L'extrême droite britannique et les «bargeots» européens
LU SUR LE NET - Haro sur le BNP, qui pourrait envoyer des députés à Strasbourg.
- Big Ben, dans l'ombre. REUTERS/Kieran Doherty -
Des députés britanniques d'extrême droite au Parlement européen? Ce serait du jamais-vu. Le British National Party (BNP), d'ordinaire habitué à de très bas scores, atteint cette fois les 5% d'intentions de vote dans le dernier sondage de Populus pour The Times pour les élections européennes du 4 juin. De l'autre côté de la Manche, on en perd son flegme.
Les archêveques de Canterbury et de York, les deux figures les plus importantes de la religion anglicane, appellent à ne pas voter pour le BNP : «Ce n'est pas le moment de voter pour un parti dont l'idéologie consiste à semer la division dans nos communautés et à nourrir l'hostilité sur des bases de race, de croyance ou de couleur...». Leur crainte ? Que les Britanniques, très en colère après le récent scandale de défraiements abusifs qui touche leurs députés, choisissent de sanctionner les principaux partis avec un vote protestataire, et se jettent dans les bras du BNP.
La rhétorique anti-immigration du BNP passe mal du côté de certains journaux: The Guardian - centre gauche - s'est fait un plaisir de pointer du doigt le blog de Richard Barnbrook, un élu local du parti, qui était hébergé par son concurrent The Daily Telegraph. L'élu avait récemment publié un post intitulé "Blame the immigrants" ("La faute aux immigrés"). Il a, depuis, été effacé par le Telegraph.
Des postiers britanniques refusent, eux aussi, d'être associés au BNP. Le Times raconte l'histoire d'une centaine de facteurs du sud-ouest du pays qui se sont mobilisés pour ne pas avoir à distribuer les tracts de ce parti dans les boîtes aux lettres. Ils s'appuient sur une «clause de conscience», signée il y a quatre ans, autorisant les employés à ne pas remettre toute littérature qu'ils considèrent comme injurieuse. C'est aussi le cas de certains postiers du sud londonien, comme le rapporte le blog Lancaster Unity, qui a pour leitmotiv la lutte contre l'extrême droite.
Même les descendants du héros national Winston Churchill refusent de voir l'icône abandonnée au parti d'extrême droite. Le député conservateur Nicholas Soames, petit-fils de l'ancien Premier ministre, reproche à Nick Griffin, le chef du BNP, de reprendre des phrases de Churchill dans ses discours et d'utiliser son image pour ses spots publicitaires. Il a qualifié cette récupération de «monstrueuse».
Il y en a pourtant un qui voit d'un bon œil le succès du BNP: le blogueur Dizzy. Connu pour ses points de vue conservateurs, il considère néanmoins que l'élection d'un député européen du BNP rendrait les Britanniques plus européens. Pas évident au premier abord... Il se justifie : «D'une manière assez tordue, si la Grande-Bretagne envoyait un candidat du BNP au Parlement européen, cela nous rapprocherait des autres nations de l'UE qui y envoient des bargeots depuis un moment».
Image de une: Big Ben, dans l'ombre. REUTERS/Kieran Doherty
Mis à jour le 05/06/2009 à 10h11














































Mon pays d'origine (je n'y ai pas vécu depuis 35 ans ce qui me permet, je crois en toute modestie, de voir plus loin et plus clair que certains de mes compatriotes) a toujours été un pays de contradictions : monarchie mais parlementaire depuis 500 ans, anti-révolutionnaire mais régicide bien avant la France, conservateur mais ses femmes votent depuis 1918 - avant même les femmes d'Attaturk (et quant à celles de la France n'en parlons pas!), euro-sceptique mais pour l'élargissement encore plus loin de l'EU pour inclure entre autres la Turquie et l'Ukraine. Mon pays n'aime pas les extrêmes en général. Il ne vote pas des communistes et encore moins des fascistes à son parlement. Il y a toujours eu des noyaux durs de ces extrémistes dans le pays culminant en 1935-1939 avec le mouvement fasciste de Mosley. Dans les années '70, un noyau dur de communistes dirigait le mouvement syndicaliste vers sa ruine avant d'être écrasé par Thatcher - avec l'approbation de la plupart de la population. Aujourd'hui avec la crise et comforté par l'euro-scepticisme des conservateurs et la presse de Murdoch, un petit nombre d'extrémistes fasciscant relève la tête. Ca passera. Ils seront oubliés comme Mosley et les communistes syndicalistes ont été oubliés. A leur place restera le pragmatisme parlementaire qui domine dans le pays depuis toujours. Un jour les députés britanniques prendront leur place tranquillement et loyalement au parlement européen à côté des européens des autre pays qui, il est clair, ont pris de l'avance sur eux. Ils apporteront alors leur expérience de siècles de débat parlementaire à ses voisins. Ceux-ci, la France incluse mais surtout ces anciens pays de l'est qui n'ont presque jamais vécu dans une démocracie parlementaire, ont connu des périodes bien plus sombres, démocratiquement parlant, que celle qui menacerait la Grande Bretagne aujourd'hui. Les choses prennent du temps chez les britanniques mais on y arrive comme même. Et quand on arrive, on reste!
Le blog de Roger Griffin, universitaire anglais, (ne pas confondre avec Nick Griffin, le chef du BNP) annonce un symposium le 26 juin 2009 à l'Université de Northampton, où il sera question de l'utilisation du langage par les partis d'extrême-droite européens. Une session devrait analyser les résultats de ces partis aux élections européennes.
L'après-midi sera consacré au mouvement de Lyndon Larouche (représenté en France par Jacques Cheminade, dirigeant de Solidarité et Progrès), spécialiste du langage codé, ce qui lui permet de cacher un antisémitisme violent, et de tromper les jeunes membres et les donateurs de son mouvement. L'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes(UNADFI) propose des articles traitant de ce mouvement (voir les adresses http://www.unadfi.org/IMG/pdf/Solidarite_et_progres.pdf et http://www.unadfi.org/IMG/pdf/Solidarite_et_Progres_declaration_collective_du_Groupe_de_Parents_Francais.pdf)
Ce symposium sera la première occasion d'une analyse de ce mouvement par des universitaires et des experts, dans un cadre universitaire.
Informations à l'adresse : http://roger-griffin.blogspot.com/2009/05/symposium-speaking-with-forked-tongues.html
banana