Futbol - Elecciones: 2-0

Les étudiants du Celsa, mis à jour le 01.06.2009 à 18 h 34

Revue du Net espagnol à une semaine du scrutin européen.

Vue d'Espagne, l'Europe rime avec Barça et football. Championne d'Europe des nations en 2008, vainqueur (le Barça donc) de la Ligue des champions il y a une semaine, l'Union n'a pas trouvé mieux que d'utiliser des footballeurs pour promouvoir l'élection. Mais cela ne suffit pas: Jordi Pujol, l'ancien président du Parlement de Catalogne, l'euphémisait sur une radio française: l'intérêt des Espagnols pour les élections est très modéré et la participation pourrait n'être que légèrement supérieure à 50%. Alors eurosceptiques les Espagnols? Plutôt euro-indifférents. Aucun idéal européen n'est en jeu, les deux principaux partis défendent le même modèle. C'est donc une lecture nationale du débat qui s'impose, cristallisé lors de la confrontation télévisuelle du Parti Socialiste (PSOE) et du Parti Populaire (PP). En ne rassemblant que deux millions et demi de téléspectateurs, moins de 14% de part de marché, le duel entre Jaime Mayor Oreja, tête de liste conservateur, et Juan Fernando Lopez Aguilar, socialiste, a fait moins recette qu'une affiche de ballon rond.

Si les sondages donnent la victoire à la droite, le score à la fin du match n'est pas encore véritablement acquis. La fin de campagne est difficile pour l'opposition. Malgré les 2 à 4 points d'avance que les instituts de sondage attribuent au PP, Jaime Mayor Oreja enchaîne les polémiques. El País mentionne les reproches sur son absentéisme au parlement européen et son soutien à Monseigneur Cañizares, l'équivalent ibérique du cardinal brésilien Sobrinho, qui trouve plus grave l'avortement que le viol. Le candidat de la droite espagnole a appuyé les propos du cardinal disant qu'il ne faisait «que rappeler le bon ordre des choses». Le Parti Socialiste y voit des relents de franquisme. Les jeunes socialistes diffusent sur Youtube une parodie animée du candidat conservateur.

Même dans le camp du PP, Mayor Oreja dérange. Mariano Rajoy, président du Parti Populaire essaie, selon La Vanguardia, de séduire l'électorat catalan et se passe du candidat pour tenir un meeting en évitant soigneusement de le citer, affirme Miquel Noguer dans El País. Il faut dire qu'en cas d'échec, il pourrait jouer sa place au sein du parti, selon Ignacio Escolar, journaliste et blogueur politique très lu en Espagne. Si la droite ne gagne pas clairement les élections, dans un contexte qui, en Espagne, lui est favorable, la guerre des clans pourrait être rouverte au Parti Populaire, entre la ligne dure, proche de l'Eglise, et une tendance plus consensuelle. Le blogueur affirme que certains souhaiteraient le retour de José Maria Aznar.

Les autres candidats  35 listes sont proposées aux électeurs - ne sont pas ravis de voir le débat se jouer entre les deux principaux partis du pays. Rosa Diez, présidente de Unión Progreso y Democracia, le parti centriste, accuse Jaime Mayor Oreja et Juan Fernando Lopez Aguilar «d'encourager l'abstention et de faire campagne pour leurs hooligans». Willy Meyer, tête de liste de Izquierda Unida, à la gauche du Parti Socialiste, se plaint de ne pas avoir été invité au débat télévisé par TVE. Le débat se fait autour de deux partis qui semblent irréconciliables, même si au Parlement européen, ils votent à 70% les mêmes textes.

Ivan Valerio

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