Life

Fait-on davantage l’amour quand il fait chaud?

J. Bryan Lowder, traduit par Bérengère Viennot, mis à jour le 16.07.2015 à 15 h 49

Beaucoup pensent que l’augmentation de la température a tendance à nous pousser dans les bras les uns des autres. Est-ce vrai?

Un coucher de soleil à Bali. REUTERS/Darren Whiteside

Un coucher de soleil à Bali. REUTERS/Darren Whiteside

La canicule est de retour, les gens sont à moitié nus dans les parcs, nous republions donc ce papier de juillet 2012. 

Il fait chaud, et les gens ne portent que le strict minimum. Il se pourrait que toute cette chair à nu ait des effets secondaires autres que le rafraîchissement des corps.

Comme le démontre le film indépendant 30 Beats

... ou la scène torride du film de Spike Lee Do the Right Thing...


... beaucoup pensent que l’augmentation de la température a tendance à nous pousser dans les bras les uns des autres.

L’activité sexuelle augmente-t-elle vraiment avec la chaleur?

Ça dépend. C’est le schéma saisonnier des naissances qui permet de déterminer le plus concrètement l’intensité de l’activité sexuelle. En fait, les chiffres varient en fonction de l’endroit où vous vous trouvez. Selon cet article d'Oxford University Press (PDF), dans les climats tropicaux et méridionaux, le taux de natalité a tendance à décliner au printemps, ce qui indique que le nombre de conceptions était réduit l’été précédent.

Les chercheurs posent comme principe que la détérioration de la qualité du sperme pendant les chauds mois d’été peut diminuer les chances de fécondation. D’autres recherches indiquent une baisse du niveau de testostérone –et par conséquent, éventuellement du désir sexuel– chez les hommes durant la même période. Les populations qui vivent sous des climats du nord plus frais illustrent la tendance inverse, avec des pics de natalité au printemps –soit neuf mois après l’été.

Selon l’enquête «Degrees of Pleasure» du fabriquant de préservatifs Trojan, les personnes vivant dans les zones les plus chaudes, comme Miami, déclarent avoir davantage de relations sexuelles que leurs homologues de villes comme Minneapolis et Seattle. Pourtant, même les habitants de Miami sont susceptibles de refuser la botte les jours de canicule –toujours selon la même étude, 35% des Américains ont déjà refusé une partie de jambes en l’air parce qu’il faisait trop chaud.

Une question d'odeur? De vue?

Et dans des conditions de chaleur agréables à tolérables, quels facteurs pourraient expliquer un intérêt accru pour les choses du sexe? La transpiration y est peut-être pour quelque chose, mais pas à cause des phéromones, ces mystérieux composés volatiles qui permettent aux animaux de communiquer toutes sortes de messages, de la fécondité à la peur.

Bien que les recherches scientifiques sur les phéromones humaines n'en soient qu'à leurs balbutiements, il est fort probable que nous excrétions des produits chimiques liés au désir. Cependant, comme le montrent des études sur un certain nombre d’exemples animaux (PDF), la chaleur a tendance à dégrader ces composés. Les phéromones ne sont pas les seuls outils d’aide à la séduction liés à l’odeur –tout un ensemble de facteurs comme les bactéries de la peau et le régime alimentaire participent à l’élaboration de l’odeur particulière de chacun, et l’augmentation de la transpiration contribue à la diffusion des odeurs.

Mais peut-être la réponse est-elle bien loin des complexités de la chimie.

L’été, les jours rallongent, les gens passent plus de temps dehors, ce qui leur donne davantage d’occasions d’interagir avec les autres. En outre, quand ils se rencontrent, ils ont plus de chances d’être peu vêtus; si hommes et femmes ne vivent pas l'attirance visuelle exactement de la même façon, la plupart sont attirés par la peau apparente.

Pourtant, il est possible que cet effet ne soit pas non plus l’explication du caractère saisonnier de l’activité sexuelle. Dans une étude de 2007 menée auprès de 114 hommes polonais, on constate que les sujets trouvent les images de corps et de seins de femmes (mais pas leurs visages) plus séduisants en hiver qu’en été. Les chercheurs l’expliquent par le fait que les hommes sont davantage habitués aux étalages de chair fraîche pendant les mois les plus chauds.

Une dernière possibilité: à en croire les recherches sur la «cognition incarnée», les humains sont programmés pour associer température et perception émotionnelle des relations. Plus spécifiquement, un article de Matthew Vess de l’Ohio University suggère que dans l’esprit de beaucoup, l’idée de chaleur est associée à la promiscuité. Des températures agréablement chaudes pourraient bien rendre les gens plus aimables et ouverts aux rapports amicaux, ce qui, bien évidemment, est susceptible de conduire à toutes sortes d’autres ouvertures.

J. Bryan Lowder
J. Bryan Lowder (14 articles)
Journaliste
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