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Le mauvais temps menace-t-il les animaux?

Fabien Jannic-Cherbonnel, mis à jour le 31.07.2012 à 9 h 20

En Grande-Bretagne, des associations de protection de la nature ont relevé une baisse de la natalité chez certains oiseaux. Un phénomène dû à la mauvaise météo de mai et juin 2012. Et en France?

Macareux Moine Olivier Tétard via Flickr CC License by

Macareux Moine Olivier Tétard via Flickr CC License by

Le mois de juin 2012 aura été particulièrement froid et pluvieux. En France, on constate une quantité d’eau recueillie d’environ 30% supérieure aux normales saisonnières. Le mois de mai s’est également caractérisé par des températures globalement plus froides qu’à l’habitude.

Au Royaume-Uni, la météo a été encore pire qu’ici, et comme le remarquait la BBC, le mauvais temps a eu un impact sur certaines espèces animales du pays. Mais qu’en est-il en France? La situation est similaire à celle de la Grande-Bretagne. Mais pas pour toutes les espèces, et pas toujours de la même façon.

Les oiseaux marins sont certainement les plus impactés par le mauvais temps. Dans son article, la BBC s’inquiétait notamment du cas des macareux. Il se trouve que nous avons nous aussi une colonie de macareux moines au large des côtes bretonnes, à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor). Si la Ligue de protection des oiseaux (LPO) n’a pas les moyens de mesurer l’impact de la pluie sur les populations d’oiseaux présente en Bretagne, certaines hypothèses indiquent que les fortes précipitations auraient eu un impact sur les nids des oiseaux, faisant probablement baisser le nombre de naissances.

Certains oiseaux touchés par la pluie

Le mauvais temps a également eu un effet notable  sur les cormorans huppés de la côte atlantique. On a ainsi observé que les basses températures et la pluie ont eu un impact négatif sur les naissances. Non pas en empêchant l’éclosion des œufs, mais il semble que beaucoup de poussins soient morts d’hypothermies. Dans les terres cette fois, la cigogne a également subi des pertes dans le nombre de ses naissances.

Le mauvais temps a empêché nombre d’oiseaux de faire leur nid, handicapant le processus de reproduction. La LPO a observé des taux de reproduction très faibles ainsi que des cas d’adultes mangeant des petits mort-nés et des cadavres suspendus aux nids. Même situation chez les passereaux, où le mauvais temps a entraîné une diminution de disponibilité des insectes, principale nourriture des jeunes oiseaux.

Cormoran huppé Witta via Flickr CC License by -

La deuxième catégorie d’animaux à avoir subi le mauvais temps est celle des reptiles. Si la pluie ne pose pas de problèmes aux serpents et aux lézards, qui s'adaptent plutôt bien à l'humidité, les basses températures ont pour conséquence de décaler le processus de reproduction.

Il n’y a pas d’inquiétude à avoir cela dit, puisque qu’au contraire des oiseaux, il n’y a pas eu de perte de natalité pour les reptiles. Les petits sont juste nés plus tard. Enfin, les amphibiens ont quant à eux pâti des gelées tardives de mars. Les têtard sont sortis de leurs œufs mais se sont retrouvés piégés par le froid.

Si le mauvais temps à des conséquences réelles et visibles sur certaines populations d’animaux, il néanmoins faut éviter tout anthropomorphisme, les animaux s’adaptant sans doute plus facilement au mauvais temps que les humains.

Fabien Jannic-Cherbonnel

L’Explication remercie Patrick Ladiesse de la Ligue de Protection des Oiseaux, Stéphanie Morelle de France Nature Environnement ainsi que Christophe Barbraud et Xavier Bonnet, chercheurs au CNRS.

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