Mondialisation et inflation
Rapatrier un certain nombre de productions pour reconstruire le tissu industriel reviendrait aussi à accepter une hausse des prix importante et de l'inflation.
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Compte tenu de leur niveau élevé de chômage, on pourrait trouver étrange de voir les Etats-Unis accuser encore un déficit commercial important. C'est pourtant l'un des principaux avantages de l'importation de biens (face à la production locale): lorsque la main d'œuvre se fait rare, l'importation permet de libérer une partie de cette main d'œuvre et de l'orienter vers d'autres secteurs. Mais en Amérique, cette main d'œuvre est aujourd'hui réorientée vers la case chômage. Ce qui est loin d'être une bonne nouvelle.
Importer ou payer plus cher?
Les calculs de Michael Mandel donnent une analyse pertinente de cette situation: cet économiste s'interroge sur les conséquences potentielles d'un équilibrage des échanges de biens manufacturés (non pétroliers) sur l'économie dans son ensemble (PDF). A ses yeux, il faudrait mobiliser entre 3,5 et 4 millions d'ouvriers pour assurer la production requise.
Un tel bouleversement pourrait s'avérer extrêmement coûteux s'il privait les hôpitaux, les écoles et les restaurants de quatre millions d'employés, et ce dans le seul but de nous fournir des biens matériels que nous avons déjà à notre disposition. Mais le taux de chômage est élevé. Et au vu de la situation présente, Mandel écrit qu'une telle mobilisation permettrait de «réduire le chômage de 2,3 à 2,6%»; un chiffre conséquent.
Ceci étant dit, les entreprises ne fabriquent par leurs marchandises à l'étranger sans raison. Elles optent pour cette solution parce que cela leur revient moins cher. Si nous dépendions plus directement des biens produits sur notre territoire, les prix seraient obligatoirement plus élevés:
«En 2011, la somme des achats réalisés sur le territoire américain était de 15 700 milliards de dollars. Si on substituait des productions locales aux importations, les consommateurs nationaux devraient faire face à des coûts supplémentaires, compris entre 290 et 315 milliards par an; soit une augmentation des prix de 1,8%/2% au niveau des achats réalisés sur le territoire. Selon toute vraisemblance, une réorientation (des importations vers la production américaine) d'une telle ampleur prendrait plusieurs années, ce qui réduirait d'autant plus le choc provoqué par les prix affichés en magasin. Prenons un exemple: si cette méthode d'élimination du déficit commercial s'effectuait sur dix ans, le taux d'inflation de l'économie générale augmenterait d'environ 0,2%.»
Tissu industriel
Si cette stratégie nous permettait de reconstruire le tissu industriel américain et de renouer avec un taux de chômage proche du plein emploi, Mandel estime qu'il s'agirait là d'un prix à payer tout à fait raisonnable. Je suis d'accord avec lui - mais lorsqu'on réfléchit bien aux propos de l'économiste, il apparaît que son idée (comme la quasi-totalité des méthodes permettant un retour au plein emploi) dépend en grande partie de l'existence d'un paradigme stimulant de politique monétaire.
Pour Mandel, la création de nouveaux postes dans le secteur industriel n'aurait pas pour simple effet de déplacer des personnes déjà employées: elle représenterait bel et bien une augmentation nette du nombre d'emplois. Mais il faudrait pour ce faire que la Réserve fédérale autorise une augmentation de 0,2% du taux d'inflation - et ce chaque année, pendant dix ans. Rien n'indique que la Réserve soit disposée à accepter un tel projet - bien au contraire: conformément à sa politique monétaire (qui a pour principe de limiter la hausse des prix en adoptant un taux annuel de 2%), la Réserve serait plus encline à brider les créations nettes d'emplois.
Une forte expansion du secteur de l'industrie ne se solderait pas par une hausse des prix et par une baisse du chômage, mais bien par une baisse des effectifs dans d'autres secteurs d'activité. Toutes les méthodes permettant une réduction rapide et étendue du chômage (qu'elles aient pour base la relance budgétaire, la politique commerciale ou tout autre élément) sont fondamentalement tributaires d'une politique monétaire véritablement coopérative. Or notre politique monétaire est tout sauf coopérative. Pour elle, le chômage de masse peut être toléré: c'est la garantie d'une essence bon marché, de loyers peu élevés et d'exigences salariales mesurées.
Traduit par Jean-Clément Nau
Mis à jour le 28/07/2012 à 9h06




















































La vraie question, posée de façon traditionnelle et brutale, par un homme de droite, serait : "les chômeurs sont-ils des paresseux ? "
Ou, de façon plus humaine et réaliste : " Plutôt que de se plaindre que les nationaux refusent certain travaux pénibles et répétitifs, au delà de la formation, ne faudrait-il pas comprendre que la solution est de rendre les salaires plus attractifs ?"
Quant à l'hypothèse qui semble sous-tendre cet article, selon laquelle les chômeurs occidentaux continueront indéfiniment à acheter la production industrielle chinoise, elle est tellement stupide que celà explique probablement le peu de réactions qu'il a provoqué jusqu'à présent...
que tous les gens qui critiquent à longueur de temps les articles qui ne font que soulever des réalités économiques, montent des entreprises.
ils pourront constater par eux mêmes:
1) qu'ils on ta raisons, il est possible de payer 1500€ net des salariés non ou peu qualifiés, ne pas verser de dividende aux actionnaires, et ne pas mettre la clé sous la porte.
2) que c'est un enfer en France que de monter une entreprise. que les administrations n'ont qu'un but: celui de battre le record de formulaires inutiles. que trouver des employés est difficile, oui même avec autant de chômeur! que ni l'Etat, ni les banques ne les aident, etc..
...évite de se phagocyter avec sa marque low cost Dacia...
Et mesurer aussi l'impact sur les marques PSA.
L'impact ne doit pas être anodin du tout !
c'est la crainte du banquier de revoir sa guerre du vietnam des années inflationnistes 1975-1980. A l'époque l'emprunteur gagnait à emprunter...