Arrêtez de regarder les séries télé à la chaîne!
Loin d'être le meilleur moyen de rattraper son retard sur une œuvre qui compte déjà plusieurs saisons ou de s'immerger dans un univers, cela détruit ce qui fait l'intérêt même d'une série.
- Aaron Paul et Bryan Cranston de «Breaking Bad». -
Breaking Bad a fait son retour sur les écrans américains le dimanche 15 juillet, ce qui devait provoquer le retour de millions de fans sur la chaîne AMC et en pousser d’autres à rattraper leur retard et à visionner les 46 épisodes précédents dans un laps de temps qui nécessitera sans doute l’emploi d’une imposante quantité de Blue sky, cette amphétamine que les deux héros de la série fabriquent.
Ce à quoi je dis: on-se-calme. Quand bien même vous ne prendriez pas de drogue afin d’engloutir le plus rapidement possible tous les épisodes de la meilleure série télévisée de ces dix dernières années (oui, j’ai vu The Wire, pourquoi?), vous risquez fort de passer à côté de tout ce qui fait que cette série –et bien d’autres– est vraiment géniale.
La consommation frénétique de séries télévisées est une épidémie qui touche une grande partie des lycéens et étudiants américains, grâce à des sites comme SideReel, Netflix et Megavideo –sans parler des coffrets DVD– qui sont à leur disposition. Ils disparaissent donc dans leurs chambres durant plusieurs jours et en ressortent avec une connaissance encyclopédique de la carrière cinématographique de tel acteur ou des rouages de telle institution.
Il y a quelques mois de cela, la journaliste Mary McNamara remarquait dans le Los Angeles Times que NetFlix avait même adapté son offre à ce modèle de consommation avec la sortie en simultané de TOUS les épisodes de ses séries, encourageant ainsi les fans à se lancer dans de véritables marathons de visionnage.
Sil n’est pas très étonnant que la jeunesse américaine se soit engouffrée dans le dernier truc à la mode, il est plus étonnant de constater que certains des critiques les plus vénérables ont également rejoint le troupeau des consommateurs frénétiques de séries télévisées. Emily Nussbaum, ancienne du New York Magazine qui travaille désormais pour le New Yorker, s’est ainsi lancée dans un marathon Breaking Bad l’été dernier. «Le visionnage à la file des épisodes de séries comme Breaking Bad est sans doute le meilleur moyen d’en profiter pleinement», écrit-elle. Mais si vous voulez mon avis, elle est tout simplement passée à côté de la série.
«Je me suis trouvé totalement à l’écart des buzzs, des vagues d’enthousiasmes et de cassage de sucre, des bandes annonces trompeuses, des nouvelles du casting, des anciennes interviews accordées par Gilligan et Cranston et des débats sur Twitter», continue-t-elle. «S’extraire du public de la sorte permet de suivre l’histoire et d’en profiter dans son ensemble. Je me suis également sentie plus libre de ne plus la considérer comme une suite d’épisodes distincts mais comme un fil narratif continu, sur l’intégralité d’une saison.»
Le site Grantland affirme que «le visionnage en continu de saisons entières de séries télévisées, sans coupures publicitaires, vous permet de vous immerger complètement dans le monde de votre série télévisée préférée». De mon point de vue, cela revient à dire que vous devriez vous «immerger» à Las Vegas en claquant absolument tous vos jetons avant même que votre femme et vos enfants n’aient rejoint la chambre d’hôtel.
Je ne suis pas en train de dire qu’il faut absolument regarder une série au moment de sa première diffusion, sur un rythme hebdomadaire, pour en profiter pleinement. Il y a tant de bonnes séries que visionner des épisodes à la suite est sans doute le seul moyen de pouvoir les visionner.
Mais il existe, à mon avis, une bonne façon de le faire, qui maintient et tient compte de l’intégrité de ce format particulier. Avant d’en esquisser les contours, permettez-moi de vous expliquer pourquoi les marathons de visionnage détruisent l’essence même des séries télévisées.
1. Les épisodes ont leur propre intégrité, qui finit par se brouiller lorsque l’on en regarde plusieurs à la suite
Les séries télévisées suivent deux arcs narratifs concomitants: celui de l’épisode individuel –avec son début, son milieu et sa fin– et celui de la saison dans son ensemble. Certaines séries, comme Breaking Bad ou The Wire, ont un troisième fil narratif : celui de la série dans son ensemble.
Pour apprécier pleinement une série, il convient donc de prêter attention à chacun de ces trois fils narratifs. Voilà précisément une des caractéristiques des séries télévisées, et ce qui concourt à en faire des expériences appréciables. Une série télévisée n’est pas un long poème en prose et ne doit pas être appréciée comme tel.
2. Les cliffhangers et le suspense ont besoin de temps pour faire leur effet
Prendre le temps de se demander quel membre du vol 815 d’Oceanic Airlines a été ramené sur l’île par Dharma Initiative ou pour quelle raison Peggy a décidé de parler à Pete du bébé fait partie intégrante du plaisir d’une série.
Prenez la première saison de Homeland: un des grands plaisirs procuré par la série était précisément de nous dérouter à chaque épisode hebdomadaire –et de nous pousser à nous demander sans cesse si Brody était, ou pas, un agent-double, sans parvenir à trancher la question. Visionner les épisodes les uns après les autres nous prive de ce plaisir.
3. Les récapitulatifs d’épisodes et les communautés de fans permettent d’aller plus loin
Pour citer David Simon, le créateur de The Wire, les récapitulatifs améliorent considérablement le plaisir du téléspectateur. Quand bien même vous regardez les épisodes sur NetFlix ou sur DVD, prenez le temps de lire les récapitulatifs sur l’AV Club, Hitfix ou Slate.com. Ils mettent souvent en lumière des points qui vous ont échappé.
4. Les personnages de séries devraient faire partie de nos vies sur le long terme et pas se résumer à des personnages avec lesquels on traîne 24 heures sur 24 pendant quelques jours et que l’on ne revoit plus jamais
Nos meilleurs amis, ce sont ceux que l’on voit régulièrement et depuis des années. Pour les personnages de séries, il devrait en être de même. J’ai l’impression d’avoir grandi avec Michael Scott parce que je passe 22 minutes par semaine avec lui tous les mardi soir depuis sept ans. Un de mes amis qui a récemment visionné à la chaîne les huit saisons de The Office en deux semaines (vraiment!) considère sans doute le personnage de Carrell comme quelqu’un avec qui il a traîné lors d’un séminaire de deux semaines organisé par sa boîte et qu’il ne reverra jamais.
Le visionnage à la chaîne réduit la possibilité pour le téléspectateur de s’attacher à un personnage. Si l’article de Grantland affirme qu'il est le seul moyen de créer «des connexions profondes» avec les personnages, rien n’est à mon sens moins vrai.
5. Faire des pauses permet de rester en phase avec le calendrier télévisuel
Il y a naturellement de nombreuses exceptions à cette règle, mais les séries télévisées tendent à laisser s’écouler plusieurs jours entre chaque épisode et quelques mois entre chaque saison. Aussi, le rythme des séries correspond-il au nôtre, lorsque nous les regardons au fur et à mesure de leurs diffusions.
Regarder un épisode de Party Down quelques jours après avoir regardé le précédent permet de constater que tous les personnages ont également laissé s’écouler plusieurs jours depuis leur dernière sortie. Reprenez la nouvelle saison de 30 Rock après quelques mois d’interruption d’été et vous constaterez que les auteurs de la série font, eux aussi, tout tranquillement, leur rentrée.
Si vous voulez rattraper votre retard dans une série, voici mes conseils: attendez un minimum de 24 heures entre les épisodes et laissez s’écouler quelques semaines entre chaque saison. Si un seul épisode de série ne suffit pas à remplir votre soirée, visionnez donc un épisode de chacune des séries que vous voulez voir.
Ce qui me ramène à Breaking Bad. Si vous ne l’avez pas encore regardé et que vous êtes tenté de vous envoyer à la chaîne les quatre saisons précédentes afin de la suivre en direct, ne le faites pas. La saison 5 sera toujours là dans quelques mois. Et je vous assure qu’il sera bien plus agréable de la regarder si vous passez les prochains mois à visionner, tous les soirs, UN SEUL épisode des saisons précédentes.
Jim Pagels
Traduit par Antoine Bourguilleau
>> Têtes de séries, le blog de Slate sur les séries télévisées
Mis à jour le 13/08/2012 à 11h26


















































Autant l'idée de profiter de chaque épisode séparément peut être acceptable, autant en faire la règle la plus importante pour se retrouver à conseiller de mélanger les uniques épisodes journaliers de plusieurs séries me semble complètement idiot.
L'objectif de l'épisode journalier c'est de faire respirer son imaginaire, apporter son propre regard sur la construction du récit proposée par le scénariste. Il n'y a pas d'intérêt en soi au "1 épisode par jour" : mieux vaut 2 épisodes par jour de Breaking bad que 1 épisode de Breaking bad + 1 épisode de The Schield par exemple.
Et puis le titre de 5è chapitre... désolé mais le calendrier télévisuel c'est justement celui qu'on ne veut plus respecter, mieux vaudrait parler de calendrier de production, ce qui est bien différent.
Je partage ton avis, et je pense qu'en plus ça respecte un peu plus l’œuvre télévisuelle ! J'irais même plus loin en disant maintenant que nos vies sont calquées sur le rythme des séries tv, je développe cette idée ici : http://blogkapoue.com/2011/09/07/et-si-ta-vie-etait-une-serie-tv/
Moi j'adooore regarder tout en boucle en une fois, et même plusieurs fois de suite si possible, je l'ai fait plusieurs fois avec esprits Criminels ou New-York section criminelle par exemple. Disons que j'ai des obsessions ponctuelles :D
Je ne ressens pas du tout le besoin de savoir ce que les autres fans pensent de ceci ou de cela, donc commenter un épisode pendant une semaine avant de savoir la suite ne m'intéresse pas du tout.
Je fais une cure d'une série ou j'examine/médite sur un perso, et puis effectivement, quand j'en ai fait le tour je passe à autre chose : ce sont des personnages fictifs, pas de vrais gens que je rencontre à date fixe, je ne veux pas qu'ils fassent partie de ma vie, j'aime bien que ce qui est fictif reste fictif, pleurer à la mort de tel ou tel perso, c'est malsain : il n'existe pas. J'en retire tout ce que je peux sur le tas, et je passe à autre chose : 100% société de consommation :D
Là par exemple, je crève d'avoir vu Thor et Avengers, je suis en manque de Loki, faire ça au cinéma c'est cruel pinaise ! On doit attendre un an avant de savoir ce qu'il devient ! C'est intenable ! Si j'avais eu tout tout de suite, je penserais déjà à autre chose.
C'est un point de vue intéressant, bien que je...
Une seconde... Ce mec insinue de Breaking Bad est meilleur que The Wire ?
"HEY YO POOT, BRING DA SHOTTIE, SOME PUNK ASS BITCH BE DISSIN' THE WESTSIDE".
Tout comme les autres, je ne suis pas d'accord avec l'auteur ! Pourtant tout comme lui, ma série préférée restera The Wire.
Effectivement on loupera tout le buzz autour, mais doit-on forcément inclure le buzz dans la raison d'appréciation d'une série ?
Le meilleur exemple reste encore une fois The Wire. L'ayant visionné en une semaine la toute première fois, alors que la saison 5 se terminait à peine, j'ai eu une peine folle à trouver des gens ayant vu cette série. Depuis, particulièrement ces 2 dernières années, j'ai pu rencontrer un tas de gens ayant ingurgité la série en un coup ! Tous me déclaraient qu'il s'agissait desormais de leur série préférée. Rien d'autres ne pourrait la dépasser! Pourtant la plupart étaient également des fervents fans de séries actuelles que l'on attend toutes les semaines, puis pendant 6 mois, puis toutes les semaines, puis pendant 6 mois...
Bref, selon moi tout est dans la qualité d'une série. Le buzz, le bla bla communautaire et toute la fan-attitude peut également se développer après le visionnage (5x the wire pour moi !)d'une de ces excellentes séries. Je cite notamment la page FB d'Omar Little, dont les auteurs lâchent une petite "quote" culte de temps à autres, alors que la série est morte depuis des années...
Je vois le buzz, l'attente, et tout le tralala plutôt comme une chose négative, qui est surtout la pour implémenter un supsens inutile qui donnera une fausse impression de qualité. C'était par exemple le cas pour la série Heroes, qui malgré une ou deux bonnes saisons, a finis par tomber dans la médiocrité, mais a cependant gardé son buzz jusqu'à la fin.
De plus, le visionnage à la chaine peut avoir l'effet contraire de celui décrit dans l'article, c'est à dire scotcher le spectateur et le faire accrocher à l'histoire, alors qu'il aurait lâché la série s'il avait dû attendre. Cela dépend également si les scénaristes tirent l'histoire en loooooongueur ultra-soûlante. On sera vite blasé d'attendre une semaine pour 20 minutes d'histoire sur un épisode de 45 minutes.
Bref en ce moment j'adore attendre le Suits hebdomadaire, alors que je préfère attendre que la saison d'un Game of Thrones se termine avant de la visionner. Tout cela dépend du rythme, de l'intensité de l'histoire, du type de série, mais surtout de la qualité.
Trop de série merdicouille de la chkreugneugneuh qui joue sur ce buzz, pour dire que Mr. Pagels a raison. Et pourtant on a les même gôuts :) !
je suis entre les deux moi, ni pour ni contre. il y a plusieurs séries tv que je suis sur le long terme Ringer (malheuresement une seule saison) Vampire diaries, Drop dead diva et quelques autres.
Mais parfois je tombe sur une série que je n'avais pas trop vu et qui a plusieurs saisons et je me télécharge une saison pour tout regarder à la suite enfin pas totalement hein, entrecoupé je regarde disons 5 ou 6 episodes (il y a aussi des sitcoms qui durent dans les 20 minutes) puis je fais autre chose de ma journée je me les regarde parfois en une ou deux semaine pour faire un peu durer le plaisir. Donc je trouve que l'article est bien mais qu'il généralise un peu, je pense que comme moi les autres ont tous leur façon de faire et que c'est dur de mettre tout le monde d'accord sur un article totalement contre ou totalement pour, je ne sais pas si je me fais bien comprendre ;)
Vu le nombre de séries que j'ai suivi en "temps réel" et en marathon, les 2 manières n'ont nullement influencé mon appréciation des séries.
Pour avoir regardé Les sopranos ou Seinfeld en marathon, tout comme True Blood ou The Big Bang Theory en "temps réel", tous les arguments de Slate sont parfaitement subjectifs, et je n'adhère absolument pas à l'ensemble des arguments avancés : ce n'est pas parce qu'on enchaine les épisodes qu'on les confond (ce n'est pas parce qu'on lit vit un poème que les vers se transforment en prose, pour reprendre l'exemple), on peut enchainer les épisodes sans détruire l'efficacité d'un cliffhanger (soyons honnêtes : de toute manière, l'effet d'un cliffhanger n'est que passage. Il fait effet immédiatement puis juste avant la reprise de la série, et de temps en temps quand on y renpense, c'est tout), ce ne sont pas les récaps qui sont intéressants, mais les analyses des épisodes, et qu'on enchaine ou pas ne changent rien à l'intérêt qu'on a à les lire ou non.
Le 5e argument fonctionne de la même manière : ce n'est pas parce qu'il y a une ellipse temporelle entre les épisodes qu'on doit respecter une césure dans le visionnage pour l'apprécier. Alors, quoi, il faudrait aussi s'arrêter en plein milieu d'un film pour apprécier l'évolution chronologique ce sa narration ?
Seul le 4e argument est, pour moi, valable, mais c'est aussi très subjectif. Une série qui nous touche doit pouvoir le faire indépendamment du mode de visionnage. J'ai vu Six Feet Under en partie en marathon. C'est une série qui m'a définitivement marqué.
J'ai vu 24 en temps réel. Seules les 2 1eres saisosn (et la 5e, à la rigueur) m'ont fait un effet boeuf.
Slate confond un peu tout pour faire son point, et c'est franchement dommage.
Question super basique et con, mais... l'article "original" -probablement traduit- il date de quand ?
Parce que quand on date l'article ainsi : "Publié le 13/08/2012 / Mis à jour le 13/08/2012 à 11h26", sachant que l'on cite "megavideo" comme source d'approvisionnement et que c'est fermé depuis genre + de 7 mois, ça casse un peu la crédibilité du truc (même si ça veut pas dire que tout ce qui est écrit soit à jeter, hein, mais c'est pas très... Pro ?)
Bonjour
oui, l'article est une traduction comme indiquée dans l'article. Megaupload est pour l'instant fermé, mais il s'agissait ici de donner un exemple connu de tous ceux qui ont téléchargé ou utilisent des sites comme MU, pour que les lecteurs comprennent. Je ne suis pas certain que les lecteurs français connaissant Netflix, qui n'existe pas en France. Cela ne change évidemment rien au fond.
Cordialement
J'ai de suite vu que l'article était vieux quand il prétend que The Wire est la meilleure série : ça ne pouvait donc être publié qu'avant Game Of Thrones :p
à une époque Friends était diffusé, un épisode le mercredi sur Fce 2. J'ai pu la suivre tranquillement et attendre une semaine pour connaître la suite. De plus Fce 2 a diffusé la série dans sa totalité si j'ai bonne mémoire.
Mais j'ai en exemple Six feet under. Canal diffuse les 2 premières saisons puis plus rien!
Et aujourd'hui, TF1 a acheté Dexter. Cool, je n'ai plus canal. Ils diffusent l'été la première saison puis vu le résultat des audiences, la deuxième saison a été diffusé mais plus tard dans la soirée. Et la suite, on l'attend encore. Un peu comme pour la série Mentaliste.
Mais loin de moi l'idée de regarder les 15 saisons de Urgence à la chaîne.
Trop tard, déjà vu tout breaking bad à la suite et pas que, je suis un grand adepte du format "je regarde toute une série en 1 semaine". Cela permet de ne pas voir de publicités, de voir les failles de scénarios et les incohérences, de ne pas "s'adapter" à la qualité d'un épisode mais de voir l'ensemble, et puis de se rappeler de tout ! et justement parce qu'on se rappelle de tout, on s'attache bien plus aux personnages, car la mémorisation n'est pas polluée par la publicité et le temps.
Quand il y a un temps d'attente( et cela arrive après 1 ou 2 voir 4 semaines entre chaque épisode) votre niveau d'attention monte et là, PAF! une pub. Et ne pas oublier une règle essentielle dans une série, celle du coût d'un épisode qui doit être constant pour le producteur donc les réalisateurs et les scénaristes amortissent les séries couteuses en effets spéciaux ou décors par des épisodes bouche-trou low cost, rien de pire pour dégoûter d'une série s'il fallait attendre des semaines entre chaque épisode.
D'ailleurs je me rappelle qu'il fût un temps pas si lointain où offrir le pack de tous les épisodes d'un dessin animé style robotech ou les cités d'or était assez courant aux anniversaires; bon, maintenant, on achète les épisodes sur internet un à un.
Si le capitalisme et la publicité vivent de la frustration, alors la société de consommation va se parachever avec internet, son sommet puis sa chute.
Ce genre d'article me laisse perplexe. À une époque on considérait que les séries Tv appartenaient à une sorte de sous culture Tv. Depuis une dizaine d'années on a vu des séries vraiment bien mais faut pas pousser... Une article comme celui ci c'est le degré zéro de l'analyse. C'est à peine mieux que du gala- voici. On trouve de tout sur slate mais les articles franchement bêtes deviennent trop nombreux à mon goût.
Bonjour a tous,
Je suis d'accord avec les 2 façons de faire pour les avoir déjà fait! Après il reste très dur de se raisonner à un seul et unique épisode! Mais ce n'est pas le plus horrible, le plus horrible après avoir visionné toute une saison d'un seul coup! c'est la déception que la saison soit finit...le coup du ça y est, il va falloir attendre encore 6 mois, perfois plus...alors que l'on en voudrait toujours plus!
Par contre, cette nouvelle "mode", je pense qu'on la doit aux formats de ces séries (qui sont géniales, on est bien d'accord), car pour s'enchaîner une saison de 24 épisodes de 50 min ça devient tout de suite "plus compliqué". (également fait mais après 3 saisons de passé d'affilé, on en ressort différent! et vraimment triste de ne plus avoir un seul épisode de cette série à mater!)
Bonne journée!!
Le marathon restitue le vrai rythme d'une série. L'inverse, c'est comme lire un livre chapitre par chapitre, à raison d'un par semaine. Et que dire des romans fleuves en plusieurs tomes : faut-il respecter le délai séparant les parutions si on prend l'aventure en cours de route ?
Les chaînes françaises ne s'y sont pas trompées en proposant des "blocs" de séries allant jusqu'à quatre épisodes inédits à la suite (même si elles ont sans doute pris en compte d'autres considérations plus mercantiles).
Certaines séries, que j'ai adorées en marathon, m'ont semblé plus fades quand j'ai rattrapé la diffusion en cours et que j'ai été forcé de les visionner semaine par semaine.
à chaque nouvelle saison de mes séries préférées, j'attends que tous les épisodes soient dispos, et je me fais la saison par paquets de 2,3 ou 4 épisodes, selon leur longueur, c'est tout simplement génial, et la mayonnaise n'a ainsi pas le temps de redescendre entre deux visionnages.
Vu que par ailleurs, je me suis fendu d'un décorticage en règle de cet article, et histoire d'en faire profiter l'auteur (enfin, le traducteur), je prends la liberté de faire ici un petit copier/coller de ma prose.
Pour commencer, ce qui me dérange vraiment avec cet article, c'est l'invective que constitue son titre : "Arrêtez de regarder les séries à la chaîne !", qui est clairement du même ordre que "Arrêtez de croire en Dieu !", "Arrêtez de manger d'abord la crème dans les Oreo !", "Arrêtez de mal ranger vos câbles électriques !". C'est un titre pourri à plusieurs titres : d'abord parce que tant que ça ne nuit pas à autrui, chacun fait ce qu'il veut, et ensuite -là c'est peut-être plus "grave"-parce qu'il ne reflète pas du tout le fond de son article. Il aurait fallu que son titre soit quelque chose comme "pourquoi je ne regarde pas les séries à la chaîne". Sauf que là, évidemment, tout le monde s'en serait foutu, et à raison.
Passons maintenant aux "arguments" exposés :
1. Oui, il y a plusieurs niveaux d'intrigue dans une série. Dans un film aussi. Et dans un bouquin. La seule différence ici, c'est que ces niveaux d'intrigues sont systématiques et ultra formatés pour répondre aux contraintes intrinsèques à la diffusion des épisodes. A aucun moment il n'explique en quoi faire un marathon série nuit à la compréhension ou à l'attention portée à ces arcs narratifs. Tout ce qu'il dit, c'est "il convient de..." et "une série (...) ne doit pas...". Comme s'il s'agissait de règles immuables. Bref : donnage de leçon.
2. Cliffhangers et suspense existent aussi dans les films de 2h, ils fonctionnent tout aussi bien quand c'est bien fait, et on n'a pas besoin de mettre le film en pause pour en profiter. Et accessoirement, c'est une raison particulièrement imbécile. Les cliffhangers de fin d'épisode n'ont souvent aucun intérêt narratif. Ils ne sont là que -comme dans la BD- pour inciter le spectateur à ne surtout pas rater le rendez-vous la semaine suivante. Encore une fois, il s'agit de l'exploitation d'une contrainte liée au format. Une recette de fidélisation. L'un des meilleurs -ou le pires, c'est selon- exemples démontrant l'artificialité de cette technique est la série Alias : on prend un arc narratif, on fait monter la sauce et paf ! On l'arrête 2 minutes avant sa conclusion. Episode suivant : on reprend l'action là où on l'a laissée, 2 minutes après l'affaire est résolue et on passe à autre chose. Le cliffhanger est totalement artificiel et n'apporte absolument rien à la narration. Même si la plupart du temps c'est beaucoup moins caricatural que cela, il n'en reste pas moins que cette technique a toujours cours et ne revêt la plupart du temps qu'un intérêt limité vis-à-vis de l'intrigue. Bref, si la série est bien écrite et bien construite, le suspense n'a pas besoin de "prendre son temps". Bien au contraire, le suspense a plutôt tendance à se diluer entre 2 épisodes, notre attention étant détournée par les autres choses que l'on fait/visionne.
3. les récaps et les communautés... Moui... c'est très accessoire. En aucun cas ça n'est une condition sine qua non à la compréhension ou à l'appréciation d'une série. Et surtout, cela ne change pas grand chose de parler de sa série favorite après l'avoir vue dans son intégralité ou entre chaque épisode, si ce n'est que dans le dernier cas on a une vision globale. Un peu comme à la fin d'un film, quoi. Bref bon, c'est un argument un peu tout pourri.
(à suivre...)
(...suite)
4. Le mec fait état d'une vision particulière, la sienne, et extrapole sur celle des autres (... considère sans doute..." ) sans rien en savoir mais se permet tout de même de le faire. Peut-être que lui n'est pas capable de s'attacher aux personnages d'une série, mais d'autres le peuvent. Et bon, s'il n'est pas capable de s'attacher à des personnages qu'il suit 10 à 20 h d'un coup, il ne doit pas être capable de s'attacher aux personnage d'un film qui n'en dure que 2. C'est un peu triste.
Pour notre ami, l'affirmation "le visionnage à la chaîne (...) est le seul moyen de créer des connexions profondes avec les personnages" est nulle et non avenue. C'est peut-être son avis mais il n'est en aucun cas universel. Loin de là.
Le parallèle avec l'amitié est d'ailleurs assez cocasse ; si l'ami en question est décevant, il vaut mieux en effet prendre son temps avec lui et ne pas trop le fréquenter, la déception finale -se rendre compte que l'on n'a finalement plus rien à lui dire, ou qu'en fait on a peu en commun, ou plus simplement que c'est un gros con- n'en sera que retardée d'autant. Mais s'il s'agit d'un vrai bon ami, une relation plus intense ne peut nuire. Au contraire, même. Bref, le sentiment que me donne cet argument, c'est qu'il devrait mieux choisir ses amis et ses séries...
5. "Faire des pauses pour rester en phase avec le calendrier télévisuel". Rien que le choix du titre est abscons. Le calendrier télévisuel n'apporte rien à la narration. Au contraire, il est nuisible, au moins autant que la coupure pub pendant un film. Le calendrier télévisuel est une contrainte idiote (surtout en France où la règle semble être de diffuser les épisodes absolument pas dans l'ordre) dont justement, nous pouvons -et devons- allègrement nous passer.
Quant aux considérations temporelles, elles le sont tout autant, absconses. A part dans 24 (et encore, il faudrait saucissonner volontairement chaque épisode pour respecter le temps réel), le temps dans une série est tout sauf uniforme. Certes, il peut se passer plusieurs jours/semaines entre 2 épisodes, mais quid du temps qui passe dans un même épisode ? Il peuvent inclure -en fait, ils incluent- les mêmes écarts temporels. Voire même parfois, ces écarts peuvent être plus longs (cf le cas Alias précédemment cité). En suivant un raisonnement par l'absurde, suivre ce dernier conseil reviendrait à prendre 40/50/60+ ans pour visionner les films d'une vie (Forrest Gump, The Tree of Life, Benjamin Button...). Bref, le spectateur n'est pas stupide, il est conscient du temps qui passe et des ellipses temporelles. La simple présence des génériques de fin/de début entre chaque épisode suffisent à nous rappeler que, dans le cas de séries sans cliffhanger final -parce que dans ce cas, l'attente est totalement injustifiée en terme de temps qui passe-, il s'est passé une unité de temps variable (une semaine ? un mois ? un jour ?) non spécifiée mais réelle.
Voilà. :)
... laisser chacun faire ce qu'il veut c'est possible aussi?
Il y a des règles pour se faire plaisir?
Comme de très nombreux commentaires, je suis en désaccord complet avec l'auteur de cet article. Je pense d'ailleurs être en désaccord complet avec quiconque donnerait des leçons ou des algorithmes à suivre pour apprécier une série ou bien un film. Pour ma part les marathons de série, comme les définit l'auteur, sont un des moments privilégiés que j'apprécie le plus devant un écran. Lorsque cela est possible, quoi de plus jouissif que d'enchaîner épisode après épisode les rebondissements et péripéties des personnages de The Wire ou bien la merveilleuse "Famille" Soprano. Parce qu'effectivement, que de joie lorsqu'arrive le lundi et la mise à disposition des épisodes du HBO sunday serie, mais qui n'a jamais pesté contre les successions, de superbowl, de thanksgiving et autre trèves régulières de la diffusion des différentes séries?
En parallèle je demanderai à l'hauteur s'il conseillerait de mater le parrain en plusieurs fois étant donné que le film a été également diffusé en série. Une semaine à attendre pour savoir si Fredo va finalement sortir son flingue derrière cette foutue voir c'est pas mal non?
Pour conclure ma modeste participation, je voudrais savoir si l'auteur serait contre le fait de ne pas avoir à attendre l'été prochain pour retrouver Walter ou bien si non, il préfère se faire une commémo avec les épisodes de Malcom, mais un par jour bien sur!
Je trouve au contraire que c'est encourager les postes de télé qui nous font languir sans raison pertinente pour avoir des cotes d'écoute. Pour plusieurs raisons je trouve plus agréable de tous les regarder dans un court temps donné :
- Il est plus agréable de ne pas finir un épisode en queue de poisson et d'avoir à attendre à la semaine suivante pour savoir ce qu'il adviendra.
- On fait plus facilement le lien entre les petits moments subtils dans les épisodes qui passent trop souvent inaperçus aux yeux des téléspectateurs "casual".
- Selon moi une saison c'est comme un long film que l'on arrête en plein milieu, ca gâche le plaisir de le recommencer là ou on en était.
- Même en regardant chaque épisode semaine après semaine, on doit quand même languir d'impatience avant de voir la prochaine saison qui ne sera disponible que dans plusieurs mois.
Pour conclure, j'ai fait cette évaluation de façon très rapide car j'étais en désaccord avec cette question ainsi abordée mais je n'ai pas pris le temps de parfaitement établir toutes les raisons qui pourraient me pousser à croire qu'il vaut mieux les regarder en rafale. Je tiens à préciser que j'adore regarder les séries télé et que j'aime bien les regarder à nouveau quand je les ai particulièrement appréciées et que c'est un peu flou dans ma mémoire comme tout bon film que j'aime visionner à nouveau. Je déplore toutefois que le milieu du cinéma prenne autant plaisir à nous faire patienter pour maximiser les ventes et augmenter l'intérêt avec des publicités et des teasers,