Manger (chic) en terrasse à Paris

La terrasse de l'Epicure

La terrasse de l'Epicure

Si le temps le permet, une bonne table en extérieur fait partie du luxe parisien. Et si, en prime, on peut déguster un bon rosé...

Le repas en plein air signe l’arrivée des beaux jours, soleil, bonne chère et boissons fraîches accompagnent cette parenthèse de partage et de convivialité. Voici une sélection de tables sous le soleil de Paris: certaines terrasses ne sont que des emplacements sur le trottoir, sans aucune décoration –et la pollution n’arrange rien. Privilégiez les jardins et les authentiques prolongements de la salle à manger.

L’Épicure au Bristol

Le grand restaurant du trois étoiles Éric Fréchon a trouvé une extension sur le jardin verdoyant du palace qui permet de savourer les superbes préparations du Normand aux yeux clairs. Confort, élégance et raffinement de la chère. Côte de veau de lait gratinée au jambon de Parme et au parmesan, saumon aux épices, précieux au cacao liquide, sorbet doré à l’or fin: un grand moment de plaisir, de perfection à table qui se paie cher.

  • 112 rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris. Tél.: 01 53 43 43 00. Menu à 130 euros au déjeuner. Carte de 180 à 220 euros. Pas de fermeture.

Laurent

La terrasse-jardin est prise d’assaut, dès la belle saison, tant au déjeuner sous les arbres qu’au dîner dans la douceur de la nuit. C’est la table icône des décideurs et businessmen du CAC 40. L’ambiance au beau fixe favorise les échanges. Des plats incontournables du grand chef Alain Pégouret: l’araignée de mer dans ses sucs en gelée, un chef-d’œuvre iodé, le homard en salade préparé à table (98 euros), la tarte à la tomate fraîche, le vitello tonnato, soufflé à l’abricot. Champagne au verre. Mérite mieux qu’une seule étoile.

  • 41 avenue Gabriel 75008 Paris. Tél.: 01 42 25 00 39. Remarquable menu-carte à 85 euros aux deux repas, excellent rapport prix-plaisir. Carte de 180 à 220 euros. Fermé samedi midi et dimanche.

La Grande Cascade

Ce pavillon Napoléon III en lisière du Bois de Boulogne offre un charme fou, un complet dépaysement –campagnard– à dix minutes de l’Étoile. Grande cuisine à base de produits parfaits du chef Frédéric Robert, ancien de l’Ambroisie et de Lucas Carton, un adepte du classicisme culinaire revisité, amélioré –un très grand talent. Fleurs de courgettes ivres de girolles, ris de veau en sauce, carottes et herbes à tortue, admirable composition du Moyen-Age, dos de cabillaud clouté de Bellota, fraises et litchis en croquant. Une carte somptueuse. Hélas, une seule étoile.

  • Allée de Longchamp 75016 Paris. Tél.: 01 45 27 33 51. Menus remarquables à 65 ou 85 euros aux deux repas. Carte de 160 à 220 euros. Pas de fermeture.

La Cour Jardin du Plaza Athénée

Au centre du palace cher à Arthur Rubinstein, une salle de restaurant en plein air, lierre sur les murs, stores rouges, sol de pierre, un cocon de luxe très classe et des nourritures choisies. Salade de légumes et Parme (38 euros), assiette de tomates colorées (32 euros), homard bleu et vinaigrette (58 euros), saint-pierre au caviar d’aubergines (52 euros), superbe jarret de veau fondant et girolles (53 euros), le style Ducasse à la française. Clientèle huppée des pensionnaires de l’hôtel et des beaux quartiers.

  • 25 avenue Montaigne 75008 Paris. Tél.: 01 53 67 66 65. Carte pas donnée: 120 euros sans le vin.

Le Mini Palais

Sous les arcades du Grand Palais, derrière de belles colonnes façon Parthénon, une terrasse en plein air qui mérite le détour. Espace et beauté. La carte, genre brasserie new look, est orchestrée par Eric Fréchon qui a placé au piano son second Stéphane d’Aboville. Des «must» comme le vitello tonnato (13 euros), la plume de cochon au tandoori (28 euros), le risotto de courgettes et jambon de Parme (18 euros), le baba au rhum géant (14 euros). Pour des additions raisonnables dans un si majestueux endroit de la capitale.

  • 3 avenue Winston Churchill 75008 Paris. Face au Pont Alexandre III, à l’angle du Grand Palais. Tél.: 01 42 56 42 42. Menu à 28 euros au déjeuner. Carte de 60 à 80 euros. Pas de fermeture. Accueil jusqu’à minuit.

Flora Danica

Au rez-de-chaussée de la Maison du Danemark, en haut des Champs-Elysées, une terrasse couverte au centre de l’établissement, une oasis de gourmandises dont les spécialités nordiques tournent autour du saumon cru, fumé, en saumure (20 euros), des harengs marinés (19 euros) et des fricadelles à la danoise au chou rouge (17 euros). A ne pas manquer, le saumon cuit (peu), à l’unilatérale et le pavé du même poisson cher à Gilbert Bécaud (26 euros). Aquavit glacé.

  • 142 avenue des Champs-Elysées 75008 Paris. Tél.: 01 44 13 86 26. Menu au déjeuner à 38 euros. Carte à 70 euros. Bière danoise à la pression. Brunch le dimanche à 39 euros.

Ralph’s

A l’entrée de l’hôtel particulier de Ralph Lauren, à cent mètres de Lipp, la cour pavée aménagée en restaurant, banquettes, coussins et parasols, reçoit la clientèle la plus chic du Paris de la mode, des médias et des arts. Cuisine à tendance américaine où le burger est roi en provenance de la ferme du propriétaire (ranch steak). Plats typiques d’outre-Atlantique: le crab cake (22 euros), la langouste grillée, la soupe de clams et huîtres (19 euros) et le poulet grillé à la tomate et à l’oignon (24 euros). Intitulé des plats en anglais. Service qui se fait attendre.

  • 173 boulevard Saint-Germain 75006 Paris. Tél.: 01 44 77 76 00. Addition autour de 70-80 euros. Pas de fermeture. Voiturier.

Drouant

En bordure du très célèbre restaurant cher aux académiciens Goncourt, quelques tables cosy donnent sur la place Gaillon. Cuisine très classique, orchestrée par le maestro Antoine Westermann et son bras droit Antony Clémot. Assortiment de hors-d’œuvre en quatre ramequins : poireaux vinaigrette, foie de canard, œuf mayo, terrine, et un ensemble de plats du jour, osso bucco le mardi, poulet fermier frites le dimanche et le fameux pâté en croûte (24 euros). Cabillaud à l’aïoli (18 euros). L’embarras du choix.

  • 18 place Gaillon 75002 Paris. Tél. : 01 42 65 15 16. Menu à 43 euros au déjeuner. Carte de 90 à 110 euros. Brunch à 32 euros.

La Cigale Récamier

Dans la voie privée éponyme, Gérard Idoux, chef patron, a installé une kyrielle de tables agréables occupées par le Tout Paris des lettres, éditeurs, avocats et gens d’affaires. Une dizaine de soufflés salés – au fromage, au crabe – et d’autres sucrés très classiques, au caramel, aux fruits de saison… Filet de bœuf au basilic ou au poivre (21,90 euros). Très fréquenté, complet au déjeuner.

• 4 rue Récamier 75007 Paris. Tél.: 01 45 48 86 58. Carte de 50 à 70 euros. Fermé dimanche.

La Closerie des Lilas

Depuis Ernest Hemingway, Paris est une fête (Gallimard), ce lieu de mémoire assorti d’une terrasse attire une clientèle huppée et fidèle. Animation parisienne. A la brasserie, des spécialités ancrées dans la mémoire: les œufs durs mayonnaise, le haddock poché et au restaurant en rotonde, les ravioles de tourteau en minestrone (28 euros), le carré d’agneau en croûte de moelle (38 euros) et les rares crêpes Suzette (15 euros).

  • 171 boulevard du Montparnasse 75006 Paris. Tél.: 01 40 51 34 50. Menu à 45 euros au déjeuner avec le vin et le café. Carte de 120 à 150 euros. Pas de fermeture.

NoLita

Au rez-de-chaussée du Motor Village (showroom en étages de Fiat, voitures de collection), voici la terrasse couverte de cette table italienne de qualité, tenue par Vittorio Beltramelli, étoilé à l’Hôtel Castille pour son répertoire de tradition, amélioré par des touches personnelles et un vrai sens des goûts justes. Assiette suave de mozzarella de 500 grammes pour deux personnes et pain chaud à huile d’olive (32 euros), mezzi (pâtes) all’amatriciana aux oignons et pecorino (20 euros), risotto aux cèpes, olives, anchois (22 euros) et un choix de pizzette à la pâte croquante sur la terrasse. Très alléchante carte, mérite l’étoile (en mars 2013).

  • 2 rond-point des Champs-Elysées et 1 avenue Matignon 75008 Paris. Tél.: 01 53 75 78 78. Brunch le dimanche.

Une sélection de bons rosés

Il est bien aboli le temps pas si lointain où l’appellation Tavel près d’Avignon était la seule à offrir des vins rosés dignes de ce nom, aptes à un bon vieillissement. Oubliée aussi l’époque –les années 1970-80– où des caciques de l’œnologie soutenaient que le rosé n’était pas un vin. Billevesées.

Aujourd’hui, la prolifération des rosés touche la quasi-totalité des terroirs viticoles jusqu’à Bordeaux, fief du cabernet sauvignon et du merlot, ouvert à la vinification du rosé.

Si la Provence reste la terre d’élection du rosé et d’une douzaine de crus classés, des régions comme l’Anjou, le Languedoc-Roussillon, l’Hérault, la Corse (admirables vins) et les Costières de Nîmes en plein essor présentent des rosés de caractère, d’élégance qui se bonifient avec le temps –à Bandol par exemple. Un rosé de qualité se paie 10 euros environ.

  • Château Simone. Le grand rosé de la minuscule appellation Palette, un vin plus proche du rouge que du rosé. Superbe fruité, ample, pour la table. Garde jusqu’à 5 ans. 21,50 euros. Tél.: 04 42 66 92 58.
  • Domaine de la Bégude. Le Bandol de la famille Tari, un style vineux, profond, inhabituel par son caractère. Pour des œnophiles sérieux. 18 euros. Tél.: 04 42 08 92 34.
  • Château Pradeaux. Un Bandol de garde, à l’opposé du rosé de plage, et de plaisir vif. Pour la table, adapté pour la viande d’agneau et la volaille. 12 euros. Tél.: 04 94 32 10 21.
  • Domaine Gentile. Un vignoble historique de Corse, près de Saint-Florent, un rosé très plaisant grâce à la fraîcheur, le fruité et la rondeur. 15 euros. Tél.: 04 95 37 01 54.
  • Clos Canarelli. Dans le secteur de Figari en Corse du Sud, la replantation réussie d’un vignoble de 28 hectares par Yves Canarelli, le rosé bio allie la puissance et la finesse. 16 euros. Tél.: 04 95 71 07 55.
  • La Chapelle de Sainte-Roseline. Tout près de l’abbaye du XIe siècle, un vignoble provençal de 90 hectares, et un rosé plein et enchanteur pour la table. 21 euros. Tél.: 04 94 99 50 30.
  • Château Minuty. A Gassin, le rosé or et prestige de ce domaine très coté est l’un des vins exemplaires de Provence, une fraîcheur épatante, belle longueur citronnée, un «must». 15 euros. Tél.: 04 94 56 12 09.
  • Château Roubine Terre de Croix. Un cru classé de Provence aux arômes de groseilles et d’épices, un rosé ferme, de couleur pâle, à associer à un rouget et une tapenade ou des poissons grillés, bon prix pour une telle qualité. 16,50 euros. Tél.: 04 94 85 94 94.
  • Château Mourgues du Grès Les Galets rosés. Un des meilleurs rosés des Costières de Nîmes, vendangé sur un terroir béni des dieux. Un vin vineux, gras, allongé, désaltérant, excellent prix. 7,50 euros. Tél.: 04 66 59 46 10.
  • Les Cimels d’Or et de Gueules. A base de mourvèdre (40%), le remarquable rosé de petite production nîmoise signé Diane de Puymorin, excellente vinificatrice pour un vin fin, coulant, bien extrait, un verre en appelle un autre. Petit prix. 6 euros. Tél.: 04 66 87 32 86.

Nicolas de Rabaudy