Un léger parfum d'Europe au bahut
Propos croisés de profs et d'élèves des sections européennes.
- A Vincennes. Charles Platiau / Reuters -
A l'occasion des élections européennes, les étudiants journalistes du Celsa publient sur Slate une série d'enquêtes sur l'Europe. Aujourd'hui, à J-7, les sections européennes dans les collèges et lycées.
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Dans la foulée du traité de Maastricht, la France créait en 1992 les sections européennes. Elles accueillaient 125.000 élèves en 2002 et 227.000 aujourd'hui, selon le ministère de l'Education nationale. Ce succès croissant s'explique par les attentes que suscitent ces sections. «On est censés repartir avec un niveau plus élevé que les autres», explique Emma, actuellement en «Première euro» espagnol au lycée Camille-Pissarro de Pontoise (Val d'Oise). Et les professeurs le reconnaissent: les élèves de sections européennes ont un bien meilleur niveau en langues que leurs camarades qui suivent un cursus classique. «Ils ont une langue qui est bien maîtrisée en terminale, ils parlent presque couramment», assure Carrol Ojeda, professeur d'espagnol en section européenne au lycée Victor-Hugo de Colomiers, dans la banlieue toulousaine.
Les sections européennes offrent aux élèves, à partir de la 4e, deux heures supplémentaires de langue par semaine (allemand, anglais, espagnol, italien, néerlandais, portugais ou russe) et, à partir de la seconde, une heure de discipline non linguistique enseignée dans la langue choisie. Dans 70% des cas, il s'agit de l'histoire-géographie.
Si les élèves de sections européennes sont particulièrement doués en langues, c'est aussi et surtout parce que ce cursus attire les meilleurs. «Les élèves sont choisis sur dossier, ils ont un très bon niveau», rappelle Carrol Ojeda. La section européenne n'est donc pas la solution miracle aux difficultés des élèves. «Ça ne fait pas une différence radicale, il ne faut pas exagérer», reconnaît Alban Aucomte, professeur d'histoire-géographie en anglais au lycée Ambroise-Bruguière de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
D'ailleurs, avec le recul, les anciens élèves de s'interrogent sur l'utilité de ce parcours. «Ça n'a pas franchement amélioré ma connaissance de l'allemand», regrette Paul, qui a eu son bac au lycée Fabert de Metz (Moselle) en 2000, et qui travaille aujourd'hui ... à Londres. «Mon objectif, c'était d'être bilingue pour mon bac. Ça a foiré!, affirme Marie-Anne, bachelière en anglais en 2004 au lycée de l'Iroise à Brest (Finistère), aujourd'hui en école de commerce. Ce n'est pas suffisant de faire une classe européenne. Ça fait bien sur le CV mais ça ne change pas tant que ça. Dire que tu es parti un mois aux Etats-Unis a plus d'impact.» Elle a donc décidé de partir en stage cinq mois, à Londres, durant sa troisième année de licence de Langues étrangères appliquées. Elle parle aujourd'hui couramment anglais.
Les professeurs en sections européennes ont tendance à assurer à leurs élèves que ce cursus les aidera à intégrer des écoles de commerce ou des prépas. Marie-Noëlle Koebel, directrice des études et des admissions de l'ESSEC MBA, assure que si cette mention a une quelconque influence, ce ne peut être qu'au niveau des classes préparatoires, préalables à l'admission dans l'établissement. Or ce ne semble pas être le cas: le service des classes préparatoires du lycée Janson-de-Sailly, à Paris, affirme qu' «il n'y a pas d'attention particulière portée à ces dossiers».
L'intérêt majeur de ces sections vient de l'accent mis sur la culture et la civilisation. «Ça nous permet d'approfondir le côté culturel, que les cours de langue habituels ne nous permettent pas de développer suffisamment», explique Stefania Bravin, professeur d'espagnol au lycée Lavoisier de Mulhouse (Haut-Rhin). Une démarche qu'apprécient généralement les élèves. «Je voulais voir l'allemand différemment, parce qu'on étudiait plus l'art, les écrivains, qu'on allait voir des expos à Paris», affirme Lucile, en terminale S allemand au lycée Fragonard de l'Isle-Adam (Val-d'Oise).
L'approche culturelle est également favorisée par les voyages, obligatoires en sections européennes. La plupart des lycées mettent leurs élèves en relation avec des correspondants, qu'ils accueilleront et chez qui ils séjourneront une semaine. «Il y a deux demi-journées de cours avec les correspondants, pour bien se rendre compte du fonctionnement différent d'un établissement espagnol», se félicite Stefania Bravin. Le lycée Victor-Hugo de Colomiers envoie même ses élèves de première en sections européennes faire un stage en entreprise d'une semaine.
Le développement de ce cursus dépasse aujourd'hui l'objectif que s'était fixé le ministère de l'Education nationale en 2005. Alors qu'il souhaitait augmenter le nombre de sections européennes de 20% à l'horizon 2010, la hausse était de 37% à la rentrée 2008 (4.933 sections en 2008 contre 3.602 en 2004). Pourtant, certains attendent un engagement plus fort. «C'est complètement insuffisant. Ça ne concerne que 30 élèves par niveau sur 1.700 ou 1.800 élèves, c'est une goutte d'eau, déplore Claire Ducommun professeur d'anglais au lycée Victor-Hugo de Colomiers. On ouvre des sections européennes par-ci, par-là pour faire vitrine, puis derrière il n'y a pas grand-chose. »
Elsa Maudet
Image de une: A Vincennes. Charles Platiau / Reuters
Mis à jour le 31/05/2009 à 22h29














































Etant moi-même en section Européene Anglais, je peux facilement témoigner sur le sujet à mon échelle.
Je ne peux qu'affirmer les propos de l'article : la section européenne n'a aucune valeur après le bac, si ce n'est d'indiquer que nous avons un niveau de la langue assez bon sans avoir vu nos notes. En gros ça réunit de bons élèves en général dans une même classe (la réalité des emplois du temps étant ce qu'elle est, les élèves d'euro sont certainement mis dans la même classe) ; une sorte de classe de niveau finalement, car les élèves bons en langues sont en général bons partout. Je fais beaucoup de généralité mais mon raisonnement, pour moi, se tient.
Pour mon lycée, à raison d'une heure par semaine d'histoire autant dire que l'on n'apprend pas beaucoup, nous ne faisons qu'étudier quelques documents en anglais sur ce que nous avions déjà appris en histoire, la seule heure d'anglais pronfondie de la semaine a servi pour l'assistant de langue et pour nous préparer au First Certificate de Cambridge.
Les voyages sont dans mon lycée : un échange et deux voyages organisés par une entreprise spécialisée, l'échange étant très difficile à mettre en place. C'est surtout un moment pour bien déconner bien que les visites soient assez sérieuses et intéressantes : le prix du voyage par rapport au bénéfice que nous retirons du voyage est souvent une grosse différence.
Parcontre un aspect intéressant est le lien que l'on peut tisser avec ces professeurs qui nous suivent pendant 3 ans. Les mêmes élèves avec les mêmes professeurs ; je dois dire que la relation que nous avons avec nos professeurs dans ce cas là est intéressante car ils nous connaissent en général bien (le voyage permettant de reserrer les liens d'une certaine manière), et puis nous sommes de bons élèves... C'est très agréable d'avoir des repères fixes dans un lieu tel que le lycée.
Quel décalage ! Que ce soit votre post sur les animaux, sur l'accident d'avion ou celui-ci, quel décalage de plume avec vos précédentes interventions sur Hadopi.
L'orthographe fout le camp, le jugement se veut à l'emporte-pièce; je ne vous reconnais pas! Que s'est-il donc passé en 3 semaines?
Ne vous offusquez pas, étonnement de ma part et non critique mal placée.
Cordialement,
Je l'ai remarqué aussi. J'aime beaucoup Slate et ne plus pouvoir venir y lire tous les sujets du jour me chagrine un peu. Un mois et surtout une fin d'année scolaire difficile pour moi, alors qu'on aimerait que tout aille pour le mieux, tout s'enchaîne à un rythme fou. Pas tout le temps drôle d'être jeune : problèmes, (extrême) fatigue, déception, angoisse et incertitude avec un soupçon d'aigritude.
Ou alors devrais-je tout simplement me faire une raison, je ne suis raisonnée que sur des sujets parlant d'Internet.. et encore...
Ça serait bien de retrouver mon amour pour les choses que j'aimais et en quoi je croyais profondément.
J'espère juste que d'ici quelques mois les choses iront un peu mieux : \ Tout ne va malheureusement pas toujours comme nous le souhaiterions.
En fait le principe me paraît étrange, on propose à ceux qui sont déjà bons des heures de cours de langues supplémentaires qui n'ont semble-t-il qu'un impact tout relatif, en somme des cours de soutien à des élèves qui n'en avaient guère besoin... qui en plus ne débouchent sur rien après le BAC... et on voudrait que cela se développe ??
Trois petites remarques en passant:
-Cet article bien ficelé, même s'il sent encore un peu la volonté de se couler dans un modèle, montre l'aberration du système du collège unique; dès qu'il existe une possibilité d'y échapper , tout le monde s'engouffre dedans à tel point que les objectifs gouvernementaux pour 2010 ont été pratiquement doublés dès 2008!
-C'est très bien pour les élèves passionnés par les langues, mais pour ceux plus intéressés par l'histoire, les sciences ou la littérature, Y-a-t-il des sections ad hoc?
-Particulièrement aux étudiants du Celsa: Vous avez cité différents collèges et lycées (8) qui se trouvent tous faire partie de l'enseignement public, or 20 à 25% des élèves fréquentent l'enseignement libre sous contrat ont-ils droit eux aussi à ce type de classes européennes? Il semblerait que non vu qu'ils sont complètement occultés dans votre article? et s'ils en bénéficient, pourquoi ne pas les avoir mentionnés ou ont-ils refusé de répondre à vos questions?
Toutes ces remarques et ces questions ne m'empêche pas d''attendre avec impatience un autre de vos articles dans Slate.