Maïs: la catastrophe du biocarburant
La sécheresse de cet été souligne la folie des lois américaines qui augmentent la dose d’éthanol dans l’essence.
- Des plants de maïs frappés par la sécheresse à Evansville, Indiana, le 10 juillet 2012 - REUTERS/John Sommers II -
Jour après jour, alors que la sécheresse continue d’étouffer le Midwest américain, le caractère scandaleux de la transformation du maïs en carburant s’impose de plus en plus.
Ces six dernières semaines, les prix du maïs ont augmenté d'environ 50%. Il ont récemment atteint 8,20$ le boisseau, une première. Et si la sécheresse persiste aux États-Unis et en Europe, ils continueront peut-être à monter.
Plusieurs facteurs influencent les cours des céréales, notamment la réduction des réserves et l’augmentation de la consommation de viande dans les pays en voie de développement (souvenez-vous que la plus grande partie du maïs est utilisée pour nourrir le bétail, pas les humains).
Mais il ne fait aucun doute que l’obligation faite par le Congrès américain d’incorporer de l’éthanol de maïs dans le carburant fausse le marché, ce qui signifie une augmentation de tous les prix, du lait jusqu’aux cheeseburgers.
Et pourtant, l’arnaque à l’éthanol se poursuit. En effet, grâce à l’Environmental Protection Agency [EPA, agence de protection de l’environnement], qui permet aux détaillants d’augmenter le pourcentage d’éthanol que l’on peut mélanger à l’essence, la catastrophe du biocarburant s’étend maintenant de l’épicerie à la station service.
Cela pourrait être une mauvaise nouvelle pour votre tondeuse à gazon et votre débroussailleuse, qui n’ont pas été conçues pour fonctionner avec du carburant contenant plus de 10% d’éthanol. Et si tout cela ne suffisait pas, sachez ceci: les États-Unis exportent désormais de grandes quantités d’éthanol de maïs, accrochez vous... au Brésil.
Un lien entre éthanol et augmentation des prix des denrées alimentaires
Nul besoin d’être économiste pour comprendre pourquoi le secteur de l’éthanol pousse les cours des denrées alimentaires vers le haut. Cette année, environ 4,3 milliards de boisseaux de maïs seront transformés en carburant, a calculé Bill Lapp, président de l’Advanced Economic Solutions, cabinet de conseil sur les marchés de matières premières basé à Omaha. Cela signifie que presque 37% de la récolte de maïs de cette année, que Lapp estime à environ 11,6 milliards de boisseaux, seront détournés vers la production d’éthanol.
Comparez ces chiffres avec ceux de 2005, quand le maïs coûtait juste 2 dollars le boisseau. Cette année-là, 1,6 milliard de boisseaux de maïs —soit 13% de la production nationale—ont été distillés pour être transformés en éthanol.
En augmentant de façon spectaculaire le volume d’éthanol qui doit être mélangé à notre essence, en sept ans à peine le Congrès a presque triplé le volume de maïs détourné de la production alimentaire vers la production de carburant. Et aujourd’hui que la pire sécheresse de ces dernières années est en train de racornir nos champs de maïs, ces lois nuisent aux consommateurs déjà accablés par un chômage obstinément élevé et une économie à la peine.
Une récente étude publiée par une coalition de producteurs de matières premières alimentaires, comprenant la National Turkey Federation, le National Pork Producers Council et la National Cattlemen’s Beef Association révèle que depuis 2007, date à laquelle les lois sur l’éthanol ont été mises en application, les prix d’aliments nécessitant une utilisation intensive des céréales comme les produits céréaliers, de boulangerie, la viande, la volaille, les œufs, les matières grasses et les huiles ont augmenté de près du double de l’inflation.
Cette étude fait partie des 16 rapports minimum—publiés par des entités allant de la Purdue University à la Banque mondiale—qui font le lien entre lois sur l'éthanol et augmentation des prix des denrées alimentaires.
Les automobilistes américains consomment autant de maïs que tous les animaux réunis
Et le maïs n’est pas le seul en cause. Les cours du blé et du soja flambent aussi. Le prix du blé est directement lié à celui du maïs: les boulangers et autres utilisateurs de blé doivent faire monter son prix pour qu’il reste à un niveau de parité relative avec celle du maïs, car à défaut, toute la récolte de blé pourrait être rachetée pour nourrir les animaux. En ce qui concerne les récoltes de soja, Lapp explique qu’elles souffrent de la même sécheresse que celle qui frappe le maïs.
Mais pour comprendre vraiment la raison de la flambée des cours de la viande, des œufs, du fromage et autres aliments utilisant beaucoup de céréales, considérez ceci: le secteur de l’éthanol de maïs américain consomme aujourd’hui à peu près autant de céréales que tout le bétail du pays. Lapp estime que cette année, 4,6 milliards de boisseaux de maïs seront utilisés pour nourrir les bêtes. Ce qui est à peu près l’équivalent des 4,3 milliards de boisseaux qui seront utilisés pour la production d’éthanol de maïs. Ainsi, les automobilistes américains consomment à peu près autant de maïs dans leurs voitures que tous les poulets, dindes, vaches, cochons et poissons du pays réunis.
Vous voulez une autre comparaison? Cette année, la flotte automobile américaine consommera environ deux fois plus de maïs que toute la production de l’Union européenne. En d’autres mots, le secteur de l’éthanol américain consommera presque autant de maïs que ce que produisent le Brésil, le Mexique, l’Argentine et l’Inde réunis.
Quand on regarde le phénomène dans son ensemble, les chiffres sont désolants: cette année, les États-Unis utiliseront environ 13% de la production mondiale de maïs —c’est-à-dire environ 4,6% de toute la production mondiale de céréales— pour pouvoir produire une quantité d’éthanol contenant l’énergie équivalente à environ sept dixièmes de 1% des besoin pétroliers à l’échelle mondiale.
L'Amérique pourrait devenir le premier producteur de pétrole
Mais ce qui rend la comédie de l’éthanol encore plus perverse, c’est que sa raison d’être s’est tout bonnement évaporée. Pendant des décennies, le croquemitaine du pétrole étranger a fourni un bobard bien pratique que l’industrie de l’éthanol pouvait utiliser pour justifier ses subventions et ses lois. Ce n’est plus le cas. Le problème de l’énergie étrangère concerne de moins en moins les États-Unis.
Grâce à la révolution du schiste, la production de gaz naturel des États-Unis dépasse aujourd’hui les niveaux record atteints dans les années 1970. La production de pétrole à partir du schiste et d’autres gisements dans des roches difficiles d’accès a débouché sur un surplus de pétrole dans certaines régions du pays.
Les exportations américaines de pétrole—qui atteignaient 2,8 millions de barils par jour la semaine du 20 juillet —explosent. Les analystes de Citigroup prédisent aujourd’hui que la production pétrolière américaine pourrait augmenter de plus d'un tiers d’ici 2015. Si cela se produit, l’Amérique pourrait dépasser à la fois la Russie et l'Arabie Saoudite et devenir le plus gros producteur de pétrole du monde.
Malgré tout cela, l’EPA se donne le plus grand mal pour faire plaisir à l’industrie de l’éthanol, dont la production est désormais excédentaire. Des années de subventions fédérales (qui ont enfin cessé fin 2011) ont débouché sur un excès des capacités de production de ce carburant, au point que bon nombre d’usines d’éthanol sont restées à l'arrêt. En outre, les États-Unis en exportent des quantités record. L’année dernière, ils ont exporté en moyenne 78.000 barils d'éthanol par jour: quasiment 9% de la production nationale.
L'éthanol est exporté au Brésil... qui vend son maïs aux éleveurs américains
La principale destination de cet éthanol, le Brésil, est justement le pays montré régulièrement en exemple aux États-Unis dans le domaine du biocarburant. En 2006 par exemple, le spécialiste du capital risque Vinod Khosla et Tom Daschle, ancien leader de la minorité du Sénat, ont écrit un éditorial pour le New York Times vantant le «miracle de l'indépendance énergétique» du Brésil. À leurs yeux, le Brésil prouve «qu’une stratégie agressive d’investissement dans les substituts du pétrole comme l’éthanol peut mettre un terme à la dépendance au pétrole importé.»
Et l’ironie de la situation ne s’arrête pas là. Fin juillet, Smithfield Foods, le plus gros producteur de porc du monde, a déclaré qu’étant donné la cherté du maïs national, il allait se mettre à importer du maïs du Brésil! L’industrie américaine utilise donc du maïs national pour faire de l’éthanol, carburant qu’elle transporte jusqu’au Brésil, tandis que des producteurs de bétail nationaux importent du maïs brésilien pour pouvoir produire du bacon en Amérique.
Le résultat de toute cette folie? Faire frire son bacon va devenir plus cher. Mais grâce aux nouvelles règles de l’EPA qui permettent aux détaillants de vendre de l’essence contenant 15% d’éthanol, il se pourrait bien que le moteur de votre bateau, de votre voiture et de votre tronçonneuse se mette à frire aussi.
Une campagne de lobbying intensive des producteurs d'éthanol
L’essence contenant 10% d’éthanol, ou E10, est vendu depuis des années. Constatant qu’elle avait des surplus d’éthanol, l’industrie a lancé une campagne de lobbying intensive auprès de l’EPA pour la convaincre d’augmenter le mélange autorisé à hauteur de 15%, ou E15. L’agence a fini par donner son accord pour le E15 le mois dernier alors même que seulement 4% de tous les véhicules motorisés des États-Unis sont conçus pour consommer du carburant contenant autant d’éthanol.
L’EPA a approuvé le passage à l’E15 malgré de véhémentes objections de groupes comme l’Outdoor Power Equipment Institute, qui affirme que le carburant contenant davantage d'éthanol est «dangereux» et pourrait abîmer ou casser les moteurs de générateurs, de tondeuses à gazon et autres machines. De nombreuses autres organisations syndicales, notamment l’Alliance of Automobile Manufacturers et l’American Petroleum Institute, se sont aussi opposées au passage à l'E15. Toyota Motor Corporation a pris l’initiative inédite d’ajouter une étiquette sur les couvercles de réservoir d’essence des voitures neuves qu’il vend en Amérique. On peut y lire «Essence E10 maximum.»
L’année dernière, Peter Brabeck-Letmathe, président du géant alimentaire suisse Nestlé, a déclaré qu’utiliser des récoltes alimentaires pour fabriquer des biocarburants était une «totale folie.» Il a raison. Et tôt ou tard, s’il se soucie un minimum des consommateurs, c’est une folie à laquelle le Congrès va devoir mettre un terme.
Robert Bryce
Traduit par Bérengère Viennot
Mis à jour le 12/08/2012 à 9h26
















































Article passionant, avec de nombreuses informations importantes, mais qui ne me rendent pas très optimiste sur l'avenir du monde !
Non, l'espèce humaine n'est pas folle dans son ensemble, mais nous avons tendance à nous laisser diriger par des criminels...
Les américains ne meurent pas de faim? Pourquoi les USA devraient nourrir les restent de la planète? Ils sont assez grand pour se réguler eux même si ça risque de ne plus passer pour leurs besoins alimentaires.
Par contre le chassé croisé avec le Brésil sous fond de subvention c'est effectivement du délire. La filière éthanol repose sur des subventions très élevés, au lieu d'être un système de régulation évitant d'effondrer les prix du maïs les bonnes années. Pour rappel le maïs était à moins de 100 dollars la tonne à l'époque où Double Buse Bush à mis en place cette politique... Cette semaine le maïs était à 250 euro la tonne en France...
Bonjour eAlexandreCessateur
"Pourquoi les USA devraient nourrir le reste de la planète?"
Bonne question.
Mais vous oubliez que les USA, comme l'UE, ont bataillé pendant des décennies lors de chaque négociation commerciale pour pouvoir exporter limite et sans droits de douane leurs excédents subventionnés dans les pays du tiers monde. Ils ont acculé à la faillite la petite paysannerie du tiers monde incapable de résister à cette concurrence déloyale.
Maintenant qu'ils ont perdu leur indépendance alimentaire, les USA devraient les abandonner et les laisser mourir de faim uniquement parce qu'ils ont trouvé un nouveau débouché plus juteux ou mieux subventionné pour leurs production ?
@Recap59: donc vous pensez qu'il faut maintenir cette situation? La fin des subventions à l'exportation est largement annoncé depuis les années 90, les gouvernements un temps soit peu compétant et prévoyant ont eu le temps de s'adapter. Et c'est pas si long, l'exemple du Malawi le prouve (doublement de la production en deux ou trois ans). Après il y a la question des pays qui n'ont pas de potentiel agricole pour nourrir une population trop nombreuse, et qui n'en ont pas les moyens financiers.
Bonjour AlexandreCessateur
"donc vous pensez qu'il faut maintenir cette situation?"
Non je suis partisan du droit des peuples à se nourrir eux-mêmes, et ce qui se passe actuellement avec le maïs ne fait que renforcer mon opinion.
"La fin des subventions à l'exportation est largement annoncée depuis les années 90, les gouvernements un tant soit peu compétents et prévoyants ont eu le temps de s'adapter. Et c'est pas si long, l'exemple du Malawi le prouve (doublement de la production en deux ou trois ans)"
A ma connaissance la fin des subventions à l'exportation n'a toujours pas été actée ni aux USA ni dans l'UE. Dès que les cours du maïs retomberont en dessous du seuil d'intervention les exportations seront à nouveau subventionnées.
Et si un pays quel qu'il soit (même le Malawi) essaye de se protéger contre la concurrence déloyale des agriculteurs américains et européens subventionnés pour conserver sa propre agriculture afin de ne plus se retrouver dans la même situation qu'aujourd'hui, il sera immanquablement attaqué par l'UE et les USA.
Cordialement
l'analyse du circuit économique actuel de la production d'éthanol vert montre de façon absolue l'ineptie de cette production dans les circonstances actuelles. le cout de production étant supérieur à la valeur d'utilisation brute.
et encore une grande partie de la production d'éthanol dans le monde se fait à partir du travail de nombres de salariés sous-payés au tarif du tiers monde.
donc autrement que serait-ce?
donc pourquoi construire des usines de production d'éthanol vert?
pourquoi consacrer autant de surface de mais de canne et autres production agricole à alimenter la filière éthanol au prix de la conséquence de l'inflation des denrées alimentaires et même créer des situations de rupture d'approvisionnement alimentaire engendrant de façon sure une catastrophe humanitaire ( et écologique!) de grande ampleur?
nous avons apparemment déjà atteint le oilpic bien qu'on nous berce de l'illusion qu'il soit encore à venir. ceci en raison non seulement d'un effet de seuil de la croissance démographique humaine mais aussi par l'accès soudain de 800 millions de personnes ( donc plus de 1/10ème de l'humanité) dans un temps très court à un pouvoir d'achat suffisant pour impacter la courbe de la consommation de produits pétroliers sous l'effet conjugué de la réussite illusoire de la sur-spéculation à créer et maintenir un pouvoir d'achat ussurpé au regard de la réelle création de richesses.
les infrastrustures étant en place et non amorties mettant en jeu en cas d'arrêt brutal l'ensemble de l'économie mondiale la non anticipation de cette situation contraint à faire tourner à perte des usines d'éthanol dans un triple objectif:
- maintenir un niveau d'approvisionnement en énergie suffisant pour éviter un effet de panne sèche( ex: une panne d'électricité sur 2 jours pour la moitié de l'inde) pour l'économie mondiale.
ceci afin de pouvoir mettre en oeuvre un espace temps pour créer d'autres ressources en énergies de substitution effectivement fonctionnelles
- permettre la perduration d'un marché spéculatif qui lui aussi est menacé de panne sèche mais en sus de l'implosion liée à un délire financier de production de produits sans aucune valeur.
- sous l'effet de la folie capitalistique qui ne tient plus aucun compte de critère de liens objectifs entre la réalité de l'activité économique , des ressources et la soif d'argent facile
ce dernier point étant le plus toxique des trois.
chacune de ces raisons dans la mesure où elle n'est pas explicite à l'ensemble de la population conduit de façon évidente dans le mur par le fait que toute perte de temps dans la réorientation vers une voie de gestion économique durable à tous les niveaux additionne un niveau de pollution et d'épuisement des ressources en terme de terres rendues stériles d'eau non retraitable de pollution des océans de l'atmosphère d'augmentation du risque nucléaire qui nous amène de facon exponentielle de plus en plus rapidement vers le point où la situation écologique imposera un knout out à notre espèce ( et à l'ensemble du monde vivant , mais à ce point de folie , estce encore un argument?)
La démarche politique impérieuse est la reconquête de l'autonomie intellectuelle et psychique pour tout ce qui concerne l'énergie. Le premier devoir de conscience est de FAIRE FACE A LA REALITE en DISSIPANT LES ILLUSIONS: Le système énergétique actuel N'A AUCUN AVENIR et ne peut pas en avoir. Il faut éliminer la barrière psychologique qui s'oppose à la vision d'un changement d'énergie complet parce que l'avenir de chaque citoyen de la planète et la planète elle-même sont en jeu. Pour certains il est déjà trop tard.
L'entrepreneuriat des Artisans de l'ESPACE EUROPEEN MONTPELLIER vise l'autonomie énergétique des nations par des ressources gratuites et renouvelables parce que NOUS SOMMES TOUS CONCERNES par cette crise environnementale que subrepticement fait apparaître la crise économique. Politiciens, indignez-vous, pendant que nous avons encore les moyens et le temps d'agir, l'immobilisme est un acte criminel!
Le problème dans l'ensemble n'est pas l'éthanol en lui-même mais la provenance qu'on lui impose.
Nul n'est besoin de champs immenses de maïs pour en produire, car l'éthanol n'est rien de d'autre que… de l'alcool qu'on peut produire à partir de n'importe quoi comme le montre l'histoire des breuvages alcoolisés qui dans celle des hommes dure depuis des millénaires !
D'ailleurs il existe un entrepreneur aux États-Unis qui vend une machine destinée à se voir implantée à proximité de bars et restaurants et qui recycle les invendus (y compris les fonds de verres) et les transforment en carburant.
Mais, de manière moins anecdotique, croire que l'éthanol EN SOI est nocif est stupide. En témoigne la pratique de la Suède qui en produit de manière totalement autonome. La Suède est comme chacun le sait un petit pays aux contraintes climatiques fortes. Elle n'a qu'une seule ressource agricole exportable : le bois de sapin. Elle en est d'ailleurs le plus grand exportateur mondial, du fait qu'elle gère la ressource avec une rigueur toute protestante.
La Suède, donc, utilise en fait les déchets agricole de cette production à grande échelle : pignes, branches, racines et en fait de l'alcool. C'est ce qu'on appelle du biocarburant de deuxième génération, c'est-à-dire à base de déchets et non de produits bruts agricoles. Du reste, même en la matière, rien n'empêche de faire de l'alcool dans des conditions très différentes de celles en vigueur outre-Atlantique. La Suède en produit même à partir de déjections humaines (captées dans des toilettes publiques) et l'utilise pour faire circuler des bus ! Le Canada et la Suisse développe des filières similaires sur l'exemple scandinave, à base de conifères.
J'ajoute toutefois que l'éthanol comme carburant est de loin préférable au biodiesel pour des questions de pollution au sortir du pot d'échappement (dioxyde d'azote, etc.).
Le fait est que le biocarburant produit à partir de la, ou plutôt des bonnes sources reste l'incarnation même du slogan "penser globalement, agir localement" qui a toujours plus de sens alors que le pétrole se raréfie et coûte de plus en plus cher et que les hybrides et autres électriques ne sont pas des plus accessibles financièrement.
Comme je suis cohérent avec le discours que je tiens, je roule évidemment en voiture flexifuel (une Ford Focus prévue intialement pour le marché… suédois).
Bonjour Spooky
Pour le diesel aussi il serait possible d'utiliser des déchets agricoles ou alimentaires, comme les huiles de friture usagée, sans toucher aux cultures alimentaires. Mais cela ne ferait monter ni les cours du maïs, ni ceux des oléagineux.
Cela n'intéresse pas les syndicats agricoles ni les politiciens qui doivent verser à leurs membres d'énormes subventions dés que les cours des produits alimentaires retombent.
Il faudrait aussi parler du détournement de la production d'huile alimentaire en Europe aux fins de production de carburant diesel, une affaire tout aussi grave.
Aux USA le scandale peut encore s'aggraver car les éleveurs réclament l'aide de Washington pour compenser l'augmentation du prix des céréales. S’ils obtiennent gain de cause des centaines de milliers d’êtres humains dans le monde seront condamnés à mourir de faim.
S’ils n’obtiennent pas satisfaction la viande coûtera un peu plus cher aux USA, les consommateurs en mangeront un peu moins (ce qui n’est pas grave) mais quelques éleveurs feront faillite.
Et cela c’est une catastrophe inacceptable car les chômeurs ne sont pas mieux indemnisés là-bas que chez nous. Donc on verse des subventions parce que vous comprenez ma bonne dame, même si ce n’est pas rentable, il vaut mieux payer quelqu’un à travailler qu’à ne rien faire, c’est une question de bon sens…
Peu importe que quand une activité n’est pas rentable c’est généralement qu’il y a une bonne raison : parce qu’il n’y a pas de client (alors il faut arrêter), parce que les clients ne sont pas solvables (alors il faut redistribuer les richesses pour que les plus pauvres puissent se payer ce dont ils ont besoin)…
… ou le plus souvent, parce que l’activité détruit plus de richesse qu’elle n’en produit : il vaudrait mieux alors payer les intéressés à ne rien faire.
Mille fois mieux !
L’exemple des pêcheurs européens est édifiant. Ils vident l’océan de ses derniers poissons, condamnent leurs enfants (et les nôtres) à la misère… à perte ! C’est cela le plus rageant.
Car s’ils devaient payer le carburant à son vrai prix le pillage ne serait pas rentable et cesserait immédiatement. Le gouvernement utilise nos impôts pour payer la destruction de notre environnement, sacrifier notre avenir, anéantir nos ressources naturelles : tout plutôt que de verser des indemnités aux chômeurs, réduire la durée du travail, laisser les vieux partir à la retraite.
Les pêcheurs le savent bien mais ils préfèrent cela que de subir le sort horrible que la France réserve à ses chômeurs et devenir la cible de la propagande haineuse des médias fascistes contre les « assistés »
Ah ! Que de gâchis, que de saccages, que de gaspillages, que de crimes, que de souffrances inutiles à cause de cette idéologie imbécile de la société du travail !
A chaque fois que j’entends un de ces politiciens pourris, qui n’ont jamais voulu que les chômeurs français puissent prétendre à une indemnisation décente, qui ont toujours refusé que les moins de 25 ans aient droit à quoi que ce soit, justifier la gabegie qui nous conduit à la ruine et à la désolation avec cet argument d’une bêtise digne de l’obscurantisme taliban « mais enfin il vaut mieux payer quelqu’un à travailler qu’à ne rien faire, c’est une question de bon sens » j’ai envie de hurler.
évidemment
mais la question est les gens savent ils ne rien faire sans devenir nuisibles?
ben non mon bon monsieur
les gens quand ça s'ennuie trop ça vire mal voir mauvais.
mais c'est sur qu'avec un peu d'accompagnement ces gens au chomage pourraient devenir très créatifs et devenir un potentiel interessant d'innovation
d'où l'intéret de promotionner un statut de chomeur accompagné dans une dynamique qui même si elle ne conduit pas à un résultat immédiat participe à un changement
seulement à moins que le RMI par mois ça ne suscite pas beaucoup l'inspiration
on devrait insérer urgemment dans les programmes scolaires une forme d'enseignement à l'autonomie face au temps libre.
Je vois toujours pas où est le scandale si les USA ou l'UE arrête de fournir des aliments à l'extérieur. Tout gouvernement digne de ce nom doit assurer sa sécurité alimentaire, croire qu'on peut importer sans problème est suicidaire. On peut se passer de télé ou de voiture neuve une année, pas de nourriture.
en france un viticulteur avait monté une production d'éthanol à partir des piquettes ou surplus de vins invendables
l'état y a mis le hola parce que la production d'éthanol n'est pas du ressort de la gestion par les manants.
plutot que d'arracher des pieds de mauvaise vignes...
mais Mr Total trouvait que cela nuisait au standing du vin français que l'on puisse l'utiliser les fonds de cuves à faire de l'éthanol plutot qu'à cultiver la betterave.
sauf qu'au sud la betterave ça ne pousse pas
du coup on aurait à bon compte pas mal d'éthanol au sud et au nord à condition de bien trier entre le bon grain de raisin et le raisin de luxe.
mais cela ne résoud pas le fait que produire de l'éthanol n'est pas rentable en terme financier ( pour l'instant)
et que cela ne change rien quand à l'emission de carbone dans l'ensemble
sans compter que si nous passions à l'éthanol que ferions nous de nos centrales nuc
bref il y a toujours un MAIS ceci MAIS cela à trouver des solutions et risquer le changement comme en Suède
si on savait vraiment à quoi cela est du du coup peut-être cela changerait plus facilement.
parce que les solutions et les essais réussis ne manquent nulle part pour encourager dans ce sens
alors qu'est ce qui bloque?
Merci d'avoir traduit cet article interessant.
Mais interessons nous a l'auteur (Mr Bryce)
- fellow du Energy Institute finance integralement par par l'industrie petroliere nord americaine (source ouvertes)
- Senior fellow du Manhattan Institute, think-tank new-yorkais ultra liberal qui prone la domibation du marche, tout comme l'ecole Adam Smith.
Interessons nous a ses idees
- Il recommande l'usage du nucleaire et du gaz naturel, dans plusieurs publications
- demontre regulierement les faillites de la science pour soutenir que le rechauffement climatique n'est pas prouve (ah ah), idem en physique nucleaire, pourant il n'est pas un expert, mais un vulgarisateur
- reconmmande un prix du baril fort et une industrie petroliere stabilisee. Ah bon?
- il frappe aussi regulierement sur les eoliennes (moi aussi de temps en temps) qu'il accuse d'etre exemptees aux USA de penalites delictuelles, ceci en depit du fait que ces machines tuent des oiseaux migrateurs, et que c'est un delit pour lequel justement, l'indutrie petroliere en Alaska est regulierment condamnee (Pollution). Ouh les mechantes eoliennes.
Revenons a l'article
-Certes, produire des cereales (ou de la canne) en agriculture intensive pour faire de l'ethanol, ce n'est sans doute pas la bonne idee. Simple bon sens antinomique avec la notion de profit.
- pourquoi l'article ne parle-t-il pas des alternatives d'origine vegetales, (lire le commentaire de spooky). Les vraies bonnes idees quoi.
- pourquoi reste -t-il (mr Bryce) concentre sur l'ethanol et pas sur les huiles (attention, meme erreurs commises)? On se demande si c'est une obsession.
- enfin pourquoi se referer aux consommateurs, soudainemment, quand l'industrie petroliere ne s'en soucie guere, et en profite a l'exces, comme d'une vache a lait, depuis bientot 100 ans ?
-pourquoi se referer a Nestle? Comme grand defenseur de l'environnement et de la cause des connsommateurs sans doute?
La verite est qu'il y aurait sand doute a redire (re-ecrire) sur le fond et les raccourcis oses de cet auteur. L'imposition des cereales et de la canne sur le marche de l'ethanol est simplement une politique industrielle commerciale agressive et deliberee, pas une entreprise ecologique, rappelons- le.
Les veritables bio-carburants (dits de 2eme ou de 3eme generation) sont issus de dechets vegetaux ou autres (fermentations), et non pas de produits de l'alimentation issus d'ogm et d'usage de pesticides. Cette filiere existe, elle se developpe, elle est jusque-la ignoree et decriee. A dessein.
A qui cela profite-t-il? Une idee Mme Viennot?
A 63 ans , je cherche encore à comprendre . L'analyse de Récap59 synthétise parfaitement mon ressenti : la formulation écrite de choses que je ressens sans parvenir moi-même à la coucher de façon cohérente , concise et intelligible . Bravo à tous et merci aussi aux autres contributeurs . 63 ans , pas fatigué mais gagné par une extrême lassitude .
L'auteur se trompe gravement en présentant des gaz et huiles de schistes sous un jour aussi favorable. Les problèmes environnementaux qu'ils provoquent - notamment leurs émissions de gaz à effet de serre - sont trop graves.
Il n'y a pas de mondialisation sans transport et il n'y a pas de transport sans énergie. Notre système économique est près à tout pour continuer à disposer de sources d'énergie abondantes quel que soit le prix humain ou environnemental à payer.
Et si une partie de la solution des Etats-Unis - était de réduire de façon importante leur sur-surconsommation d'énergie ?
Car ne nous faisons pas d'illusion : toute la biomasse terrestre ne suffirait pas à fournir l'énergie dite "verte" ou "bio" pour que nous continuions à la gaspiller comme aujourd'hui...