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Les vins blancs d'Anjou se remettent au sec

Yohan Castaing, mis à jour le 16.09.2012 à 9 h 09

Le marché des blancs moelleux étant en chute libre, certains vignerons ont remis au goût du jour, par nécessité puis par volonté, la production de vins blancs secs.

Vendanges (en Géorgie).  REUTERS/David Mdzinarishvili

Vendanges (en Géorgie). REUTERS/David Mdzinarishvili

Près d’Angers, sur les bords du Layon, petit ruisseau donnant naissance aux grands vins moelleux de la région, de nombreux vignerons sont en train de (re)donner vie aux grands vins blancs secs d’Anjou. Les brumes matinales du Layon et la relative douceur du climat angevin ont permis pendant des dizaines d’années de produire de très grands vins moelleux, connus et reconnus, dans le monde entier. Mais le marché de ces vins étant aujourd’hui en chute libre, certains vignerons ont remis au goût du jour, par nécessité puis par volonté, la production de vins blancs secs.

Le cépage de la région, le Chenin, est un cépage décrié et mal connu. Difficile d’accès pour les producteurs, il demande beaucoup de travail mais recèle en lui tout ce que les vins blancs ont de plus grand. De la droiture, une belle nervosité et de l’élégance. Il n’en fallait pas plus pour que de jeunes ou moins jeunes vignerons lui redonnent ses lettres de noblesse.

L’Anjou viticole est une terre de schistes où le cépage chenin a besoin de compréhension. La mode ces dernières années était aux raisins sur mûris, à la limite de la pourriture noble, leur infligeant des notes lourdes et exubérantes.

Heureusement, des viticulteurs plein de bon sens ont travaillé sur les acidités naturelles du cépage en le ramassant à maturité optimum pour que les vins offrent des notes plus florales, plus droites avec un côté cristallin et une acidité jouant son rôle de corset aromatique permettant d’exhaler la sensualité et la subtilité des grands vins blancs secs.

L’agriculture quantitativiste de ces dernières années privilégiant les plateaux aux coteaux a éloigné les viticulteurs des plus beaux terroirs. Or le Chenin a besoin de souffrir pour s’exprimer et cette souffrance il la trouve dans les plus belles terres. Dans ce terroir de schistes où la roche mère n’est pas très profonde et qui convient à merveille au Chenin.

Bien évidemment, cette reconquête des terres et de la qualité des vins blancs secs d’Anjou ne va pas sans une démarche de respect de la vigne et de la terre. Certains sont adeptes de techniques de conduite de la vigne biologique, d’autres plus ésotériques revendiquent la biodynamie, mais tous ont compris qu’un grand vin se crée, avant toute chose, dans le travail assidu de la vigne et le respect de la terre.

Depuis maintenant quelques années, ces viticulteurs proposent des vins de très grandes classes et permettent à l’amateur de vins d’acquérir de grandes bouteilles à des prix défiants toute concurrence.

Partons à la découverte de certains d’entre eux.

Pithon-Paillé

Réunis au sein d’une société familiale, le célèbre Jo Pithon s’associe avec son beau fils dans ce négoce tourné vers les vins biologiques. Sélection rigoureuse, suivi régulier du travail à la vigne, vinification tout en douceur et en harmonie, sont autant de vecteurs permettant de proposer des vins plein de fraîcheur, de gourmandise et, pour certaines cuvées, de très grandes gardes.

  • Pithon-Paillé | 19 rue St Vincent | 49750 St Lambert du Lattay | Tel.: 02 41 78 68 74

Pithon-Paillé – Anjou Bonnes Blanches – 2009

Ce vin exhale des notes de pierre à fusil, caractéristiques des vins de la région, et de belles notes de fruits blancs frais. Le toucher de bouche est tout en densité, en ampleur sans se départir d’une belle tension et d’une jolie acidité qui se termine par des fragrances d’agrumes, de fleurs et une belle salinité, preuve du travail de la terre.

  • Prix: 18,00 €

Pithon-Paillé – Anjou blanc Les Treilles – 2009

Ce coteau abandonné pendant des années, et repris en culture par Jo Pithon il y a une dizaine d’années, représente le terroir d’excellence des grands blancs de l’Anjou.

Le vin exhale une vraie complexité avec une puissance et une persistance incroyable. Fleurs blanches, poire, coing, menthol, anis... autant de parfums qui nous emportent dans un doux moment de bonheur. La bouche onctueuse avec des arômes de pommes relevés par une belle minéralité affirme une personnalité et un dynamisme impressionnant. Belle minéralité où l’on ressent le terrain chaud et les cailloux par des notes de pierre à fusil, de fraîcheur, de fleurs blanches et surtout une vraie et belle complexité. Superbe. Un très grand vin de garde.

  • Prix: 30,00 €

 

Benoît Courault

Ce vigneron est la révélation de l’année en Anjou. Fils d’un éleveur de chevaux, il décide d’acquérir quelques hectares de vignes situés dans une appellation moins prestigieuse que l’Anjou pour limiter les investissements (il officie dans une zone géographique possédant l’IGP Vin de France). Forcené de travail à la vigne et adepte du travail au cheval (comment faire autrement avec ce bel atavisme?), Benoît Courault propose des vins francs, droits, des vins de plaisirs qui accepteront un certain temps de garde.

Avec seulement 5 hectares et un travail à la vigne respectueux, ce jeune homme va devenir une référence dans les années à venir.

  • Benoit Courault | Vallet | 49380 Faye d'Anjou | Tél.: 06.79.25.78.24 | [email protected]

Benoit Courault – Vin de France – Gilbourg – 2010

Avec un nez franc, net et de très beaux arômes de fleurs et de fruits à noyaux, le vin impressionne par sa pureté et son côté cristallin. Le toucher de bouche nous offre toute une palette aromatique soutenue par une belle minéralité (légère salinité en fin de bouche). Un très beau rapport qualité/prix.

  • Prix: 13,00 €

Richard Leroy

Passionné de vins, Richard Leroy a débuté son initiation auprès du club de dégustation parisien «Les Grains Nobles». Au contact des plus grands dégustateurs français, il se forme à la dégustation avec les plus grands vins du monde. Souhaitant vivre de sa passion, il délaisse le métier de banquier pour s’installer au Clos des Rouliers en 2011. Avec aujourd’hui 2 hectares de vignes sur des terroirs de grès et de rhyolites, ce vigneron «garagiste» propose des vins d’une très grande noblesse à prix incroyables.

  • Richard Leroy | 52 Grande-Rue
 | 49750 Rablay-sur-Layon | Tél.: 02 41 78 51 84

Richard Leroy – Vin de France – Les Rouliers – 2010

Le nez offre de très belles notes de fleurs, de fruits et d’agrumes avec une vraie personnalité et des fragrances rehaussées par de jolies pointes acides. Le toucher de bouche est net, limpide, pur avec de très belles notes de fleurs blanches, d’agrumes et de fruits blancs à noyau. L’acidité est présente sous forme minérale avec un côté salin qui vient donner une structure et une précision. Le vin offre une densité et une tension superbes qui permettent d’apprécier toutes les qualités des Chenins vendangés à parfaite maturité. Nous sommes adeptes des Chenins avec une belle acidité qui leur donne une présence, une typicité et une structure magnifique. Ce vin est la quintessence du terroir et une parfaite expression du cépage. Bravo! Superbe rapport qualité/prix.

  • Prix: 15 €

Yohan Castaing

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