Life

Pourquoi les musiciens font rêver les filles?

Pierre Ancery et Clément Guillet, mis à jour le 20.10.2016 à 17 h 49

Les six raisons pour lesquelles vous ne pouvez pas lutter avec eux question drague.

Des fans de Tokio Hotel lors d'un concert à Madrid, en juin 2008. REUTERS/Andrea Comas.

Des fans de Tokio Hotel lors d'un concert à Madrid, en juin 2008. REUTERS/Andrea Comas.

L'été arrive, avec son cortège de feux de camp sur la plage, de danseurs de capoeira au corps huilé et, bien sûr, de guitaristes occasionnels qui tenteront de séduire toute femelle entrant dans leur périmètre vocal à grands coups de Wonderwall et de No Woman, No Cry.

Une parade nuptiale qui peut faire sourire, mais que vous auriez tort de sous-estimer. Car depuis le temps, il convient de se rendre à l'évidence: la musique, ça marche pour pécho. Si à leur époque les castrats suscitaient l'adulation du sexe opposé et si Liszt mettait en transe le public féminin chaque fois qu'il jouait du piano, ce n'est pas un hasard.

Quel que soit leur niveau technique, leur beauté physique ou leur degré de notoriété, les musiciens ont toujours eu une longueur d'avance non seulement sur l'employé de bureau, mais aussi sur la plupart des autres catégories d'artistes (écrivain, plasticien, sculpteur...). Pas besoin d'être une star: le simple fait de jouer de la musique confère un surplus de grâce au plus boutonneux des ados en train de bredouiller ses trois accords de reggae.

D'où vient ce sex-appeal? Nous avons enquêté: voici les six raisons pour lesquelles des types au faciès aussi heurté que Serge Gainsbourg ou Shane MacGowan ont vu défiler plus de filles dans leur lit que n'importe quel bellâtre du tertiaire, fût-il un pick-up artist chevronné. Il ne vous reste plus qu'à essayer de les imiter.

Shane MacGowan, le chanteur des Pogues: dents de plâtre mais voix d'or. Redadeg via Wikimedia Commons.

1. Ils ont plus de doigté

Jimi Hendrix jouait de la guitare avec sa langue, Elvis se déhanchait frénétiquement, aujourd'hui ce sont Justin Timberlake ou les membres du boys band One Direction qui excitent les adolescentes avec leurs chorégraphies millimétrées. A la différence des écrivains ou des peintres, les musiciens, durant leurs prestations, donnent en spectacle un corps avec lequel ils semblent parfaitement à l’aise.

Si les chanteurs ont l'apanage de la performance physique (pas de danse, saut dans la foule, poses christiques), les autres musiciens séduisent par leur très suggestif doigté. Ainsi, au XIXème siècle, Liszt mettait le public féminin en transe par la virtuosité de son jeu de piano. Gainsbourg l'explique dans cette vidéo, à propos des pianistes de bar: «Leurs mains délicates promettent des nirvanas.»

2. Ils sont (censés être) plus créatifs

Le musicien incarne à la perfection le mythe moderne de l'homme libre: toute son activité est tournée vers la création et l'expression de soi, sans que la contrainte des horaires de bureau ne vienne interférer dans ce processus. Pendant que le reste de l'humanité se prend la tête avec des concepts abscons du genre «contrat à durée indéterminée» ou «fiche de paie», ce fier Albatros plane au-dessus de la mêlée et fait ce qu'il veut. S'il vous drague, ce n'est pas un besoin, mais juste une envie.

Résultat: jouer la carte du musicien reste une valeur sûre en soirée (mais pas chez le banquier). Dans certains cas, c'est presque aussi efficace que de glisser du GHB dans le verre de son interlocutrice.

Pourtant, tout le monde sait que cette histoire de créativité est bidon. Dans les faits, mieux vaut avoir l'air créatif que l'être vraiment. La preuve, aucune fille n'a jamais lancé son soutien-gorge sur Steve Reich ou Arvo Pärt: ces types ont beau s'y connaître cent fois plus en composition que n'importe quel chanteur pop, ils sont anti-sexy au possible. Un pur cerveau n'a rien d'excitant.

En matière de charisme et de succès féminins, l'interprète prend souvent l'avantage sur le compositeur, tout comme le réalisateur se fait en général doubler par l'acteur. L'image et la présence physique l'emportent sur l'inventivité, sinon les groupies tomberaient direct dans les bras des écrivains, des poètes, et des journalistes web. Autant de catégories condamnées à la misère sexuelle, simplement parce que des enfoirés de DJ incultes leurs piquent toutes les filles.

3. Leur art s'adresse au cerveau reptilien

Le pouvoir émotionnel de la musique n'est pas nouveau: les publicitaires, les cinéastes, les chefs militaires et les mamans s'en servent depuis belle lurette. Pourquoi la musique nous touche-t-elle autant?

Dans son livre De la note au cerveau, le neuroscientifique américain Daniel Levitin explique que, grâce à l'imagerie cérébrale, on a découvert que si la musique sollicite presque toutes les régions du cerveau, les émotions qu'elle génère impliquent surtout des structures au cœur des régions primitives du vermis cérébelleux et des amygdales  –le siège des émotions dans le cortex.

Autrement dit, la musique est en contact direct avec nos émotions les plus archaïques, celles qu'il est impossible de contrôler. A l'inverse, le langage fait davantage appel aux structures supérieures de notre cerveau, plus «rationnelles». Bref: il est plus facile de manipuler les sentiments avec une guitare ou une belle voix qu'avec des idées. La musique ne dit rien, mais elle peut tout sous-entendre, d'où l'avantage du musicien sur le baratineur. 

4. Ils sont transgressifs

Laisseriez-vous votre fille sortir avec Chris Brown? On vous le déconseille, cela dit le mythe du bad boy a la peau dure et on en compte des dizaines parmi les musiciens. Homme libre, le musicien s’est aussi affranchi des règles sociales pour tracer son propre chemin. Drogues, sexe et alcool: le rock en particulier a longtemps été considéré par l'Église comme la musique du Diable. Quoi de plus attirant qu'un groupe que votre mère vous a interdit d'écouter? Du jazzman drogué au gangsta-rappeur, chaque style comporte son lot de mauvais garçons.

C'est même devenu banal: en effet, nul besoin désormais de décapiter des chauve-souris sur scène comme Black Sabbath ou d'y montrer ses parties génitales comme Iggy Pop. La transgression est devenue la norme et dans un milieu où les vrais subversifs sont devenus rarissimes, le simple fait d'avoir l'air rebelle marche toujours auprès d'une certaine frange du public féminin avide de mystère, d'aventure et de tatouages bon marché.

Veste en jean, lunettes noires, regard provocant: ce jeune beatnik manifeste son insoumission aux règles les plus élémentaires de la vie en société. REUTERS/Jason Redmond.

5. Ils ressemblent souvent à des stars

Le succès en général amène souvent le succès sexuel. C’est d’autant plus vrai pour la musique qui est, avec le cinéma, l’art le plus populaire. Mais même si vous n’êtes qu’un musicien de seconde zone, ne désespérez pas: piquer les attributs d’une star vous permettra de vous façonner une aura à peu de frais. Quelques accessoires suffisent parfois pour ressembler à un musicien plus connu: une coupe de cheveux néo-romantique pour se donner un genre emo, deux ou trois bagouzes pour faire hip-hop, une barbe pour jouer au folkeux.

Hop! D'un coup, par mimétisme, c'est tout un univers de références qui surgit et qui seconde notre Kanye West ou Gaspard Augé du pauvre dans sa parade amoureuse et musicale. Et même plus besoin d'apprendre à jouer!

Le musicien lambda aurait tort de ne pas mettre à profit cette technique imitative pour grappiller quelques miettes de gloire. D'ailleurs, il n'est pas le seul à utiliser cette ficelle. C'est toute une myriade de profiteurs qui gravitent en cercles concentriques autour des piliers du star-system en tentant de s'approprier un peu de leur pouvoir sexuel, comme l'indique ce schéma:

1: musiciens stars
2: sous-musiciens (bassiste, batteur)
3: parasites para-culturels (label managers, chargés de com', critiques)
4: sosies anonymes

6. Leur patrimoine génétique est meilleur

Darwin, dans La descendance de l'homme (1871):

«J'en conclus que les notes et le rythme de la musique furent acquis par les ancêtres mâles et femelles de l'humanité afin de séduire le sexe opposé.»

Ainsi, la musique serait un facteur de sélection du partenaire, au même titre que la queue chez le paon. Notons que de nombreuses autres espèces, comme les grenouilles ou les cigales, tentent de la même manière de susciter l'émoi du sexe opposé en produisant des sons divers.

Durant la Préhistoire, le fait de savoir chanter et danser révélait une certaine endurance et une bonne santé physique et mentale. Cela indiquait aussi que l'on possédait assez de nourriture et un abri suffisant pour se permettre de passer un temps précieux à développer une aptitude totalement inutile à la survie: en gros, être musicien était une marque de distinction sociale.

Dépassé? Plus près de nous, une étude américaine de 2004 démontrait que les femmes en période d'ovulation préfèrent avoir des relations sexuelles avec un artiste pauvre mais créatif (donc porteur de bons gènes) qu'avec un riche moyennement intelligent (mais susceptible de mieux subvenir aux besoins des enfants). Le résultat s'inverse quand on s'éloigne de la période d'ovulation. Conclusion de l'étude: recevoir les gamètes d'un musicien, c'est bien, mais épouser un dentiste, c'est mieux.

Pierre Ancery et Clément Guillet

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