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Stratosphérique Federer

Roger Federer après sa victoire dimanche 8 juillet 2012 contre Andy Murray à Wimbledon. Stefan Wermuth / Reuters

Roger Federer après sa victoire dimanche 8 juillet 2012 contre Andy Murray à Wimbledon. Stefan Wermuth / Reuters

Vainqueur de Wimbledon où il a dominé l’Ecossais Andy Murray en finale (4-6, 7-5, 6-3, 6-4), Roger Federer explose les records. La preuve par les chiffres et les statistiques.

Le sport, c’est un lot d’émotions –et il y en a beaucoup– mais c’est aussi une question de statistiques. Arides et rébarbatives pour certains –ceux qui ne sont pas forcément captivés par le sport dans ses détails– elles se révèlent souvent passionnantes et éclairantes pour les plus mordus (je confesse cette addiction).

Tenter de synthétiser la carrière de Roger Federer, c’est un peu essayer de résumer un bon vieux classique bien épais. Par où commencer? Le début? La fin? Le milieu? En la circonstance, les chiffres valent mieux que les plus longs discours sur l’aventure sportive de celui qui vient de s’imposer à Wimbledon une nouvelle fois, 29 mois après sa dernière victoire dans un tournoi du Grand Chelem. En voici quelques-uns à mémoriser en attendant de les voir évoluer et grossir…

 1Comme la place de n°1 mondial que Roger Federer récupèrera lundi 9 juillet pour la première fois depuis le 6 juin 2010. Cela portera à 286 son nombre de semaines passées à la tête de la hiérarchie internationale, soit le total exact de Pete Sampras, le recordman en la matière depuis que le classement ATP a été créé en août 1973. Dans une semaine, le lundi 16 juillet, le Suisse est d’ores et déjà assuré de passer une 287e semaine dans le fauteuil de n°1 et de s’approprier ainsi un autre record historique. 

7Comme le nombre de victoires qu’il compte désormais à son palmarès à Wimbledon. Sept, c’est encore le record de Pete Sampras et de William Renshaw qui est égalé ici sachant que Renshaw, joueur de la fin du 19e siècle, était automatiquement qualifié à l’époque pour la finale de l’année suivante en tant que tenant du titre.

7 encore. Federer devient aussi le 7e joueur à compter 7 titres dans un même tournoi du Grand Chelem comme Rafael Nadal à Roland-Garros, Richard Sears, Bill Larned et Bill Tilden aux Internationaux des Etats-Unis et donc Pete Sampras et William Renshaw à Wimbledon. 

8 Comme le nombre de finales de Federer à Wimbledon. Du jamais vu dans l’histoire moderne. 8 aussi, comme le nombre de ses demi-finales (logique!) au All England Club où il affiche cette sensationnelle statistique: 24 sets gagnés pour 1 seul perdu (contre Novak Djokovic cette année).

17 Comme le nombre record de titres du Grand Chelem que détient désormais Federer resté scotché à 16 depuis janvier 2010. Il devance nettement dans l’histoire Pete Sampras (14), Roy Emerson (12), Rafael Nadal (11), Rod Laver (11) et Björn Borg (11).

Si on veut le comparer avec les femmes, il n’est plus qu’à un succès majeur de Martina Navratilova (18) et Chris Evert (18), et, plus loin, à cinq de Steffi Graf (22) et à sept de Margaret Court (24).

24 Comme le nombre de finales du Grand Chelem qu’il a désormais disputées avec un ratio favorable de 70% (17-7), six de ses défaites ayant été enregistrées comme Rafael Nadal. Vingt-quatre, c’est encore un record loin devant Ivan Lendl (19), Pete Sampras (18) et Rod Laver (17).

30 Comme l’âge auquel il redevient n°1 mondial, à 30 ans et 335 jours précisément. Mais il n’est pas le plus vieux à avoir occupé ce poste de commandement. Andre Agassi avait eu ce privilège à 33 ans et 131 jours. Avant lui, seuls deux joueurs de plus de 30 ans et de l’histoire moderne s’étaient imposés à Wimbledon: Rod Laver (30 ans et 330 jours en 1969) et Arthur Ashe (31 ans et 360 jours en 1975).

33 Comme le nombre de quarts de finale consécutifs qu’il a désormais joués dans les quatre tournois du Grand Chelem depuis l’édition 2004 de Wimbledon. La dernière fois qu’il a perdu avant ce stade de la compétition, c’était à Roland-Garros, en 2004, au 3e tour contre le Brésilien Gustavo Kuerten. Entre Wimbledon 2004 et l’Open d’Australie 2010, le même Federer avait aligné 23 demi-finales d’affilée en Grand Chelem (autre record ahurissant), la série étant interrompue à Roland-Garros par le Suédois Robin Söderling.

51 Un chiffre anodin en apparence puisque c’est le nombre de tournois du Grand Chelem joués consécutivement par Federer qui n’a pas manqué un rendez-vous majeur depuis l’Open d’Australie en 2000. Douze années pendant lesquelles il n’a donc jamais été blessé au point de devoir déclarer forfait à Melbourne, Paris, Londres ou New York.

Compte tenu du nombre considérable de matchs qu’il a accumulés et qui ont forcément éprouvé son corps, c’est une statistique phénoménale. Il se rapproche du record du Sud-africain Wayne Ferreira (56) –il pourrait l’égaler à l’US Open 2013– et a le Suédois Stefan Edberg en ligne de mire (54).

Autre précision de taille: Federer n’a JAMAIS abandonné lors du moindre match professionnel.

72 Comme les millions de dollars amassés sur le court par Federer depuis le début de sa carrière. Ce total tient seulement compte des matchs joués sur le circuit professionnel en dehors des exhibitions et des nombreux et juteux contrats de marques.

75 Comme le nombre de tournois désormais gagnés par Federer depuis le premier décroché à Milan en 2001. Jimmy Connors (109), Ivan Lendl (94) et John McEnroe (77) le devancent encore.

244 Comme le nombre de victoires qu’il a désormais comptabilisées en Grand Chelem (pour 36 défaites). C’est encore un record qu’il a battu lors du dernier Roland-Garros et qu’il a donc consolidé sur le gazon anglais. Avec 244 succès, il devance Jimmy Connors (233) et Andre Agassi (224).

Yannick Cochennec

 

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