Ma réponse aux «élites» qui détestent l'Internet
Non, le web n'est pas un monstre fasciste mangeant le cerveau des humains. Non, nous n'évoluons pas dans le far-west de la jungle du chaos. Non, cela n'a rien à voir avec Auschwitz. Et non, ce n'est pas l'immédiateté le problème.
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Les Français n’aiment pas Internet (1). Est-ce le résultat d’une nouvelle enquête menée auprès de 85 internautes? Nan. En fait, précisons: les élites françaises n’aiment pas Internet. Enfin… les élites… Disons les gens dont on parle dans les médias.
Florilège des propos anti-web classés par «métiers»
- Les politiques
- Les gens de la télévision
- Les journalistes des médias dits traditionnels
- Les intellectuels/écrivains
- Les acteurs
(NDLE: si vous voulez passer directement à la réponse, cliquez là, mais ce serait dommage de rater ces déclarations)
Les politiques
Michèle Alliot-Marie, Le Figaro, le 5 septembre 2011
«A travers les blogs et les tweets, il y a une mise en cause des principes de l’information. Le vrai et le faux sont traités de la même façon. L’exigence d’immédiateté empêche la vérification de l’info.»
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Patrick Ollier, à Public Sénat le 23 février 2011
«Les .fr vont chercher des infos dans le caniveau.»
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Nadine Morano, le 15 août 2008
«Internet, c’est comme une magnifique voiture de course. Si vous n’avez pas votre permis de conduire et que vous ratez un virage, c’est la mort.»
La même à Rue89, le 8 mai 2008
«Ah, Internet, je déteste, c’est le temple des rumeurs et de la caricature.»
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Jacques Myard, à l’Assemblée nationale en décembre 2009
«J’espère que l’on va prendre conscience de la nécessité de nationaliser ce réseau.»
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Rassurez-vous, à gauche aussi
Ségolène Royal, le 21 septembre 2009:
«Je veux un site qui nous ressemble et pas nous qui ressemblions au site. Vous savez, c’est très rare ce que je dis-là. Parce que c’est très puissant le lobby d’Internet.»
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Martine Aubry, dans Le Point, le 6 juillet 2011:
«Facebook et Twitter, j’ai horreur de ça… C’est typique de cette société où chacun pense à son nombril… Et puis tous ces faux amis… Ce n’est pas mon truc d’expliquer mes états d’âme (…) C’est typique de cette société où chacun pense à son nombril.»
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Aurélie Filipetti, dans Polka magazine, juillet/août 2012
«Si la presse abandonne la qualité, il n’y aura plus de différence entre les journaux, les magazines payants et la presse gratuite, notamment sur le Net où rien n’est éditorialisé.»
Les gens de la télévision
Patrick Sébastien, dans Les Grandes Gueules sur RMC, le 29 novembre 2010:
«Internet est une poubelle sans nom. (…) C’est un outil donné à la bassesse, à la lâcheté! Des anonymes se défoulent et se planquent derrière des pseudos pour balancer leurs opinions! Ils n’ont pas de couilles ! (…) Pendant la guerre on appelait ça des collabos, dans les milieux on appelait ça des balances, dans les villages on appelait ça des corbeaux et là, on a tout ça réuni.»
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Amanda Lear, dans Voici, le 18 novembre 2009:
«C’est vrai qu’Internet ça me rend folle. Attendez, si je dis dans un magazine que Claire Chazal a les pieds plats, elle peut me faire un procès. Mais si j’écris sur Internet que le président de la République est un con, y’a pas de problème. C’est un espace de liberté mais à l’arrivée, ça devient n’importe quoi. Je vous le dis franchement, je rêve qu’on interdise ce truc!»
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Elizabeth Tchoungui sur AuFéminin.com, le 17 juin 2011:
«En plus d’être inutile, Twitter est un réseau infréquentable. On y croise au choix: des pros de la drague lourdingue (...), des e-terroristes (..), des as du canular pas drôle. (…) n’en déplaise aux geeks qui me lisent, oui, Tweeter n’est que littérature de concierge, le style en moins: en 140 signes maximum, difficile de faire des miracles. »
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Jacques Séguéla, à On n’est pas couchés sur France 2, le 17 octobre 2009:
«Le Net est la plus grande saloperie qu'aient jamais inventée les hommes! C'est un dieu vivant! Car Internet permet à tous les hommes de communiquer avec les autres hommes. En quelques secondes, le Net peut détruire une réputation!»
Séguéla attaque le web par Keyman_off
Les journalistes des médias dits traditionnels
Catherine Nay, dans un éditorial sur Europe1, le 5 décembre 2010:
«Vous savez qu’aujourd’hui n’importe qui peut dire n’importe quoi sur autrui, balancer des vérités comme des calomnies et ça se promène sur la toile indéfiniment. Parce qu’Internet, c’est la Stasi en pire, parce que rien n’est jamais effacé, il n’y a pas de droit à l’oubli, c’est la damnation éternelle. En fait c’est l’œil dans la tombe qui regarde Caïn.»
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Christine Ockrent à Aujourd’hui la Chine, le 5 novembre 2010:
«Il y a les blogs et les sites, ils disent ce qu’ils veulent et la plupart du temps leur job consiste à salir les gens. Ça correspond tellement à l’esprit français! Avec les nouvelles technologies on peut écrire absolument n’importe quoi sur n’importe qui, on ne vérifie rien, on voit si la mayonnaise prend et après c’est génial c’est parti! Cette course à la polémique amuse des gens mais ce n’est pas ce que j’appelle de l’info.»
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Philippe Val, éditorial paru dans Charlie Hebdo le 10 janvier 2001:
«A part ceux qui ne l’utilisent (Internet) que pour bander, gagner en bourse et échanger du courrier électronique, qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité. Vivre sous l’Occupation devait être un cauchemar. On pouvait se faire arrêter à tout moment sur dénonciation d’un voisin qui avait envoyé une lettre anonyme à la Gestapo. Internet offre à tous les collabos de la planète la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur médiocrité. C’est la réalité inespérée d’un rêve pour toutes les dictatures de l’avenir.»
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Laurent Joffrin, tribune dans Libération le 2 avril 2010:
«Il faut rappeler que si le Net est un magnifique outil de diffusion, il ne produit rien.»
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Alain Duhamel dans Libération, le 17 septembre 2009:
«Dans l’affaire Brice Hortefeux, il n’y a qu’une victoire, celle des vidéos, et qu’un triomphe, celui d’Internet. Une fois de plus, la Toile a imposé son règne. Désormais, il se trouve toujours une caméra, un mobile, un appareil numérique pour saisir une scène, pour enregistrer une séquence ou une phrase, pour intercepter un geste, une mimique, un mot, un regard (…) Dès que la photo, la séquence ou la boutade se retrouve sur Internet, c’est aussitôt la fièvre, la théâtralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique. (…) La vidéo se rue sur Internet et déferle sur l’information, sans réflexion, sans recul et sans frein. C’est de l’information sauvage, du journalisme barbare, de la traque totale.»
Les intellectuels/écrivains
Frédéric Beigbeder, dans Sud-Ouest, le 24 août 2012:
«Le numérique me fait peur, Facebook, c’est le nouvel opium du peuple (…) Internet, c’est l’empire de la méchanceté, de la bêtise; n’importe quel abruti a droit au chapitre.»
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Raphaël Enthoven, dans L’Express, le 21 avril 2011:
«Sans loi, Internet n'est qu'un revolver entre les mains de milliards d'enfants.»
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Alain Finkielkraut, à Arrêt sur Images, le 30 avril 2009
«Je vous explique qu’Internet est un asile pour les photos, les images, les conversations volées. C’est tout ce que j’essaie de dire, et peu importe l’auteur, peu importe le médiateur de ce nouveau type d’information (…) Est-ce qu’Internet est ce lieu que je décris ou non? Est-ce que ce n’est pas cette poubelle de toutes les informations?»
Pour Finkielkraut, internet est une poubelle par asi
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Patrick Besson, dans Le Point, le 30 août 2012:
«Les réseaux sociaux se déchaînent vite, car ils n’ont pas de chaînes. On devrait les appeler les réseaux asociaux, les messages de haine y étant beaucoup plus nombreux que les déclarations d’amour.»
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Luc Ferry, dans Le Figaro TV, le 1er septembre 2011:
«C’est un excellent outil mais dangereux. Certains disent que c’est la liberté; pour moi, c’est davantage Vichy! Rien ne s’efface, j’ai un sentiment mitigé. L’anonymat permet toutes les horreurs.»
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Les acteurs
Mathilde Seigner, sur Europe 1, le 1er avril 2012:
«Malheureusement, il y a cette machine qui s’appelle Internet qui est dramatique, qui est un drame de l’humanité. Je le pense.»
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Carla Bruni-Sarkozy, dans Le Figaro TV, le 16 février 2012:
«A mon sens, Internet ou les jeux vidéo sont bien plus diaboliques que la télé, qui en serait presque devenue sage.»
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Alain Delon, dans Le Matin, le 1er juillet 2011:
«Avec les jeux vidéo ultraviolents, Facebook, Internet et tout le reste, nos enfants vivent en permanence dans le virtuel. C’est vachement grave. Moi, je n’ai pas connu ça. Qu’est-ce que ça va donner dans vingt ans ? (…) Regardez ce qui se passe en France, cette enfant tuée à la sortie de l’école. C’est une horreur!»
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Mélanie Laurent, le 23 avril 2011:
«Internet c’est une ouverture sur la haine, sur le principe des likes “j’aime/j’aime pas”, mais tu es qui pour venir déferler toute ta haine? Qu’est-ce que tu fais dans la vie?»
Mais alors, face à un tel nombre de personnalités s’insurgeant devant l’abomination du web, peut-on simplement répondre qu’ils racontent des conneries?
Oui.
Ils déversent des torrents d’inepties. Pour la simple raison qu’ils ne connaissent pas ce dont ils parlent. Ce qu’ils disent est faux. Décryptage des éléments récurrents de leurs discours.
1. Le monstre de l’Internet
Ces personnalités médiatiques détestent l’Internet. Mais qu’est-ce que l’Internet pour elles? Après une étude approfondie de leurs discours, il semblerait qu’il s’agisse d’une entité monstrueuse se situant au croisement de Terminator, Frankenstein, Body Snatchers et Philippe Pétain. Une invention technique mise au point par les humains mais qui a brusquement pris une vie propre, une existence fasciste dont le but est de détruire la dignité humaine notamment en mangeant le cerveau des humains qui ont le malheur de s’approcher d’elle (victimes plus connues sous le nom d’internautes) de sorte qu’elle fait d’eux ses pantins désormais mus par la seule volonté de propager le mal.
Pourquoi une telle vision?
On ne peut pas douter que ces personnalités sachent qu’en réalité Internet n’est qu’un médium, au même titre que le papier, et non pas une entité aliénante qui vampirise les humains. Avançons une hypothèse: peut-être que ces personnalités auraient du mal à dire qu’en réalité ce sont les internautes qu’ils détestent dans la mesure où ces internautes sont les mêmes individus qui achètent leurs livres, leurs journaux, vont voir leurs films, écoutent leurs émissions, etc.
(Exception faite de Frédéric Beigbeder qui a le courage de dire le fond de sa pensée à savoir qu’avec Internet «n’importe quel abruti a voix au chapitre». Ce qui est tout à fait exact, cher Frédéric, mais ne suffit pas à condamner le principe même du réseau, à moins de limiter également le droit de vote en démocratie.)
2. La jungle
On ne compte plus le nombre de déclarations à base de «c’est un espace sans aucune loi, qui échappe à tout contrôle, un far-west de la jungle du chaos conduit par un revolver chargé à bord d’une décapotable qui fonce droit sur un enfant handicapé». Ce qui amène à «il est temps de civiliser/réguler/réglementer/surveiller» le web.
Alors, répétons-le une énième fois: Internet est déjà soumis au code pénal. Sur le site Légifrance, quand on cherche «Internet» dans les textes législatifs depuis 1990, on trouve 13.040 mentions du mot.
Non, la loi n’a pas oublié Internet, loin s’en faut.
Ah oui, mais ces lois ne sont jamais respectées! Heu… Bah, ça dépend de vous en fait. Si vous portez plainte ou non. Un peu comme dans la «vraie vie» vous voyez… Prenons Marion Cotillard. Elle a très bien compris, en tout cas son avocat lui a très bien expliqué que de même qu’elle pouvait attaquer des magazines, elle peut attaquer d’obscurs sites. En août dernier, Anne Hildago (ou plutôt son avocat) avait mis en demeure Twitter en ciblant quelques tweets qui relayaient une rumeur sur sa vie.
Oui, mais on ne va pas attaquer comme ça tout le temps! En règle générale, amis peoples, vous n’avez même pas besoin d’attaquer en justice. Il suffit de contacter le responsable du site et de lui signaler son infraction à la loi pour qu’il retire le contenu incriminé. C’est l’avantage avec les gens de l’Internet, ils sont souvent trop fauchés pour risquer un procès.
Par contre, il est vrai que vous ne pouvez pas déposer plainte contre un internaute parce qu’il a dit que votre dernier livre était une daube fourrée à la merde.
Mais beaucoup d’autres propos tombent sous le coup de la loi. Les propos racistes et antisémites, la diffamation, les menaces de mort, les appels à la violence physique, etc. Des internautes sont régulièrement condamnés pour leurs commentaires outranciers –y compris, attachez-vous bien, quand ils les ont tenus sous couvert d’anonymat.
C’est fou, non? Donc l’obsession de nos people pour l’anonymat révèle également leur ignorance crasse en la matière. La notion d’anonymat sur Internet reste en réalité très limitée. S’il y a un dépôt de plainte, la police remonte facilement jusqu’à l’identité du suspect. (Rappelons que 97% des trolls ne sont pas franchement des as du cryptage.)
3. Le point Godwin
Ce supposé anonymat nous amène donc au troisième argument: le Godwin de la dénonciation calomnieuse. Partant du postulat faux que l’anonymat est total sur le web et qu’aucune loi ne régit cet espace, on arrive je ne sais comment à comparer Internet au régime de Pétain. Cette comparaison est particulièrement répugnante: les lettres de dénonciation sous l’Occupation pouvaient vous conduire dans un camp de concentration. Non Patrick Sébastien, Philippe Val et Luc Ferry, vous ne finirez pas à Auschwitz parce qu’un internaute a écrit que vous étiez des gros cons. Et on ne va pas non plus tondre tous les blogueurs qui écrivent sous pseudo.
Merci de nous épargner vos comparaisons douteuses.
4. L’immédiateté
= Idée selon laquelle Internet a tué la déontologie journalistique.
Excusez-moi, je pars calmer mon fou rire et je reviens.
Comme l’explique cet article d’un blogueur du Monde.fr, Internet sert souvent de bouc-émissaire pour dénoncer des maux dont la société souffrait bien avant.
C’est particulièrement vrai pour cette idée d’immédiateté. Non, le journalisme n’était pas meilleur avant. Albert Londres lui-même, qu’on nous érige systématiquement comme parangon de la vertu journalistique, n’était pas exempt de reproche sur ce qu’on appelle aujourd’hui la déontologie. Même du temps de Patrick Poivre d’Arvor, figurez-vous que le journalisme n’était pas d’une pureté aveuglante. Et Jean-Pierre Elkabbach n’a pas été étouffé par les scrupules quand il a tué Pascal Sevran.
La course à l’info s’est accélérée avec les chaînes d’infos en continu. Mais ce n’est pas Internet qui est à l’origine de ce malheur. La seule question qui vaille, c’est celle de l’intégrité du journaliste. Une info, ça se vérifie —peu importe le média. Evidemment, il y a la tentation de faire la course pour être le premier. La peur de perdre du temps en vérifiant une info et de se faire passer devant par tous les autres sites. Sauf que cet impératif n’est pas technologique. Il est financier.
Pourquoi vouloir être le premier? Parce que ça assure des visites, parce qu’une pression économique pèse sur tous les sites d’infos. Quand cette pression fait oublier les principes de base, ce n’est pas Internet qu’il faut blâmer mais à l’échelle individuelle le manque de sérieux d’un journaliste/d’une rédaction, et à une échelle plus large un système économique.
Dans la presse papier, il existe de mauvais journalistes qui ne vérifient pas leurs infos.
Sur Internet, il existe de bons journalistes qui vérifient leurs infos.
L’avantage du web, c’est qu’il y a toujours des internautes pour signaler une erreur. Des fouineurs qui cherchent la petite bête, l’approximation, la déclaration tronquée, le chiffre arrondi. Le démenti arrive donc dans la minute et non pas 24h après.
L’immédiateté fonctionne dans les deux sens. On peut peut-être se tromper plus vite, mais on rectifie plus rapidement. Comme l’écrit le blogueur Glenn Greenwald:
«Les erreurs et les impostures ont une durée de vie très courte sur Internet. La possibilité de puiser dans les connaissances et les recherches collectives est tellement plus vaste que lorsqu’on est cantonné à une seule forme de publication journalistique. »
(La suite de l’article explique que là où Internet échoue, c’est pour démanteler des croyances tenaces –du type théorie du complot–, croyances qui préexistaient au réseau.)
Dans tous ces propos anti-web, on lit l’horreur et le dégoût. Ces gens ont l’air de détester Internet. C’est peut-être une question de génération pour certains comme Alain Delon. Déteste-t-on les innovations techniques apparues après nos 40 ans?
Une chose est sûre: la lutte contre le monstre de l’Internet est la lutte d’une classe sociale précise. Ces personnes qui sont médiatiquement exposées sont mécaniquement celles dont les moindres propos seront les plus durement commentés. Etre ainsi bousculé voire insulté, c’est évidemment désagréable.
Ne minimisons pas le traumatisme que représente Internet pour ceux qui avaient l’habitude d’être écoutés, regardés, à qui on servait la soupe à température sans que personne ne les remette jamais en question.
Internet a donné une voix à ceux qui n’avaient jusqu’alors que la possibilité de se taire. Cette brusque ouverture donne lieu à des exagérations qui sont sans doute proportionnelles au sentiment de frustration et d’exclusion des sphères de paroles traditionnelles. Rappelons trois éléments:
- 1) la démocratisation d’Internet est récente, ses usages ne sont pas figés, il y a une éducation au web qui se fait petit à petit;
- 2) la majorité des internautes ne commente pas. Réduire Internet à ses trolls, c’est méconnaître tous les autres utilisateurs;
- 3) l’humanité n’est pas faite que de gens intelligents, mais tant qu’ils respectent la loi, même les abrutis ont le droit de s’exprimer —par contre personne n’est obligé de les lire.
Titiou Lecoq
(1) J’utilise alternativement les
mots Internet et Web pour désigner la même chose –ce qui techniquement est
faux, mais c’est par facilité de langage. Je présente d’avance mes excuses aux
puristes. Retourner à l'article
Mis à jour le 06/09/2012 à 14h21
















































Comme tout outil il n'est que le reflet de l'usage qu'on en fait.
Le seul vrai danger est son absence de contrôle possible et la crédibilité que peuvent lui accorder ses utilisateurs.
La télévision et la presse ne produisent pas que des chef d'oeuvres, certaines théories sont supposées être interdites et pourtant on en trouve la diffusion sous le manteau.
Ce n'est que par le développement du sens critique que l'on pourra éviter certaines dérives et pas en les interdisant, l'échec de nombreux cas de prohibitionnismes en est la preuve.
Il existe autre chose sur la toile que les manifestations que l'avilissement de la pensée comme des projets participatifs qui font beaucoup pouir rapprocher les gens (Wikipédia, le GNU...).
Mise au point utile, même si elle n'épuise pas le sujet (et pour cause) ! Difficile d'en aborder un aussi vaste sans risquer ses travers qui méritent le plus d'être signalés : raccourcis, amalgames, outrances (entre autres). Et puis, Internet n'est pas non plus que la "nouvelle frontière" du journalisme ! Malgré tout, quel traumatisme pour tous les "leaders d'opinion" dont les fulgurances exemplaires sont brouillées par le bruit de fond des anonymes incultes (pour la plupart) et que leur indignations globales mêlées de peur sont émouvantes ! Le changement d'ère induit par l'irruption d'Internet est révolutionnaire, dans le sens de 1789, quoi d'étonnant dès lors qu'au mouvement s'opposent les réactions (les résistances au changement) ? Pourvu, toutefois, que la Restauration (de l'Ancien Régime) ne triomphe pas un jour par mainmise des Versaillais sur les infrastructures !
Débastillement.
Bravo pour cette mise au point salutaire.
Pour ce qui concerne la course à l'info, j'aime bien l'explication qu'en donne cet autre paria des "élites" médiatiques qu'est Noam Chomsky.
Il explique qu'avec l'accélération du rythme de l'info, il faut donc être capable d'expliquer une situation en moins de 2 minutes. C'est l'exemple si souvent vu du présentateur de JT qui se tourne vers une personne (un homme le plus souvent) présentée comme "expert" (Miami ou Manhattan ?) en lui demandant « Que faut-il penser de... ? »
Et l'expert ne dispose donc que de quelques secondes pour répondre.
Et en quelques secondes, si l'expert donne un avis conforme à la pensée dominante, pas de soucis il a tout le temps nécessaire et cette pensée dominante est renforcée.
Mais, si l'expert souhaite expliquer que la pensée dominante n'est pas la bonne. Il lui faudrait argumenter, expliquer, démontrer. Et ça, ça prend du temps. Du temps qu'il n'a pas. Donc en deux minutes, le système fiat que la pensée contraire à la pensée dominante ne peut qu'apparaître fragile, incertaine, bref discréditée.
Malgré tout, et pour revenir au sujet d'internet, tout ce que cela montre est que les médias et ceux qui sont suffisamment dociles pour être admis à s'y exprimer, prennent les gens pour des cons et, grâce à tous ceux que vous avez cité, ça se voit bien. C'est un début, continuez le combat ;-)
un sujet vaste, pour le résumé en une phrase "la nouveauté fait peur !". Ce que ces personnes remettent en cause, c'est la qualité. Attachons-nous à développer un web de qualité et ces remarques disparaîtrons comme par enchantement.
Alors, ça va mieux?
Est-ce que ça fait du bien, au moins, de mettre tout ça à plat?
Je vais imprimer l'article - old school quoi- et je vais le distrib à la famille avant le repas de Noel; ça va m'éviter 3h de discussion à la con avec Tino Rossi en fond musical
Merci en tout cas...
Dash - cowboy dans le gd western spaghetti boulettes de l'internet
Une sacrée collection de perles réactionnaires fondées comme il se doit sur l'ignorance la plus crasse.
Plus fondamentalement, réaction typique des gens qui, ayant-réussi-dans-la-vie (bien que leur réussite fasse pas trop envie), se sentent mis en danger — d'où l'argumentaire brillant du genre : « les gens disent du mal de moi sur le net » (ben oui glandu, les gens ont pas attendu internet pour se foutre de toi, mais avant, tu pouvais te vautrer dans la douce illusion que tout le monde t'aimait parce que passais au journal de TF1), et, "mon avis si éclairé sur n'importe quel sujet est mis en concurrence avec l'avis de tas de gens que je connais pas et qui font même pas partie de mon club ! » (réaction classique, pas seulement chez les journalistes les plus ringards)
— de toutes façons, dans les périodes de crise, tout devient dangereux pour les "installés", ils prennent un coup de vieux, on ne boit plus leur parole comme du petit lait, on commet chaque jour que le diable fait des crimes de lèse-majesté, ils commencent à sentir le souffle du boulet de l'hasbeenisisation : c'est vrai dans tous les domaines, dans les milieux intellectuels, artistiques, politiques etc. Plus que jamais la classe dominante comme disait Bourdieu, se ferme, se retranche, se crispe. On se dit parfois nous les plus tout jeunes, qu'il nous faudrait attendre que tous ceux là crèvent ou atteignent le stade de la démence pour faire entendre notre petite voix. D'autant plus vrai quand on n'est pas issu du beau monde, pas né au bon endroit, qu'on n'a pas été sur les mêmes bancs à l'école, et qu'on n'est pas un adepte des génuflexions et autres hommages aux autorités. Donc : en attendant, on se dissémine sur le net.
Bien écrit, avec des citations éclairantes sur l'ouverture d'esprit de nos "élites" (j'insiste sur les guillemets).
Ce phénomène connu depuis longtemps s'appelle la RAC : la résistance au changement. Le même fléau qui condamne aujourd'hui l'industrie musicale et automobile, voire française en général.
J'ai beaucoup aimé votre phrase :
"Exception faite de Frédéric Beigbeder qui a le courage de dire le fond de sa pensée à savoir qu’avec Internet «n’importe quel abruti a voix au chapitre». Ce qui est tout à fait exact, cher Frédéric, mais ne suffit pas à condamner le principe même du réseau, à moins de limiter également le droit de vote en démocratie."
N'oublions jamais qu'on est toujours le con de quelqu'un.
Tous ces people installés de longue date, souvent agés, démontrent par leurs propos haineux sur Internet leur obsolescence face à l'époque. D'une certaine manière, ne comprenant pas le phénomène et donc le condamnant par ignorance, ils em font penser à cette génération dépassée par le mouvement jeune des années 1950/1960 qui se cristalisa dans le Rock, James Dean et l'Attrape-coeurs. Cette même génération qui se subit en son temps cette condamnation des anciens le fait sur les plus jeune en rejettant Internet, les jeux vidéos et les musiques électroniques.
Comme quoi, on peut appartenir à une génération ayant subit l'ire des vieux cons, et devenir un vieux con appliquant aux nouvelles générations le même genre de reproche qu'on s'est subi.
Ils se voilent la face : Internet n'est que le reflet de la société actuelle (qui, est capable du pire comme du meilleur). Ce n'est pas le net qu'il faut blâmer, mais les utilisateurs mal intentionnés.
C'est trop facile de faire des raccourcis et des généralités lorsque l'on ne connait pas (ou peu) le sujet dont on parle.
Comme l'a fait remarquer DenisGentile, attachons-nous à développer un web de qualité pour faire disparaître ces remarques.
Réflexion brillante sur la révolution qu'a engendré la démocratisation d'Internet.
http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive
...qui faisait de la prose sans le savoir, ces élites accumulent les points Godwin avec un talent certain!
Mention spéciale pour «J’espère que l’on va prendre conscience de la nécessité de nationaliser ce réseau.»
Un argumentaire indispensable pour les repas de famille.
Qui sont cons ces élites... Bien d'accord.
Cependant quelques soucis de logique dans ce papier :
1- évitons la caricature comme arme contre ce qu'on veut présenter comme de la caricature. Ça ne fait qu'en rajouter. Pas bien saisi l'argument sur les internaute /acheteurs. Est ce que cela les disculpe de se reprendre en insulte sur le réseau ? Pas sûr.
2- bien sûr internet est soumis à la loi. Cela n'empêche pas en effet d'être un immense porte voix pour toutes les conneries qu'on lit à longueur de pages. De là à dire que ces élites (qui sont des vrais cons) ne disent pas complètement nawak... Après coup, à elle de saisir la justice, ce qui est votre conseil à leur attention, je note. Le parquet appréciera.
3- rien à dire. C'est idiot. Mais les deux présupposés ne sont pas valables non plus.
4- voilà qui aurait mérité d'être largement plus développé. La rumeur, et son démenti sur le réseau, ou comment cela s'articule est vraiment un phénomène intéressant. Malheureusement, il n'est pas réellement nouveau. Lazareff disait : une Info, son démenti, deux infos ! D'autre pourrez rétorquer, salissez, salissez, il en restera toujours quelque chose. Il y avait de quoi creuser.
Je ne comprends pas les - à la fins. Cela semble en contradiction avec tout le reste. Est ce à dire que l'Internet est jeune donc ce que disent les élites (.ces vrais cons) est juste ? Et qu'ils n'ont qu'à ignorer ce qui se dit sur eux ?
Merci
Pour le dernier paragraphe, au point 2 où j'écrirais plutôt cela comme ça : "2) la majorité des internautes ne commente pas. Réduire Internet à SES trolls, c’est méconnaître tous les autres utilisateurs"
Pour aller plus loin, voilà le point de vue de Michel Serres dans cette conf à l'Inria: « Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents ! » / http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive
Ca vaut la peine de passer encore un peu de temps devant son ordinateur ;-)
Article curieusement médiocre et daté à un tel stade de développement de l’Internet.
D’abord, l’amalgame. Tous les propos cités et accumulés ne disent pas la même chose et ne sont pas sur le même plan. Par exemple, dire que Facebook et Twitter sont nombrilistes (Aubry), ou que les tweets sont souvent des discussions relevant du café du commerce (Tchoungui, quelqu’un qu’au demeurant je ne connaissais même pas, ce qui donne la mesure du spectre des cibles) c’est assez banal, même chez les gens qui n’ont pas de visibilité médiatique ... Cela ne participe pas de la diabolisation d’internet. Untel ou Unetelle peut critiquer Facebook ou Chatroulette si çà lui chante, tout produit d’internet n’est pas nécessairement un magnifique don de Dieu. En somme, l’article accuse les personnalités d’un point de vue sans nuance ... nuance que l’auteur est incapable de percevoir.
Point 2, le juridisme. Vous répondez au lieu commun « Internet = loi de la jungle » par un autre lieu commun « toute activité humaine est soumise au droit ». Super, à ce compte là vous pouvez tout aussi bien écrire que la jungle amazonienne est soumise au Code forestier brésilien ! En réalité, il me semble que la proposition « Internet = loi de la jungle » se comprend non pas toujours comme portant sur l’absence de règles juridiques (votre réponse serait alors appropriée), mais surtout sur l’absence de règles sociales, de savoir-vivre. Vous auriez pu répondre qu’il existe quelques règles (la nétiquette, etc.), mais malgré tout ce n’est pas tout à fait faux : il y a peu voire pas du tout de règles, même de politesse, dans les interactions purement électroniques, ce qui est très différent ne serait-ce que des conversations physiques. Par ex., cela surprend Joffrin qu’un inconnu (dans les deux sens !) le tutoie sur Twitter ; la réaction décalée de Joffrin (qui révèle ainsi ne pas savoir que les échanges sur internet n’obéissent à aucune règle particulière) suscite à son tour de nombreux sarcasmes.
Point 4, la rivalité entre médias traditionnels et web. Vous répondez de la façon qui vous arrange. Si l’on prend la citation d’Ockrent, par exemple (il y a des blogs, des sites qui écrivent n’importe quoi sans vérifier, à l’inverse du journalisme traditionnel) pour la contredire il ne suffit ni de dire que certains journalistes traditionnels disent n’importe quoi, ni que certains sites font un travail journalistique déontologiquement correct : il faut dire que tout site, tout blog fait un travail journalistique irréprochable ; ce qui est évidemment faux. C’est une question de logique (logique et rhétorique ne font pas toujours bon ménage).
Enfin, l’explication de ces points de vue aussi tranchés. Pour résumer, vous dites qu’il s’agit d’élites du passé, méconnaissant profondément (pour une raison mystérieuse) un outil technologique largement répandu, et cherchant à conserver leur mainmise traditionnelle sur l’information. Mais comme vous l’indiquez, être une personnalité médiatique implique à présent la soumission à un tombereau permanent de commentaires mécontents, de sarcasmes, d’injures, de propositions bizarres, de menaces et de commentaires graveleux, ce qui est psychologiquement éprouvant pour un être humain, et c’est ce qui à mon sens est déterminant pour expliquer des points de vue aussi tranché ; car on ne voit pas pourquoi en tant qu’actrice/star (c’est médiatiquement une situation avant tout d’objet, pas de sujet), Mathilde Seignier ou Mélanie Laurent essaieraient de conserver la mainmise sur quoique ce soit. Il y a d'ailleurs aussi eu des lynchages d'inconnus brutalement mis sur le devant de la scène
Votre recours à la notion de « classe sociale » est stupide, car à même supposer que toute les personnalités médiatiques appartiennent à une même classe, ils font partie d’une classe à laquelle appartiennent d’autres qui ne sont pas exposés médiatiquement.
Internet est un outil formidable dans le sens ou contrairement aux spectateurs qui consomment le produit de la télévision, internet permet bien plus que ça.
En effet Internet consomme aussi ce qu'il produit, l'internaute est aussi un auteur et cela permet a pleins de gens bourrés de talents de s’exprimer, peut-être que nos grandes "stars" n'aiment simplement pas la concurrence.
Ou lorsque pour un budget dérisoire par rapport au circuit "standard" il est possible de produire et surtout diffuser massivement du contenu
Bien sûr, Internet a son lot de "trolls" ou d'abrutis pour parler communément, comme partout, même chez nos star comme nous le montre indirectement notre article..
En définitive internet est vraiment un outil formidable, et les défauts qu'on lui impute ne sont que le reflets de ce que nous sommes.
L'article est génial, moi aussi je vais l'imprimer pour distribuer à tous mes collègues surtout, qui ne voient internet qu'à travers les yeux des journalistes de télé matin ou de JPP (pernaut, pas papin)
Sinon, le site "amateur" que Marion Cotillard aurait fait condamné n'est pas si amateur que ça, donc pas de polémique à faire de ce côté là. Voilà!
Juste vous rappeler, car ils ne figurent pas dans votre inventaire, les prestations de quelques-uns (Olivennes, Arditi, Levy...) narrées sur ce blog http://gingko.neottia.net/post/10987498813/eloge-de-la-mediocrite ou préalablement sur Owni à http://owni.fr/2009/12/21/arditi-et-la-tirade-danti-net/.
À archiver précieusement.
J'aimerais faire comme les autres et poster un commentaire intelligent exempt de fautes d'ortographe et argumenté mais comme tout le monde se fiche de ce que je pense je vais me contenter de dire que cet article est tout simplement delicieusement...comme toujours avec cette journaliste !
Merci !
- Pourquoi les hommes politiques n'aiment pas internet ?
Avant la démocratisation d'internet, peu de monde avait accès aux données économiques et sociales. La "masse" ne pouvait donc pas se faire sa propre opinion et devait adhérer à des idéologies préétablies (libéralisme, socialisme, communisme...).
- Pourquoi les artistes renommés n'aiment pas internet ?
De même, la diffusion et la promotion d’œuvres culturelles ne pouvait se faire que par des réseaux fermés, la majorité des bénéfices revenant à un cercle restreint de privilégiés.
- Pourquoi les journalistes des médias traditionnels n'aiment pas internet ?
Avant internet, les journalistes faisaient l'information. S'ils avaient décidé que le "pouvoir d'achat" et "l'insécurité" étaient les préoccupations majeures de la population, ils n'avaient qu'à le justifier en faisant un maximum d'articles sur ces sujets.
Ces pratiques ne disparaîtront pas malgré internet. Les "élites" traditionnelles n'acceptent cependant pas de laisser la place à des "élites" branchées.
Excuses acceptées. Excellent article BTW.
Sic:
"Il suffit de contacter le responsable du site et de lui signaler son infraction à la loi pour qu’il retire le contenu incriminé. C’est l’avantage avec les gens de l’Internet, ils sont souvent trop fauchés pour risquer un procès."
C'est l'argument de base d'ACTA ça !
non cela ne suffit pas !
on dit "voix au chapitre" et non "droit". Merci
"Sur Internet quand il y a une bêtise, on peut rectifier tout de suite." http://www.numerama.com/magazine/15043-bhl-defend-internet-contre-denisot-qui-parle-de-poubelle.html
C'est pas faut, Paul Valery disait " Le simple projet de vouloir avoir les avantages sans les inconvénients donne le mouvement de bien des choses." http://www.youtube.com/watch?v=zoKijIoVKG0&feature=player_embedded#! je n'ai pas pu m'en empêcher.
Premier point : Internet n'est en rien responsable de quoi que ce soit.
Lors d'un accident routier, ce n'est pas le véhicule qui est en cause mais celui qui était au volant.
Au volant, comme au clavier, il y a des c*** partout.
Second point : un personnage public (politicien, sportif, journaliste, acteur, etc.) est un personnage... public! Implicitement, il s'expose au jugement. Cela a toujours été et sera toujours. Là où leur proche entourage adopte une position plus nuancée pour ne pas froisser, ici c'est l'opinion publique dans sa plus simple expression.
Au fond, ce qui dérange, c'est d'être confronté à sa propre image.
Merci pour cet article, fort utile.
Je reste bouche bée devant ces déclarations anti-internet. J'ai envie de faire un parallèle avec les USA, chaque pays a son archaïsme intellectuel: aux Etats-Unis, on a encore des créationnistes qui mettent en doute la théorie de l'évolution. En France, on a des intellectuels qui mettent en doute la pertinence d'Internet. Mieux vaux en rire, ces gens disparaîtront avec leur opinion.
+ 1000 sur l'argument de l'auteur comme quoi "Internet" est un univers auto-régulé où finalement les erreurs se corrigent, où les imposteurs et les calomniateurs sont souvent démasqués et où le gain potentiel en matière de transparence et d'information (Wikileaks, etc...) vaut bien de se coltiner quelques cahots.
Restent les égos qui ne supportent pas la critique, les "J'aime pas". Mais ça, mieux vaut en rire... Pauvre Mélanie, qui découvre que la route vers la reconnaissance artistique n'est pas un chemin pavé de roses... Ça, chers égos, quand Internet n'aime pas, il le dit, mais quand il aime, il le dit aussi.
Quel est l'age moyen des personnes évoquées en début d'article ? Hormis de rares exemples, les 60 ans sont souvent bien dépassés. Il suffit donc d'attendre encore un peu pour voir ces commentaires stupides s'atténuer, ou en tout cas laisser place à d'autres commentaires de personnes ayant un minimum de connaissance du sujet.
Au passage, l'outils qu'ils critiquent tant, ils en usent et en abusent, et au jeu de la petite phrase, les politiques ne sont pas les derniers. Internet est pour eux un fantastique porte voix... qui parfois porte ce qu'ils souhaiteraient taire.
Concernant les artistes, leurs soucis est peut être le nombre de critiques forcément plus nombreuses avec internet. La ou de plus en plus souvent, la seule forme de critique acceptée est la promotion, avec un outil tel que internet, difficile de totalement maîtriser sa communication, et les effets néfastes de celle ci en cas de critique négative.
Bref, le temps joue en notre faveur.
Car franchement, tous les crétins "élus" de l'histoire humaine globale ne justifient rien de plus à ce jour que nous détruisions notre planète et sa vie globale dans les prochaines décennies...
Cet article est excellent et je pense que dans ces élites, beaucoup ne savent pas de quoi ils parlent.
Quand on ne connaît pas quelque chose, on en traîte pas.
Dans la plupart des personnes citées, la plupart sont critiquées sur le web. Alors peut-être que leurs paroles est une sorte de revanche ?
Ce qui est dis sur la qualité d'une journaliste est très juste. On a de bons et de mauvais journalistes partout et Internet est un formidable outil de communication. Il faut s'en servir uniquement comme outil et rien d'autre.
A l'internaute de trier l'information pertinente qu'il souhaite acquérir.
Mon blog : http://rocknlaw.fr
Joli florilège de la doxa réactionnaire. C'est d'ailleurs la partie la plus intéressante de l'article. Article qui, malgré son ton "enlevé" et assez agréable à lire, pêche par de nombreuses approximations, notamment sur la question cruciale de l'anonymat (des techniques élémentaires peuvent garantir l'anonymat à qui le veut, contrairement à ce que prétend la journaliste). Par ailleurs, le dépôt de plainte sur la toile mondiale, suivant l'origine du délit, est un véritable casse-tête juridique, extrêmement décourageant pour le plaignant. La journaliste n'en parle pas non plus. En fait : de quoi parle cet article et qu'explique-t-il ? On peut se poser la question. L'intention de départ est bonne, Melle Lecoq, mais il faut travailler plus (pour informer plus).