Au bonheur des ingénieurs
Il existe un métier dans lequel vous serez choyé, recruté et bien payé.
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Voulez-vous être attendu, choyé, recruté, récompensé, et même un brin mythifié? Soyez ingénieur. C’est la corporation la plus anciennement protégée de la France moderne: l’Ecole des Ponts et Chaussées a été créée en 1747, le Génie en 1748… Et elle a le vent en poupe. Voilà le meilleur gouvernail pour naviguer en temps de crise. «Vraiment?» s’interroge le bachelier pas tellement galvanisé par les équations différentielles à 2 inconnues. Démonstration.
L’économie est en manque d’ingénieurs, et en cette période de disette d’emplois, s’il est une qualification qui est passionnément recherchée par les entreprises et qui ne connaît pas la crise, c’est bien celle-ci. «Nous ne formons pas assez d’ingénieurs», déclare Christian Lerminiaux, président des directeurs d’écoles françaises d’ingénieur. La France produit bon an mal an 30.000 diplômés et les besoins seraient plutôt de 40.000.
L’édition 2012 de l’enquête BMO (besoin de main d’œuvre, PDF) signale que le projet de recrutements d’ingénieurs s’accélère avec une demande accrue pour le domaine du numérique (informatique, télécoms, internet): une demande qui repart à la hausse après avoir fléchi en 2008-2009 en raison de la crise.
Alors que le taux d’emploi des élèves du supérieur est de 85% trois ans après la fin de leur scolarité, il est de 88% pour les élèves diplômés des écoles d’ingénieur.
source: Enquête 2010 auprès de la génération 2007
Et avantage appréciable, l’ingénieur ignore la détresse de la recherche d’emploi qui s’éternise, puisque presque tous ceux qui se destinent à travailler immédiatement après leur sortie de l’école trouvent un emploi tambour battant dans les deux mois qui suivent —30% à 40% d’entre eux sont même recrutés durant leur scolarité.
Et ce, pour une grosse majorité avec un confortable CDI et un salaire annuel brut de près de 36.400 euros (primes incluses), en augmentation par rapport à l’année précédente, alors que le salaire des premiers emplois incline à stagner.
source: Résultats de l’enquête Insertion des jeunes diplômés, Conférence des grandes écoles, 2012
Près de la moitié de ces premiers emplois, enfin, est située dans une activité «noble»: études, recherche et conception.
Certes, faire carrière pour un ingénieur exige une habileté stratégique. Celui-ci, en effet, ne saurait œuvrer dans la technique toute sa vie. Après avoir approfondi un savoir-faire et pris de plus en plus de responsabilités dans un secteur, il doit à un moment donné, disons 35 ans, savoir déployer de la polyvalence, et manifester des qualités de gestion, y compris de gestion humaine. Comment progresser, gagner en pouvoir et en rémunération, en effet, tout en se détachant d’un savoir théorique? Ce virage, c’est le talon d’Achille du métier, ou en tout cas son héritage historique [1].
Mais n’est-ce pas à mettre au bénéfice de ce métier de devoir développer des aptitudes aussi antagoniques qui mêlent celles du savant, celles du géomètre, celles du créateur et celles du manager?
Cette pénurie d’ingénieurs est stupéfiante alors que la France est le premier pays européen à en former, et plus largement à former des diplômés dans le secteur scientifique –20 % des diplômés de l’enseignement supérieur ont suivi une filière scientifique alors que la moyenne européenne est de 14%.
Est-ce dû au malthusianisme des grandes écoles? Est-ce dû à un manque d’appétit de la part des bacheliers S qui préfèrent bifurquer loin de l’austérité des sciences dures? Est-ce dû à la désaffection des femmes pas toujours bien accueillies dans l’empire des technophiles (les dernières promotions comportent seulement 27% d’ingénieurEs)? Est-ce dû au fait que, dans le maelström du capitalisme mondialisé, les ingénieurs soient moins bien rémunérés en début de carrière que les cadres financiers et commerciaux?
Les ingénieurs français s'exportent
Plusieurs autres pays européens accusent également un manque dans cette profession: en particulier l’Allemagne, qui embauche des ingénieurs de toute l’Europe, mais aussi la Suisse, la Suède, la Belgique et le Danemark. Au total, les ingénieurs français s’exportent: 10% des frais émoulus des écoles d’ingénieur en 2011 ont un contrat de travail à l’étranger avec comme premières destinations la Suisse, le Royaume-Uni et l’Allemagne.
Au-delà de ces considérations strictement matérialistes, l’ingénieur bénéficie du prestige qui a entouré une profession prospérant dans le sillage de l’idéal encyclopédiste des Lumières, et assise sur une sélection sévère par les savoirs académiques. Caractéristique de l’ingénieur français: une scolarité longue (bac +5), qui le distingue bien du monde des techniciens, alors que dans d’autres pays coexistent deux systèmes de formation: «l’un de courte durée, correspondant à une sorte de profil d’ingénieur technicien, le deuxième, plus long, comportant davantage d’enseignement théorique» [2].
Cette formation est auréolée du label de la Commission des titres d’ingénieur qui habilite les écoles, et est soutenue par une myriade d’associations fonctionnant en réseaux. Les écoles d’ingénieur, publiques et privées, se sont fortement développées: leurs effectifs, en vingt ans, ont plus que doublé (52.000 en 1988-1989 à 108.000 en 2008-2009) et 277 unités délivrent aujourd’hui le fameux titre.
Mais l’ensemble est traversé d’un farouche sens du classement, et les écoles historiques, les plus cotées, n’entrebâillent que parcimonieusement leurs portes pour maintenir haut leur réputation (400 places à Polytechnique en 2012). Moyennant quoi, dans les entreprises, les positions hiérarchiques se décalquent sur «la valeur» attribuée à l’école.
Bref, cette profession, par son organisation et son histoire, est particulièrement propice à dégager une image de bien rare, de sérieux et d’utilité au service de la société. Une enquête met en lumière ce qu’on pourrait nommer «l’éthique des ingénieurs»: 87% sont d’accord avec l’idée «que le génie de l’homme permettra de garder la Terre vivable», 67% avec l’idée «que le progrès technique apporte plus de bien que de mal»; enfin, 85% pensent «qu’il faut s’engager pour transformer la société» (Enquête 2011 des Ingénieurs et scientifiques de France, PDF).
Dans l'air du temps
Signe de ce sens de l’engagement, les associations qui chapeautent les écoles d’ingénieur françaises ont envoyé début juin une lettre à François Hollande. Elles lui rappellent «l’importance des ingénieurs dans la société comme acteurs clés de la formation, de l’innovation, et de la compétitivité en vue de réindustrialiser la France». Elles se disent prêtes «à engager des réformes profondes» et «à travailler avec l’ensemble des ministres concernés par la réindustrialisation du pays».
En un mot, à une époque historique où la société entière honnit le monde de la finance, et où la France manifeste une perte de compétitivité désolante, les ingénieurs saisissent l’occasion de faire valoir leurs atouts au service d’une économie de la connaissance et de la production.
Le métier d’ingénieur est dans l’air du temps. L’utilité de ces scientifiques pour doper l’innovation et assurer le redressement industriel n’est pas à prouver. Ils bénéficient d’une image flatteuse, due à leur capacité à savoir manier des savoir-faire hétérogènes –et due aussi au fait, ironie de l’époque, qu’ils travaillent souvent dans l’ombre, or à l’ère de la frivolité communicationnelle, cette discrétion se mue en diamant.
Leur rareté en nombre fait monter en flèche leur cote sur le marché du travail. Vous n’êtes pas convaincu par tous ces arguments? Vous n’avez nullement envie de devenir ingénieur? Tant pis pour vous!
Monique Dagnaud
[1] cf. Les ingénieurs français, Paul Bouffartigue et Charles Gadéa, Revue française de sociologie, année 1997. Retourner à l'article
[2] idem. Retourner à l'article
Mis à jour le 16/07/2012 à 5h49
















































Ingénieur ceci, ingénieur cela. A croire que pour réussir dans la vie, il faut être ingénieur ou avocat.
Mais des diplômés avec un bac+5 (scientifique ou autre...), il y en a plein sur le marché de l'emploi qui ne trouve pas leur place : Les universitaires.
C'est sûr, un universitaire n'a pas fait de Prépa ni de concours. Sa sélection c'est fait au fur et à mesure. De 500 en 1ere année, il n'en reste qu'une 20aine à la fin de son cursus.
Son école n'a pas la parure des écoles d'ingénieurs. Il n'a pas le réseau, et surtout, ses pairs ne le protègeront pas.
Car les ingénieurs sont inévitables et irremplaçables qu'aux yeux des ingénieurs.
Or un "facqueux" est aussi compétent. Capable de plus d'initiative et d'autonomie qu'un ingénieur.
Pour protéger nos bacheliers, plutôt que de les inciter à ne suivre que les études d'ingénieurs (sans précisions de spécialité d'ailleurs), il serait plus intelligent que les recruteurs s’intéressent à "l'ensemble" des diplômés et ainsi permettre aux jeunes de choisir leurs spécialisations.
Car les ingénieurs sont inévitables et irremplaçables qu'aux yeux des ingénieurs.
Une phrase que je n'apprécie guère.. .
Oui l'ingénieur qui a mis en place un système de son concept, mis en place à sa façon, dans un métier qu'il connait. Sera en effet très dur à remplacer ! Ca on ne peut rien y faire.. .
Ingénieur informaticien c'est terrible comme métier, en effet on travaille déjà pendant les études. Et on a le plaisir de regarder quelqu'un qui joue sur un smartphone, avec beaucoup de tendresse.. . ; )
"un "facqueux" est aussi compétent. Capable de plus d'initiative et d'autonomie qu'un ingénieur".
Plus d'initiatives et plus autonome? On peut savoir d'où ça sort?
Il y a une différence de contenu indéniable entre une formation universitaire et une formation d'ingénieur.
Sans dire que l'une est mieux que l'autre, c'est juste pas la même chose.
Le contenu scientifique sera surement plus complet dans un master et la formation à la gestion de projet et au management le sera en école d'ingénieur.
Après il faut se demander pourquoi un industriel recrute un Bac+5 aujourd'hui.
Si je puis me permettre, il me semble nécessaire de nuancer votre propos:
- Les "faqueux", comme vous dites, sont considérés comme des ingénieurs avec un master 2 Pro (l'ex-DESS pour l'ancien système). Ils ont bac+5, ont fait des stages de 4 à 6 mois dans un milieu professionnel, et ont eu une formation en ce sens.
- Par extension, en effet, les universitaires qui titrent un bac +5 MAIS avec un M2 plus axé recherche (l'ex-DEA donc, celui qui précédait la thèse...), sans stage en milieu professionnel (non, faire un stage dans le labo du bâtiment d'à côté n'est pas un stage dans un milieu professionnel) ne sont pas considérés comme des ingénieurs. Ils n'ont pas la formation pour, tout simplement.
le souci principal en fac, à mon sens, est de bien faire comprendre aux étudiants qu'en fonction de la filière qu'ils choisiront, ils auront plus ou moins de mal à être reconnus sur le marché du travail. On peut sortir de la fac et être complètement opérationnel si tant est qu'on ait choisi le bon cursus, celui qui professionnalise. Et on peut être reconnu comme un ingénieur (avoir a minima le statut cadre qui va avec) avec un M2 Pro.
Certes, il existe encore des boîtes en France qui considèrent que seules les écoles d'ingés fabriquent des ingés. Mais cette mentalité tend de plus en plus à changer à s'assouplir au fil des années. Et on peut être un très bon ingénieur sans être passé par les prépas, fort heureusement (et à l'inverse, j'ai des collègues qui sont passés par une prépa... et qui sont très très nuls. Comme quoi).
J'en profite pour répondre à l'article: globalement bien fait, même si les salaires d'embauche sont beaucoup plus variables qu'il le laisse entendre. Emarger à 36 K€ en débutant, c'est beau et c'est loin d'être le cas de tous les ingénieurs.
L'évolution de carrière, telle que présentée, est également plutôt juste: un ingé a 3 choix possibles d'évolution: l'expertise technique pure et dure, le management, et le commercial. Selon ses inclinations et sa personnalité, l'ingé se dirigera vers ce qui lui plait le plus.
Ceci étant, faut quand même savoir un truc: le "prestige" de l'ingénieur - sauf à sortir de X ou de Centrale - tel que nos parents le voyaient, est très surfait de nos jours. Etre ingénieur n'a rien de glorieux, ni de spécial dans la grande majorité des cas. C'est un boulot comme un autre, point.
Vous avez parfaitement raison !
Une belle avancée serait de regrouper les diplômes d’ingénieurs et les masters d'université en un diplôme commun unique.
Notons également que la "consanguinité" des ingénieurs pénalise grandement les entreprises.
Vous fustigez les a priori faits aux facqueux, tout en en faisant d'autres sur les ingénieurs ("Capable de plus d'initiative et d'autonomie qu'un ingénieur."). Ridicule...
Cela réagit pas mal. Tant mieux. Mais j'ai surtout l'impression que les "pro-ingénieurs" sont ingénieurs, et les "pro-universitaires" viennent de l'Université.
Pour ce qui concerne l'autonomie et la capacité d'initiative de l'universitaire, cela vient tout simplement des comportements obligatoires des "facqueux" qui ne sont absolument pas suivis par ses professeurs. Les étudiants ingénieurs étant beaucoup plus soutenus.
En contre partie, les ingénieurs apprennent plus à travailler en équipe que les universitaires.
Pour le contenu de la formation, la différence est franchement faible. Surtout quand les même enseignants forment dans les deux branches (vécu durant ma formation). Et pourtant, avec un contenu identique, l'employabilité n'est pas la même.
"Sans dire que l'une est mieux que l'autre, c'est juste pas la même chose. Le contenu scientifique sera surement plus complet dans un master et la formation à la gestion de projet et au management sera plus complète en école d'ingénieur." Tient, ça tombe bien, c’était l'objectif de ma formation en master pro "chargé de projets...", mais pourtant lors des recrutements, mon diplômes non intitulé ingénieur avait moins de valeurs que celui des ingénieurs dans le même domaine. Et pourtant, j'avais les mêmes professeurs...
Recrutons des diplômés de Master !
Je suis à 100% d'accord avec le commentaire précédent.
L'élitisme à la française devient répugnant !
On manque d'ingénieurs ? Comment se fait il alors qu'avec un Master technique j'ai galéré à trouver un emploi ? à 27ans j'ai enfin un CDI... de technicien !
Et je ne pense pas que les ingénieurs soient mieux formés dans mon domaine (sûreté des procédés) qu'un universitaire...
Si vous voulez un emploi où vous serez surexploité, sous-payé, devenez ingénieur! Surtout en informatique.
Les chiffres donnés se basent sur "un minimum de 30 réponses à l'enquête" : vous croyez que c'est sérieux?
Les seuls ingénieurs bien payés, à part les polytechniciens et centraliens qui quittent l'ingénierie pour le "management", sont les plus de cinquante ans, ceux qui ont commencé leur carrière avant la crise de 1991 qui a vu le début de la dégringolade pour les ingénieurs, avec des embauches, à partir de 1992, à moins de 10.000f par mois pour des gens qui avaient un crédit étudiant à rembourser, non déductible et donc pas droit à des aides au logement...
Le salaire (réel) à l'embauche, s'il s'est "redressé" depuis, n'a d'ailleurs toujours pas augmenté depuis 1990, au contraire du coût de la vie... et les augmentations, derrière, ne suivent pas.
Trustmanu, ne vous bercez pas d'illusions : les ingénieurs diplômés des grandes écoles "du bas du tableau" (qui a tendance à concerner de plus en plus d'écoles) ne sont pas recruté à des conditions plus favorables que les diplômés d'universités, et je ne parle pas là que de l'UTC et de l'UTT. Sauf peut-être dans le secteur public.
Pas étonnant que ce secteur suscite de moins en moins de vocations...
C est pas parce qu on vous donne des chiffres qui semblent mirifiques qu il faut s extasier et oublier de mettre en marche son cerveau.
Ne voyez vous pas d ailleurs de contradiction dans votre texte ?
La France semble manquer d ingenieurs, qui sont grassement paye d apres votre article, mais 10 % d entre eux quitte la France...
Pourquoi donc ?
Pourquoi nous sommes nombreux a Francfort ? parce que contrairement a ce que vous ecrivez, ce n est pas si bien paye (35 Ke c est 2200 €/mois, autrement dit 50 % de votre salaire part en loyer en region parisienne, quasiment la seule region qui embauche en france), qu en France vous allez travailler 60 h/semaine (contre 38-39 h ici) ,que la vie est moins chere.
Cerise sur le gateau, en France la technique est meprisee, la seule voie pour faire carriere c est de faire du management ou du commercial/finance
Conclusion: vous etes ingenieur -> quittez la France. Vous etes encore etudiant et vous voulez rester en France, faites autre chose (medecine, finance)
Sauf qu'a l'etranger, le titre d'ingenieur n'existe pas. Et en Asie en tout cas, les "engineers" qui se rapprochent de nos "ingenieurs" au moins par le terme, sont des techniciens tres peu payes, les aspects techniques sont tres peu valorises, malheureusement.
Donc a moins de travailler pour une societe Francaise a l'etranger, le risque d'avoir des surprises est reel et le choc culturel est certain. Et personne ne connait "X", "Supelec", "Central" ... (par contre tout le monde connait Stanford, Yale, Todai etc.).
Petite anecdote, la mesaventure d'un polytechnicien a Singapour qui expliquait qu'il avait fait polytechnique et qui comprenait pas pourquoi les Singapouriens ne valorisaient pas son cursus: a Singapour, il y a un certain nombre de "poly" qui sont en fait l'equivalent de nos IUT/DUT...
un "facqueux" est aussi compétent. Capable de plus d'initiative et d'autonomie qu'un ingénieur".
Plus d'initiatives et plus autonome? On peut savoir d'où ça sort?
Il y a une différence de contenu indéniable entre une formation universitaire et une formation d'ingénieur.
Sans dire que l'une est mieux que l'autre, c'est juste pas la même chose.
Le contenu scientifique sera surement plus complet dans un master et la formation à la gestion de projet et au management sera plus complète en école d'ingénieur.
Après il faut se demander pourquoi une entreprise recrute un Bac+5 aujourd'hui.
Il faut noter quelques chose de très spécifiques aux ingénieurs et surtout à leur écoles, ce sont leur Association d'anciens élèves.
Si les écoles n’entrebâillent que parcimonieusement leurs portes (sic), les ancien élèves en place dans des entreprise verrouillent les entrées dans ces mêmes entreprises au profit des leurs seules écoles.
Conséquences : toutes personnes ne faisant pas parti de leur école, comme d'autres écoles d’ingénieurs, d'autre formations équivalentes (universitaires par exemple), des personnes n'ayant pas de diplôme d'ingénieur mais ayant parfois 20 ans d'expérience et qui pourraient y prétendre..... et bien ces personnes sont purement et simplement ignoré et snobé.
De très grandes entreprises sont ainsi "vérolées" par des associations d'anciens élèves.
J'oserai dire que la pénurie d’ingénieur, c'est comme pour les médecins généraliste, elle est organisé par et pour ces mêmes ingénieurs
Vous décrivez une pratique vraiment marginal qui n'a plus court dans toute les entreprises s'étant doté de vrais département de ressources humaines.
D'après votre théorie si une nouvelle école d'ingénieurs se crée alors aucun diplômé ne pourraient trouver de travail?
C'est évidement faux.
Vous croyez vraiment qu'une personne ayant 20 ans d'expérience ne serait pas recruté face à un jeune ingénieur si il demande tout deux la même chose? C'est vraiment mal connaitre le monde industriel de penser ce genre de chose.
Avant que vous me répondiez que c'est arrivé au frère de votre cousin par alliance ou même à vous même je vous répondrez qu'un exemple ne fais pas une généralité.
M.E
J'ai pas besoin d'aller chez mon voisin pour le savoir, car je suis moi même à la recherche d'un emploi depuis 2 mois, et connais tout aussi bien que vous le monde de l'industrie dans lequel je TRAVAILLE depuis 15ans cher Monsieur.
J'affirme et assume complètement ce que j'ai écris, et les propos des commentaires vont complètement dans ce sens.
Vos conclusions hâtives, ressemblent fortement au conclusion des cabinets de recrutement en particulier, à savoir : faire une conclusion sans savoir qui est vraiment l'autre
Mes conclusions hâtive?
C'est vrai qu'affirmer que tout les ingénieurs forme un complot pour empêcher les diplômés universitaire d'avoir un emploi c'est très mesuré comme propos.
Sinon vous ne répondez ni à ma question sur le fait que les diplômés de nouvelles école trouve tout de même des emplois ni sur le fait qu'une entreprise recruterai un jeune ingénieur sans expérience face à un cadre qui en aligne 20.
Répéter la même chose avec des majuscule n'est pas un argument.
Je suis jeune ingénieur et le corporatisme que vous décrivez n'est pas la norme d'autant plus que le recrutement est rarement entre les mains des ingénieurs.
Monsieur,
Un débat avec vous doit être très constructif...
Je n'ai jamais parlé de généralités.
Décidément, vous êtes très fort pour toujours faire des conclusion hâtives, mais si cela peut rassurer votre ego, vous avez raison Monsieur.
"Je n'ai jamais parlé de généralités" et bien relisez vous, je ne vois pas une seul nuance dans votre commentaire.
Je vous ai donné deux contre exemples et vous prenez bien soin d'éviter d'y répondre.
Mais je vous en pris il est encore temps.
- Il y'a ceux qui n'ont que l'objectif de la carrière à la bouche. Ceux qui veulent changer d'entreprises au bout de 5 ans, partir à l'étranger pour progresser dans la boite, faire jouer son réseaux, etc...
- et il y'a ceux qui ont compris. Compris que depuis la prépa tout le monde vous a fait croire au monde mythique décrit par l'article; que tout n'est là que pour vous faire croire que vous avez réussi. Mais la vérité est celle décrit par RT: pas de salaire exceptionnels, pas de reconnaissance de l'entreprise (l'ingénieur est interchangeable comme une cartouche d'encre; c'est l'intérêt du formatage des grandes écoles), pas de limite à la somme de travail (vive le forfait jour pour les cadres; ça permet aux entreprises d'oublier les 35h) et comme les techniciens sont aux 35h on prend un ingé pour faire le même boulot ça coute moins cher.
Je suis ingénieur diplomé d'une des 5 grandes écoles d'ingénieurs des classements et je parle en connaissance de cause par rapport à tout mes "camarades" de promos.
D'après ce que je peux voir le problème est le même pour les diplomés de l'université, sauf qu'ils ont plus de mal à trouver le même boulot.
Bon courage à tout les ingénieurs/diplomés de l'université...
De mon coté, j'ai changé d'orientation, je fais mes bagages et je me casse vers de meilleurs horizons dans pas longtemps pour vivre vraiment....
Madame, je pense sincèrement que vous ne connaissaiz rien au sujet que vous prétendez traiter. Ou pire, que vous servez de prète nom à M. Manou Mani ou autre pointure du Syntech, vu que votre discours correspond parfaitement à celui de ces gens là. Je vous aurais bien renvoyé au site "notetonentreprise.com", s'il existait encore. On sait très bien qui l'a fait fermer, et pourquoi. Altran, Assystem ou Alten (entre autres) étaient très mal notées, sauf quand une note passait pour dire au managers de mettre des commentaires positifs. Et là, en une semaine, il y avait une dizaine de notes positives d'affilées...
La pénurie d'ingénieurs et le monde idyllique qui est décrit aux étudiants me rappelle les raisins de la colère: au début, dans l'Oklahoma, il y a des prospectus parlant de manque de main d’œuvre dans les fermes Californiennes, un mode de rève,... Mais quand les Joad y arrivent, ils déchantent. Les ingénieurs sont pris en main par des marchands de viandes, dans des sociétés au turnover très important (plus de 15% de démissionnaires par an), d'ou le besoin permanent de viande fraiche. Le plus souvent, ce sont des démissions ou des licenciements déguisés en fin de mission, mais quelques fois il faut aussi remplacer ceux qui se sont suicidés. A chaque fois, la réponse à la question "pourquoi celui avant moi est parti" amène la même réponse: "il a voulu passer à autre chose". J'ai ainsi remplacé un type hospitalisé pour dépression. Un an après, je faisais pareil. Et mon successeur a eu droit au même discours. Il n'y a pas de temps de travail défini, tout le monde est au forfait, les heures supplémentaires sont facturées au client, engraissent le manager et toute la hiérarchie de la SSII, sauf celui qui a fait le boulot: je n'ai jamais vu un ingénieur se faire payer ses heures supplémentaires ou pouvoir les rattraper en jours de congés en France.
Si j'ai un conseil à donner aux futurs ingénieurs, ne négligez pas les langues étrangères. D'ailleurs, contrairement à ce qu'on dit, les français ne sont pas mauvais en langues étrangères. Seulement, l'Allemagne, le Canada, l'Australie ou la Chine sont nettement plus attractifs que la France, quand on arrive à s'y débrouiller...
Pour ceux qui seraient curieux, je les renvoie aux classiques: http://maviedepresta.blogspot.de/ , http://l.berthier.free.fr/le_livre_noir_du_consulting.pdf et, plus actuel, le travail du journaliste Nicolas Sené: http://revolutionsociale.wordpress.com/ . Bonne lecture!
La seule raison pourquoi les ingenieurs ne bossent pas en france est comme il a ete dit dans les commentaires. Nous vivons dans un pays ou les managers sont mieux paye que les ingenieurs. Tout simplement stupide. Un singe pourrait etre manager il suffit denvoyer des mails planifier des meetings cliquer sur un bouton excel. Loin de la technicite et difficultee du metier dingenieur..... Et pourtant le manager sera paye enormement plus. Ridicule... Envoyer un manager a letranger il sera paye moins qu un france et devra faire ses preuves. envoyez un ingenieur bon techniquement avec solide background aux usa il se fera facilement 100 000$ sil a quelque annees dexperience. et bien dautres avantages.
J'ai l'impression que le débat "formation école d'ingénieurs / formation universitaire" est mal posé (ou mal compris). Si les ingénieurs sortant des écoles sont mieux valorisés sur le marché du travail que ceux sortant de l'université, cela n'a rien à voir avec la formation en elle-même (celle-ci ne joue, à mon avis, aucun rôle) mais uniquement parce qu'il s'agit de filières sélectives sur concours. Plus une école est sélective, plus elle sera bien cotée, non pas parce qu'elle donne une meilleure formation mais parce qu'elle sélectionne les meilleurs étudiants. Ce qui compte, ce sont les capacités intrinsèques des individus, et non les connaissances qu'ils ont ingurgité de façon mécanique : ce qu'il faut, c'est que le système permette d'identifier les meilleurs et les moins bons. Si les gens qui sortent de Polytechnique, par exemple, sont très recherchés, ce n'est pas forcément par que la formation est meilleure, c'est parce qu'ils étaient déjà très bons en y entrant. Si Polytechnique recrute 400 étudiants par an, vous pouvez être sûr qu'il s'agira à peu près des 400 meilleurs étudiants scientifiques de cette classe d'âge, et qu'ils pourront s'adapter partout, quelle que soit la formation ou le domaine d'activité. La fac, au contraire, recrute avec le niveau bac, c'est-à-dire celui d'un diplôme qui ne vaut rien puisqu'il est donné à 80 % d'une classe d'âge, et les diplômes universitaires sont ensuite sanctionnés par un examen (par définition non sélectif) et non par un concours. Si vous faisiez entrer à Polytechnique des étudiants avec un niveau de fac, il est évident qu'ils sortiraient de l'école avec un niveau de fac et non avec celui des Polytechniciens actuels. A l'opposé, même si une formation de fac est très bonne en elle-même, le simple fait que les étudiants qui y entrent ne sont pas sélectionnés et ont un niveau moyen fera que le diplôme sera moyennement coté.
Plus une école est cotée, plus elle sélectionne les meilleurs éléments et moins ce qu'on y apprend a d'importance : en sortant d'une école d'ingénieur en bâtiment pas mal trop mal cotée, certains pourront par exemple faire de l'audit même si ils n'ont eu aucune formation préalable dans cette matière, tout simplement parce que l'entreprise recherche chez les candidats un niveau général, une capacité d'adaptation et non des connaissances apprises en cours (qui, de toute façon, sont vite oubliées).
La formation d'ingénieur n'a rien de transcendant (pour parler de mon expérience personnelle) : seules les deux années de prépa préalables permettent d'acquérir des connaissances rigoureuses en maths et physique car on a le temps de bien définir et approfondir les choses (des connaissances qui, ensuite, ne serviront plus à grand-chose). Une fois que l'école est intégrée à l'issu des concours, on est assuré d'en sortir au bout de trois ans en fournissant un effort minimal : la formation est très encadrée et l'apprentissage se résume à un simple "bachotage" mécanique : une formation généraliste (des matières scientifiques mais aussi des rudiments de langue, de droit, de communication, etc.) qui fait que beaucoup de choses sont survolées et donc vite oubliées. Il faut certes maîtriser les matières scientifiques mais à part ça, aucune ouverture d'esprit particulière, aucune façon de réfléchir originale, aucun esprit d'initiative n'est requis ni enseigné durant cette formation ; ce sont des choses qui, au contraire, dépendent de la personnalité des individus et ne s'apprennent pas en cours.
Ingénieur, en France, c'est presque un titre de noblesse...
On te considère tout de suite comme plus (plus beau, brillant... tu brille en société avec ça !)... c'est grisant !
Maintenant, il y a aussi le problème du corporatisme !
Pour y entrer, c'est galère ! La CTI déclare à l'encan qu'elle seule peut habiliter des écoles d'ing'. Et les étudiants qui sortent de ces écoles déclarent "je suis ing' ! Toi, t'as pas fait centrale ? Ah, tu viens de l'univ... donc t'es pas ing' !" alors que ta formation vaut tout à fait celle d'une école d'ingénieurs de base !
Certes, je ne dit pas que le Master X de l'université Y vaut Polytechnique ! Ces gars là savent faire de tête un log... Mais en revanche, il vaut largement un gars issu par exemple de l'ESTP (école d'ing' de réference du BTP, d'ailleurs, on m'a dit qu'ils faisaient plus que du management maintenant !).
Donc un peu moins de corporatisme ! Ingénieur n'est pas seulement un titre, c'est surtout des compétences, un état d'esprit, des capacités d'abstraction, des capacités à intégrer des savoirs !
dont l'art est d'endormir les "collaborateurs" naifs.
1er constat: Aujourd'hui faite une recherche sur le site de l'APEC avec comme seul critère de recherche "salaire > 80k€". Résultat: ingénieur info SAP/ERP ou info sécurité bancaire ou ingénierie financière.Par contre pour les autres il faudra vous contenter d'un petit 35-40 voire 45k€ (avec 10ans d'exp. et anglais+autre langue étrangère demandée)
Second constat: en 1960 une majorité de X polytech choisissait de faire carrière dans la recherche ou les grandes industries françaises.
depuis 2000 environ la majorité part dans le monde de la finance. A votre avis pourquoi ?
La seule chose qui compte désormais c'est le fric, or le temps c'est de l'argent et pour sortir des concepts techniques innovants il faut du temps et beaucoup plus que pour décrocher un contrat de pls millions... A l'aune de ce seul critère financier de rentabilité (euros gagné/temps dépensé) l'échelle de valeur des compétences est toute tracée.
L'ingénieur est devenu un technicien et à l'heure où l'industrie (et ses ouvriers) se meurt dans notre pays il se retrouve bel et bien à la base de la pyramide. Il est l'ouvrier des temps modernes de nos économies malades. je n'ose même plus décliner ma profession dans les soirées de la capitale si je ne veux pas finir la soirée seul sur le divan avec l'étiquette "has been". Si on me le demande je suis acteur de théatre, artiste ou intellectuel (uniquement en sciences humaines j'entends)cela ne paie pas mieux mais cela fait rêver au moins.
En France les ingénieurs sont maltraités et ont en grande majorité des salaires ridicules qui leurs permettent à peine de vivre, d'où cette volonté pour la plupart de vouloir rejoindre bon gré mal gré la cohorte de commerciaux et managers dont notre pays raffole. J'appelle cela "la revanche des nuls en math": plusieurs 0 dans la jeunesse à l'école mais également pas mal de 0 sur la fiche de paie quelques années plus tard...Alors à quoi bon se farcir les équa diff (en encore si ce n'était que ça!)
Et ne parlons pas du mode managérial à la française complétement surrané avec une hiérarchie pesante et où la prise de risque est à banir du vocabulaire. Avec en prime réunionitte aigue renforcée assurée...
En deux mots pour finir, j'ai une formation d'ingénieur en physique doublé d'un parcours universitaire et je regrette vraiment de ne pas être parti dans un de ces pays (USA, Allemagne, Finalnde) où l'art et la création technique signifie encore quelque chose.