Photomontages de fœtus: de mauvais goût, mais pas que
Se coller une photo de fœtus sur le ventre n'est pas juste bizarre. Cela nuit aux droits des femmes.
- Photo via Missa Cherie -
Les femmes enceintes et les médias qui suivent de près les dernières tendances en matière de grossesse ont eu de quoi s’occuper ces derniers temps. Il y a d’abord eu cet article du New York Times sur les sages-femmes. Jusqu’ici accoucheuses de choix des écolos, elles figurent désormais dans la panoplie de toute future maman branchée.
Et puis il y a eu cet autre papier du Times sur l’émergence du métier de photographe de naissance –un professionnel qui immortalise tout, ou du moins tout ce que la mère lui demande, depuis un coin consacré, et pas très confortable, de la salle d’accouchement.
Mais si vous voulez être plus enceinte qu’enceinte, le Daily a ce qu’il vous faut: certaines femmes réalisent des montages photo en collant leurs échographies sur des clichés glamour de leur ventre nu. (Souvenez-vous de la célèbre photo de Demi Moore enceinte en couverture de Vanity Fair, si souvent imitée. Et maintenant, imaginez le ventre lisse et bronzé de Demi Moore avec un fœtus dessus.)
En réaction à cet article, le site Jezebel a, très justement, créé un Blingee (une image personnalisée avec des animations, des paillettes). Il l’a appelé «kewl fetus» (fœtus cool). Mais visiblement, d’autres prennent cette histoire un peu plus au sérieux. Ces photomontages de ventres de femmes enceintes sont-ils morbides? Répugnants? Jolis? «Cela fait débat», explique, dans l’article du Daily, une photographe qui en réalise pour ses clientes. Est-ce que c’est de l’art? La traditionnelle question fait causer sur Facebook.
Morbides? Répugnants? Jolis?
Il est certes exagéré de dire que cette chose sur Internet est une tendance. Mais ça donne à réfléchir. Plus nous considérons les fœtus comme des êtres humains –en les incluant sur nos photos de famille, en les taguant sur nos murs Facebook, en leur créant leurs propres comptes Twitter– plus il sera difficile de dire qu’ils n’en sont pas quand viendra le prochain amendement pro-vie et que législateurs et activistes prétendront que «l’enfant non encore né» dans le ventre d’une femme enceinte devrait avoir les mêmes droits que ceux qui vivent parmi nous.
Chacun a bien sûr le droit de célébrer l’arrivée de son futur enfant comment il en a envie –et si nous ne sommes pas du genre à coller notre échographie sur la photo de notre ventre, c’est peut-être simplement parce que les têtes écrasées sur les échographies 3D avec lesquelles nous ressortons des cabinets de nos gynécos pourraient souvent avoir comme sous-titre «Benjamin Franklin un très mauvais jour».
N’empêche, attribuer en public, sans y prêter attention, des caractéristiques humaines à des fœtus qui ne sont pas encore humains –y compris inclure un embryon de la taille d’un avocat dans un portrait de famille– ne semble pas la meilleure façon de s’opposer à ceux qui veulent que cet avocat soit traité comme un membre de notre grande famille collective américaine.
Notre conseil: si, par exemple, vous n’êtes pas d’accord avec ce mouvement qui voudrait que les femmes surprises en train de fumer de l’herbe soient plus sévèrement punies si elles sont enceintes, s’il vous plaît, n’allez pas ajouter un joint sur votre échographie pour ensuite coller ce montage sur votre ventre avec Photoshop. C’est juste de mauvais goût.
Allison Benedikt
Traduit par Aurélie Blondel
Mis à jour le 10/07/2012 à 6h38
















































Quelle contradiction !
Mon corps adulte (j'ai 40 ans cette année) est passé par la phase embryonnaire et fœtale, il s'agit du même corps. Si j'ai la nature humaine aujourd'hui, c'est que je l'ai toujours eue, et cela dès ma conception.
Cessons ces sottises et ces incohérences... Pourquoi ne pas dire, tant qu'on y est, que la couleur du cheval blanc d'Henri IV n'est pas blanche ?
Bonjour,
La mère est tout à fait libre de traiter l’être qui vit en elle comme son enfant, et cela en dehors de considération juridique ou autres valeurs relatives et superficielles. En fait, je pense que personne n’a le droit de remettre en cause le caractère humain de l’embryon, et encore moins de stigmatiser les mamans qui les voient comme tels.
Merci pour l’article
Euh... vous êtes le/la seul-e ici à vouloir rouvrir le débat : l'embryon n'a pas le statut d'être humain, point à la ligne. Et une femme qui fait une fausse couche (ce qui m'est arrivé l'année dernière, je sais donc de quoi je parle) vit peut être une épreuve douloureuse, mais qui n'a RIEN à voir avec la mort d'un enfant.
Une graine n'est pas un arbre, un têtard n'est pas une grenouille, une chenille n'est pas un papillon et un embryon n'est pas un être humain. C'est un amas de cellules qui porte en lui la possibilité d'un humain, si la femme qui - elle-même - le porte décide de mener la grossesse à terme.
Ah, j'ajoute que malgré toute notre colère et tout notre désir de vengeance (que je partage, croyez-le), un chauffard qui renverse une femme enceinte, si celle-ci survit mais perd le foetus qu'elle portait, ne peut et ne doit pas être coupable de meurtre.
Blessures entraînant un préjudice physique et moral particuliers, discutons-en, mais, meurtre, non.
Ce commentaire s'adressait bien sûr à FaZahra !
Bonjour Coppelia,
Je suis allée un peu fort en déclarant « personne n’a le droit… ». Je ne dois pas imposer mon opinion. Cependant, même si je respecte la vôtre, je n’y adhère pas.
Comment jauger objectivement la valeur d’une vie ? Ou même, en existe-t-il qui valent plus que d’autres ? Vos arguments sont : « une chenille n’est pas un papillon » et « C'est [embryon] un amas de cellules qui porte en lui la possibilité d'un humain ». Je ne comprends pas en quoi vos arguments démontrent la chosification éventuelle de l’embryon.
Sur quelle définition de la vie vous basez-vous pour affirmer que la chenille et le papillon ne sont pas le même être et que l’un vaut plus que l’autre ? Est-ce une question d’apparence (c’est un délit de faciès alors)?
Vous qualifiez l’embryon d’amas de cellules. Cela signifie-t-il que le nouveau-né, qui est aussi un amas de cellules, possède un petit plus que l’embryon ne possède pas ? Quel est alors ce petit plus (âme, conscience, esprit…) ?
Vous parlez de l’embryon comme d’une chose (que serait-ce sinon ?) qui porte en elle la possibilité d’être humain. À quel moment de la gestation, le pilote automatique de cette chose laisse-t-il place à l’être humain ?
Vous savez, je ne conteste pas le droit à l’IVG : si la gestation à terme est fatale pour la maman et/ou pour le bébé, c’est une bonne nouvelle que le droit à l’IVG existe. Simplement et sans avoir d'absolues certitudes, je m’interroge sur la nature du vivant et sur les droits et devoirs que nous avons envers lui. Aussi, je pense avoir toute légitimité à ne pas accepter des arguments qui ne sont basés sur aucune logique ou preuve scientifique.
Ce n’est pas mon intention d’ouvrir un quelconque débat, d’ailleurs, le débat en question n’a jamais été clos. J’expose simplement mon opinion et suis ravie de découvrir la vôtre ou celle de tout autre citoyen.
Bon courage.
Pour moi, un foetus est bien sûr un être humain, dont le coeur bat déjà, qui bouge et commence à s'animer.... Et un embryon en est l'ébauche, mais a déjà TOUT pour le devenir, tous les gènes sont déjà là... Mais ce qui me choque dans la rédaction de l'article est le potientiel "danger" de faire réfléchir les gens sur le fait que l'embryon ou le foetus puisse être humain... Se faire tagger la photo, je ne le ferai pas, mais je ne considère pas ça comme un danger pour la société, mais au contraire un moyen de faire réfléchir les gens sur "où commence la vie?".
pour Coppelia :
Désolé de vous décevoir, un têtard est bien de l'espèce de la grenouille, il ne donnera jamais une tortue, une chenille ne fera pas un oiseau, est un embryon humain (c'est bien comme celà que c'est appeler par la science etc ne deviendra jamais un singe ou autre, mais un humain (vivant ou mort selon le choix de quelqu'un ou les circonstances)).
Je sais que beaucoup de gens ont peur que les droits à l'IVG se perdent, mais avorter, c'est tuer un embryon ou un foetus. un humain non encore né, ou un futur humain. C'est un fait, c'est aussi un droit, mais hélason a besoin de se donner bonne conscience, donc on trouve plein d'excuse ou théorie. C'est un droit, on peut le faire, mais ne disons pas que ce n'est pas tuer un futur être humain!
Salutations
pourquoi considérer un fœtus comme un être humain alors cette étape de la vie ne compte pas dans le décompte de l'age d'un être humain. on toujours tendance à dire après la naissance que tel enfant à un mois pourquoi pas dire un mois un neuf mois ou dix mois?
C'est vivant, c'est le résultat de la rencontre de deux cellules humaines, ça va devenir un homme... donc c'est humain.
On pourrait en effet dire d'un bébé nouveau-né qu'il a neuf mois (ou huit, ou sept, ou six s'il est grand prématuré)mais par convention on compte les mois à partir de la naissance. Cela n'enlève rien à l'humanité de l'embryon. De même qu'une graine de rosier est un rosier, évidemment. Un rosier au stade embryonnaire. De même qu'un enfant est un humain, autant qu'un adulte.