IVG: la culture du traumatisme a encore de beaux jours devant elle
L'interruption volontaire de grossesse est autorisée par la loi en France, mais la société ordonne systématiquement aux femmes d'être traumatisées par un avortement, ignorant celles qui le vivent comme un choix serein.
- You're it! / sudhams via Flickr CC License By -
L’interruption volontaire de grossesse, autorisée en France sous certaines conditions, est très souvent conjuguée à la forme passive –et douloureuse: on «subit» une IVG, on «a recours» à une IVG, on «passe par» une IVG… Bref, les mots attachés à cet acte sont, en règle générale, négativement connotés.
Et pour cause: l’IVG est au cœur de sempiternelles polémiques militantes, dont le point de départ est bien évidemment le «pour ou contre». Et l’ardeur des mouvements anti-IVG, qui ont su s’adapter aux nouvelles technologies et infléchir leur stratégie de communication, touchant un public de mieux en mieux informé, prouve s’il en était besoin la force sans cesse renouvelée des obstacles qui se dressent entre les femmes et l’accès à l’interruption volontaire de grossesse.
Mais on constate aussi, et c’est plus surprenant, que la division règne dans le camp des «pro-IVG»: en effet, y être favorable n’est pas une garantie d’harmonie idéologique. Et si le principe même de la liberté de choix n’est jamais contesté par les défenseurs d’un droit aujourd’hui garanti par la loi, on note cependant des dissensions très nettes en ce qui concerne l’approche psychologique de l’IVG; et il ne faut pas creuser beaucoup pour voir apparaître des mots comme «banalisation» ou «traumatisme», le premier étant apparemment une catastrophe à éviter coûte que coûte, et le second étant considéré comme inévitable, voire obligatoire.
Le «drame» de la «banalisation»
La banalisation de l’IVG semble en effet être un drame contre lequel les voix les plus illustres s’élèvent avec véhémence. L’exemple le plus frappant est probablement la réaction indignée du professeur Israël Nisand à une tribune publiée le 1er mars 2012 dans Libération par Nathalie Bajos (sociologue-démographe à l’Inserm), Michèle Ferrand (sociologue au CNRS), Laurence Meyer, (médecin épidémiologiste, à l’université Paris-Sud), Caroline Moreau (épidémiologisteà l’Inserm) et Josiane Warszawski (médecin épidémiologiste à l’université Paris-Sud).
Cette tribune, qu’on en approuve ou non les arguments, avait le mérite d’une certaine prise de recul quant aux idées reçues sur la pratique de l’IVG chez les jeunes: des affirmations communément admises y étaient rigoureusement démontées et on pouvait apprendre qu’en réalité, le nombre d’IVG n’augmente pas au fil des années, et que le traumatisme post-IVG n’était pas systématique.
Israël Nisand, pourtant connu pour son engagement en faveur du droit à la contraception, à l’information des femmes et souvent critiqué pour sa souplesse en matière de recours «tardif» à l’IVG médicamenteuse, méthode qu’il privilégie volontiers, a réagi avec virulence et a affirmé son refus de la banalisation de l’IVG.
Pour lui, «la meilleure IVG est celle qu’on a pu prévenir»; il estime également que les femmes qui y ont recours sont marquées, d’une façon ou d’une autre, par cette expérience.
Face à cette appropriation de la parole des femmes, les réactions ont été vives, qu’il s’agisse de professionnels de santé ou de femmes ayant eu recours à l’IVG.
A quand le droit d’interrompre une grossesse dans la sérénité?
Ces passes d’armes sur fond de banalisation et de traumatisme post-IVG mettent en évidence le malaise qui, alors que la loi Veil approche de ses 40 ans, continue d’imprégner une société qui ne semble pas prête à accorder aux femmes le droit symbolique d’interrompre une grossesse dans la sérénité, voire (et serait-ce si dramatique?) dans une relative indifférence.
Et plutôt que de se pencher sur les circonstances concrètes de l’IVG, qui déterminent chez chacune le contexte émotionnel et psychologique entourant l’acte proprement dit, on se concentre hélas sur la mise en vitrine de deux ressentis aux antipodes l’un de l’autre, qu’on instrumentalise pour défendre des conceptions diamétralement opposées de l’accès à l’IVG.
Et si on se trompait de lutte? Si l’enjeu autour de l’accès à l’IVG n’était pas de déterminer l’existence (généralisée ou non) d’un traumatisme suite à l’acte ou d’une banalisation de celui-ci, mais les fondements de l’injonction sociale qui donne l’ordre symbolique aux femmes de se sentir traumatisées par une IVG?
Laisser les femmes vivre leur IVG en toute autonomie
De fait, on pourrait passer des années encore à dresser les uns contre les autres des témoignages contradictoires, certains affirmant la totale absence de souffrance psychologique et d’autres faisant état d’une grande détresse suite à une IVG: contester le ressenti des femmes dans un domaine relevant à ce point de l’intime, voire en faire un matériau de polémique prompt à être récupéré par les tenants de l’une ou l’autre thèse, tout cela semble éviter l’enjeu principal, à savoir le refus de laisser les femmes vivre leur IVG en toute autonomie émotionnelle et psychologique. Avec toutes les disparités que cette autonomie suppose.
Certes, la lettre du texte, d’un point de vue strictement légal, implique que la femme ayant recours à l’IVG soit en situation de détresse. Mais il est également précisé que chaque femme est seule juge de cette situation. Et la détresse semble ici être entendue comme une détresse provoquée par une grossesse non désirée, et pas par l’IVG.
On pourrait également estimer que le fait de renoncer à avoir un enfant est toujours plus ou moins un sacrifice, le «destin» des femmes restant, malgré l’évolution des mentalités, de procréer, et ce désir étant supposé être inscrit en elles par un prétendu instinct maternel. Et l’attitude de certains soignants illustre parfaitement l’injonction de maternité, toujours d’actualité. Mais là encore, il serait abusif de généraliser, puisque de nombreuses femmes vivent l’IVG comme un soulagement, une libération, un choix serein, refusant la culpabilisation des professionnels de santé et de la société.
Dans leur cas, l’expression «Interruption volontaire de grossesse» est clairement centrée sur le mot «volontaire» et quand on parle de «grossesse non désirée», c’est bien l’absence de désir (d’être mère) qui prévaut. De quel droit un professionnel de santé conteste-t-il ce ressenti?
Cette façon de vivre l’IVG (sans traumatisme ni séquelles) nie-t-elle pour autant la souffrance des femmes pour qui interrompre une grossesse est un choix douloureux? Non. Il semble évident, quand on lit les témoignages de celles qui n’ont pas été traumatisées par l’IVG, qu’il n’y a chez elles aucune volonté de généraliser l’indifférence, ni d’imposer comme une évidence absolue la banalisation de cet acte: elles luttent simplement pour le droit à disposer de leur corps sans se voir dicter des larmes de convenance et des séquelles psychologiques par une société rétive à l’interruption volontaire de grossesse sereinement vécue.
L’infraction symbolique de l’IVG
Choisir l’IVG est donc encore souvent, en 2012, une décision qui se paie: comme si le recours à une interruption de grossesse, bien qu’autorisé par la loi, restait envers et contre tout une infraction symbolique, que seule l’existence d’un traumatisme permettrait d’expier.
Il serait peut-être temps de comprendre que l’on ne peut pas tout mélanger: la survenue d’une grossesse, son caractère accidentel, son éventuelle interruption, et l’essentiel critère du choix. Il est absurde de comparer, en les mettant au même plan (voire en les confrontant), la souffrance générée par une IVG à laquelle aurait recours une femme se trouvant dans l’impossibilité matérielle de mener sa grossesse à terme alors qu’elle en éprouve le désir, et le soulagement d’une IVG choisie par une femme qui ne désirait pas être mère.
Le refus de cette culture du traumatisme, qui perdure dans la conscience collective, passera par une prise de conscience des professionnels de santé, qui sont aux premières loges de ce drame officiel que représente pour certains d’entre eux l’accès à l’IVG: cette prise de conscience consistera à admettre qu’il n’existe pas une seule IVG, que l’IVG n’est pas universellement grave ou anodine, mais qu’il existe une multitude de femmes, toutes différentes, pouvant se trouver placées devant un choix, choix que chacune gérera à sa façon.
Du moins si on veut bien reconnaître aux femmes, au-delà du droit d’interrompre volontairement une grossesse, la liberté de ressentir les choses comme elles l’entendent.
Gaëlle-Marie Zimmerman
















































Connaissez-vous des femmes qui aient été indifférentes en faisant tuer leur propre bébé/foetus, même si cela résultait d'un choix pesé et conscient pour diverses raisons surement justifiées ? C'est pas parce que c'est légal que ça ne devrait avoir aucun impact
Si je vous comprends bien, vous devez aussi culpabiliser d'utiliser la contraception .... un meurtre avant conception d'un bébé/foetus à venir ?
C'est ridicule... oui... et vous avez raison...
La vie ne se résume pas à la biologie... Nous ne sommes pas des animaux...
Un enfant, c'est de l'amour... à recevoir et à donner...
Je voudrais juste répondre à Cap2006:
"La vie ne se résume pas à la biologie... Nous ne sommes pas des animaux... Un enfant, c'est de l'amour... à recevoir et à donner..."
Oui la vie ne se résume pas à de la biologie mais SI nous sommes des animaux, des mammifères je dirais même plus... Croyez-vous qu'une vache ne souffre pas de perdre son petit? Ben pas toutes, mais comme de nombreux mammifères, elles peuvent recevoir et donner de l'amour. Voilà c'est juste pour ne pas être trop réducteur, arrêtons de nous comparer aux animaux en disant que nous ne sommes pas comme eux, bien sûr qu'il y a des différences, et justement l'IVG, les conséquences, la psychologie autour de cet acte, toutes ces choses sont de sacrées différences, mais donner et recevoir de l'amour n'en sont pas.
Bref, cela ne change rien au débat ^^
Je connais des femmes indifférentes à leurs bébés (le fœtus/bébé n'existant pas, un bébé ne peut-être que né!) qui les négligent ce qui est bien plus grave si elles ont des obstruction à l'abandon.
Les enfants battus le sont à 9/10 par les géniteurs... Et souvent les enfants cibles de maltraitances ne sont PAS désirés... voir désinvestis suite à des accouchements violents...
C'est sûr, l'IVG est sans doute une partie de plaisir.
A suivre l'auteure, on devrait dire non pas "subir une IVG" mais "s'offrir une IVG", comme on s'offre du bon temps. "Se permettre une IVG", dit-on même, si l'on veut jouer sur le mode de la transgression.
Vous voyez tous les jours vos copines débarquer en vous disant, sourire aux lèvres : "tu sais quoi, aujourd'hui, j'ai fait une IVG, j'ai a-do-ré !".
Mais de qui se moque-t-on ?
Magnifique article sur la question. Pour répondre aux commentaires précédents: d'une part on ne 'tue' pas un 'foetus' en France mais bien un embryon. D'autre part il est évident qu'aller se faire opérer (et tout ce qui précède dans ce cas) ne sera JAMAIS une partie de plaisir...Mais il est vrai, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, que c'est parfois une question de survie.
Il est également vrai que les soignants (médecins ou infirmiers) devraient s'en tenir à leur fonction et ne pas chercher à moraliser une affaire intime, ce qu'ils ne se privent pas de faire dans certaines institutions.
Le sentiment d'indifférence ou de libération face à cet acte médical n'est pas inhumain. Qui pourrait appeler 'inhumain' le désir d'être libre de construire sa vie selon ses propres choix?
Hola, on se calme les enfants! Ce n'est pas parce que vous ou des proches n'avaient pas bien vécu une IVG, voire parce que vous imaginez qu'on le vit mal que c'est le cas de toutes...
Qui plus est, au lieu de sauter à pieds joints en présentant vos sentiments et émotions qui n'intéressent personne, apprendre à lire semble être une option intéressante, puisque l'article n'a jamais dit que l'IVG était TOUJOURS ET POUR TOUTES, une partie de plaisir...
Bref, si on prend la peine de discuter avec des femmes ayant vécu une IVG, voire si on en accompagne une, on peut se rendre compte que le ressenti va des deux extrêmes, entre celles qui sont traumatisées et celles qui ont "oublié" dès le lendemain.
Petite précision à slateuser: on ne fait pas tuer un bébé ou un foetus, on interrompt une grossesse en se débarrassant d'un embryon, il y a une légère différence...
"Connaissez-vous des femmes qui aient été indifférentes en faisant tuer leur propre bébé/foetus, même si cela résultait d'un choix pesé et conscient pour diverses raisons surement justifiées ?"
Maintenant que j'y pense, on ne considère jamais qu'il y a un forcément un traumatisme du côté du père potentiel (lorsqu'il est informé), si ? Pourtant, lui aussi est complice du fait de tuer son propre bébé/foetus. Alors certes, la femme ressent davantage dans sa chair l'existence de son enfant, mais j'ai souvent entendu des femmes ne pas se sentir mère ou ne pas considérer l'embryon/foetus comme un enfant avant un stade avancé de grossesse – et ce doit être d'autant plus le cas lorsque la décision d'avorter est prise tôt.
C'est un exercice de style. Un pari entre copines. Ou c'est pas sérieux.
Relisez vous.
Et non, miss, les moins "traumatisées" sont juste "emmerdées", mais, oui, elles aussi, s'en seraient bien passées.
Ivg médicamenteuse: au minimum, ça se passe comme une fausse couche spontanée normale. Au maximum, et c'est pas rare, c'est une interminable série de rendez vous de contrôle écho, de suivi de la décroissance des hormones de la grossesse...
Ivg chirurgicale: c'est visite gynécologie, examens labos, viste anesthésiste, re visite gynécologie, puis, un jour, à jeun, anesthésie au mieux, "analgésie", que je ne vous conseille pas, au pire, et aspiration : une canule dans l'utérus qui s'en passerait bien. Réveil plus ou moins vaseux et promettre de contrôler tout ça dans 15 jours, chez son "gynéco préféré" quelle finit par ne plus saquer, tellement ça n'en finit pas.
Croyez moi, on les soutient du mieux qu'on peut, et on n'y arrive pas toujours, à éviter les larmes dans leurs grands yeux de gamines ou de femmes mûres.
Allez, c'est bien écrit, les mots coulent bien, le style est vivant, mais le message, lui, c'est juste... une bêtise.
C'est étrange, j'ai reçu ces derniers jours nombre de mails de gynécologues pratiquant des IVG qui ne racontent pas du tout la même chose.
Une nouvelle preuve de la diversité des situations et des ressentis des femmes lors de l'IVG.
La seule différence entre ces gynécos et vous, c'est qu'eux n'ont pas la prétention de faire des généralisation hâtives et de nier péremptoirement ce que ressentent certaines femmes. A croire que ça vous pose un problème qu'on ne souffre pas psychologiquement d'une IVG. Pardonnez-moi donc, à moi et à mes comparses aux yeux secs, de n'avoir pas eu les yeux mouillés, nos "grands yeux de gamines" et de "femmes mûres".
montrant que les femmes le vivent de façon transparente.
L'auteur peut elle fournir des références autres que tautologiques?
Je me souviens des échanges (au moins 5 tribunes) qu'il y avait eu dans Libé à partir du rapport de Nisand sur l'accès à la contraception et le recours à l'IVG chez les mineures.
Le sujet avait quand même sérieusement dévié, et des arguments sérieusement discutables ont été échangés, en évacuant complètement que le constat à la base, était que de nombreuses IVG pouvaient être évitées chez les mineures en améliorant leur information et l'accès à la contraception.
La conclusion de Bajos, Ferrand, Meyer, Moreau et Warszawski que "La question de savoir si ce nombre est trop élevé ou non relève du registre de la morale et non de la santé publique" est étonnante, surtout après avoir donné juste avant quelques éléments d'explication aux taux de recours à l'IVG (qui sont d'ailleurs présents dans le rapport dont elles attaquent les auteurs) : manque d'information sur les différentes méthodes de contraception, nécessité de sensibilisation du personnel de santé parfois peu coopératif... La contraception est donc un levier pour réduire le nombre de grossesses non désirées, et relève de la santé publique...
Une autre raison du courroux de Bajos et al. est que selon elles il est irresponsable de "s’alarmer du recours à l’IVG chez les jeunes femmes", puisqu'elle n'est pas plus dangereuse, et ne provoque pas plus de troubles psychiques qu'une grossesse non désirée menée à son terme. C'est parfaitement agaçant de voir ces scientifiques faire semblant de ne pas comprendre que l'objectif du rapport est de trouver des moyens d'action pour permettre aux jeunes filles d'avoir une vie sexuelle en évitant les grossesses non désirées, et que plus d'éducation à la contraception ne revient pas à culpabiliser celles qui font valoir leur droit à l'IVG.
Signaler que certaines femmes vivent mal leur IVG, et que des solutions doivent être mises en oeuvre pour mieux éviter les grossesses non désirées ne devrait pas déclencher les hurlements de certain(e)s pro-choix qui se trompent de bataille en y voyant là une opinion anti-IVG.
Je ne réagis pas souvent sur Internet, parce que je sais que c'est généralement inutile. Ces deux commentaires clairement orientés, dont l'avis est très tranché et semble avoir valeur de vérité absolue me poussent pourtant, une fois n'est pas coutume, à la ramener un peu.
Commençons par ce que me gêne avec l'article : je ne vois pas de vocabulaire plus adapté, hélas, que celui employé. J'ai bien pensé à "faire pratiquer", qui resterait neutre, mais je ne suis pas certaine que cela serait très correct (n'est-ce pas plutôt aux médecins de l'employer ? J'avoue être dans le flou). De plus, je trouve que les termes "avoir recours à une ivg" sont finalement assez bien choisis. Tout simplement parce que cela ressemble à la solution ultime, quand tout le reste à échoué ou qu'il y a eu un "accident".
Parce que oui, il est évident que personne ne se rend à l'hôpital de gaieté de coeur, et m'est avis que l'auteur de l'article ne suggérait nullement cela, cher/e incarnare. Il est simplement question d'accepter le vécu de chacun, sans imposer ses propres sentiments ni son avis personnel aux autres. Et il arrive (oserais-je dire "souvent") que l'ivg, sans être une "partie de plaisir", soit une libération.
Il est de coutume de justifier un avis pas une histoire personnelle, sans quoi on entend "ouimétusépadkoituparles". Alors, pour avoir vécu une ivg, je peux sans aucun doute possible témoigner en tant que l'horrible femme indifférente réclamée par slateuser. On sent dans ce commentaire une volonté de traumatiser les "vilaines assasineuses", et cela justifie précisément l'existence cet l'article. Que des gens pensent que le traumatisme est "mérité", qu'une ivg doit avoir un "impact", me dépasse. Seriez-vous donc des justiciers, décidants de qui doit vivre heureux et de qui doit souffrir ? Oui, il est légal d'interrompre une grossesse. Oui, on peut éprouver une peur panique à l'idée d'être enceinte, et un immense soulagement une fois libérée de ce fardeau. Mais peut-être que je me trompe, et que ce commentaire avait simplement une valeur de "moi je suis traumatisée, le monde doit donc l'être aussi". Dans ce cas, je serais désolée pour vous.
Le seul impact qu'aura eu cette grossesse non désirée sur moi, c'est l'appréhension que cela se reproduise. Mais certainement pas la culpabilité, non. Le monde pourrait être merveilleux si les gens ne se sentaient pas investis d'une mission, et surtout celle "d'éduquer" les autres (surtout si on leur souhaite finalement d'être traumatisé. Quelle charmant concept.) De plus, c'est une perte de temps. Les femmes ayant fait pratiqué une ivg qui les a traumatisées souffrent déjà suffisamment sans que des prêcheurs de tout bords viennent leur rabattre les oreilles avec leur Moralité Moralement Morale™. Quand aux autres, celle qui le vivent bien et en sont pleinement satisfaites, cela n'aura aucun impact sur elles. Cessons d'être centrés sur notre propre nombril. Même lors d'un désaccord, il est tout à fait possible de comprendre les autres points de vue, ou de s'en efforcer. La vie est plus facile lorsqu'on ne tente plus de plier le monde à notre volonté, mais qu'on essaye (véritablement, profondément) de comprendre.
Je me permet de vous faire découvrir ce court-métrage - ici la bande annonce - sur l'avortement chez les jeunes.
http://www.youtube.com/watch?v=pfeHRhLhLoA&list=UUUUDQe8iaKkC8YnFCIVIknQ&index=1&feature=plcp
http://prod-8.fr/et-le-sang-en-est-jete.php
Ecrivez vos banalités, nous sommes en démocratie.
Pour notre part,nous resterons à jamais traumatisés par la mort des innocents.
Vous n'avez pas fini d'en entendre parler !!!
Tiens, vous revoilà ! Effectivement, vous êtes tenaces. Mais inopérants.
Ce n'est pas la société qui donne une injonction à souffrir, la souffrance et les regrets, s'ils arrivent, arrivent tout seuls, l'auteur fait une immense erreur de croire le contraire. J'ai avorté en 1998, quand il était tout à fait tranquille de le faire, et sans qu'aucun médecin ou professionnel ou entourage ne m'ait le moins du monde culpabilisée. Et d'ailleurs, j'ai été soulagée par mon acte, car j'ai ainsi pu continuer tranquillement mes études. J'ai même avorté par la suite deux autres fois. (Pour des raisons médicales, je ne peux prendre la pilule). Il m'a finalement fallu quelques années de psychanalyse pour me remettre de ces avortements, et j'ai compris que ce qui a été si difficile pour moi, c'est au contraire d'avoir avorté comme une lettre à la poste, et que personne ne m'ait prévenue, "attention c'est pas si simple". Maintenant, alors même que je suis maman, que j'allaite ma fille, et que chaque instant est un bonheur immense,je regrette profondément ces avortements, et je prendrai bien soin d'informer ma fille, non pas pour la culpabiliser, mais pour qu'elle y réfléchisse à deux fois. Je regrette d'avoir grandi dans une société faussement féministe, influencée par les idées de badinter et simone de beauvoir, qui nient la maternité et sa réelle dimension dans la vie d'une femme. Je regrette qu'on ne m'ait pas dit que faire des enfants c'est merveilleux, jubilatoire, que la grossesse peut être quelque chose de sublime, et que faire des enfants non seulement n'empêche pas de vivre, mais au contraire que cela intensifie la vie. Dans les pays scandinaves, les femmes sont mieux comprises et entourées dans leur maternité. Elles n'en travaillent pas moins, et sont très représentées dans la vie politique.
Les regrets sont inutiles dans une vie, et je vais vous dire pourquoi : à un instant T, on fait toujours le choix qui nous parait le meilleur.
Ce n'est qu'avec le temps qui passe que nous réévaluons les décisions d'autrefois. Et si cela ne sert à rien, c'est parce que nous ferons pareil aujourd'hui. Le fait de toujours faire ce qui nous parait le meilleur choix est une constante immuable de notre vie.
Alors, imaginons donc que vous auriez fait un choix différent. Vous auriez gardé votre enfant en 1998 et n'auriez donc pu faire vos études. Que diriez-vous aujourd'hui ? Très certainement que vous regrettez de ne pas avoir pu faire d'études.
De même, s'il vous semble qu'avoir un enfant est si extraordinaire, c'est peut-être aussi parce que cela ne vous a pas empêché de faire des études. Pour ma part, j'ai entendu beaucoup de femmes regretter en avoir eu trop tôt. C'est encore pire quand la jeune mère est délaissée par son compagnon, et se retrouve dans la précarité. Notre merveille société n'ayant rien prévu pour les mères célibataires qui voudraient avoir une carrière, il leur devient impossible ou presque de faire autre chose que de s'occuper de leur enfant et de leur foyer. Assez rapidement isolées socialement, la vie en devient beaucoup plus rude.
Alors je pense que non, faire un enfant n'est pas systématiquement la meilleure chose à faire à un instant T. Cela dépend de la situation et de la prédisposition, donc on ne peut pas blâmer un choix ou l'autre. Ce choix, c'est la liberté qu'ont les femmes. C'est très important. Mais le plus dur n'est pas de faire des choix, mais de les assumer. On fait tous des erreurs, et c'est inévitable ; cependant qui n'en ferait pas ne ferait jamais de choix, et ne vivrait donc pas. Le seul juge de nos actes, dans la mesure de la légalité bien entendu, ne doit rester que nous-mêmes. Il n'est pas du droit de la famille, des personnels de santé ou de moralisateurs de toute sorte, de porter un jugement sur ces choix de vie. C'est pourtant ce qu'ils se permettent de faire, culpabiliser, et cela ne se limite pas au droit d'enfanter ou pas ; cela concerne aussi d'autres libertés, telles que celle de fumer, de boire, de mettre un terme à son existence, d'adopter une religion ou pas, d'avoir un code vestimentaire extravagant, des loisirs inhabituels, des engagements politiques militants, d'avoir la sexualité que l'on souhaite, de se soigner ou pas, de travailler ou pas, en bref tout ce qui touche à notre liberté d'action dans ce monde. Ainsi, chacun envisage son IVG comme il l'entend, et y porter des jugements moraux n'est pas professionnel.
Les choix que nous faisons dans la vie sont en effet les meilleurs à l'instant T, mais ils sont faits en fonction de notre expérience et des informations dont nous disposons. Il n'est pas sûr que j'aurais été malheureuse de garder cet enfant et de ne pas avorter, si justement j'avais grandi avec l'idée que faire des enfants peut se vivre sans être un fardeau. Mes parents auraient pu m'aider pour le garder, et un bébé peut aller à la crèche dès trois mois, et même s' il est vrai que c'est souvent le soir et les week-end qu'on étudie, avec un peu de bonne volonté, vu que j'ai réussi brillamment, j'aurais pu y parvenir. Le vrai problème, c'est que j'étais effrayée à l'idée de perdre ma jeunesse et ma liberté. En tout cas, je tiens à dire, et même si chaque cas est unique et que cela n'est que mon expérience, que même si on est soulagée sur le coup, les conséquences psychologiques peuvent vous suivre longtemps, et ce n'est pas culpabiliser que de dire ça, c'est informer. Je ne suis pas contre l'avortement, parce que je considère que même s'il est important de reconnaître qu'il s'agit d'une vie tuée dans l'oeuf, (et qu'il ne sert à rien de le nier), il me semble que dans les premières semaines de gestation, la liberté de la mère de décider pour son corps doit primer sur la vie de l'enfant. Ainsi, selon moi, la question du délai, bien que technique, EST la question fondamentale. Avec les progrès de la médecine, (à la fois contraception et prématurés) il me semble évident que nous devrons raccourcir certains délais, surtout das les pays comme la Grande Bretagne, où le délai est de presque six mois, et que c'est un véritable massacre.Passé un certain délai, la femme doit accepter, à mon avis, que son corps est aussi devenu un lieu de passage pour un enfant. Et ce n'est pas de la morale, c'est de l'éthique, dont nous aurons besoin dans les décennies à venir, plus que jamais.
Donc selon vous, JE me trompe parce que VOUS avez un vécu précis ?
Si je vous lis bien, VOS regrets et VOTRE souffrance, qui vous sont propres et que je respecte, induiraient logiquement que JE fais erreur.
Navrée que vous ayez souffert, mais nous avons le droit de ne pas souffrir, et votre douleur ne vous permet pas de nier l'absence de souffrance des autres.
Peut-être pourriez-vous admettre (comme nous admettons votre souffrance et la respectons) que tout le monde ne souffre pas d'une IVG, et que cela n'invalide en rien votre propre ressenti.
Merci à l'auteur pour cet article très juste et mesuré.
Il est évident qu'un avortement ne se fait pas de gaité de coeur (c'est pourquoi il est stupide de parler d'avortement de "confort"-rien de moins confortable que d'enchaîner des rv médicaux, des examens, pour finir par une aspiration à l'hopital, personne n'a envie de vivre cela).
Pour autant, toute expérience désagréable n'est pas traumatisante. Et de nombreuses femmes vivent l'avortement comme une libération.
Il est évident par ailleurs que les traumatismes (et je déteste ce mot, si bêtement psychologisant) liés à une grossesse non désirée menée à son terme seront bien supérieurs à ceux d'un avortement.
Autrement dit, si traumatisme il doit y avoir, il est créé au moins autant par le regard porté par la société sur la femme qui avorte, que par l'expérience elle-même.
Pour commencer, un couple qui souhaite interrompre une grossesse non désirée en France voit aujourd'hui toute la pression reposer sur la femme. C'est tout à fait inacceptable. Rappelons qu'il faut être deux pour concevoir un enfant, et que l'homme doit se responsabiliser autant que la femme devant la contraception.
De même, il est inacceptable que les sites d'information soi-disant objectifs (ivg.net, par exemple) soient destinés à culpabiliser les femmes qui souhaitent avorter, et même à les dissuader, au nom du prétendu traumatisme qu'elles subiraient, au lieu de les informer et de les préparer au chemin de croix médical qui les attend.
Qu'elle avorte, ou non, une femme enceinte verra le corps médical(même si ce n'est pas systématique, heureusement), puis la société dans son intégralité, se transformer en machine à mots d'ordre venant lui prodiguer des injonctions diverses... être une bonne mère après avoir été une femme enceinte bien comme il faut, et surtout, ne penser à rien d'autre qu'à accomplir son destin biologique...
Mesdames, ne vous laissez pas faire. Résistez à cette pression infâme, réaffirmez votre droit à disposer de votre corps, et remettez systématiquement en place ceux qui viennent vous expliquer ce que vous devez faire, penser, ou ressentir. Ne laissez ni l'état, ni la société vous expliquer que c'est votre sexualité, ou votre genre qui déterminent ce que vous êtes au plus profond de vous. Et entraînez autant que possible les hommes dans ce combat.
Il faut continuer de défendre ses droits, car rien n'est acquis.
Et vous mettez le doigt sur l'essentiel : personne n'a le droit de dire ce qu'il y a dans la tête d'un individu. Les événements d'une vie sont reçus et vécus différemment par différentes personnes. La "culpabilité obligatoire" est éminemment culturelle. Ca ferait du bien aux médecins français de savoir qu'ils l'induisent par leur comportement et leur attitude à l'égard des femmes.
Or, cette culpabilité, elles n'en ont pas besoin, et elles n'ont pas à l'endosser. Chaque femme fait de sa vie ce qu'elle veut, point à la ligne.
Martin Winckler (Dr Marc Zaffran)
C'est toujours un plaisir de vous lire. Et votre présence ici me touche beaucoup. Merci pour votre commentaire :)
Oui, j'en ai assez d'entendre des hommes, grand professeur ou pas, nous dire ce que nous les femmes nous ressentons ou devrions ressentir ! Le jour ou les hommes seront en situation de subir une grossesse non désirée ils pourront s'exprimer à notre place et comme ce jour là n'est pas prêt d'arriver, je demande qu'ils respectent la parole et le libre arbitre des femmes ! J'ai réalisé une IVG, et ça ne m'a aucunement traumatisée, bien au contraire j'ai ressenti un soulagement intense et j'ai pensé à toutes ces femmes qui par le passé n'y avaient pas droit.
... Et toujours autant de polémique autour du sujet !
Il est heureux qu'un cadre fut mis en place, après tout être faiseuse d'anges ne devait pas être un statut aisé. Je suppose que certaines personnes ont besoin d'être soutenues ou pas.
Nous pouvons aussi voir le concept d'un autre point de vue. Certains parents traitent leurs enfants avec indifférence. Pourquoi ne pas être indifférent en procédant à une I.V.G ? Et aussi, pour proposer un autre terme à "subir", "avoir recours" et autres, je propose "interrompre une grossesse".
Si cet acte n'est pas anodin, ce n'est pas tant le "traumatisme" de l'expérience que le poids de la société qui le rend si dramatique. De là à accuser des femmes de tuer leur enfant, dès la conception, je ne suis pas d'accord. Mais je ne présenterai pas ici mes opinions personnelles, elles n'apporteront rien au sujet.
Il est étrange que nous ayons si peu de scrupules à faire tuer des animaux, ou faire avorter voire faire stériliser des femelles de nombreuses races. Pourtant, cela reste un meurtre si on y pense deux secondes. Le fait que cela en dérange tellement c'est que cela touche notre espèce, nous humains.
Après si vous voulez continuez à croire que ce sont des meurtres, autant interdire l'onanisme, parce qu'à côté, une I.V.G n'est rien. Aucun rapport ? Peut-être. Mais décider pour le corps et l'esprit d'une femme, c'est renier son statut d'individu, de personne pensante et capable. Et il me semble que si pour certaines personnes les femmes n'ont pas leur mot à dire, elles bénéficient tout de même de droits. La polémique n'a donc pas lieu d'être. En tout cas une polémique instructive et ne desservant aucun dessein politico-religieux.
A ceux qui luttent contre ce droit, je réponds que décider de garder un enfant comporte autant, sinon plus, de conséquences, qu'elles soient bénéfiques ou non et que l'instinct maternel est un attrape-crétin destiné à forcer à la procréation et à culpabiliser les femmes ne désirant pas d'enfants ou vivant une dépression post-partum !
A ceux qui voudraient faire interdire les I.V.G, je réponds qu'avant la loi, les femmes parvenaient à interrompre une grossesse, que ce soit à coup d'aiguilles à tricoter ou d'infusion de thym (entre autres).
Si les hommes concevaient et mettaient les enfants au monde en conservant leur statut social actuel, vous pouvez être sûr que l'I.V.G ne poserait aucun problème de société !
Je ris jaune devant tant d'hypocrisie. Le problème n'est pas dans l'interdiction ou l'autorisation de l'IVG: il s'agit d'un droit imprescriptible attendu que nous nous trouvons dans un Etat laïc. Ce qui me sidère, c'est l'incompréhension totale des enjeux, de la part de l'auteur en premier lieu. Se rend-elle compte qu'une IVG - tout comme la contraception - qu'on le veuille ou non, porte atteinte à une vie humaine. Et la société, légalement et culturellement, confère une valeur axiologique à la vie humaine, c'est la raison pour laquelle l'euthanasie par exemple reste prohibée.
Peu importe ce que la femme ressent au moment de l'IVG, le fait est que la société se contredira fondamentalement dès l'instant où la "banalisation", contre laquelle l'auteur part vainement en croisade, sera effective. Que l'on réinstaure la peine de mort, que l'on autorise le port d'armes, l'euthanasie, et avortons toutes avec plaisir, et pourquoi pas en organisant une petite fête pour l'occasion ?
Sérieusement... Madame Zimmermann...
Recueil de témoignage, viens d'être éditer :
http://blog.jevaisbienmerci.net/2012/04/un-an-et-un-livre/
mais bon les harcèlements pro life sous couvert d'informations continuent sur les forums (ex sur doctissimo des mp méchants et de l'intox) et site internet comme IVG.net toujours pas fermé!
Envoyé Spécial evait pourtant fait un reportage sur "les nouveaux pro life"
Pour tous les excités habituels qui refusent d'entendre l'évidence et de comprendre quoi que ce soit, nimro a très justement conseillé le recueil de témoignages "jevaisbienmerci" au tout début des commentaires. Lisez au lieu de déverser votre fanatisme, écoutez un peu ce que les femmes ayant eu recours à l'IVG ont à en dire au lieu de décider pour elles de leur ressentis, et de parler de choses dont vous ne connaissez rien. Vous verrez que certaines le vivent très bien, et que pour celles qui l'ont vécu comme un calvaire, c'est très souvent plus à cause des pressions et humiliations des médecins et de l'entourage, que de l'acte en lui-même.
Merci Madame Zimmermann d'avoir prononcé à propos de l'IVG le mot AUTONOMIE de la femme. Si l'IVG n'était abordée que par ce prisme de l'AUTONOMIE, il n'y aurait plus de débat stérile autour de la banalisation (si l'IVG était si banalisée, pourquoi l'acte n'est-il pas côté à la T2A ?) et du traumatisme psychologique trop souvent provoqué par le jugement du monde médical y compris des pro-IVG. N'oublions-pas que l'IVG est une liberté "sous contrainte" qui dépend du corps médical puisque jusqu'à présent, seul un médecin peut "pratiquer" une IVG.
La décision d' IVG incombe à la femme et à elle seule puisqu'elle seule sait ce qui est bien pour elle. Cette décision qu'elle prend en tant qu'être responsable doit être respectée. Autrement dit, l'AUTONOMIE de la femme est au centre de notre sujet.
Ne pas respecter cette AUTONOMIE revient à nier la réalité de l'autre et dans le cas de l'IVG, la réalité de l'autre en tant que femme.
Excellent article, et très bon résumé du débat d'idée entre les pro-ivg. Sage-femme et accompagnant les femmes qui choisissent l'ivg au quotidien, choix professionnel que je défends depuis le début de mes études au milieu d'une incompréhension généralisée, je reste effarée de ce retour de bâton contre l'ivg, et surtout contre le droit des femmes à disposer d'elles-mêmes. Fatiguée au quotidien des remarques au mieux stupides de la part des mes collègues, pourtant tous supposés être des soignants, qui se permettent de juger ce choix qui n'appartient qu'à celle qui est enceinte. Le mouvement est insidieux, parce qu'il ne s'agit pas d'être contre l'ivg, seulement de trouver que quand même, c'est un peu excessif. "Je ne suis pas contre, mais je trouve qu'elles pourraient faire un peu plus attention", "je ne suis pas contre, mais enfin elles pourraient faire un peu profil bas, je les trouve bien exigeantes", "je ne juge pas, mais des fois les motifs sont un peu légers", "toi qui t'occupe de ça, quelle proportions as-tu d'ivg abusives ?".
La vérité, c'est que les femmes traumatisées que je vois le sont la majorité du temps par la maltraitance dont elles sont victimes de la part des soignants. Et qu'elles seraient bien plus traumatisées si on les obligeaient à avoir des enfants dont elles ne veulent pas, pour des raisons qu'elles n'ont même pas à justifier au yeux de la loi, même si beaucoup de praticiens de l'ivg se sentent le droit de leur poser la question.