Jacques Cheminade: «Il faut un Glass-Steagall Act pour conquérir Mars»
Avec Curiosity, la NASA fait considérablement avancer le projet de Jacques Cheminade de terraformer Mars. Mais ça ne suffira pas: il faut d'abord séparer les banques d’affaires des banques de dépôt.
- L'amarsissage de Curiosity / NASA -
Si quelqu’un, en France, se réjouit de l’amarsissage réussi de Curiosity, c’est bien Jacques Cheminade. D’accord, les crânes d’œuf du CNES ayant conçu les deux-trois systèmes tricolores embarqués sur le robot à roulettes US doivent également être à la fête, mais c’est juste leur boulot...
Jacques Cheminade, c’est autre chose. C’est le candidat pour lequel la terraformation de Mars est l'objectif politique raisonnable d'un mandat présidentiel―un peu comme le démantèlement du parc nucléaire pour les Verts ou l’éradication du capitalisme pour le NPA. On l’a d'ailleurs pas mal brocardé pour ça pendant la campagne, même si c’était la partie la plus intéressante de son programme: la finance folle qu’il faut réglementer, tout le monde avait l’air d’être sur la même longueur d’ondes; quant au complotisme larouchien, il était moins fédérateur mais on ne s’en plaindra pas. La conquête spatiale, en revanche...
«Vous devez être sacrément enthousiaste. Un robot pareil qui se pose sur la planète rouge, c’est l’étape juste avant le débarquement de l’homme, non?», lui demande-t-on en essayant d’évacuer toute trace d’ironie cynique. Car c’est bien le problème avec les interviews de Jacques Cheminade: on est vite entraîné dans l’ironie cynique alors qu'il est tout de même bien sympathique.
― Absolument. C’est tout à fait extraordinaire. C’est la preuve de ce que la collaboration entre différents pays peut donner, puisque les Européens et singulièrement la France contribuent à cette opération.
― On repart pour une nouvelle période d’exploration de l'espace alors?
― Non, malheureusement. La finance folle ne le permettra jamais.
Eh oui, c’est le tout problème avec le leader de Solidarité et Progrès, le parti sous les couleurs duquel il concourt. On ne peut pas le faire parler longtemps d’autre chose que la finance folle puisqu’elle va nous entraîner dans le mur bien avant l’ouverture de la première liaison directe Roissy-Mars.
«Curiosity, explique-t-il d’ailleurs, c’est un moyen de mieux comprendre notre passé en étudiant la façon dont les minéraux se sont formés, mais c’est aussi un moyen de préparer notre futur en apprenant plus sur, par exemple, les niveaux de radiation qui nous attendent là-haut. Mais il faut mobiliser énormément d’argent et ça ne peut pas se faire dans un contexte où le système financier empêche toute vision à long terme!»
― Les Américains viennent pourtant de mettre 2,5 milliards de dollars dans cette affaire alors que nous sommes encore en pleine crise…
― Oui, mais c’est la preuve qu’il faut de la coopération et de l’argent public à mobiliser, pas de la concurrence.
― La coopération, c’est bien, mais est-ce que les plus grandes avancées spatiales n’ont pas été stimulées par la compétition entre Russes et Américains? Et pour l’argent public, est-ce que ne sont pas les retombées commerciales qui justifient désormais les investissements spatiaux? La mise en orbite de satellites, la recherche médicale... Si ça se trouve, Richard Branson mettra des touristes sur Mars avant la Nasa ou l’ESA…
― Ça c’était avant. Aujourd’hui tout est changé. La finance folle gouverne le monde et il faut mettre un terme à cette situation pour faire quoi que ce soit d’autre…
Sacré Jacques Cheminade: on lance un sujet, bing, il faut qu’il en revienne à la finance folle. «Nous venons de lancer un appel à un nouveau Glass Steagall Act universel, c'est à dire une séparation des activités bancaires entre investissements risqués et prêts aux particuliers et aux entreprises. C’est la clé de tout».
― François Hollande va s’en occuper. Lui aussi il veut réguler la finance folle et rendre à l’État la possibilité de faire des projets à long terme. Vous n’aviez pas voté pour lui au second tour ?
― Oui, mais il ne fait pas mieux que Sarkozy au final. Les contraintes sont peut-être importantes, mais on ne me fera pas dire que je suis enchanté. Sans une action régulatrice forte, qui ne vient manifestement pas, la crise de l’euro se transformera en une crise du dollar et les choses iront encore plus mal. C'est que la France est totalement contrôlée par les banques et ça ne rend pas optimiste, ici ou dans le reste du monde…
― Il y a l’arrivée du robot sur Mars tout de même. Ça c’est une bonne chose.
― Oui. Mais ça ne suffit pas. Il faut un Glass Steagall, je vous dis.
― Ok. Je le note.
Hugues Serraf
Note: Jacques Cheminade a d'autres soucis, à côté de la finance folle et du frein qu'elle représente pour la conquête de l'espace. Il est en effet censé rembourser quelque 170.000 euros au fisc sur sa cassette personnelle, suite au rejet de ses comptes de campagne de la présidentielle de 1995. Sans doute est-ce légitime, mais pas plus que dans le cas de de ceux de Jacques Chirac la même année.
Mis à jour le 07/08/2012 à 16h56

















































Vu qu'on est chez Seraf, j'imagine que les commentaires niveau rue89 sont autorisés
http://i.imgur.com/ElxRk.png
(tentative de html)
Je vous cite :
"L’ouverture de la première liaison directe Roissy-Mars"
C'est absurde, une liaison sera destinée a relier les astroports entre eux, pas un astroport terrien à une planète ! En l'occurrence :
Roissy - Rod (capitale de la République Démocratie de Septentrie)
Roissy - Khangela (sur l'île d’Émeraude entre les villes d'Ultramarine et d'Urville)
Roissy - Istakr (enclave du sud martien près de Ranyon Ruhn)
et enfin la capitale de la division administrative d'Olympus Mons, la bien-nommée Calicoba, ce qui signifie "la perle au bord de l'eau" en langage basique.
Un cinquième astroport serait en projet dans la ville de Cheminadus, il manque cependant à cette petite municipalité autonome des fonds pour boucler le budget général, ce qui est un comble quand on sait que cette ville est la seule bordant l'Océan de Dettes et le désert de Sub Prime.
Du reste, félicitations pour l'envoi de Curiosity (mais la curiosity est un vilain défaut) et félicitations aussi à Monsieur Cheminade qui est une telle source d'inspiration pour nous, écrivains de science-fiction.
"Les crânes d'oeuf du CNES ayant conçu deux-trois systèmes"
... bon en fait il y a aussi le CEA, mais passons la méconnaissance du sujet par l'auteur. Parmi ces systèmes (dédaigneusement désignés "tricolores" dans l'article) il y a celui de spectroscopie laser, vital pour la mission.
Côté crâne d'oeufs il faut cependant reconnaître qu'Hugues Serraf maîtrise à fond.
En politique Cheminade est drôle, en journalisme il y a Serraf. Pourquoi croyez-vous qu'il en parle ? ? Qui se ressemble s'assemble.
Je compte bien revenir plus tard la question de la spectroscopie laser, je sens que vous voulez en apprendre davantage sur la question.
Les articles sarcastiques sont faciles, mais Cheminade a la mérite de poser la question de l'humanité dans 100 ans, 200 ans et plus. Nous sommes déjà largement surpeuplé, la pression sur la terre est immense, et partout on se chique comme des rats dans une cage trop petite. Alors se dire qu'on pourrait envisager d'aller occuper une autre planète, est-ce si loufoque? même si on ne va pas enmener 3 millard de personnes en quelques voyages, au moins il y a l'intention, la dynamique.
Revons un peu :
Et si une grosse partie de l'argent servant à fabriquer des armes, à maintenir le stock d'ogive et le développement de drone tueurs était recanalisé vers la construction de navette et la recherche sur différents mode de propulsion?
Et si un programme de grand travaux internationaux relançait l'emploi en même temps qu'un espoir d'issu?
Bien sur qu'aujourd'hui c'est de l'utopie, mais ces idées sont sousjacente : Curiosity et les autres ROV martiens ainsi que les sondes vers des lunes lointaines, mais aussi les concours pour envoyer un véhicule hors de l'atmosphère. Il y a aussi la littérature (Asimov, mais surtout la trilogie Mars de Kim Stanley Robinson).
De toutes façon, c'est notre destin d'humain, on va devoir se propager dans l'univers.
Alors bien sur, en France, comme d'hab, on méprise le seul politicien qui ose parler d'autre chose que de notre petit pays de vantard, et se projeter dans un futur où la question ne sera pas de connaitre la dernière révolution de l'i-phone 42s.
Par contre, je vous concède que Cheminade aurait besoin d'une bonne agence de com. pour vendre son programme, il trop petit pour que les média soient consensuels...
" De toutes façon, c'est notre destin d'humain, on va devoir se propager dans l'univers. "
Ah c'est certain qu'on n'aura aucun destin si on reste confinés au système solaire, vu qu'il finira par s'éteindre. Et c'est tout aussi certain qu'on finira bien par aller sur Mars, installer quelques bases scientifiques, éventuellement la rendre habitable. Mais ces projets, bien qu'enthousiasmants, n'en sont pas moins très lointains. Ni vous ni moi ne les verrons. Ce qui est reproché à Cheminade n'est pas d'avoir quelques idées sur la question, mais d'en faire l'un de ses thèmes de campagne à l'heure où les gens ont quand même bien autre chose à penser. Il se passe une crise économique extrêmement grave en ce moment, et c'est là, la question prioritaire.
Quitter la Terre définitivement n'a rien de loufoque, c'est d'ailleurs une obligation. Mais technologiquement, malgré les progrès importants, nous sommes encore très loin d'en être capables. Voyez-vous, l'Espace immédiat est particulièrement inhospitalier. Ce n'est pas comme si on avait une belle planète bleue à deux pas de la nôtre. La plus proche est au minimum à 50.000 ans de distance, avec nos vaisseaux actuels.
Quand au problème de l'argent, c'est la moteur essentiel de tout projet et la conquête de l'univers n'y échappe pas. Disons qu'une nouvelle petite course à l'Espace entre Américains et Chinois aiderait beaucoup. Mais comme dit le dicton, "c'est bien beau d'avoir les dents qui rayent le parquet, mais encore faut-il avoir les gencives solides" !
En tant qu'astronome amateur, j'aime bien ce Cheminade il me fait rire voire un peu rêver... Mais soyons franc, qu'il propose une base sur la Lune ou une technologie de forage sur astéroïdes seraient déja en soi un miracle technologique mais Mars, il va un peu loin le gars...
Surtout que toujours en tant qu'astronome amateur la colonisation de Mars serait miraculeuse, et sa terraformation impossible tout du moins avec des gens dessus...
Un des seuls moyens de rendre Mars viable serait de la bombarder d’astéroïdes pendant des décennies et attendre le résultat pendant des centaines d'années...
La seul façon de générer un champ magnétique sur cette planète serait qu'elle retrouve une température en surface de 5000 ° C afin de recréer un noyau métallique actif en son centre... Ce qui mettrait des millions d'année...
Ensuite il faudrait qu'elle tourne sur elle même en même pas 15 a 18 h au lieu des 24 h 32 d'aujourd'hui...
Enfin il faudrait bien choisir les astéroïdes pour leurs métallicités et surtout les déplacer de la ceinture toute proche (c'est relatif) sans qu'aucun ne nous tombe sur la tronche...
Et avec Jupiter toute proche c'est pas vraiment jouable...
Non, on peut rêver de planter quelques tipis sur Mars mais la coloniser, non...
Il vaudrait mieux coloniser le bord de la ceinture d'astéroïdes proche de Mars dans notre "la ceinture de vie", ce serait moins couteux, plus facile et rapidement générateur de ressources et donc de profits (grace aux minerais exploitables...)...
Mais pareil ce sont des projets loin d'être a notre portée...
Pour l'instant, observons, comprenons et dans quelques décennies on aura peut être des moyens de propulsion plus rapide et moins cher...
Et nous avons deja une planète a nettoyer et a re-terraformer, la NOTRE !!!!!!! Ce qui nous empêche pas d'envoyer quelques robots pour mieux comprendre ce qui nous entoure et ainsi notre propre planète !