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Richard Robert

Richard Robert a publié La Possibilité d’un centre. Stratégies de campagne de François Bayrou (Michalon, 2007).

François Bayrou: la théorie du complot permanent

Les propos récents qui font polémique ne sont pas des dérapages.

Annoncé en baisse dans les sondages, François Bayrou relance le thème du complot. Cette idée habituellement utilisée par les extrêmes peut surprendre de la part d'un centriste, mais elle lui a bien réussi dans le passé. Elle permet de saisir au plus juste son étonnant positionnement politique, qui fait le grand écart entre une posture populiste et un discours plus articulé sur l'équilibre des pouvoirs.

Mercredi 4 juin, intervenant sur France Inter à trois jours des élections européennes, François Bayrou fustigeait les sondages qui signalent en cette fin de campagne un repli du Mouvement démocrate. «Il y a une manipulation de la vie politique par les sondages», expliquait-il, réagissant à une enquête selon laquelle la liste Europe Écologie menée par Daniel Cohn-Bendit ravirait la troisième place au MoDem. Si le scrutin montre «que cette affaire était une vaste entreprise pour essayer de créer un courant, ou en tout cas des mouvements d'opinion qui n'existent pas en réalité (...) je dirai tout ce que je sais des sondages et des manipulations. Et je dirai qui et je dirai comment», a-t-il ajouté. « S'il y a au pouvoir, ou proche du pouvoir, des gens qui sont les grands organisateurs de tout cela, alors il va falloir que l'on regarde de près et que la démocratie se défende.»

Le thème de la démocratie en danger a été au cœur de sa campagne pour les Européennes, avec notamment la parution de son livre Abus de pouvoir, une attaque en règle contre le régime et plus précisément la personnalité politique de Nicolas Sarkozy, accusé de collusion avec les grands patrons et de confiscation du pouvoir.

Ce positionnement n'est pas nouveau. On peut repérer chez Bayrou, depuis plusieurs années déjà, une évolution qui le voit élargir ses références démocrates-chrétiennes et s'aventurer vers les thèmes d'Alain et la culture radical-socialiste, où le thème de l'abus de pouvoir est central. Il rejoint aussi, ce faisant, la stratégie de François Mitterrand qui en 1964 s'attaquait frontalement au régime avec Le Coup d'Etat permanent, entrant ainsi dans le rôle de l'opposant principal. On voit ici se révéler la stratégie présidentielle de François Bayrou, qui consiste à construire une figure d'opposant absolu et à desserrer ses références pour accueillir d'autres imaginaires politiques, réunis dans une figure idéalisée de la démocratie dont le président du MoDem se fait le gardien sourcilleux.

Abus de pouvoir renoue ainsi avec la fibre républicaine et les accents tribuniciens déjà présents dans Au nom du Tiers Etat, un ouvrage paru en 2006. «Nous vivons, écrivait-il alors, dans une république qui a la forme de la démocratie, mais où le pouvoir est en réalité confisqué. Ceux qui le détiennent disposent, grâce à nos institutions d'Ancien Régime, du monopole sans contrôle sur les puissants instruments de l'État, et, grâce à leur intimité avec les puissances économiques et médiatiques, de moyens considérables pour verrouiller la vie publique.»

Cette mise en cause des élites est d'ordinaire l'apanage des extrêmes et elle peut surprendre de la part d'un centriste. Elle s'articule chez lui avec la dénonciation d'un certain parisianisme, d'une mainmise sur les postes et les prébendes qui ferait la part belle aux clans et oublierait, voire mépriserait le pays profond. Il y a là une position qu'on pourrait dire girondine, et qui n'a rien d'inhabituel dans la culture centriste. Mais François Bayrou va très loin dans la dénonciation des élites centralisatrices.

Dans «Au nom du Tiers Etat», déjà, la figure du «monopole» préludait à une attaque très virulente sur la «décomposition» de la vie publique: «Sous cette Ve République épuisée, chaque fois qu'un problème doit être résolu, on découvre que les cartes ne sont pas sur la table. Les vraies cartes sont sous la table: un réseau opaque d'intérêts, partisans, claniques, économiques, médiatiques, commande les décisions qui sont prises, impose son influence à l'action de l'État. Cette décomposition des principes de la démocratie fait une victime directe : le peuple français.» Cette situation délétère conduisait alors naturellement au thème du déclin: méprisé par les élites, le peuple français est «tenu à l'écart de l'essentiel de ce qui le concerne, rendu incapable d'assumer les choix de son destin, et au bout du compte entraîné au déclin par ceux-là mêmes dont la mission et le devoir consistent à le défendre.»

La présence ici d'un thème démocrate-chrétien comme la responsabilité, tout comme l'appel à revivifier la démocratie, ne doit pas masquer celle d'un vocabulaire et de thèmes qui appartiennent en général au discours de l'extrême droite: déclin, putréfaction, corruption, collusion.

Ce thème s'est définitivement imposé chez Bayrou en 2006, en plusieurs étapes. Dénonçant l'arrivée de Jean-Louis Debré au Conseil constitutionnel, il déclarait le 7 janvier: «Je suis contre les nominations, cette perpétuelle intimité qui existe entre l'exécutif et les corps de contrôle» (Grand rendez-vous Europe 1 / TV5 Monde / Le Parisien / Aujourd'hui en France ). La position est bien sûr parfaitement défendable, mais il faut prêter attention à sa formulation: on notera la connotation corporelle du terme d' «intimité», caractéristique des grands pamphlétaires d'extrême droite qui mettent en scène un monde réel charnel, voire animal, pour lui opposer un imaginaire de la pureté.

Tout au long de l'année 2006, la mise en scène de la colère, du dégoût et de la pureté offusquée accompagne et formule une prise de distance progressive avec la droite gouvernementale, qui trouve son couronnement lorsque François Bayrou vote la censure au gouvernement sur l'affaire Clearstream. «Il faut changer les mœurs au sein de l'État», précise-t-il à La Réunion le 28 décembre 2006. L'enjeu est de marquer sa différence et de se dédouaner du bilan d'une majorité, mais aussi et plus simplement de se refaire une virginité politique à l'heure où il amorce son virage à gauche.

L'insistance sur la pureté et l'affirmation d'une haute exigence morale signalent habituellement, à l'extrême gauche comme à l'extrême droite, une position extérieure au système. C'est précisément celle qu'a commencé à cultiver François Bayrou fin 2006, quand il a commencé à se présenter comme la victime d'une omerta des médias. Dans les attaques répétées contre la presse et en particulier TF1, François Bayrou rappelait une technique utilisée avec succès par le président du Front national dans les années 1980. «Le Pen dit la vérité, on le bâillonne», disaient alors ses affiches. Un discours prononcé à Brest le 9 janvier 2007 voit Bayrou s'ériger en porte-parole de tous ceux qu'on chercherait à tromper ou à faire taire : «J'ai un message pour ces grandes puissances médiatiques: vous n'êtes pas les patrons de la France (...). Nous, Français, sommes un peuple de citoyens, nous ne céderons pas à votre matraquage.» Certes, l'envolée dénonciatrice conduit en dernier ressort à réaffirmer une position républicaine, avec la référence aux «citoyens». Mais s'il revient sagement, in fine, à sa position initiale au centre de l'espace républicain, le rhéteur ne s'en aventure pas moins très loin dans les marges incertaines de la dénonciation.

Des thèmes et des motifs populistes marquent ainsi la façon dont il se projette dans l'espace médiatique: hors système, virginal, virulent, porte-parole enfiévré des petits contre les grands, François Bayrou souvent va très loin dans l'expression d'une indignation «excentrique». Les propos tenus le 4 juin 2009 s'inscrivent dans cette continuité et marquent, avec les menaces et l'accusation de manipulation, une gradation sensible pour les observateurs qui le suivent depuis longtemps. Les mêmes ont sans doute noté qu'on ne l'avait guère entendu parler d'Europe pendant cette campagne - même si Marielle de Sarnez s'en est largement chargé. On peut se demander s'il ne s'est pas aventuré trop loin, cette fois-ci, dans les eaux dangereuses du populisme. Jusqu'ici, il a toujours su en revenir. Mais ses électeurs le suivront-ils dans ses allers-et-retours?

Richard Robert

Photo: François Bayrou  Reuters

 

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Comments

F. Bayrou parano ????

Si sa relance du "complot permanent", son assertion de manipulation des sondages, sa "victimisation" en tant que ..plus ou moins persécuté (ou tout du moins) désavoué par les médias, si tout cela donc n'est pas pure affectation de sa part (pour attirer - comme il le peut - ) l'attention vers lui, je commence sérieusement à craindre pour ... sa santé mentale, et je ne crois pas qu'un tel positionnement va drainer vers lui davantage d'électeurs le 7 Juin !
A vrai dire , je trouve même que son attitude extrême est vraiment maladroite, mal venue , étant -selon moi- sans fondement réel !
Et je ne serais pas étonnée qu'au final, son score soit moindre que celui auquel va se hisser Europe Ecologie !! Tant pis pour lui !!!

Le vent se lève!... Il faut tenter de vivre!
Paul Valéry

Complot, hum...

Moi aussi, ça me gène un peu cette idée du complot. Mais... quid de l'annonce autour d'un sondage donnant Le Pen largement devant Bayrou juste avant la présidentielle de 2007. Quid des manœuvres, à peine cachées des équipes de Sarkozy à l'occasion des élections municipales à Pau. Alors, complot, avec des gens qui s'arrangent en disant les choses franchement. Peut être pas. Convergence d'intérêts, connivence comme dit Bayrou : qui peut en douter ?

Il y a des choses qu'on ne veut pas voir. La corruption - bien plus généralisée dans notre beau pays (même si "soft") qu'on aurait tous envie de l'accepter. Les conflits d'intérêts, tellement voyant, mais si peu gênants. Les arrangements entre amis (vous vous souvenez de Tapie, qui peut être grâce à un deal avec Sarkozy il y a quelques années se serait vu renvoyer l'ascenseur récemment, à hauteur de 30 ou 40 millions net, ou François Pérol, ou Stéphane Richard). Les oligopoles de grosses entreprises françaises, gérées par les mêmes (voir plus haut), au détriment des consommateurs français. Tout est lié.

Complot ? Parlons des sondeurs. Hier soir le sondeur a du avouer devant les téléspectateurs que le sondage pointé par Bayrou - pourtant publié à la Une du Monde - n'avait pas de signification réelle. Mais aujourd'hui on relève "l'obsession de Bayrou", bien plus que l'approximation de la Sofrès. Alors, complot ?

Pierre Guillery
www.pierreguillery.com

Complot, peut-être pas...

Mais fixette hallucinante des médias sur les sondages, certainement.
Car au final, on aura plus parlé des intentions de vote de "panels de citoyens" obscurs que des programmes des candidats, quels qu'ils soient.

Cf. l'article http://www.slate.fr/story/6077/parlement-europ%C3%A9en-d%C3%A9ficit-m%C3...

Bayrou est un grand joueur de boomerang

François Bayrou reproche à Nicolas Sarkozy son ignorance et son refus d'inscrire son action dans l'histoire de son pays. Il vient de commettre cette même erreur. La famille politique de François Bayrou n'est pas le populisme mais la démocratie chrétienne avec un thème fédérateur l'Europe. En sortant un pamphlet contre un homme et en oubliant l'Europe, il a ouvert un boulevard à Daniel Cohn Bendit qui ne s'est pas privé de s'y engouffrer. Il est devenu le défenseur de l'idée européenne. Voici la raison de la concurrence trés vive entre les 2 courants et de la porosité de leur électorat.
Autre boomerang:
Sa critique des journalistes lui a paradoxalement servi dans les médias qui lui ont largement accordé leur antenne. Ils commencent me semble t-il à se lasser des pratiques sado-masochistes que leur infligent François Bayrou.

iconoclaste

Flinguer Bayrou

Je ne sais pas s'il y a une ligne éditoriale sur Slate.fr mais les quelques articles que j'ai pu lire me semblent orientés très Anti Bayrou.

L'UMP tire sur Bayrou.
Le PS tire sur Bayrou.
La question est pourquoi D. Cohn Bendit tire t'il à vue sur Bayrou depuis plus d'un mois ?
Quel est son intérêt ?
Pourquoi DCB ne supporte t'il pas être interrogé sur ces relations avec le chef de l'Etat ?
Par quel truchement arrive t'on à voir M. Barnier et l'UMP prendre la défense de DCB ?

Il n'y a pas de théorie du complot mais juste une réalité : Il est très dur de se faire une place entre le PS et l'UMP en France.
Bayrou le sait.
Désormais il ne peut plus se contenter de répondre gentillement aux attaques : IL DOIT COGNER.

Faits :
En 2007 dernier sondage à 23H55 5 minutes avant la fin de la campagne : Alerte Le Pen est troisième devant Bayrou et donc le message suivant : En gros attention au vote Bayrou, Le Pen peut être au second tour.
Réalité : Bayrou fait 2 fois le score de Le Pen, 2 fois le score !

Un jour plus tôt, sans que Bayrou ne puisse répondre puisque la campagne est finie, le Monde titre sur l'impératif démocratique à voter pour Sarkozy ou Royal laissant entendre qu'un vote Bayrou serait anti démocratique.

Il faut arrêter de parler de complot mais il faut aussi regarder les faits et la réalité en face : Tout est fait pour flinguer Bayrou.

Regarder la réalité en face...

"Il n'y a pas de théorie du complot mais juste une réalité : Il est très dur de se faire une place entre le PS et l'UMP en France." Voilà la réalité. Cet espace politique n'existe pas (ou est étroit) et c'est la raison pour laquelle François Bayrou frappe si fort contre les personnes ou contre les institutions. En tapant sur tout le monde, il finit par se faire des ennemis. Après il crie au complot. Mais il risque à tout instant de sombrer dans le populisme.

iconoclaste

Bataille politique

Pourquoi parler de complot ?
Bayrou dit juste que ses adversaires - Sarkozy en tête - sont prêts à tout pour lui nuire électoralement, y compris à mobiliser leurs réseaux de soutiens et d'amitiés. Dans le cas du Président, personne n'ignore que ceux-ci se retrouvent dans les grands groupes de presse et de télé (Lagardère, Bolloré, Dassault, Bouygues...) et les instituts de sondage commandités par les mêmes entreprises (la patronne du Medef, qui ne vote ni à gauche ni au centre, dirige elle-même un institut !).
C'est le jeu de la politique : chacun mobilise ses amis pour défendre sa cause. Bayrou a juste raison de rappeler qui sont ceux de Sarko - ce dernier en a-t-il honte ? Il est urgent de revenir à plus de sincérité, clarté et de franchise dans la politique française : qui soutient qui ? qui pense quoi ? qui veut faire quoi ?
Nier les désaccords, les oppositions, les conflits, c'est refuser le débat et donc museler la démocratie - une perspective qui n'effraie visiblement pas l'UMP, mais qui devrait révolter l'ensemble des citoyens - qu'ils soient de gauche, de droite ou du centre.
Quant à la dispute avec Dany, le ton est monté trop haut, mais on voit bien qu'elle est superficielle. Ce vieux routier de la politique sait bien qu'il est en situation d'alliance objective avec Sarko dans le cadre de ce scrutin. Il n'a rien demandé, mais il ne la rejette pas, sachant bien ça lui vaudra de passer les 10%... Pour le Gouvernement, c'est un bon moyen de nuire au MoDem sans prendre le risque de voir un concurrent sérieux émerger dans l'Hexagone : la très hétéroclite liste Dany-Jolie-Bové ne présentera jamais rien de cohérent - les premières disputes éclateront dès lundi quand il s'agira de parler concrètement des institutions européenne (Bové noniste, DCB ouiiste), ou d'économie (Bové antilibéral, DCB libéral).

ad augustas per angustiae

N'est-ce pas une marque

N'est-ce pas une marque de suffisance ou bien un dérapage de pensée comme le souligne l'auteur de l'article de François Bayrou d'affirmer qu'il est une victime des lobbies non pas gauchistes mais droitistes ?

Pensez-vous sérieusement que François Bayrou n'a pas de réseau, pas d'amitié, rien qui l'aide à payer ses campagnes, son parti, etc...?

Il a réussi au moins une chose, celle de faire croire que lui seul est courageux, honnête et au-dessus de tout soupçon !

Jusqu'au jour, où il va être pris à son propre piège.

Hier soir, il a dérapé et s'est servi d'un élément vieux de 35 ans, édité dans une société aux antipodes de la nôtre.

Il a montré qu'il n'est pas maître de ses nerfs, qu'il ne peut pas soutenir un débat et surtout qu'il est un tantinet pleurnicheur.

Bref, il ne ferait pas le poids face à un Poutine, un président du Moyen Orient, un 1er ministre anglais, ou allemand.

oups

a complot, complot et demi ?

il y a effectivement quelque chose de gênant dans l'obsession médiatique du complot de F Bayrou. Ce côté victime permanente est fatiguant tant il rappelle d'une part la méthode utilisée par les extrêmes et transfert l'idée de la vacuité du discours d'autre part. On en viendrait presque à se demander s'il a quelque chose de politique à dire plutôt que de fustiger les méchants qui s'en prennent à lui.

pourtant, comme c'est dit dans les commentaires, on peut s'interroger sur les pressions multiples que subissent les instituts de la part de leurs donneurs d'ordre usuels, sur l'éventuelle volonté de ne pas déplaire au prince du moment et finalement, sur l'honnêteté scrupuleuse de l'interprétation faite des données brutes pour les transformer en "résultats".

sans parler de complot, on pourrait aussi rebondir sur ce type de fait pour se dire qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de la démocratie française et se demander comment y remédier pour la rendre à la fois plus transparente et plus honnête.

toutefois, je pense que le Modem a suffisamment d'argent en caisse pour se payer un sondage après avoir qualifier tout ce qu'il faut pour s'assurer d'un peu de réalisme. Malgré tout, le faire serait aussi affronter un verdict qu'il est beaucoup plus commode d'essayer d'orienter par une posture que par de la pédagogie. Ce n'est pas en jouant le jeu détestable qu'il a pratiqué hier sur France 2 qu'il va convaincre les indécis de voter pour lui !

très fine analyse

Votre article est d'une analyse très fine. Le portrait de F. Bayrou est juste.

Cette tactique de dénonciation l'a certes servie durant la présidentielle face à un électorat en manque de P.S. mais la fin de la campagne des Européennes montre à quel point sa tactique verbale et son positionnement politique sont anachroniques.

Voilà un homme qui il y a plusieurs semaines se rengorgeait des sondages en sa faveur, inquiétant, à sa grande satisfaction, P.S. et UMP, vitupère aujourd'hui à la fin de la campagne.

En outre, votre article ne le mentionne pas, son positionnement de porte-étendard enfiévré et bien pensant lui a fait commettre un joli dérapage sur une chaine publique pour un sujet bien éculé.

Tout cela masque imparfaitement une incapacité à tracer un programme clair tant pour l'Europe (qu'il a oubliée) que pour tout autre chose.

A gauche, nous avions les excuses de Ségolène Royal, l'anti-sarkozyme pavlovien et les saines colères de la même personne.

Il faut admettre que dans le Centre actuel, nous comptons désormais le preux chevalier blanc Bayrou.

Mais les "pétages de plomb" successifs en deux jours laissent augurer des lendemains difficiles pour Monsieur Bayrou.

En 2012, le peuple français aura-t-il besoin d'un professeur donneur de leçon de bonne conduite?
D'une madone, star des médias, distribuant des pardons à l'envi ?

Non, parce que le peuple n'est pas suicidaire . Il choisira ni la dénonciation, ni la contrition mais la gestion efficace !

oups

sondages, manipulations, efficacité electorale.

Depuis l'élection de NS, on ne peut plus nier la manipulation des sondages. Entre les valeurs brutes et les résultats publiés, il y a une différence majeure liée aux "pondérations" des différents instituts. Ces pondérations sont complètement opaques, relèvent du secret de fabrication de chaque sondeur, et sont parfaitement suspectes. D'autant que tous les instituts de sondages appartiennent ou son dirigés directement par des amis de N. Sarkozy.
Si au mois de Mars 2007, les instituts avaient donné la réalité des sondages effectués avant bidouillages, certaines enquêtes mettaient Bayrou au deuxième tour. Ce qui n'aurait pas manqué de créer des soucis à NS. Donc, après "pondération", jamais ces résultats n'ont été donnés au public.
Dans le débat actuel, la sortie de Bayrou me semble contre productive pour lui. Il attaque DCB de front, avec des arguments tendancieux, qui éloignent du débat principal sur l'Europe.
Tout le monde veut la peau de Bayrou c'est certain, les sondages ne sont qu'une des manières de manipuler les intentions de vote. Est-ce pour autant utile de créer une telle altercation, qui écorne l'image de sérieux et de hauteur de vue que FB cultive si précieusement ?
En attendant le prochain sondage qui montrera que FB est en chute libre après ce "dérapage insupportable"...

....

"Depuis l'élection de NS, on ne peut plus nier la manipulation des sondages." Non si Sarkozy manipule les sondages il n'est pas le premier Chirac a pratiqué le faux sondage. Aux présidentielles les sondages ont donné les bons résultats. Tous les techniciens des sondages vous diront que la pondération est obligatoire. Le vote FN est toujours minoré Certaines catégories sont sous représentées etc... On peut reprocher à certains sondages la formulation des questions. Mais cela n'est pas valable pour l'intention de vote. C'est un faux procés.
Vous écrivez que cette polémique éloigne le débat de l'Europe mais FB n'a pas fait campagne sur ce thème, c'est sa principale erreur.
FB a tenté un coup par ce dérapage, on verra si il réussit. Mais c'est lui qui a choisi de créer l'évènement de cette manière.
Le prochain sondage aura lieu le soir des élections.

iconoclaste

D'accord et pas d'accord

Bien sûr la manipulation des sondages ne date pas de 2007. Mais je pense que cette fois ci, elle a été décisive dans le résultat de l'élection présidentielle, c'est pour cela que j'ai utiliser cette formule pas très claire je le reconnais.
Concernant le débat sur l'Europe, vous avez raison de dire que FB n'a pas fait campagne sur ce thème. Est-ce une erreur ou un choix ? Les français sont plus passionnés par le débat interne que par les questions européennes, et peut être e-til voulu ainsi rester visible médiatiquement sur un thème plus porteur que le débat européen, tout en peaufinant son image de Premier Opposant au président de la République.
Concernant la pondération des résultats, je n'ignore pas l'argument des "techniciens des sondages".
Mais, utilisant moi même les statistiques à chaque fois que je lis ou écris un article scientifique, je ne suis pas du tout convaincu. Lorsqu'une statistique est donnée sans aucun des éléments qui permettent de l'interpréter (marge d'erreur, sélection de l'échantillonnage, tests statistiques utilisés...) et que les résusltats sont non pas affinés, mais profondément transformés par des algorythmes opaques classés top secret, j'ai un profond doute. Et lorsque tousl les instituts de sondage ont des intérêts directs et concorddants dans l'orientation à donner aux résultats publiés, je pense qu'il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles et remettre en question les arguments "techniques" justifiant les manipulations des chiffres.
La manière dont on pose une question, la date de l'enquête, les thèmes choisis sont déjà des orientations directes des réponses que l'on attend. Lorsqu'en plus, on se permet de changer également les résultats sans donner les valeurs brutes et les pondérations choisies, je pense qu'il faut casser ces représentations approximatives et trompeuses de la vérité. N'est ce pas la raison d'être d'un iconoclaste ?

The Bayrou paradoxe

Sincèrement je ne crois pas que les sondages aient été décisifs dans le résultat des élections présidentielles. Le PS n’était pas prêt. Bayrou pense qu’on peut-être élu sans un parti puissant, personnellement je ne le crois pas. De Gaule avait un grand parti derrière lui. Mitterand a refondé le PS pour préparer son élection. Bayrou était bien seul.
Je n’ai aucun problème à reconnaître que les sondeurs ne sont pas neutres et leurs commanditaires non plus. On peut facilement juger de l’orientation d’un sondage et surtout du destinataire par le type de questions posées (thème choisi, opportunité etc) et par la manière dont les questions sont rédigées. La possibilité de biaiser les questions est plus difficile en matière électorale. Si les algorithmes sont opaques c’est avant tout parce que la correction est empirique et est liée aux paramètres d’échantillonnage. La qualité des sondages en matière électorale se mesure à la précision de leur projection par rapport au résultat. Hormis une ou deux erreurs monumentales d’appréciation les sondeurs se trompent peu en la matière.
François Bayrou critique avec beaucoup de force le manque d’indépendance des pouvoirs financiers, médiatiques, industriels, exécutifs etc… Il a raison mais ce n’est pas nouveau. C’est lié à l’organisation des pouvoirs dans notre pays et notamment du poids de l’état. Il est le plus féroce critique du modèle dont il entend être le meilleur défenseur, le fameux modèle français. C’est « The Bayrou paradoxe ». Sarkozy en a été le plus grand pourfendeur lors des dernières élections. Il fait comme Mitterand avec la constitution il s’en accommode…
PS : Je vous remercie de me créditer d’un peu d’auto dérision dans le choix de mon pseudonyme et j’espère que ce petit commentaire y reste fidèle.

iconoclaste

il y a de quoi!

quand on se fait de toutes les manières dépouiller par ds vagues de traîtres, la première emmenée par le secrétaire général de l'UDF à l'époque pour créer l'UMP...
quand on se fait tirer dessus de tous les cotés depuis des semaines après les coups de poignards depuis des années et les pires coups tordus depuis des mois destinées non seulement à ôter les derniers fidèles mais à empêcher certains de revenir au bercail...
quand on entend annoncer PUBLIQUEMENT qu'on veut lui retirer son garde du corps alors que Bayrou au pays basque est parmi les hommes politiques qui risquent le plus et a été menacé: lui enlever, pourquoi pas mais le dire et faire dire: c'est criminel et le désigner pour mourir!
quand on revoit sans arrêt les mêmes scénarios se reproduire, notamment celui des sondages de la présidentielle: à nouveau il est presque au niveau du PS, à nouveau très soudainement sans raison ni logique il chute et à nouveau dépassé par un autre, cette fois ci pas le FN mais DCB. (soit c'est manipulé, soit on a majoré FB et minoré DCB pour mieux ensuite inverser le processus et le faire chuter)
quand on vient de se faire une campagne européenne crevant, plus une promotion de livre, plus tout le reste des habituelles obligations et que soudain on se retrouve pris au piège et jeté dans l'arêne avec tout autour de lui des pouces vers le bas et quelqu'un qui comme par hasard l'attaque pas sans prévenir ni sans raisons comme précedemment de façon alors très surprenante mais après de muliples contacts directs et téléphoniques avec l'élysée (encore un)

là oui on peut légitimement commencer à se poser de sérieuses questions et à parler de théorie du complot car tout cela pue.

remarques: qui a hurlé? qui a injurié? qui a coupé brutalement l'autre et sur un ton qu'il a regretté? FB? non DCB!
Bayrou n'a ni crié ni proféré de jurons ou gros mots ou autres amabilités genre "minable" "ignoble"
et qui a écrit des trucs condamnables sans les renier ni s'en excuser et au contraire en élaborant une "théorie" à partir de ses "expériences" avec de jeunes enfants? pas FB! non! mais DCB!
Et c'est pourtant la victime qui passe pour le coupable et celui qui se fait hurler dessus et injurier qui a le mauvais rôle! incroyable.

Fakrys

Pas tout à fait juste!

"et qui a écrit des trucs condamnables sans les renier ni s'en excuser et au contraire en élaborant une "théorie" à partir de ses "expériences" avec de jeunes enfants? pas FB! non! mais DCB!"
Faux : DCB s'est exprimé à plusieurs reprises et a regretté ses écrits.
Ne pas vouloir tutoyer en public pour montrer qu'il n'y a pas connivence alors qu'ils se tutoient en privé c'est un peu ridicule surtout quand on veut montrer que le fait que DCB tutoie Sarko est suspect.
Reprocher à DCB de représenter son groupe à des repas à l'élysée c'est aussi un peu bas et pas à la hauteur d'un débat sur l'avenir de l'Europe. Ce n'est pas de la faute de DCB si Bayrou n'est pas président de groupe parlementaire.
Il ne s'est pas laissé emporter par l'émotion. Ses attaques contre DCB étaient prévues puisqu'il a lu un texte. Il a voulu faire un coup.
"quand on vient de se faire une campagne européenne crevant, plus une promotion de livre," Non il n'a pas fait les 2 et c'est justement le problème Il en veut à DCB de lui avoir volé la thématique européenne. Ses quelques fidèles faisaient une vraie campagne européenne. Mais en monopolisant l'attention sur lui il a déstabilisé la fin de campagne de Jean François Kahn et Marielle de Sarnez.
Les sondages : "c'est manipulé, soit on a majoré FB et minoré DCB pour mieux ensuite inverser le processus et le faire chuter" Ils ont le même électorat puisque DCB a fait sa campagne sur l'Europe et pas Bayrou! Donc cela fluctue.
Tout le monde est contre lui: Il attaque tout azimut: les socialistes, l'Ump, DCB, les journalistes, les sondeurs, les institutions... Il finit par recueillir les "fruits" de son travail. C'est la méthode Le Pen au service non pas de son parti mais de lui-même.
"quand on se fait de toutes les manières dépouiller par ds vagues de traîtres, la première emmenée par le secrétaire général de l'UDF à l'époque pour créer l'UMP" Bayrou n'a jamais trahi personne mais il a eu des fidélités successives. C'est la capacité d'adaptation du centre.
"La théorie du complot" Attention terrain très glissant, il est temps que la campagne se termine.

iconoclaste

comment grignoter la théorie du complot

on peut gloser autant que l'on veut sur l'autovictimisation de François Bayrou. Il reste que, si ce débat est ouvert, c'est bien parce que le fonctionnement de la république n'est pas exempt de soupçons. Quand M. Hees vient protester de son indépendance à l'antenne de France Inter, il prétend garantir l'indépendance de ses rédactions par son statut de journaliste. Ce raisonnement est enfantin tant il est emprunt de fausse naïveté. Face à François Bayrou, Nicolas Demorand donne toutes garanties d'indépendance au nom de la rédaction de France Inter. Comment peut-on garantir l'indépendance des rédactions des chaînes publiques dès lors que leurs présidents sont révocables ad nutum sans préavis ni justification, remplaçables à volonté, le tout au bon vouloir du président de la république en titre? Dans le même ordre d'idées, si quelque lecteur intellectuellement honnête peut me garantir sans rire la neutralité de l'institut opinionway, je serai preneur (cf le dernier sondage du figaro sur la popularité de Nicolas Sarkozy dans les grands pays d'Europe). Alors, si nous nous dotions de règles de nomination dans l'audiovisuel public un peu démocratiques, et si nous mettions un peu de règles déontologiques dans la préparation, la publication et les commentaires des sondages, la théorie du complot aurait au moins un peu de plomb dans l'aile.

christian c

Y'a qu' le parano qui survit ...

Après le résultat des Présidentielles qui déclencha un haro contre Ségo, c'est au tour maintenant des Européennes de sonner l'halali, ici et partout, contre Bayrou... Mais diantre à qui donc peuvent bien profiter ces deux crimes médiatiques, mais oh pardi Lou Ravi, ce p'tit homme au grand appêtit, non ?

Le fait est que le Peuple aime Ségolène, qu'il apprécie aussi Bayrou, alors fort de cette légitimité et en dépit des traîtrises de leurs cadres respectifs, nos deux élites solitaires sont partis naivement au combat politique, la fleur au fusil. Puis la parano du complot médiatico-politique émergea dès que le pouvoir conservateur du moment eut peur de ces deux loups solitaires incontrôlables. De là à imaginer qu'il fit tout pour semer le doute dans ces deux esprits libres, il n'y a qu'une digression de paranoiaque ...
Pourtant le Peuple Gaulois ne doit jamais oublier que son petit representant actuel fut formé à l'école corse, pasquaienne et qu'il en a hérité simultanement l'entregent de Neuilly et la main armée policée.

Donc cette prétendue crise de parano du citoyen Bayrou était pour le moins prévisible face à l'attaque finale, après les banderilles, le coup de grâce donné par un ex mao, supposé ou pas ami de cette droite qu'il a jadis combattu. Je pense que d'instinct, François Bayrou s'est senti agréssé et il a vu dans la hargne du néanmoins gentil bandit vert toujours à l'affut d'un rebond politique, rien moins qu'un scud téléguidé par notre Tsar dont on cause tant, partout, tout le temps... Il est utile de rappeler que Ségolène Royal fut elle même touchée par cette paranoia, quand elle crut voir une jante de blue car de l'ami Breton du Président, en travers de la porte de l'atelier d'Heuliez en grève. Complot ou pas ?

Quoi qu'on lise ici ou là , les citoyens Bayrou et Royal ont de beaux jours devant eux, surtout si l'on applique cet adage de rue qui affirme que seuls les paranos survivent ... Allez terminons par un constat apte à les regaillardir, en effet j'aime à relever que tous les Présidents de la cinquième qui furent aimés, voir adulés par une vraie majorité populaire, bien au delà de 28%, avaient comme eux, des origines profondement rurales et gauloises :

De Gaulle était Chti, Pompidou Auvergnat, Giscard Bougnat également, Mitterand Morvandiau, Chirac Corrézien et le Tsar qui cause tant de ... Neuilly ! Cherchez les causes de ce nouveau divorce ?

Allez François et Ségolène, vos racines du sud ouest et du centre doivent vous permettre d'ouvrir vos ailes... du désir de notre avenir, à nous le Peuple qui vous aimons toujours, ensemble !

Walter LOopinG .. Portez vous bien, nos enfants Y veillerons !

Walter LOopinG, portez vous bien, nos enfants y veilleront...

Le Complot et Mr BAYROU

Désolé mais cette fois-ci, l'invocation du complot ne sortira pas Bayrou d'une chute engagée et qui semble rreversible: absence de support, absence de fidèles et solides lieutenants, absence médiatique, autant dire rien de rien.
Ceci permettra sans doute au Centre d 'avoir quelques chances de revivre un jour. Un jour, car restructurer un parti politique est chose complexe, Mme Aubry ne me contredira pas. Et redorer son propre blason après accumulation d'erreurs, d'attitudes et de discours ou échanges pour le moins étranges est, au-delà d'une certaine limite, quasi-impossible à moins de disposer naturellement d'une "bravitude" d'exception, mais même ceci reste à prouver.

Le Conquérant

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