La Turquie est dans l'Europe
Le football européen ne s'embarrasse pas des critères de Copenhague qui garantissent la démocratie ou le respect des droits de l'homme.
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En 1957, le traité de Rome institue la Communauté économique européenne (CEE) et le Real Madrid remporte la première coupe d'Europe. Pourtant l'Espagne de Franco n'est pas membre de la CEE. 2009. Septième élection législative européenne. Le club ukrainien de Donetsk sort victorieux de la coupe de l'Union des associations européennes de football (UEFA). Pourtant l'Ukraine n'est pas membre de l'Union européenne (UE). Et ce vendredi soir, à Lyon, l'équipe de France reçoit la Turquie pour un match amical.
Créée en 1954, l'UEFA compte aujourd'hui 53 membres, soit deux fois plus que l'UE (27 pays). A l'heure ou les hommes politiques tentent de démontrer par A+B que la Turquie (n')est (peut-être) (pas) un pays Européen, l'Islande, la Biélorussie, la Russie, ou encore Israël, le Kazakhstan et la Turquie (voir la carte ci-dessous) participent depuis des années aux compétitions continentales de foot.
Affiliée à l'UEFA depuis 1962, la Turquie et ses clubs participent au Championnat d'Europe des nations (l'Euro), à la Ligue des champions ou encore à la coupe de l'UEFA — récemment rebaptisée «Ligue Europa». Non seulement ils prennent part à ces grands événements, mais en plus ils y obtiennent de bons résultats. «Le football turc a passé la vitesse supérieure, surtout depuis les années 1990», estime Metin Kazancioglu, le secrétaire général de l'Association turque de football. Depuis 1996, date de leur première participation à l'Euro, les Turcs n'ont cessé de progresser, atteignant les demi-finales du tournoi l'année dernière. La Turquie a également obtenu la troisième place lors de la Coupe du monde de 2002.
Dans la lignée de son équipe nationale, le club stambouliote de Galatasaray, qui participe régulièrement à la Ligue des champions, a remporté la coupe de l'UEFA en 2000. Et quand les Turcs ne sont pas sur le terrain, c'est le terrain lui-même qui est turc: le pays a organisé plusieurs finales européennes. Dernière en date, le 20 mai dernier: en coupe de l'UEFA, le stade Sukru Saraçoglu de Fenerbahçe a accueilli le match Werder Brême-Chakhtior Donetsk, remporté par les Ukrainiens du Chakhtior.
Imaginez, dans les années 50, une coupe d'Europe ne réunissant que les six pays de la Communauté européenne: «On se serait vite ennuyé avec les trois pays du Benelux, l'Allemagne, la France et l'Italie. Ça n'aurait pas été passionnant!», estime Jean-Michel de Waele, sociologue du sport à l'Université libre de Bruxelles. Voilà ce qui explique la construction rapide, dès l'après-guerre, d'une Europe du foot élargie.
«On ne les veut pas dans l'UE mais on veut bien jouer contre eux!»
«La construction européenne a toujours été une question d'élite, poursuit De Waele. Or les élites se sont très peu intéressées au football.» A la différence des citoyens européens, qui se ruent plus volontiers dans les stades que dans les bureaux de vote lors des élections européennes. «En termes d'identité européenne, le sport est un levier dont l'Union ne s'occupe pas. Je pense que c'est une erreur», ajoute-il.
Conséquence, deux Europe coexistent — la communautaire et celle du foot. «La façon dont on imagine les Etats dans le football ou dans l'UE n'est pas tout à fait la même. La façon dont les citoyens réagissent non plus. Il y a beaucoup de crainte par rapport à la Turquie dans l'UE mais j'entends peu de gens trouver qu'il ne faudrait pas jouer contre Galatasaray parce qu'il ne serait pas européen, note le sociologue belge. On ne les veut pas dans l'UE mais on veut bien jouer contre eux!»
A chaque Europe, ses règles et ses priorités. Les «Critères de Copenhague» n'ont pas leur équivalent footballistique. Porte d'entrée dans l'UE, ces critères garantissent le respect de la démocratie, des droits de l'homme, des minorités.
Côté football, «vous pouvez intégrer n'importe qui, constate De Waele. A partir du moment où un pays du Proche-Orient comme Israël a été accepté, vous pouvez accepter tout le monde. L'Europe du foot est extrêmement floue, c'est un accord entre fédérations qui n'a rien à voir avec les accords des hommes politiques. Faire semblant de ne pas faire de politique permet d'admettre les pires pays qui violent les droits de l'homme. L'UEFA s'en moque comme le poisson d'une pomme».
«Heureusement ou malheureusement, note le sociologue, accéder à une phase finale de coupe d'Europe ne fait pas encore partie des critères de Copenhague».
Laurent Génin et Arthur Helmbacher
A voir aussi en carte: l'Europe politique (UE) et l'Europe du football (UEFA)
En vert, les pays membres de l'UE et de l'UEFA.
En bleu, les pays membres de l'UEFA seulement.
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Mis à jour le 06/06/2009 à 14h53














































Vous ne pouvez pas utiliser un titre comme celui-là : c'est de la provocation que n'importe quel examen d'une carte ou d'une mappemonde permet de démentir. Qu'il y ait des sports ou des organisations internationales ou multilatérales qui incluent la Turquie dans le concert des nations européennes ne change rien à l'affaire : la Turquie est en Asie mineure, ce qui, jusqu'à plus ample informé, n'est nullement déshonorant. Je vous invite à lire le dernier numéro de la revue de la Société de géographie, la plus ancienne société de géographie du monde, pour vous en convaincre. Bien cordialement.
Vous pouvez utiliser un titre comme celui-là : Ce n'est pas de la provocation, car n'importe quel examen de livres d'histoire ou de littérature permet de le confirmer. Le fait qu'il y ait des sports, ou des organisations internationales ou multilatérales qui incluent la Turquie dans le concert des nations européennes confirme l'affaire : la Turquie est en Europe, ce qui, jusqu'à plus ample informé, n'est nullement honorant. Je vous invite à lire l'histoire de la zone d'influence Européenne de l'époque Romaine à la chute de l'empire romain d'occident, bien avant la chute de l'Empire Romain d'Orient dont la capitale était... Constantinople (/byzance/Istanbul), et dont la langue officielle était... le Grec !
Le racisme et la xénophobie (sans même parler de l'Islamophobie) font dire de bien belles choses, comme ce qu'a pu écrire Mr Cyril78, mais le fait reste que la Turquie a sa place en Europe tout comme l'Ukraine (et pourquoi pas la Russie, si elle le souhaitait... mais cet état-continent est loin de le vouloir).
Que tout futur élargissement passe par une stabilisation préalable des institutions n'est pas la même question.
Mais se baser sur l'argument éculé du "il suffit de regarder une carte" pour masquer son Islamophobie est pathétique. Dites que vous ne voulez pas d'un pays de 60 millions de musulmans en Europe, mais ne venez pas parler de Géographie !!
Bien cordialement (sic)
Julien
Pour savoir si la Turquie est dans l'Europe le minimum d'exigence de rationalité est de savoir ce qu'est l'Europe et mieux ce que signifie la question et aussi le "dans". Problème de cohérence.
- s'il s'agit d'une question géographique la réponse est claire même si il y a quelques problèmes de frontières. mais un territoire n'a pas de parlement ni de projet politique.
- s'il s'agit d'un projet sportif on a la réponse
- s'il s'agit d'un projet administratif c'est pure convention
- s'il s'agit d'un projet politique entre nations alors seule la nature du projet permet de répondre à la question.
Le mélange des registres est irrationnel et donc sans signification. Or ce mélange des registres est établi par le système des Etats-nations-territoires, la confusion vient de là. Ce sont ensuite les conceptions de l'Europe, le Sens qui lui est donné qui va permettre de définir si la Turquie peut s'inscrire dans le projet européen.
Tous les discours sur l'avenir de l'Europe sont vains tant que cette question du Sens du projet européen n'est pas résolue. La place de la Turquie en découlera.
Nous entrons dans un temps de refondations, les questions de fonctionnement n'ont aucune chance d'y répondre.
Le débat fait rage et tant mieux. Lors de la calamiteuse émission sur l'Europe sur France 2 cette semaine, Martine Aubry a définit, non sans courage à quelques jours d'une élection où l'entrée éventuelle de la Turquie dans l'EU a été exploité par la droite souveraintiste, le seul critère qui compte concernant ce pays candidat. Ce critère est : la Turquie est-elle prête à respecter et promouvoir les valeurs humanistes réprésentées et exigées par l'EU? Si oui welcome. Si non bye bye.
Tout le reste ne sont que des arguments motivés par différentes formes d'intolérance, par du lobbying ou, comme dans le cas de l'UMP actuellement, par l'opportunisme politique. Mais on a le temps. Que le débat continue!