Les parents trop connectés sont-ils indignes?
NON, l'inattention parentale n'est pas devenue une maladie de société. Les parents ne sont pas des machines à amuser leurs enfants...
- A Londres en 2003. REUTERS/Stephen Hird SH/ASA -
Les bons parents ont trouvé un nouveau moyen de faire valoir leur supériorité: la page tumblr Parents on Phone [«Parents au téléphone»]. Parents on Phones recueille ainsi les photos de mères et de pères qui négligent leurs enfants pendant qu'ils envoient des SMS, surfent sur le Web ou jouent très probablement à Draw Something.
Mère penchée sur son iPhone pendant que son enfant attend désespérément d'être poussé sur la balançoire, pères vissés devant leur écran de téléphone dans un musée pour enfants... Et il n'y pas que Parents on Phones pour montrer quels infâmes personnages sont les parents connectés. L'insupportable blog Hands Free Mama [«mère mains libres»] entend ainsi aider son prochain à «laisser de côté les outils électroniques afin d'interagir avec les êtres aimés.» Pour certains psychologues, l'inattention parentale serait même une «maladie de société».
Physiquement présent, affectivement absent
La remontrance est limpide: si nous sommes physiquement présents, nous sommes affectivement absents. Contrairement aux parents de la génération précédente, à ceux d'il y a un siècle ou à ceux d'une petite ville (cochez la mention désirée) – nous, géniteurs obnubilés par le téléphone, détruisons notre relation avec nos enfants par négligence électronique; nous passons à côté de la joie et de l'émerveillement d'être avec eux; nous leur apprenons qu'un e-mail est plus important qu'eux.
Personnellement, je délaisse mes enfants de toutes les façons possibles et imaginables avec mon téléphone mobile. Je joue à Scramble with Friends au lieu de les regarder batifoler gentiment dans le bain; j'envoie des e-mails – parfois honteusement insignifiants – pendant les repas. Je me suis noyé dans le Web pendant les troisième, quatrième et cinquième tours de batte de mon fils. J'ai hâte de me voir épinglé, yeux vitreux collés à l'écran, sur Parents on Phones.
Franchement, ce côté donneur de leçons est exaspérant. Dans son prologue, Parents on Phone demande: «Avez-vous déjà regardé votre messagerie électronique ou surfé sur le Net alors que vous deviez jouer avec vos enfants?» «Que vous deviez»... et puis quoi encore! Les parents ne sont pas des machines à amuser les enfants. Nous devons veiller sur leur sécurité, et faire en sorte qu'ils soient heureux et prêts à s'ouvrir sur le monde. Cela peut impliquer de jouer avec eux à la maison ou au square. Comme cela peut impliquer de les laisser aller, tout seuls, trouver un autre enfant avec qui jouer, ou un bâton pour déranger une fourmilière, ou un jeu d'escalade d'où tomber. Cela peut même impliquer – âmes sensibles s'abstenir – de les laisser s'ennuyer.
Les parents ne doivent pas s'occuper des enfants en permanence
Il est absurde de penser que les parents se doivent de s'occuper de leurs enfants à chaque seconde. Le vrai risque des parents qui ont un iPhone n'est pas l'inattention mais la sur-attention, c'est-à-dire l'intrusion dans la vie de leur progéniture. (Il est par ailleurs ridicule d'affirmer que la négligence parentale est une pathologie propre à l'ère du smartphone. Quand j'étais enfant, il arrivait à mes parents – très attentifs et aimants, je précise – de m'ignorer afin de pouvoir lire, discuter au téléphone ou travailler.)
Il est vrai que la distraction guette les parents à tout instant. Quand on prend son iPhone au square, on le regarde. Envoyer un e-mail, c'est en envoyer cinq. Pourtant, le smartphone n'en est pas moins un don du ciel pour les parents qui travaillent. Je regarde mon iPhone quelques minutes pendant les matchs de baseball de mon fils, mais je peux assister aux matchs. J'envoie des messages pendant le dîner, mais je suis à la maison pour dîner, je ne suis pas coincé au bureau. Si la contrepartie est un peu de dissipation et de détente électronique, ce n'est pas cher payé et cela permet de passer plus de temps avec ses enfants. Un père qui envoie un SMS au musée pour enfants ne fait jamais que ça. Il envoie un SMS, puis montre à son fils comment fonctionne la machine à boules. Il envoie un SMS, puis vérifie que son fils saute sur le château-trampoline au lieu de s'y étouffer. Il envoie un SMS, puis se tortille pour s'assoir en tailleur à côté de son fils lors de la séance de chant en ronde.
Le plus drôle est que sur Parents on Phones, les photos sont sûrement prises par des parents qui, un très bref instant, ont délaissé leur enfant pour jouer avec leur téléphone.
David Plotz
Traduit par Chloé Leleu














































un petit garçon de 4 ans m' dit un jour très sérieusement:
- mon père m'aime moins que son ordinateur
-qu'est ce qui te fais penser ça
- le temps qu'il passe avec lui.
ben oui il y a un problème...
mais peut-être est -il moins dans l'indifférence à la présence de ses enfants que le fait même que les adultes souffrent au point d'être addicts à leur ordinateur ou leur portable dans l'attente innassouvie d'un niveau de communication et d'attention dont ils sont eux-mêmes carencés.
ce symptôme de dépendance à la sphère des échanges électronique est une maladie en soit qui atteint tous les niveaux de la société à commencer par les adultes qui accessoirement sont aussi des parents et l'oublient littéralement
ce n'est pas qu'il doivent qu'il ne veulent pas c'est juste qu'ils oublient et que le classement de leurs priorités immédiate est d'assouvir la soif inextinguible de com.
les enfant finissent par s'en apercevoir...
avant par mimétisme de les copier parce qu'à cet âge on copie tout en pensant qu'en faisant pareil on sera apprécié
mais les enfants sont contraints de se rendre compte à leur âge, donc de faire un saut évolutif un peu grand pour leur âge de prendre de la distance vis à vis de leurs attentes affectives à l'égard de leurs parents. normalement cette prise de conscience signale la fin de l'enfance.
il serait urgent de soigner ce problème de société qui fait que le lien direct avec l'autre est disqualifié par la nourriture électronique qui assèche la zone sensorielle tout d'abord mais plus gravement la zone affective des individus créant ainsi le désert propice à leurs addiction.
Bien sûr qu'on ne peut pas être 100% attentif à ses enfants en permanence. Ce qui est lamentable, c'est de trouver normal de passer son temps sur son smartphone... Surtout à table (enfin, j'imagine que c'est plus choquant pour un Français que pour un Américain, dans la mesure où dans beaucoup de familles américaines, chacun fait ce qu'il veut à table - lire le journal, manger à des heures différentes, etc.). Et de montrer cet exemple à son enfant.
"Contrairement aux parents de la génération précédente, à ceux d'il y a un siècle ou à ceux d'une petite ville "
Donc les parents qui vivent en province , ne sont que des culs terreux attardés ?
Ah les "journaleux" parisiens , vous nous faites bien marrer !!
@ Anne-Sophie
Le raccourci que prend l'auteur, aussi condamnable qu'il soit, ne devrait pas vous amener à en utiliser un tout aussi illégitime.
Le journaliste de cet article n'est pas parisien, il est américain et vit à Washington.
A bon entendeur
Qd mon petit frère avait 3 ou 4 ans, nous étions tous avec mes parents et mes grands-parents dans la cour de l'école pour un barbecue ! Il a échappé à la surveillance des adultes (qui n'avaient pas de portables) pendant quelques secondes, est sorti sur le parking puis a voulu traverser la rue au moment où une voiture passait !
Heureusement la voiture l'a vu, roulait très doucement et ne l'a pas blessé ! Tout est bien qui finit bien.
Seulement, cela aurait pu être tragique !
Alors, le problème n'est pas d'avoir ou pas un smartphone, le problème est que les jeunes enfants ont besoin d'une surveillance constante ou d'un environnement bien sécurisé (la porte de la cour de l'école était censée être fermée) sinon un accident parfois grave peut très vite arriver !
Quand les enfants sont petits et sans conscience du danger, les quitter des yeux quelques secondes est dangereux, quand ils sont plus grands évidemment, c'est différent, mais là subsiste le risque d'enlèvement si on est dans un lieu public !
Bref, ce monde de fous est rempli de dangers, c'est à nous parents de protéger nos enfants, et si pour ça, il faut laisser le smartphone en silencieux pendant qu'on est à la plaine de jeux, ça vaut le coup non ?
Ce que pointe cette article, dont les aspects culturels américains sont évidents, ce n'est pas tant le devoir des parents mais bien évidemment l'hypocrisie et le moralisme de sites internet qui semblent culpabiliser des parents qui, l'espace d'un 125e de seconde (le temps d'une photo) ont cessé de regarder leur enfant. Cela sonne, en creux, comme undevoir du parent de se dévouer complètemetn à son enfnt. Ce qui bien sûr est impossible et tès peu souhaitable. Comme aussi une tendance à vouloir voir le monde de nos parents comme idéal alors que leur manque d'affection était aussi fréquent sans smartphone. Je n'ai pas de portable, mais loin de moi l'envie de poster de telles images sur ces sites raccoleurs et stupides.