence d’une nouvelle industrie. Auparavant réservé aux érudits et aux riches, l’écrit se démocratise et devient bon marché.
2007: reprenant l’idée visionnaire de l’entreprise Cytale, Amazon lance le Kindle, une tablette permettant de lire à l’époque 90.000 œuvres avec un seul et même outil. Depuis les supports pour e-books se sont multipliés (iPad, Nexus 7, Surface, Galaxy, Nook...), de même que les plateformes permettant leur téléchargement comme Amazon, iBookstore et plus récemment Google Play.
Le succès grandissant de ce nouveau format aidant (aux Etats-Unis, les ventes de livres numériques dépassent parfois celles du papier dans certaines catégories), on pourrait logiquement s’attendre au franchissement d’une nouvelle étape sur les étiquettes. L’arrivée de l’ePub (pour e-publication*) fait en effet disparaître bon nombres de contraintes techniques liées au papier et qui ont un impact sur le coût final de l’oeuvre: achat de matières premières, impression, stockage, transport etc. En tout 30% d’économie en théorie, selon la note publiée en mars dernier par le Centre d’analyse stratégique.

Pourtant, si certains titres sont effectivement disponibles pour des sommes modiques (on en trouve beaucoup à 0,99 euro), la plupart des ouvrages numériques restent désespérément scotchés au-dessus de la barre des 10 euros. Comptez par exemple 12,99 euros pour Peste et Choléra, le nouveau roman de Patrick Deville (au Seuil) contre 18 euros dans sa version papier, 15,99 euros pour La Fabrique des Illusions de Jonathan Dee (chez Plon) contre 22,50 euros en version papier, ou encore 14,99 euros pour L’art français de la guerre d’Alexis Jenni (Gallimard, Goncourt 2011) contre 21 euros en librairie.
En moyenne, les livres numériques se vendent dans l’Hexagone 25% à 30% moins chers que leurs cousins en papier. Des prix que les utilisateurs jugent encore trop élevés, à en croire une étude menée par le cabinet GfK, selon laquelle le lecteur se dit prêt à dépenser 7 euros pour s’offrir un livre qui en vaut 18 au format papier, soit une une différence de 60%. Aux Etats-Unis, indique l'étude du CAS, Amazon propose des fichiers vendus 9,90 dollars pour des œuvres qui coûtent 20 dollars ou 25 dollars en version papier.
Pourquoi ça coince?
La toute puissance des éditeurs français
En France, c’est l’éditeur et lui seul qui fixe le prix de vente, un dispositif
que l’on doit à la loi sur le prix unique du livre de 1981, mise à jour en 2011 sur les recommandations de
la mission Zelnik afin de prendre en compte l’arrivée du livre numérique.
Piochant dans l’échelle des prix proposés par le distributeur (le «modèle d’agence» imposé par Apple), les
éditeurs établissent le prix de vente de leurs livres numériques de la même
manière que pour leur version papier, en se basant sur les coûts de production.
Or, à les entendre, ces derniers restent relativement élevés. Et pour se justifier, donnent parfois des arguments extrêmes, comme la numérisation d'anciens ouvrages, ou la conception d'œuvres multimédias.
«Dans certains cas ça peut même coûter
très cher, plusieurs dizaines de milliers d’euros», assure ainsi Catherine
Robin, directrice des ventes chez Robert Laffont, sans donner de chiffres plus
précis:
«Fabriquer un exemplaire ePub d’un livre ancien nécessite par exemple de tout renumériser, sans compter que vous avez de nombreux coûts qui sont les mêmes que sur le papier: la rémunération de l’auteur, celle de l’éditeur, le marketing, la rémunération de la plateforme...»
Il y a bien des coûts incompressibles (entre 8% et 15% pour l’auteur, 20% pour le distributeur par exemple), mais il faut noter que le coût d’une numérisation reste relativement limité, à en croire une étude réalisée en 2010 par le Motif, observatoire du livre et de l’écrit en Île-de-France: environ 1.200 euros pour un roman de 256 pages, en prenant en compte l’intégration de métadonnées et le temps nécessaire pour la relecture. Ce qui, même en admettant que l’œuvre soit plus volumineuse, ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan budgétaire de grandes maisons d’édition.
A tout cela s’ajoutent parfois de nouveaux investissements qui, eux, peuvent être conséquents, comme le note Alexis Esmenard, directeur du développement numérique chez Albin Michel. Pour L’Herbier des fées, de Benjamin Lacombe, l’éditeur a réalisé «tout un travail sur l’ePub en faisant faire des dessins animés par une société de production», soit une dépense supplémentaire de 120.000 euros pour les frais de développement. Ce qui justifie à ses yeux les 15 euros que le lecteur doit débourser pour se procurer l’oeuvre.
©Albin Michel
Accroître les marges
La raison qui pousse les éditeurs à maintenir le
prix du livre numérique au niveau actuel, ils l'avouent à demi-mots. Selon
l’étude du Motif, ils parviennent aujourd’hui à
dégager «des marges très intéressantes
sur leurs livres numériques»: la part du prix de vente revenant à
l’éditeur bondit par exemple de 36% pour une version physique vendue chez un
libraire à 55% lors que le titre est vendu en format numérique sur les sites
d’Amazon ou Apple. Un constat confirmé par les chiffres venus des Etats-Unis
où, malgré de ventes en berne, certains éditeurs parviennent à améliorer leur marge
opérationnelle grâce aux ventes d’e-books.
A ces arguments techniques et économiques s’ajoute une considération
quasi-culturelle: «Le livre a un prix et
il doit le garder», selon Catherine Robin, qui dit refuser de «brader la littérature» en optant pour
des prix cassés sur le numérique. Même constat chez Alexis Esmenard, qui soutient
néanmoins que les éditeurs français sont «volontaires
en la matière pour que le marché s'ouvre». Certains éditeurs, comme
Hachette, ont par exemple pratiqué une politique de prix bas sur toute une partie de leur
catalogue. Des opérations qui restent assez rares sur un marché qui
devrait pourtant représenter 6% des ventes de livres en France en 2015.
Vers une baisse des prix?
Penser que le simple progrès technologique incarné par le e-book induit
nécessairement une baisse des prix est donc un raccourci. Certaines
maisons d’édition, parce qu’elles ne sont pas exposées aux mêmes
problématiques, parviennent néanmoins à proposer des livres à des prix bien
inférieurs, ce qui laisse supposer qu’une évolution des tarifs est encore
possible.
Les raisons qui permettent à certaines entreprises de proposer des prix plus
agressifs sont multiples, selon Mathias Daval, consultant en contenu numérique
chez Edysseus Consulting: absence de grands catalogues papier à gérer,
dépendance faible au circuit des librairies, culture numérique plus forte et
lectorat parfois davantage sensible aux nouvelles technologies et à leur usage.
Chez un éditeur spécialisé
dans la science-fiction comme Bragelonne, par exemple, on se targue de proposer
des oeuvres à 5,99 euros dès leur sortie (dans le cas d’un ouvrage édité simultanément
en format poche). Ce petit éditeur n'hésite pas à recourir à des opérations
commerciales comme des ventes flash sur ses titres numériques afin d’attirer
les lecteurs vers ce nouveau support, espérant faire des émules chez ses
confrères et tirer les prix des livres numériques vers le bas.
Pour l’heure, les grandes enseignes de l’édition française ne semblent
cependant pas prendre cette direction, et ce en dépit de la diminution
de la TVA sur les livres numériques, qui passera de 7% à 5,5% le 1er janvier
prochain. «L’édition française reproduit
les mêmes travers qu’avec la musique il y a 30 ans et ne se rend pas compte que
le public a évolué», regrette Alexandre Levasseur, responsable Recherche et
Développement chez Bragelonne. Une mise en garde entendue maintes fois depuis
quelques années, mais sans grand effet: faute d’offres légales jugées
satisfaisantes par le consommateur, le nombre de livres piratés continue d’augmenter.
Olivier Clairouin
*L’e-pub est le format du fichier livre numérique, comme jpeg est le format d’une photo numérique. Retourner à l'article
Mis à jour le 17/09/2012 à 9h14



















































Les arguments des éditeurs sont peu convaincants.
Prenons comme exemple la florissante littérature russe contemporaine.
On trouve sur www.litres.ru des romans (sous des formats électroniques multiples) qui viennent de paraître ou des classiques récents pour quelques euros.
Ainsi, Generation "P" de Victor Pélévine est proposé à 99 roubles ou 2,46€.
Bien sûr, le pouvoir d'achat moyen des russes est inférieur au nôtre (Europe occidentale) et il se peut que les prix soient déterminés en tenant compte de ce paramètre. Mais quand même...
Je ne lis malheureusement pas assez pour rentabiliser l'achat d'une liseuse. C'est bien dommage, car en passant au numérique, je sais que j'aurais plus facilement mis la main au portefeuille.
Maintenant que je sais que la faible différence de prix provient en grande partie de la gourmandise des éditeurs, je me dis que j'ai bien fait de continuer à acheter de beaux livres papier, que je peux prêter à mes amis quand bon me semble, au passage.
Le tableau est sombre mais heureusement il y a des initiatives en france pour changer la donne.
notamment la plateforme youboox qui propose des milliers de livres gratuitement avec de la publicité (à la facon de deezer ou spotify).
on peut y retrouver des livres recents de la rentrée littéraire proposés par des éditeurs audacieux qui voient le numérique comme une opportunité de trouver de nouveaux publics.
De même que le mp3 est vendu à un prix exagéré, les éditeurs ont trouvé le moyen de se gaver en vendant l'ebook plus cher que ce qu'il coûte
L'article m'a fait jeter un œil sur les prix des kindle de dernière génération, lentement ça devient rentable d'investir même pour économiser seulement 3 € par titre.
Mais il y a tout de même un foutage de g... des éditeurs, le livre papier s'achète chez un libraire, avec tout un réseaux de distribution, transport impression. alors que pour le livre numérique il reste le salaire de l'auteur, les frais d'éditions et même pas de mise en page vu que la liseuse les fait tout seul.
Surtout qu'à coté on trouve depuis longtemps des versions numérique pirate pour pas un sous.
Si on se contente des romans, n'oublions pas qu'il y a deux sortes de livres: les livres "standards", et les livres de poche.
Personnellement, je n'achète jamais de livres au format standard, sauf pour offrir. J'achète uniquement des livres au format poche.
J'achète ces derniers pour plusieurs raisons:
- ils prennent moins de place (autant chez moi que dans mon sac, étant donné que je lis beaucoup dans les transports)
- ils sont bien moins chers.
- j'ai de bons yeux :-)
Je pense que les livres au format numériques sont à opposer aux livres de poche, et non aux livres standard. C'est sur ce créneau qu'ils se positionnent.
Pour avoir une idée, j'ai pris un exemple au hasard : "L'appel de l'ange" de Guillaume Musso.
-version papier standard: 21,20 euros
-version poche: 7,60 euros
-version numérique (itunes): 12.99 euros
Ici, effectivement par rapport à la version standard le livre numérique est moins cher, mais en comparaison de la version poche il coûte 5,39 euros de plus. J'ai du mal à comprendre pourquoi, alors que le livre de poche engendre des frais de gestion de la distribution et du stock.
De plus, je pense qu'on n'insiste pas assez dans cet article sur les contraintes liées aux livres numériques:
- ils sont souvent à mon nom (marqués ou drm) : il est donc impossible de les prêter, à moins de prêter son support de lecture, qui contient donc tous les autres livres.
Oui, on peut contourner ces limitations, comme on peut aussi numériser un livre papier ou le retaper dans un document bureautique. Mais dans la pratique, je ne connais personne qui perd son temps à faire ça. Ce n'est pas l'objectif du livre numérique qui reste pour les non-initiés la "facilité d'accès".
- il est impossible de les revendre: Un livre papier, s'il ne m'a pas plu et/ou que je ne souhaite pas le conserver parce que je n'ai pas de place, je peux le revendre facilement, et donc récupérer une partie de mon investissement de départ pour pouvoir acheter d'autres livres.
- la pérennité: j'achète un livre dans un format compatible avec ma liseuse/tablette actuelle, avec parfois la nécessité d'installer des applications supplémentaires. Je suis donc dépendant du matériel, du site d'achat et éventuellement des tiers qui fournissent les technologies de protection. Qui peut me garantir que tout fonctionnera encore dans 10 ans? Que le format epub sera toujours reconnu par l'ensemble des liseuses ou que la mienne fonctionnera toujours?
Ces contraintes font que je n'ai pas l'impression d'"acheter" un livre, mais de le "louer" pour une durée indéterminée. Cela revient à emprunter un livre à la bibliothèque, avec plus de choix et sans bouger de mon salon. Dans ce cas, oui, le livre numérique est bien trop cher actuellement.
Je salue quand même les maisons d'éditions moins frileuses, comme Bragelonne citée dans cet article, qui proposent des tarifs collent grosso modo ce que je viens de dire :-)
Pour finir, je pense qu'une location "longue durée" moins chère serait effectivement plus intéressante pour moi, avec (j'en profite pour rêver un peu :-) ) une réduction équivalent à son prix si j'achète par la suite le livre au format papier, pour pouvoir le prêter ou le relire dans quelques années :-)
Je possède une liseuse numérique, en partie parce que quand je l'ai acheté, on m'avait promis une baisse des prix des Epub.
Cependant, hier encore, j'ai voulu acheter un livre d'un de mes auteurs de polars préféré, celui-ci était à 10,99€ en epub, alors qu'il était à 7,70 en poche... si cette différence persiste, je continuerais à acheter des livres papiers et non des epub.
A 7,70, je l'aurais pris en epub, là, je vais le prendre en poche...
Ha ha, 8-15% de droits d'auteur pour le papier, oui, peut-être dans le meilleur des cas ! Ça commence souvent à 6%...
Mais là où c'est magnifique, c'est que les éditeurs proposaient jusqu'à il y a peu des pourcentages bien moindres pour la version numérique que pour la version papier, alors que justement les frais sont moins élevés, et que rien ne justifie cette baisse.
Exemple : mon premier livre signé fin 2008 (alors que je n'y connaissais rien) : 8% pour le papier, 6% pour le numérique. Et ce n'est sans doute pas un exemple isolé. Maintenant, je râle et je n'accepte plus ces conditions. Mais ça ne m'étonnerait pas que les éditeurs proposent encore ce genre de rémunération.
Surtout vu ce qui est sorti des négociations avec le Syndicat National de l'Édition en août, ça ne risque pas de s'arranger...
Sinon Gui-llaume a bien résumé ma pensée sur la question :
1. la comparaison doit se faire avec un poche, et là c'est n'importe quoi.
2. les DRM sont un réel frein à l'achat, il faut que les auteurs et les éditeurs s'emparent réellement de cette question !
Comme le soulignent Guillaume et Trukmus, les livres numériques sont en fait plus chers que les livres papier (version "poche"). Les éditeurs se tirent une balle dans le pied et incitent les utilisateurs à s'échanger les livres e-pub préalablement rendus "DRM-Free"... et à en prendre l'habitude.
Je suis désolé mais je trouve que cet article est par endroits à la fois mal documenté et mal argumenté, et cela fausse à mon sens toute la démonstration.
Oui, le coût du distributeur est de 20% mais ce chiffre ne comprend pas le coût de la remise au libraire en ligne (Fnac, amazon ou autre) qui est entre 30% et 40%, comme sur le "papier". Aujourd'hui, la distribution numérique d'un e-book coûte en moyenne à un éditeur 50% du prix du livre, que ce soit via une remise de 50% (comme par exemple chez Numilog...) ou via une remise moindre mais avec des coûts de stockage numérique et d'intégration dans le catalogue qui, de surcroît, sont des coûts fixes (donc payables d'avance et amortis seulement en cas de ventes nombreuses). Eh oui, les distributeurs, seules vraies sources de profit aujourd'hui dans l'édition, protègent leur business, ce n'est donc malheureusement pas sur les éditeurs (aux marges minuscules voire déficitaires) qu'il faut taper.
Oui, un lecteur a l'impression qu'un e-book au format e-Pub est mis en page tout seul par sa tablette, mais non, il ne suffit pas de copier-coller la version pdf envoyée à l'imprimeur pour avoir un fichier décent : il faut tout refaire, tout reprogrammer au format e-Pub (via le très cher logiciel InDesign, par exemple, et si vous avez des images ou des notes de bas de page, bonjour le boulot !). Au final, la numérisation (si elle n'est pas subventionnée) a un coût élevé : les 1.200 euros évoqués dans l'article représentent grosso-modo 40% à 50% du coût de l'impression papier pour 1500 exemplaires (ce qui est déjà un gros tirage pour un petit éditeur - je vous laisse refaire le calcul si vous n'envisagez de vendre que 300 à 500 ex.).
Au final, entre les coûts de distribution incompressibles (50% du prix du livre, les droits d'auteur, les coûts fixes, les coûts de numérisation - et je vous passe la TVA autrefois à 19,6% qui grevait le tout, heureusement que ce n'est plus le cas), il devient difficile de vendre un e-book moins cher qu'un livre papier, la seule vraie différence étant finalement entre le coût de l'impression papier et le coût de la numérisation, ce qui ne fait pas énorme. Tous les autres coûts demeurent. Ajoutons à cela qu'un lecteur ne va pas acheter les livres dans deux formats, et donc les ventes d'e-book vont fatalement vampiriser les ventes papier, ce qui pousserait à considérer que, sauf en cas de best-seller ou de vente élevée, il n'y a pas de place pour une double édition numérique-papier. Ajoutons enfin, comme le signale l'un des commentaires, que le piratage augmente rapidement : donc, même si certains pirateront un livre qu'ils n'avaient pas forcément l'intention d'acheter, d'autres en profiteront tout naturellement pour se le procurer "gratos". C'est ce qui s'est passé avec le disque. J'en profite pour préciser, puisque cela a été abordé aussi, que les deux univers du livre et du disque, contrairement à ce qui a été avancé par l'un des commentaires, ne sont, contrairement aux apparences, pas du tout comparables. D'un côté, on avait une industrie florissante et lucrative, au sein de laquelle les financiers ont stupidement bousillé les offres non rentables (les artistes jeunes et les trop vieux), diminuant donc progressivement l'offre proposée au public, pour ne finir qu'à proposer des compiles et des compiles de compiles), tout en augmentant les prix de vente au moment du passage au CD, alors que leurs coûts de fabrications avaient été divisés par 4. Oui, le public leur a fait payer ce cynisme dès que les possibilités techniques ont été réunies. Mais de l'autre, on a une industrie proposant une offre très riche (3000 éditeurs en France), et un secteur verrouillé voire asphyxié par sa distribution.
La seule vraie solution pour que les prix des livres baissent, ce serait de pouvoir court-circuiter cette distribution (amazon, fnac...), ce qui semble possible avec un format numérique, et alors là, oui, on pourrait baisser significativement le prix des livres.
Je suis etonne que ni dans l'article ni dans les commentaires personne ne pose la question de savoir ce qu'on achete quand on achete un livre numerique ?
En fait ce qu'on achete c'est uniquement le droit de le lire.
Alors qu'un livre physique a une valeur residuelle, le livre numerique n'en a aucune. Il n'y a pas d'ebook de "collection". Je ne peux pas revendre un e-book, je ne peux dans la plupart des cas ni le preter ni le donner.
C'est la meme nouvelle realite que pour la musique, on passe d'une industrie qui vend des biens a une industrie qui vend des services. amazon.com propose deja une offre qui correspond a cette nouvelle realite. On prend un abonnement comme a une bibliotheque et on peut lire un certain nombre de livres par an.
Ca bouleverse completement la maniere dont l'industrie du livre fonctionne, mais je ne vois pas bien comment elle va pouvoir y echapper. Surement pas en sortant des centaines de romans au debut de l'automne et en attendant que certains d'entre eux se vendent bien. Les industries de service doivent offrir un autre type de valeur.
J'ai écrit un billet sur le sujet en mai dernier. Modérez si malvenu ici...
Le billet était sensé avoir une suite, mais elle n'est toujours pas écrite.
http://readingandraytracing.blogspot.fr/2012/05/le-prix-des-livres-1.html
Bonsoir,
Le marché du livre est libre en ce sens que les intervenants sont libres de faire ce qu'ils font, y compris contre leurs intérêts à court ou moyen terme.
La comparaison avec le livre de poche ne tient pas tout à fait, car les éditeurs ne passent en livre de poche que quand ils estiment avoir extrait le maximum de la formule livre cher.
Le fait que le % éditeur augmente avec la baisse de 25-30% du prix est partiellement mécanique pour maintenir le flux de revenus en masse, face à un travail d'éditeur : sélectionner des bons manuscrits, transformer un bon manuscrit en livre à public potentiel plus large, promouvoir ce livre pour qu'il soit "visible" par les lecteurs potentiels, qui ne change pas.
Oui, tout le monde est d'accord pour dire qu'entre un manuscrit et un worduscrit, créé par un auteur ne prenant en compte que son problème de créateur, seul avec ses habitudes et ses manies pour y arriver, les outils automatisés pour que l'éditeur (rewriters et correcteurs et metteurs en page... ) en fasse à la fois un bon livre imprimé agréable à tenir, feuilleter et lire, et un bon e-book, idem ... puis le mettre en distribution là où le futur acheteur le trouvera, coût de commercialisation-vente, qui n'aura jamais un coût nul, mais est déjà le plus bas chez les e-distributeurs exhaustifs comme Amazon, où on trouve tjrs si on cherche un peu, ces outils automatisés (de production industrielle) manquent encore.
C'est ce qui explique les coûts élevés du e-Book, qui n'a pour l'instant pas augmenté le gâteau "achats de lecture ".
Le potentiel d'augmentation du gâteau à se partager entre les parties prenantes qui sont indispensables, quelques soient les technos, cad, l'auteur, l'éditeur et le distributeur, ne réside que dans l'augmentation du budget "lecture", soit par plus d'achats chez les minoritaires qui lisent déjà aux limites de leur temps dispo pour cela (ya pas que la lecture dans la vie, et la lecture nourrit encore moins que l'écriture), soit par mise en lecture les majoritaires qui ne lisent pas beaucoup ou pas du tout et achètent très peu de livres.
Baisser les prix donnera d'abord un avantage aux acheteurs actuels, et mettra en péril les éditeurs, notamment les petits obtenant de petits tirages, mais ne fera pas lire plus ceux qui lisent peu et achètent encore moins.
La location au temps de lecture, me semble la seule solution pour attirer des lecteurs payeurs nouveaux,
et résoudre les nombreux problèmes et anomalies du e-Book immatériel par rapport au livre objet papier, non facilement reproductible par les lecteurs tentés par le piratage, (sauf par les étudiants fauchés et ayant du temps), alors que faire sauter les DRM est à portée grandissante d'un grand nombre croissant.
Quel serait le prix à la minute d'un livre qui ne baisserait pas la rémunération finale globale des auteurs-éditeurs-distributeurs ????
Pour moi, coté lecteur-acheteur, payant environ 10€ par semaine, je paierai bien 2 euros par jour, pour 30 minutes de lecture... mais je ne suis pas une étude marketing à moi tout seul :-)
Le business model du e-book immatériel ne peut être la transposition du livre objet papier. Il y a des contraintes, mais aussi bcp d'opportunités pour faire devenir lecteur accro une population qui ne lit pas et faire lire plus pour un peu plus d'argent à tous les lecteurs, s'ils existent, dont le temps pour la belle et bonne lecture n'est pas à son maximum...
....
Ce débat si actuel me laisse toujours perplexe. Quoi qu'on dise, en faveur ou contre le livre numérique, il y a un problème absolument essentiel. Il y a une différence ontologique indépassable entre les deux objets, même s'ils ont les mêmes finalités (et encore selon des fonctionnalités différentes). De sorte qu'on est plus dans un même éco-système, dans une même industrie et chaine de création, dans une même culture et donc dans une même civilisation.
Ainsi avec le numérique, le livre n'est plus un bien, c'est à dire un stock, mais un service, c'est à dire un flux. On ne le tient et détient pas, on y a accès, de façon temporaire, dans le cadre d'un environnement hyper techno qu'on ne contrôle pas (voir l'incident facebook récent). De sorte que l'expression même de "livre" numérique est complètement infondée. Ce qui demeure en revanche, c'est l'acte de lecture.
Passer du stock au flux modifie radicalement l'expérience de lecture. La sensation bien sur (le lien physique au texte via le support, le rapport à l'oeuvre envisagée comme un tout isolé) n'est plus la même.
Sur un plan strictement économique, il y a tout de même un autre souci majeur. Si cette pratique se développe auprès des lecteurs, alors le piratage va nécessairement s'étendre, et plus personne n'achètera quoi que ce soit. Il ne faut pas se leurrer à ce sujet. Un fichier texte, peu lourd, est très facile à pirater. Dans l'éco système numérique, investir 15 euros, non pas dans un livre, mais dans un simple fichier texte qu pèse quelques ko n'a pas de sens. Un prix entre 3 et 5 euros, comme le pratique le site Publie.net, me paraît plus réaliste. La culture de la gratuité demeure tout de même une force puissante du net. Par ailleurs, le maintien de ces prix a de sens dans le cadre de l'univers papier, c'est à dire d'un autre eco système technique: un système ancré dans l'univers bien matériel des "atomes" et non dans celui immatériel des bits.
Enfin, disons le clairement, dans l'univers numérique, comme l'a claironné le pdg d'Amazon, à terme, il n'y aura plus qu'un lien direct entre l'écrivain et le lecteur. L'éditeur est une fonction qui n'a plus de raison d'être en tant que tel, ne serait ce que technique, c'est à dire médiateur entre l'auteur et l'imprimeur. Et comme pour certains musiciens, les auteurs à terme vendront leurs textes directement sur leur site (certes, ces expériences n'ont pour l'instant pas marché, car les internautes ne veulent pas payer tt simplement) Le seul intermédiaire, ce sera Amazone ou autre, c'est à dire celui qui détient les machines.
Bien sur, les editeurs esayent de tuer le marché et de proposer des prix bien trop haut comparés au version papier !
Mais heureusement certains réagissent et des start up telle que LIBNUM propose un vrai selection de livre pour quelques centimes seulement !
C'est sur que vu comme ça, c'est une très bonne affaire de passer à la liseuse.
Le lien : libnum< (librairie numerique)
Bien le bonjour !
Comment ne pas être très en colère quand on voit que le prix des livres numériques au lieu de diminuer ne fait qu'augmenter! Petit exemple La trilogie de Wielstadt de Pierre Pevel coûte 11,20 livre de poche, la version numérique quant à elle 4,90 chaque tome!!! Pour l'autre trilogie, Les larmes du Cardinal,c'est plus ou moins la même chose, 25 euros la version papier, 9,90 chaque tome de la version numérique. Que se passe-t-il dans le monde du numérique? J'ai bien d'autres exemples, prenez les livres Folio et vous serez servis, et cela est tout aussi vrai pour le fonds Gallimard, des prix à vous couper le souffle!! La liste serait trop longue. Je vous conseille de jeter un oeil sur nos voisins Outre-Atlantique ou Italiens et vous verrez que la politique des prix des livres numériques est bien différente. Que faire? Nous en sonnes encore à cette célèbre question!!!