France

Comment sont élus les chefs de l'UMP et du PS

Pauline Moullot, mis à jour le 01.08.2012 à 9 h 43

A l’automne 2012, le PS et l’UMP renouvelleront tous les deux leur bureaux politiques et éliront de nouveaux chefs à leur tête. Petit aperçu des différentes modalités des scrutins.

Martine Aubry auCongrès des jeunes socialistes en 2009/Sophie Roques Via FlickrCC Licence By

Martine Aubry auCongrès des jeunes socialistes en 2009/Sophie Roques Via FlickrCC Licence By

Nathalie Kosciusko-Morizet l’a annoncé le 21 juillet. Elle rentre elle aussi dans la course à la présidence de l’UMP, s’immisçant dans le duel Copé/Fillon. L’élection aura lieu fin novembre.

Au PS, l’incertitude règne encore. Martine Aubry laisse planer le doute sur sa candidature au poste de premier secrétaire. A part le sénateur de la Nièvre Gaëtan Gorce, les autres candidats ne se sont pas officiellement déclarés. Mais une chose est sûre: le leader du Parti socialiste sera choisi quasiment de la même manière qu’en 2008, et l’élection aura lieu le 28 octobre.

Les deux partis organiseront donc l’élection de leur chef de parti à l’automne 2012. Comparatif des deux modes de scrutin.

Qui est le chef?

L’UMP élit un président de parti alors que le PS nomme un premier secrétaire, la première différence entre les deux partis.

Alors que l’UMP est un parti de chefs, les socialistes préfèrent une direction plus collégiale. Un exemple de cette culture du «leader naturel»: pendant que Nicolas Sarkozy était président de la République, aucun nouveau président de l'UMP n'a été désigné. La direction du parti était assurée par le secrétaire général et deux adjoints.

Quand et où?

Les deux partis élisent leurs chefs lors d’un congrès national. Ce sera à Toulouse du 26 au 28 octobre pour le PS, et les 18 et 25 novembre pour l’UMP. Il est décentralisé dans chaque fédération.

Les deux élections se déroulent lors de scrutins majoritaires à deux tours. Au PS, les adhérents votent à bulletin secret en bureaux de votes.

A l’UMP, le vote par correspondance est autorisé, mais uniquement pour les Français de l’étranger et ceux résidant dans les DOM-TOM, il devra parvenir à l’huissier de justice en charge du contrôle des opérations électorales du Congrès au plus tard le 17 novembre pour être comptabilisé.

Alors que les électeurs avaient pu voter par Internet pour l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP en 2005, le guide électoral ne prévoit pas ce mode de vote cette année. Le PS, lui, refuse toujours le vote par Internet, que le parti ne juge pas encore suffisamment sécurisé. Aucune procuration n’est admise non plus.

Les deux partis réélisent leurs chefs tous les trois ans. Martine Aubry avait été élue à Reims en 2008. En raison de la présidentielle et des législatives, le Conseil national avait voté à l’unanimité un report exceptionnel du congrès, qui aura donc lieu en octobre 2012.

Il n’y a pas eu d’élection de président de l’UMP depuis 2005 car le parti avait décidé que le président de la République en était le chef légitime.

Qui vote?

Les chefs de parti sont choisis par leurs adhérents.

Au 30 juin 2012, l’UMP revendiquait 264.137 adhérents. Le PS n’en comptait que 174.000 fin 2011.

Pour voter, ceux-ci doivent être à jour de leur cotisation, ce qu’ils peuvent faire au moment du vote. A l’UMP, la liste des adhérents est arrêtée au 30 juin 2012. Ceux qui se seront inscrits après ne pourront donc pas voter.

Au PS, ils doivent en plus justifier d’au moins six mois d’ancienneté.

Comment se passe le congrès?

Grande nouveauté de 2012 par rapport au Congrès de Reims, le premier secrétaire sera automatiquement désigné après le vote des motions. C’est en fait le premier signataire de la motion votée qui devient premier secrétaire du PS.

Avant les motions, les membres du parti rédigent des contributions qui fixent la ligne que le parti devrait adopter. Le dernier jour pour proposer sa contribution était le 18 juillet. 20 contributions ont été déposées cette année dont celle de Julien Dray sous forme de pièce de théâtre mais surtout celle d’Aubry et Ayrault. Cette contribution commune a été critiquée à l’intérieur du parti, accusée d’avoir des allures de «marche ou crève».

Fin septembre, ces contributions seront fusionnées en motions. Il est possible d’être signataire de plusieurs contributions, mais d’une seule motion. A l’issue du congrès national où les différentes motions seront débattues, les militants voteront pour l’une d’entre elles. Traditionnellement, le premier secrétaire élu était le leader de la motion qui a recueilli la majorité des suffrages.

Cette tradition va maintenant être inscrite dans les statuts (qui sont révisés après chaque congrès) après le Congrès de Toulouse.

Ce mode de nomination du premier secrétaire avant le congrès vise à éviter une reproduction du fiasco du Congrès de Reims. Puisqu’en votant pour une motion, on vote aussi directement pour un premier secrétaire, aucun processus nouveau ne sera ouvert lors du congrès. Un scénario catastrophe qui rappellerait l’élection controversée de Martine Aubry en 2008 (où la motion de Ségolène Royal était majoritaire avec 29% des voix mais Martine Aubry avait été élue première secrétaire par les militants avec 102 voix d’avance au second tour) ne devrait donc pas se reproduire.

A la différence du PS, l’UMP ne présente pas de motions. Les candidats votent directement pour une liste qui présente un président, un vice-président délégué et un secrétaire général. Les candidats rédigent quand même une profession de foi à destination de leurs électeurs quand ils déposent leur candidature.

La liste du président est élue au scrutin majoritaire à deux tours et le résultat est proclamé directement lors du congrès.

Qui est candidat?

A l’UMP, les candidats doivent réunir les parrainages d’au moins 3% des adhérents, soit 7.924 parrainages provenant d’au moins 10 fédérations différentes. Un adhérent ne peut parrainer qu’un seul candidat. Pour l’instant, seuls François Fillon, Dominique Dord (qui appelle d’ailleurs à un changement des modalités de l’élection) et Nathalie Kosciusko-Morizet sont officiellement candidats. Bruno Le Maire, par exemple, explique chercher les parrainages cet été. Sur France Inter le 24 juillet, il a déclaré:

«Je suis officiellement à la recherche de mes parrainages. Je dirai à la fin de l’été si je suis ou non candidat. C’est le calendrier que je me suis fixé.»

Depuis l’élection de Michèle Alliot-Marie en 2002 –la première fois qu’un(e) président(e) a été choisi(e) par les électeurs– à la tête du RPR, c’est la première fois qu’une élection de chef de parti est aussi disputée à droite.

Pour être valable, une candidature doit être accompagnée d’une profession de foi de cinq pages maximum.

Au PS, le candidat doit être membre du parti depuis au moins trois ans et membre du bureau national. Ce sont en fait les conditions requises pour être signataire d’une motion qui s’appliquent pour l’élection du premier secrétaire.

Qui définit ces modalités?

Le bureau politique de l’UMP nomme une commission d’organisation et contrôle des opérations électorales. Présidée par le sénateur Patrice Gélard, elle compte sept membres et a validé et publié le guide électoral le 18 juillet 2012.

Au PS aussi, la commission électorale définit le calendrier et les modalités de la désignation du premier secrétaire. Le député de Haute-Garonne Christophe Borgel la préside.

 Le calendrier exact

Calendrier des élections au PS et à l'UMP

Les mouvements

Au sein d’une même famille politique, les partis peuvent se diviser en différents courants. Même si ceux-ci sont prévus par les statuts de l’UMP, les mouvements ne sont pas encore officiellement reconnus. Ils seront officiellement instaurés lors du Congrès. (Celui-ci sera divisé en deux parties: l’élection de l’équipe dirigeante et du président du parti d’une part, et l’élection des mouvements de l’autre).

Mais dans les faits, ces courants existent déjà. Et on les voit se déchirer depuis la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Traditionnellement unis derrière un seul chef, les ténors de l’UMP se divisent.

On trouve par exemple les «Humanistes» de Raffarin, la «Droite Populaire» fondée en 2010 par Thierry Mariani et Lionnel Luca, la «France Droite» annoncée par NKM ou encore la «Droite Forte» qui sera lancée par Guillaume Peltier à la mi-septembre.

Un scénario auquel on assiste plus souvent au PS, qui, cette année, joue la carte de l’unité derrière François Hollande.

Pauline Moullot

L'explication remercie Thomas Guénolé, politologue au Cevipof et maître de conférences à Science Po, et David Assouline, porte-parole du Parti socialiste.

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