Coupat libéré: la claque de Tarnac, par François Hollande
- Rachida Dati, la Garde des Sceaux, et Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur. REUTERS/Philippe Wojazer -
Le 11 novembre 2008, la quiétude d'un village situé au coeur du plateau de Millevaches, dans le beau canton de Bugeat, est brutalement interrompue par un déploiement policier d'une exceptionnelle envergure. Et la Corrèze apprend avec stupeur qu'elle abrite un foyer d'agitation d'ultragauche particulièrement dangereux. Pas moins de neuf personnes sont mises en examen pour association de malfaiteurs terroristes. Curieusement, compte tenu de la gravité des actes reprochés, cinq seulement sont écrouées, dont celui considéré comme le leader présumé d'un groupe clandestin supposé entretenir des relations conspiratrices à l'étranger. Rien que cela!
Comme Président de Conseil général, je découvre ainsi — non sans inquiétude — la présence sur le territoire de mon département d'une telle base logistique, confirmée par les propos de la ministre de l'Intérieur justifiant les interpellations comme le caractère terroriste des agissements!
Rapidement, un comité de soutien local se forme et met à jour l'activité apparemment paisible des prévenus et l'intégration plutôt réussie des interpellés: des jeunes ayant pour les uns repris une ferme, pour d'autres l'épicerie de Tarnac et appréciés par la population. Présents dans les fêtes, militants au grand jour. Difficile donc de les imaginer la nuit «terroristes». Même si, on ne sait jamais... Tarnac pouvant constituer en effet une planque idéale et leurs couvertures professionnelles pouvant même, finalement, être une façade commode, cachant la préparation de sabotages!
Alors, je cherche les témoins, rencontre les parents, les proches et prends attache avec les élus du coin. Rien qui étaye la thèse du complot.
Mais, nous dit-on, la Justice a des preuves. Et la Ministre de jouer les mystérieuses. Celle qui sait mais ne peut rien dire. Évoque le secret de l'instruction, mais prend des airs entendus. La gène s'installe. L'énervement gagne. La mobilisation gonfle. Les doutes se multiplient à mesure des libérations des mis en examen. Ne restent incarcérés, à la fin de l'année 2008, que Julien Coupat et sa compagne Yldune Levy.
Il apparaît de plus en plus clairement que la qualification de terrorisme a été utilisée bien imprudemment et que la procédure a été engagée bien précipitamment.
Fin janvier 2009, la jeune Yldune sort à son tour de la détention préventive qu'elle subit pour cause de vie commune avec Julien Coupat, désormais seul acteur de ce qui prend des allures de ratage policier et de palinodie judiciaire, mais surtout de faute politique.
Il faudra néanmoins attendre quatre mois de plus pour que le juge d'instruction, puis le parquet, après pas moins de quatre demandes déposées par ses avocats, décident de remettre Julien Coupat en liberté.
La ministre de l'Intérieur a préféré garder le silence. Je la comprends. Le scénario qu'elle avait échafaudé à grands renforts de déclarations à la presse s'effondre. L'ultragauche qu'elle avait visée à travers le «groupe de Tarnac» se révèle une théorisation aussi fumeuse que les textes de Julien Coupat, notamment dans «Le Monde», dont je ne partage ni les termes ni les analyses.
Mais, le couac de Tarnac est devenu une affaire politique. Comment la ministre de l'Intérieur a-t-elle pu déclencher, avec le concours du Parquet, sous la dépendance directe de la Garde des Sceaux, une procédure aussi mal préparée? Pourquoi l'incrimination d'association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste a-t-elle pu être utilisée, alors que les faits - déjà graves - qui pouvaient éventuellement avoir été commis tombaient sous le coup d'autres accusations?
Au nom de quel intérêt supérieur de l'Etat le gouvernement a-t-il engagé une telle médiatisation de cette opération qui se retourne aujourd'hui contre lui?
La démocratie doit se défendre, y compris contre ceux qui la contestent par leurs écrits, leur pharmacologie révolutionnaire et, a fortiori, contre ceux qui veulent la «bloquer». Mais elle doit le faire dans le respect du droit et des libertés, sinon elle donne des armes de propagande à ses ennemis. Pour lutter contre le terrorisme, il convient de l'identifier, de l'encercler et de l'éradiquer. Ce qui suppose la vigilance permanente et non la suspicion générale. La Ministre aurait voulu assurer le succès de la diffusion du livre «L'insurrection qui vient» qu'elle ne s'y serait pas prise autrement. C'est la claque de Tarnac!
François Hollande
Image de une: Rachida Dati, la Garde des Sceaux, et Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur. REUTERS/Philippe Wojazer
Mis à jour le 06/10/2010 à 17h24














































"Alors, je cherche les témoins, rencontre les parents, les proches et prends attache avec les élus du coin. Rien qui étaye la thèse du complot."
Vous auriez donc procédé à une contre enquête serrée. Vous pensez que la campagne médiatique serait orchestrée par le gouvernement? Les "sabotages" des lignes sncf en feraient-elles partie d'après vous. Serait-elle une manoeuvre calculée de services complices?
Avez-vous de informations que le secret de l'instruction couvrirait sur le fond du dossier dont vous pourriez nous faire part?
"Il apparaît de plus en plus clairement que la qualification de terrorisme a été utilisée bien imprudemment et que la procédure a été engagée bien précipitamment."
Sur quelles bases étayées cette "apparition" est-elle assurée?
"Pour lutter contre le terrorisme, il convient de l'identifier, de l'encercler et de l'éradiquer"
Cette déclaration martiale s'applique-t-elle aux affaires élucidées ou aux affaires à élucider?
Espérons que vos propos ne tiennent en rien à une quelconque opposition à priori au gouvernement ou à Nicolas Sarkozy.
C’est le risque majeur qui guette tout ministre de l’intérieur. On comprend la jubilation d’un ministre dont les équipes viennent d’arrêter l’ennemi public numéro un, le tueur en série, le bandit Corse ou une nouvelle bande à Baader. La tentation est grande d’anticiper un peu sur la procédure et de s’attribuer les mérites d’une opération d’équipes qui sont au service de l’état et non de celui qui les représente. Mais la botte médiatique pouvant doper la popularité du ministre peut rapidement le déséquilibrer si l’affaire n’est pas suffisamment solide. C’est ainsi que pour Madame le Ministre, le coup de Jarnac, pourrait se transformer en coup de Tarnac.
Si je suis François Hollande dans son analyse , il demeure cependant nul en accord grammatical ....A l'ENA , se souciait-on de l'orthographe grammaticale ? .....Chaque rubrique Hollandesque comporte son lot de fautes ! cherchez la dans " Pas moins de neuf personnes sont mises en examen pour association de malfaiteurs terroristes. Curieusement, compte tenu de la gravité des actes reprochés, cinq seulement sont écrouées, dont celui considéré comme le leader ".... 5 € pour le gagnant !
Pas moins de neuf personnes sont mises en examen pour association de malfaiteurs terroristes. Curieusement, compte tenu de la gravité des actes reprochés, cinq seulement sont écrouées, dont CELLE considéréE comme le leader
Neuf personnes=>féminin pluriel
sont écrouées => féminin pluriel
dont celle => feminin singulier, relatif au mot "personnes", est gramaticalement l'abréviation de : dont "cette personne considérée" comme le leader...
Etant moi-même un très grand pondeur de fautes d'orthographe les plus variées, je serai fier d'être l'heureux gagnant des 5 € :)
A.LUCAS
Pas si sûr si on consulte le Littré au mot "personne"...
Par ailleurs j'ai été plus frappé par des fautes moins subtiles, comme "gène" au lieu de "gêne" ou encore "mettre à jour" au lieu de "mettre au jour"...
Je suis allé faire un tour sur le Littré.
je n'ai pas saisi l'origine de votre doute :
Il y a personne et personne, c'est-à-dire il y a grande différence d'une personne à l'autre.....
Fan de Western, "mon nom est personne" a aussi marqué mon esprit !
Pour une fois, et saluons mon humilité (lol), je ne suis pas loin d'être d'accord avec Hollande! Sur ce coup là, le gouvernement s'est quelque peu fourvoyé...
C'est autre chose qui m'étonne dans l'article du François. Nous sommes à 8 jours des elections européennes et voilà qu'il nous sermone sur le dossier Coupat. Franchement, Mr Hollande, vos chroniques sur Slate ne sont-elles qu'une plateforme anti-gouvernementale ? Ne devraient-elles pas plutôt vous servir à nous entrainer dans une dynamique de vote, d'adhésion au programme du Ps; que sais-je, nous convaincre d'aller voter...
Non, comme à chaque fois, haro sur Sarko et son équipe... Sur vos 12 dernières chroniques, je n'en ai pas trouvé une qui soit un réel point de départ à un véritable débat. Un coup, je tapes sur MAM, u coup sur Lagarde, sur Fillon, sur Dati...
N'auriez vous rien de mieux à nous proposer?
Prenez les chroniques de Copé, sur ses 11 dernières, seule une, la dernière tapait sur un politique. Toutes les autres appelaient au débat et à l'analyse. Il ne s'agit pas présentement de savoir si Copé a raison ou tort. Je constate juste, nombre de commentaires ( en baisse ) à l'appui, qu'à force de taper comme vous le faites sur l'adversaire, vos chroniques, Mr Hollande perdent en acuité et en interêt.
Qui s'en plaindra ?
Dommage cependant, vous me sembliez par votre passé, votre histoire, votre experience de la chose publique beaucoup plus digne d'interêt. J'ai dû me tromper...
A vous lire, si d'aventure, vous aviez quelque chose d'interressant à nous faire lire,
nb: je viens de vous entendre sur Europe1 où vous vous faisiez le chantre des élections européennes, en résumé: "Tous avec moi et le PS, allons voter". La cause est entendue, sur Slate, je tape sur la Sarkozie, sur E1, je fais ce que je peux!
Je suis pleinement d'accord avec vous et comme je l'avais signalé à propos de l'article sur Christine Lagarde, j'ai décidé de ne plus lire les article de François Hollande sur Slate qui sont toujours prévisibles, stéréotypés et ne m'apportent vraiment rien.
Les variations sur un thème sont un exercice très difficile pour être effectués avec talent, n'est pas Beethoven, Bach(JS) ou Mozart qui veut! Je pensais que Mr Hollande connaissait la musique, ce ne semble pas être le cas.
"C'est autre chose qui m'étonne dans l'article du François. Nous sommes à 8 jours des elections européennes et voilà qu'il nous sermone sur le dossier Coupat. Franchement, Mr Hollande, vos chroniques sur Slate ne sont-elles qu'une plateforme anti-gouvernementale ? Ne devraient-elles pas plutôt vous servir à nous entrainer dans une dynamique de vote, d'adhésion au programme du Ps; que sais-je, nous convaincre d'aller voter...
Non, comme à chaque fois, haro sur Sarko et son équipe... Sur vos 12 dernières chroniques, je n'en ai pas trouvé une qui soit un réel point de départ à un véritable débat. Un coup, je tapes sur MAM, u coup sur Lagarde, sur Fillon, sur Dati...
N'auriez vous rien de mieux à nous proposer?"
Dans ses attaques, que vous qualifiez de personnelles, c'est avant tout l'incarnation d'une politique que dénonce François Hollande. J'ai en mémoire sa chronique sur Christine Lagarde. Il me semble que M Hollande y dépeignait une ministre dont l'optimisme déraisonnable servait à justifier l'inaction du gouvernement. L'excès d'optimisme n'est-il pas en effet une trouvaille du gouvernement pour éviter d'avoir à desserrer les cordons d'une bourse vidée par la mise en place du bouclier fiscal, dont on sait que s'il avait été efficace, les pertes de recettes occasionnées par sa mise en place auraient été compensées par les recettes supplémentaires qu'impliquent en théorie le retour sur le territoire national des foyers fiscaux visés par la loi.
Pour ce qui est du programme (et donc des propositions), il existe : je l'ai eu en main à l'entrée du métro la semaine dernière.
Le principe de ne plus lire les articles d'un chroniqueur est purement stérile.
Il faut au contraire les lire pour mettre en lumière les énormités qui peuvent y figurer, pour critiquer et pour donner aux lecteurs un éclairage qu'ils n'avaient peut-être pas découvert. La confrontation des idées est la base de la démocratie. Le boycott est une preuve de faiblesse.
Si je ne devais pas lire ceux qui m'indisposent, il ne me resterait plus que la Bible à feuilleter et encore !
Si encore les articles de F. Hollande m'indisposaient ou me mettaient en rogne, je les lirais avec la volonté d'y répondre. Mais ces chroniques me laissent totalement indifférent tellement elles sont prévisibles, stéréotypées et ronronnantes. Je crois que l'ancien secrétaire du PS confond Slate avec une feuille interne de son parti à tel point qu'on a l'impression qu'on pourrait facilement écrire des articles à sa place sans que personne ne s'en rende compte. Si un jour ce n'était plus le cas, les Slaters me tiendraient au courant et je relirai alors ses interventions avec plaisir.
La faute a donc été trouvée......le pronom relatif comme son nom l'indique " relie " ; il est complément de l'antécédent , du mot auquel il se rapporte et donc placé avant lui ! Ici , il s'agit de "personnes" car l'adjectif "écrouées" est au féminin pluriel .......pour la récompense je paie en pièces jaunes et cuivrées....il ne manque plus que votre adresse !
La faute a donc été trouvée......le pronom relatif comme son nom l'indique " relie "
J'aurai dit "relate".... du verbe relater, ou bien de l'argo "encore une latte dans ta *****"
J'habite dans le sud de la France, a Carcassonne plus précisément.
Connaissant les prix prohibitifs en vigueur de la banque postale,, je pense que vous auriez tout intérêt à me faire parvenir la récompense en billet, plutôt qu'en pièces jaunes : 5€ en pièces de 1c, ça pèse un poids non négligeable tout de même!
Voici mon adresse email : cooluhuru arobase gmail.comAu plaisir de vous lire !
Arrivé à l'évocation des théories de Julien Coupat, j'attendais l'oeil brillant, la main tremblante, le coeur palpitant et le sourire aux lèvres une réponse, je m'imaginais déjà une lutte acharnée, une défense des thèses du PS, un retour sur ce pacte historique évoqué par Coupat, un combat en cinq actes qui n'aurait rien eu à envier à l'ami Rocky, qui aurait envoyé Ali aux oubliettes de l'histoire... Mais bien sûr pas de violence ici, je parlais d'un combat de grandes et petites phrases à inscrire dans le livre d'or de la postérité,
déception donc...