David Guetta: F*** You I'm Famous
Contrairement à ce que veulent faire croire certains puristes, le DJ français est bon. Sinon il ne cartonnerait pas autant.
- David Guetta, à Los Angeles, en décembre 2011. REUTERS/Phil McCarten -
David Guetta est la personne la plus «segmentante» de la scène house. Depuis dix ans, les amateurs de clubbing s'opposent à tout ce qu'il fait et nul autre n'a subi autant de critiques. C'est une pinata humaine, tout y passe: son passé de pimp social avec Cathy Guetta, son absence de scrupules pour atteindre le succès mondial, les caricatures des Guignols qui le présentent comme le compositeur à 1 note, sa manière de mixer les bras en l'air (parfois sans brancher la table de mixage!) et grosso modo, tout ce qu'il représente.
Dans la presse, c'est celui que l'on aime ridiculiser (exemple dans GQ). Dans les commentaires de vidéos sur YouTube, c'est le bashing des haters, très violent. Chez les autres artistes, c'est de la jalousie pure et simple. Certains disent qu'il s'en fout car il ne regarde que son compte en banque. Mais il y a de quoi s'interroger: comment fait-il pour supporter un tel antagonisme?
Réponse: 3 ans après When Love Takes Over, David Guetta est l'artiste musical solo français le plus connu au monde. Et même si ça va faire hurler les puristes, je le dis tout de suite: je préfère, n'importe quel jour, danser sur un de ses titres que sur n'importe quel autre artiste du Top 50 français. David Guetta est parvenu à ses fins car il pond des tubes à un rythme frénétique et chacun de ses morceaux vous rappelle la plus grande époque de la house écervelée de 1990.
C'est du béton armé, une aberration du bon goût, le genre de machine préfabriquée pour vous faire crier. A travers le monde, des Etats-Unis à Singapour en passant par le Montenegro, tout le monde danse sur sa daube. Qui n'est plus de la daube du tout.
Une daube qui n'est plus de la daube
Ah ça y est, je vous entends. Je suis vendu, quelle honte, mon âme ira en enfer. Yes but no but yes but no. Laissez moi vous raconter une histoire super drôle. Il y a 4 ans, j'ai définitivement arrêté de passer des disques en temps que selector à cause... de David Guetta. J'avais été invité par Guido Minisky (@ Chez Moune) à passer des disques avec Patrick Vidal, juste après Guetta, au Rex club.
Il était tôt mais en une heure, Guetta avait déjà tout le club sur le dancefloor avec ce mur de house commerciale qui est le sien, les gens étaient hystériques dans ce temple de la techno pure et dure. Déjà, pour n'importe quel DJ ou pas, c'était très casse gueule d'enchaîner après lui. Moi j'y suis allé franco, en cassant le set, demandant à Vidal de commencer par une forme de suicide nocturne, un morceau que j'aime depuis 1986, The Way It Is de Bruce Hornsby.
Pour ceux qui ne savent pas, ce n'est pas du tout de la house, c'est un grand classique FM du Middle West des USA, un titre magique soutenu par une ligne ensorcelante de piano qui est devenue une référence des grands espaces agricoles américains, avant d'être repris par TuPac dans Change. Et évidemment, en l'espace de 5 SECONDES à peine, j'ai totalement vidé le dancefloor.
Un mouvement massif de clubbers s'est jeté sur le bar et je ne vous mens pas, Guetta n'avait pas encore quitté la cabine du DJ que le club était vide. On était passé d'Ibiza à Fukushima.
Mega FAIL.
Honteux, ridicule, je suis rentré chez moi avec la révélation que les temps avaient réellement changé et j'étais un has-been.
La base d'un quiproquo
Depuis plusieurs mois, le magazine The New Yorker semble étrangement s'intéresser à la musique électronique. Le média le plus chic de la Côte Est se met à parler intelligemment des ordinateurs, tout ça illustré de cartoons et de dessins. Le dernier article en date, le 26 mars dernier, signé par John Seabrook, déchiffre sur 7 longues pages le phénomène de l'urban pop, la musique qui truste les charts mondiaux depuis que Rihanna, Kathy Perry, Flo Rida et David Guetta s'en sont emparés.
Car le succès de ce dernier est exactement dans cette mouvance. Guetta ne fait plus de la house, il fait de la pop. C'est la base du quiproquo à son encontre. C'est un DJ qui vient de la house qui a changé d'identité en s'associant à Drake, les BlackEyedPeas et Usher. Les artistes globaux ne font plus du R&B, ni de la house, ni du hip hop, ni de la musique latine. Ils visent sans vergogne la domination planétaire à partir d'un nouveau genre, l'urban pop.
Pour résumer, le New Yorker prend l'exemple du team de producteurs norvégiens Stargate et explique que le temps d'attention du public désormais, et surtout des jeunes, se résume à 7 secondes. Il y a dix ans, Henri Maurel m'expliquait que Radio FG ne pouvait plus se cantonner à la house classique car il fallait s'assurer que l'auditeur FM reste accroché toutes les 30 secondes. En une décennie donc, l'attention span est passé de 30 à 7 secondes.
Cela veut dire que chaque morceau composé aujourd'hui exige toutes les 7 secondes un riff, un hook, un effet sonore, un sample vocal, n'importe quoi même un miaulement de LOLcat qui parvienne à empêcher l'auditeur de changer de radio.
Trente ans après l'invention du format Top 40, où les 40 morceaux du hit parade sont programmés en rotation lourde tous les jours pour abreuver le public des mêmes tubes, ce format règne à nouveau sur toutes les radios populaires du monde. Beyoncé est partout. Ça peut paraître effrayant mais techniquement, c'est fascinant. Les tubes ne sont plus «composés» par une ou deux personnes, comme à l'époque de Motown, de Stock Aitken & Waterman ou même du Chicago de la house.
Première division mondiale
Ils se font par couches successives de compositeurs, mixeurs, éditeurs, qui se répartissent chacun un élément très précis de la chaîne de montage. Il y a ceux qui créent la base du morceau, d'autres qui mettent les paroles dessus, d'autres dont le seul travail consiste à créer des effets et l'artiste n'arrive qu'en fin de course pour mettre sa voix en Autotune sur une maquette déjà toute faite, déjà vendue à la maison de disques.
Ces artistes modernes ne composent plus leurs propres tubes désormais. Le New Yorker raconte cette anecdote symptomatique: en 2009, la même chanson a été vendue par mégarde à deux chanteuses rivales, Beyoncé et Kelly Clarkson. Les deux versions sont sorties à quatre mois de différence. Le même morceau. À la surprise générale, le public n'a rien remarqué et a accordé aux deux chanteuses un hit single, sous deux titres différents : Halo pour Beyoncé et Already Gone pour Kelly Clarkson.
David Guetta est le seul en France à réussir à ce petit jeu au niveau mondial, mieux que ses concurrents directs Bob Sinclar et Martin Solveig. Il a désormais deux ou trois disques en permanence dans le Top 40 de Billboard parce qu'il a compris qu'à notre époque de boulimie musicale, la quantité est plus importante que la qualité.
En s'associant à des stars américaines à leur sommet comme Akon, Jennifer Lopez ou Adele, il multiplie les featurings qui lui ont permis d'imposer sa pénétration domestique USA. Parallèlement, il fricote aussi avec des chanteuses moins connues tout en leur offrant une entrée sur la scène européenne, qui reste un des plus gros marchés musicaux. C'est win-win pour tout le monde.
Sa décision récente d'arrêter de tourner en tant que DJ lui permet même de se décharger du poids épuisant des tournées, ce que les autres artistes plus mainstream doivent toujours s'imposer. Si les chanteuses à succès ne composent plus leurs propres titres et n'ont plus à passer du temps en studio, elles s'épuisent à promotionner leurs disques en enfilant 80 concerts par an.
D'où le turn-over des carrières qui s'épuisent car seules les plus fortes parviennent à supporter le choc, ou disposer des fonds de promo assez importants pour présenter des shows qui tiennent la route. Ce qui explique, en partie, pourquoi certaines stars comme Justin Timberlake quittent la pop: elle est trop toxique en termes de carrière.
David Guetta a vendu 3 millions d'albums et 15 millions de singles mais son influence est beaucoup plus grande. Le tournant de sa carrière s'est effectué en 2009, quand One Love, son 4e album, est sorti au même moment que celui de Bob Sinclar. La hype prévoyait un combat de trônes mais Guetta a remporté la battle.
La star de l'urban pop
L'année suivante, Guetta et sa société Guetta Events récoltent 3,38 millions d'euros. Le magazine anglais DJ le considère comme meilleur DJ au monde en 2001. Sa page Wiki est assez équilibrée et montre bien à quel point son seul nom est source d'antagonismes. Son slogan F*** Me I'm Famous a été collé sur les plus grands billboards d'Ibiza, juste en sortant de l'aéroport. C'est un homme pas particulièrement sexy mais tout le monde connait son visage. Et qu'importe?
Comme je l'écrivais déjà en 2007 pour Têtu, l'importance est dans la répétition. Vous tombez une fois par hasard sur Shining Star de Get Far. La première fois, vous vous dites «Mmm pas mal». La deuxième fois, vous mettez le son plus fort. La troisième fois, vous mettez le feu au village. Et ce sont les ados de 13 ans qui décident du rythme de la planète et celle-ci tourne sur elle-même toutes les 7 secondes.
Et le plus beau dans tout ça? C'est que les puristes de la house ont toujours eu du retard sur les vraies attentes du public. dans les années 90, ils ont fini par admettre l'irrésistible appel de Pump Up The Jam de Technotronic, de What Time Is Love? de KLF ou de Go de Moby, qui fonctionnent déjà sur ce format radio, un gimmick toutes les 5 secondes (vérifiez). Et When Love Takes Over de Guetta, si vous réfléchissez bien, c'est exactement l'équivalent moderne de ce qu'on admirait il y a 20 ans.
C'est quoi l'urban bop? Une très forte dose de Hi-NRG gay des années 80, de la house d'Ibiza et 3 kilos de Madonna slash Lady Gaga. Dans 10 ans, les kids aujourd'hui considèreront les disques de Guetta comme nous avons vu Planet Rock d’Afrika Bambaataa, Groove Is In the Heart de Deee Lite ou même Promised Land de Joe Smooth.
Oui, il fallait que les gens puissent exprimer toute leur colère face à un développement de la house qui a perdu une grande partie de ces principes, surtout venant d'un blanc. (Car la house, encore une fois, a la particularité d'avoir été inventée par des Noirs, exactement comme le hip hop.)
Mais la seule vraie émotion dont on se rappellera, c'est quand le disque est passé au peak time dans un club d'Istanbul, quand vous rencontrez un mec ou une nana totalement torride ou que la marée haute a atteint une rave sur une plage du Chili et que le MDMA était digne de l'Ile de Pâques, que vous avez fait pipi dans votre froc parce qu'un DJ du Sonar a passé un morceau de Guetta devant 10.000 personnes qui n'en revenaient pas de ce crime de lèse majesté et paow!, David Guetta est dans votre cerveau. Par la grande porte. C'est cheesy mais incroyablement bon.
Didier Lestrade
Mis à jour le 22/06/2012 à 17h22















































Je suis étonné par l'interprétation faite lors de la soirée au Rex Club. Guetta serait bon car sans lui le dancefloor se vide. Pour avoir discuté ces derniers temps avec des DJ et des bookers, il ressort que la scène club a aujourd'hui changé. Que le public vient voir une star et ne sort plus pour écouter de la musique. C'est ce qui s'est passé dans ce cas il me semble : le public est venu voir Guetta, pas l'écouter, et quand il a eu fini de jouer, ils sont partis, peu importe la qualité du DJ qui a pris la suite.
Une interprétation qui peut vous rassurer sur vos qualités de DJ !
Par ailleurs, indiquer que David Guetta est bon car il a compris les ficelles du marketing - si je comprends bien votre article -, je trouve ça un peu énorme... Vendre voudrait dire que l'on est bon ??? Surtout en musique, cela me parait un peu aberrant de penser ça... mais chacun sa vision des choses.
Raphaël
Je savais depuis un moment que notre planète ne tournait plus très rond, que la chienlit (pour reprendre un vocabulaire réactionnaire, parce que ça me fait plaisir) gagnait du terrain sans arrêt, mais là, on a touché le fond (voire on cherche du pétrole)...
David Guetta (rien que de mettre des majuscules à son patronyme me retourne les c...) fait de la musique? Ah bon? Ca, c'est de la musique?! Genre je prends un pc, je sors la démo d'un logiciel de programmation et je fais de la musique?!
Le fait que le monde soit rempli de dégénérés qui ne sont pas foutus d'avoir plus de 7 secondes d'attention et qui "écoutent" de la "musique pour danser" (mmmm, bien sûr, la musique, c'est pas du tout un truc auditif à la base...) fait que maintenant, on appelle la pire des daubes, que même le plus tocard des tocard des 60's (et Dieu seul sait qu'il y en a eu en France dans les 60's, des tocards) n'aurait pas osé la revendiquer!
Ce mec se fait des millions sur la bêtise et l'inculture et on le glorifie, alors qu'il tue la musique et la création artistique! De toute façon, tout tourne autour de l'electro depuis plus d'une décennie... Si on en arrive à considérer que des sons produits par des ordinateurs, sans aucun musicien, c'est de la musique, c'est bien qu'il y a un problème.
Pendant ce temps, aucun média, pas même toi, Slate de mon coeur, que j'aime et que j'adore, dont je vante souvent l'ouverture d'esprit, ne parle de Metal ou de Rock (du vrai, pas les trucs qu'on voit sur le tube ou qu'on entend sur les ondes FM...).
Pourtant, ces deux genres me semblent être les derniers bastions de l'authenticité, de la créativité et de l'honnêteté. Avec plus de 70 sous genres extrêmement différents, des festivals attirant des centaines de milliers de spectateurs venus des 4 coins du monde (Hellfest, Wacken Open Air, Graspop...), les seules fois où on entend parler du Metal dans les médias, c'est pour nous expliquer que c'est une musique sataniste et que les métalleux sont tous des abrutis confis de bière, incapables de comprendre quoi que ce soit, qui éructent des borborygmes lors de concerts dont on ressort sourd.
Alors par pitié, je vous adresse cette supplique: Slate, mon "magazine en ligne d'analyses, de commentaires et de debats sur l'actualite", fais moi un bel article sur le Metal, ses festivals, les metalheads, une interview de Fabien Hein (le seul sociologue des metalheads en France), tout ce que tu veux, mais par pitié, un truc osé, novateur, qui évite les clichés, un truc beau quoi...
Allez, je vous fais confiance et je suis sûr que vous ne vous laisserez plus aller à dire que david guetta fait de la musique.
Gros bisous.
Seulement voilà, il n'existe pas de musique sans production de daube. Et autant de diversité d'exigence chez le public que chez l'auteur. Donc on n'est d'accord, inutile de chercher des traces adn d'art chez Guetta, et je ne pense d'ailleurs pas qu'il ébauche une prétention en ce sens. La vocation est autre, sans autre échelle de grandeur (smiley un rien cynique) que celle du succès à gros chiffres.
De ce côté là, l'affaire est réussie. A tel point que le décalage entre phénomène et qualité semble consterner l'opinion, et si l'intervalle s'appelle le vide, il faut bien compenser celui-ci par du rationnel. D'où l'analyse éclairante de Lestrade à propos des rouages de l'industrie. Mais justement, le décryptage s'arrête là pour moi, et vouloir en extraire une issue presque sacrée pour ajuster la disproportion constitue le piège du raisonnement.
La musique de bourrin, ça marche. Et s'il ne faut que 7 secondes de cerveau disponible pour s'en convaincre, autant abandonner ici tout rapport mystique à la musique. Parce que ouais, cette révélation est bien triste.
Certes, il faut de la daube pour que les talentueux puissent survivre. Au delà de la tristesse inhérente à ce constat auquel je ne peux qu'adhérer, j'aimerais aller plus loin dans le raisonnement: le but des médias est de faire découvrir, de promouvoir ou de renseigner et donc de s'ouvrir, ce qui implique de faire des choix courageux parfois, notamment en allant dans des chemins non balisés.
Ainsi, il me semble que Slate pourrait faire un article sur le sujet, voire une série d'article, la communauté Metal étant toujours très nombriliste (et on la comprend, vu le peu de cas qui est fait d'elle) et cliquerait volontiers sur le lien d'une série d'articles lui étant consacrée, ce qui permettrait à Slate de rentrer dans ses frais, me semble t il (du moins je l'espère).
Enfin, le coté "sacré" de la musique, ça fait longtemps qu'il n'existe plus pour les majors... Triste constat, mais là encore partagé.
Sauf que le journaliste bosse au service de la restitution des faits et que vouloir les traiter sous l'angle de la distinction, c'est soit de la presse spécialisée, soit de l'élitisme.
Certes Slate atteste d'une charte de qualité. Ce qui n'implique pas son lectorat - par reconnaissance de qualité - de s'estimer fondateur de celle-ci. Et encore moins par représentation de son bon goût. Je veux dire par là: l'un précède l'autre, et à un moment, il faut bien savoir où se situe l'enjeu conditionnel du truc.
Perso, j'ai une définition toute simple à propos de l'artiste. C'est celui qui propose, celui qui impose, et se fout bien de savoir si son oeuvre trouvera agrément. Celui qui se gardera bien de construire son oeuvre selon complaisance des retours ou tendances.
Aussi, Lémurien, ne t'offusque pas si le métal ne trouve pas ici de meilleure résonance. Réclamer un dû présumé libère parfois bien plus de convention que d'intégrité.
Nous sommes effectivement ici par souci de découverte. Et non de confort. A la limite, les frustrations les plus importantes ne relèvent pas des concordances absentes, mais de l'impossibilité d'en établir aucune.
Barbara, (c'est horrible, à chaque commentaire de toi que je lis, je me mets à chanter l'Aigle noir, je n'en peux plus... ;) ), je crois que tu te méprends quant au sens de mon propos.
Outre le fait que ta syntaxe est une horreur au réveil (oui, le réveil de 15h30 du matin, si si, ça existe, je le jure), je n'ai jamais dit ce que Slate devait faire à mon sens, ni tenté d'imposer mon sens du (bon) gout, mais tout simplement présenté une requête argumentée en faveur d'un de mes genres musicaux (que tu seras gentille d'orthographier Metal et non métal, même si ton correcteur orthographique est dans l'erreur)
Et comme tu le dis si bien, nous sommes là par esprit de découverte,certes, mais j'aimerais bien rejoindre ma zone de confort musical ne serait ce qu'une fois, parce que, je ne sais pas si tu connais ce problème qui est que les seuls moments où tu peux écouter ce que tu aimes, c'est seul ou avec un cercle restreint d'amis et que tu ne supportes pas ce que tu entends le reste du temps, quand on te balance un morceau de téléphone en soirée en te disant que c'est du Rock et qu'on l'a mis pour toi (véridique), quand on se sent dépassé par la daube musicale, on se dit qu'on n'a plus grand chose à perdre à tenter d'influencer la rédaction de Slate par un texte vindicatif et 'achement chiadé, sans oublier de préciser qu'on a des amis Corses et que ça serait bête qu'un accident stupide arrive aux locaux de la rédaction... (je plaisante, j'ai pas d'amis Corses de toute façon...).
Bref, je m'emporte, je m'emporte, mais, tout ce pavé pour dire: qui ne tente rien n'a rien, ma démarche n'est pas totalitariste, mais peut être qu'une bonne âme nous prendra en pitié, nous metalheads ou par lassitude, ça peut marcher aussi...
Okay, par respect pour ton réveil, dont je me garderais bien de juger l'heure, je vais tenter la syntaxe allégée.
Sache que mon correcteur orthographique réserve davantage d'entourloupes que de soins d'urgence. Il ignore par exemple le mot "bourrin" (comme dans la phrase "David Guetta nous emmerde avec sa musique de bourrin"). Il suspecte un malentendu. Me remplace parfois des mots. Je suis obligée de le surveiller au risque de publier: soit un truc complètement dada, soit un truc aux normes 1984 contemporaines*.
En revanche pour "métal", j'avoue l'entière culpabilité de moi. Je ferai dorénavant gaffe. Et si Slate daigne un jour exaucer tes voeux, je ne manquerais pas de saluer ton rôle dans notre évangélisation au Metal. Amen.
Je comprends parfaitement cette immense solitude devant une playlist dont on ne retient (sans cruauté) qu'un bruit de déversement d'ordures. Encore plus lorsqu'il s'agit d'altruisme. (Et toi, tu seras gentil de mettre une majuscule à Téléphone, sinon j'en déduis qu'un gars agitait son portable pour te faire écouter une sonnerie vaguement rock. Cela dit…). Il m'est arrivé bien des fois de quitter une soirée pour cette raison. Le serment d'allégeance à la musique. Quelque chose comme ça. A moins de sentir une bonne flopée d'atomes de son corps entrer en fusion avec le son, l'expérience est vaine. Et le prétexte de divertissement jugé grossier. D'un autre côté, je doute que quiconque, et quels que soient les genres d'aspiration, ne défende pas un peu son cercle. La moquerie intello, la moquerie populo, etc. Mais ce sais que là n'est pas ton propos.
Je vais m'arrêter ici, car cet article recueille déjà une vingtaine de commentaires. Slate et les sujets de fond. Donnez-nous du Guetta et voyez comme on rapplique. Sache néanmoins, Lemurien, que ce fut un plaisir.
*Je ne cherche pas à être parano, mais que le correcteur s'emballe devant "bourrin" et reconnaisse parfaitement le terme "Guetta" m'intrigue quelque peu.
Okay, on peut très bien admettre une erreur sans forcément en établir la raison comme valeur absolue (The Way It Is aux platines du Rex en 2008 pour succéder à Guetta. Seriously?). De même qu'observer les mutations n'oblige aucunement au prosélytisme de celles-ci sous prétexte de leur efficacité.
Et n'empêchera pas non plus, mentionnons-le, d'apprécier le billet de Lestrade, passionnant quant aux mécanismes de l'urban-pop. Il est d'ailleurs possible que la clé de lecture se joue précisément ici: sur un malentendu de consommation entre la house et l'urban-pop. A savoir un truc méta, toute la frontière sonore et sensorielle entre un morceau sur album et les tripes qu'un DJ peut lui insuffler sur dancefloor.
Soit dit en passant, je ne prendrai pas la peine d'accorder une ligne au crédit de Guetta. En revanche, je crois comprendre qu'il s'installe davantage aux platines dans l'exercice d'une promo ou continuité - prolongée - d'album, que de prestation clubbeuse. En conséquence de quoi, l'osmose Guetta/public n'est pas exactement de la même transe qu'un, par exemple, Felix Da Housecat en boîte jusqu'à l'aube et sur lequel il était plus rare de triper en radio, et très nettement secondaire à l'expérience du dancefloor.
Après, quelques aspects m'échappent tout simplement, j'avoue. Comme l'ado décideur de 13 ans évoqué dans l'article. Celui-là est supposé marquer l'anthologie des clubs electro house, ou des charts urban-pop? Parce que je ne suis pas convaincue de la porosité des deux.
La première phrase "David Guetta est la personne la plus «segmentante» de la scène house" résume à elle seule ce que je pense du reste de l'article, David Guetta ne vient pas de la "house" il fait depuis toujours de la musique commerciale. On doit lui reconnaître un grand talent de "marketer" il sait produire ce que la ménagère de moins de cinquante ans aime pardon ce que le jeune de treize ans à de cerveau disponible.
Mais je vous en supplie, arrêtez de l'associer à la house, quant on a écouté les derniers albums de Christopher Rau de Mark E ou de Moonin on a peine à croire que David Guetta fait partie du même monde.La house n'a rien perdu de ses principes elle a juste évolué, bon si on pense que David, Bob et à Martin font de la house alors je n'ai rien à ajouter.
Je rejoindrai Lemurien j'adore Slate mais pourriez vous s'il vous plait publier un article intéressant sur la musique électronique (oui désolé c'est de la musique pour moi).
Pour finir dans vingt ans je n’écouterai pas "When Love Takes Over" (d'ailleurs je ne connais pas cette chanson) mais J'écouterai John Roberts ou Martin Buttrich en me disant que les puristes n'étaient pas en retard mais bien en avance...
Bah, je dois bien reconnaitre qu'il y a deux trois choses intéressantes dans le domaine, je suis juste un peu extrémiste ;)
Mais oui, un article sur les groupes undergrounds, qui proposent des trucs nouveaux, sur les origines etc, ça m'intéresserait aussi.
Merci Lemurien, je savais bien que vous ne pouviez pas être complètement obtus sur la question ! Pour résumer un article sur n'importe quel style de musique qui parle de créateurs, de passionnés qui créent des labels pour promouvoir de nouveaux sons serait le bienvenue !!
Sans aucune animosité ou autre, David Guetta vient bien de la house. Certes, c'est très lointain, mais il a joué (dans les 90's) avec des mecs comme Little Louie Vega ou Roger Sanchez.
Il avait par ailleurs une résidence hebdommadaire au Rex (soirées Unity), plus électro.
Mais ça, c'était avant.
Je te remercie pour l'info, je n'en savais rien mais bon c'était comme tu le dis il y a bien longtemps ! Il a bien changé alors notre petit DG c'est bien triste (enfin surtout pour mes oreilles).
LE mérite de Guetta est d'avoir compris comment faire de la soupe, tout simplement. La plupart de ses chansons sont pensées pour être des tubes, il cherche le plus grand dénominateur commun musical, et il se trouve que cela consiste à faire des mélodies ultra simplistes avec un beat pourri, mais qui fait danser.
Au final je ne le critique pas, moi je trouve ça cool de la musique faite pour être dansée, mais qu'on aille pas me dire qu'il fait de la bonne musique.
Désolé c'est assez foireux, même d'autres artistes de la même catégorie (à savoir electro/pop commerciale faite pour plaire à un max de monde, voire pour danser) s'en sortent bien mieux : Lady Gaga en premier lieu, mais également selon les morceaux les black eyed peas, nicki minaj, etc etc.
Après il ne faut pas croire que je suis un "hater" de Guetta et de tout ce genre de musique, juste qu'il faut la prendre pour ce qu'elle est : de la grosse soupe faite pour bouger son popotin. Et la soupe peut être plus ou moins bonne.
(maintenant si vous voulez de la vraie musique, que ce soit rock, pop, metal, electro, jazz, etc., on en trouve facilement, suffit de chercher sur le net (et contrairement à ce que certains disent, il y a de la très bonne musique electro)
Je résume l'argumentaire qui me semble assez léger :
Constat : David Guetta n'est pas reconnu dans le milieu de l'électro et la presse, en gros par les "connaisseurs".
Réponse :
1) je préfère danser sur du DG que sur n'importe quel autre "artiste" du top 50
2) quand je suis allé mettre "The Way It Is" de Bruce Hornsby après un set de DG au Rex Club j'ai vidé le dance floor -- s-a-n-s d-é-c-o-n-n-e-r ! --
3) le temps d'accroche sur la FM est passé de 30s à 7s en une décénie, DG passe sur les radios, DONC dans ses morceaux, toutes les 7 secondes il se passe un truc -- WTF ? --
4) c'est très dur de faire un tube, il y a une spécialisation des équipes qui travaillent à faire des tubes. DG fait des tubes.
5) il vend beaucoup de disques
6) les gens de la house ont toujours eu un train de retard sur les "vraies attentes" du public et ils reconnaîtront aussi DG plus tard
Passons sur les histoires de goûts et de couleurs. Une question semble être posée, du genre : arriver à faire aimer un morceau au plus grand nombre peut-il être considéré comme de l'art ? Et la réponse de l'auteur c'est oui. Du coup DG est un artiste.
Bon admettons. C'est un artiste du succès populaire.
Mais comme dit thairangeau, il n'est pas du tout "segmentant". Dans le milieu de l'électro: s'il y a bien un consensus c'est de trouver que sa musique n'apporte rien à la culture électronique: en 10 ans de Nuits Sonores, festival éléctro à Lyon, il n'y a pas été une seule fois. Je n'ai pas entendus un DJ ou groupe éléctro disant avoir été influencé par DG.
Par ailleurs, je ne vois pas beaucoup d'articles dans des magasines (Tsugi, Les Inrocks,...) criticant DG, ils ont d'autres choses plus intéressantes à nous racconter. En revanche c'est fou le nombre de fois où DG lui-même ou d'autres viennent tenter de le faire passer pour un artiste électro : comme à la fin de l'article dans GQ "Tu vois, je suis avant tout un artiste", et cet article...
C'est mal poli et relou à force. Un artiste il est reconnu par ses pairs comme tel, il ne vient pas faire la manche pour qu'on le reconnaisse. Donc qu'il profite de son succès, et pour ceux qui aiment sa musique écoutez là, expliquez nous éventuellement pourquoi vous l'appréciez, mais arrêtez de nous bassiner avec cette reconnaissance, et ces histoires d'avance, de tendance, tout ça. Les tendances ne sont pas populaires.
... est qu'il est français et aux yeux des français ce sera toujours moins classe que d'être une star mainstream américaine ou anglaise.
Pour le reste, il fait de la musique facile et vite consommable à l'image de l'essentielle de la production musicale depuis plus de 50 ans. Donc Guetta c'est bien et j'espère qu'il va continuer... en faisant un peu évoluer les paroles SVP ! Même si la encore c'est pas pire que la moyenne.
Par contre j'ai pas compris The Way It Is (que je connais depuis longtemps et que j'aime bien) dans un "temple de la techno pure et dure" !!
Je trouve l'article très intéressant, bien que je ne suis pas d'accord avec tout ce qui y est dit. Mais il y a une énorme faute dans la globalité du papier et qui rejoint fortement l'avis de @TahitiRaph. Pourquoi un MUSICIEN est un bon musicien parce qu'il a compris comment vendre des disques. Pour moi la musique est faite pour s'exprimer autrement qu'avec les mots. Transmettre des choses qu'on en peut pas faire autrement. C'est un art et nom un prétexte pour se faire de l'argent. Ce mec là fait des "tubes" qui se ressemblent tous les uns autant que les autres, avec les mêmes synthétiseurs, les même breaks, les mêmes refrains et quand il fait un disque avec un coté "rien à part le rythme" il sépare clairement une partie commerciale et une partie plus recherchée (ou il s'est appliqué pour piquer et parodier beaucoup de sons qui ont fait des tubes). Mais selon vous il n'y a aucun mal à ça?
Ça fait des années que j'essaye de comprendre pourquoi des mecs comme ça peuvent arriver aux sommets de charts et prétendre faire de la musique. Mais si des gens comme vous le défendent, en disant clairement qu'il n'y a aucun mal à passer des titres parce que le public va aimer. Je pense que vous n'avez aucune intégrité, et que vous voulez plaire et gagner des tunes, plus que passez ce qui vous tient à coeur.
Et ça c'est moche.
Si j'ai bien compris cet article, il faut bien reconnaître que les pizza de chez Speed Rabbit valent bien celles des géants Pizza Hut ou Domino's. Avec la fringale du pétard, c'est même une expérience culinaire appréciable. Merci pour l'info.
Je pense que beaucoup de personnes dans les commentaires prêtes des intentions à Guetta que celui-ci n'a jamais eu et n'a jamais prétendu avoir.
Je n'apprécie pas ça musique, mais je note cependant que le personnage ne s'épanche pas dans les médias pour parler de ça musique comme quelque chose d'artistique. Je pense que Guetta ne s'est jamais pris pour un Mozart de l'electronique et qu'il n'a jamais caché qu'il faisait de la pop pour les masses.
J'en veux pour preuve l'excellente émission ce soir ou jamais qui avait invité un jour sur le plateau pour un face à face Laurent Garnier et David Guetta. Tout le monde s'attendait à une sorte de combat entre l'underground et le mainstream et au final on a eu deux mecs qui se respectaient et qui étaient d'accord pour dire qu'ils faisaient quelque chose de complètement différent l'un de l'autre. L'un ne cherchant pas à avoir raison sur l'autre.
Le vrai problème problèmes du clubbing et des Dj est double à mon avis.
Tout d'abord le faussé entre ce qu'on appelle L'underground et le mainstream s'agrandit toujours de plus en plus. Si il y a certes des Guettas qui font de la musique saturé de son et de voix totalement putassier à l'opposé, il y a des morceaux avec un Kick et un charley ou l'on se fait carrément chier. Il devient plus difficile de trouver ces morceaux "du milieu", qui plaisait aussi bien aux puristes qu'au grand publiques Pump Up The Jam, ca marche tout aussi bien sur le Dancefloor du Rex Club que du Macumba.
Ensuite je pense que beaucoup de DJ n'ont pas compris que le public à changé. Faire une soirée 100% un style de musique ca devient de plus en plus dur. Le Dj 100% Techno c'est finis, aujourd'hui le public écoute la musique sur youtube, sur spotify, su deezer, ils zappe d'un titre à l'autre et même d'un genre à l'autre et c'est tant mieux.Il suffit d'être sur site de musique en streaming pour que le site vous fasses des recommandations. En quelques cliques on écoute quelque chose qui ne ressemble à rien avec ce qu'on écoutait au début. Le Dj doit revenir à ca première fonction, celui qui partage les musiques.
Je pense qu'au contraire nous n'avons jamais écouté autant de musiques différentes.
Maintenant je vois un troisième problème. Le Dj semble de temps en temps oublier quelque choses, les gens sortent pour faire la fête, pour s'amuser et pas pour faire les intellectuelles en écoutant Richie Hawtin. Dans la communauté des DJ Underground c'est presque honteux de "jouer un tube", limite tu n'es pas un vrai DJ si tu ne compose pas ton set uniquement d'osbscure White Label. Jouer un bon tube ce n'est pas forcément se prostituer, le dancefloor à besoin de se reconnaitre aussi dans la musique.
Merci beaucoup pour cette article.
C'est dommage de rejeter la pop. De rejeter le métal. De rejeter le Metal aussi d'ailleurs.
L'idée c'est pas de tout accepter. On vous demande pas de croire dans un musicien qui s'appellerait David Guetta. Mais de comprendre le commerce musical moderne. Enfin je crois?
Vous n'irez jamais apprécier du Lofofora en boite. C'est pas fait pour. Pareil vous n'irez pas faire un gros braveheart à 300 sur When love takes over. Cliché? ok. Mais bon, qui juge qui? Perso, j'écoute les 2. Si, c'est possible. Et je respecte les deux.
Voilà je tenais à le dire.
Ha ben j'ai bien ri.
Merci de me prouver encore une fois que où qu'on aille c'est le pognon qui est la mesure du talent.
Chacun a le droit de penser ce qu'il veut, d'ailleurs il y a des gens qui pensent que dave est un artiste.
En anglais a "con artist", comme quoi il était prédestiné.
Je vais pas chercher à expliquer en quoi je pense que ce qu'il fait c'est de la bouse, mais perso mon idée de la tekno c'est pas d'être une petite fourmi qui participe avec son petit portefeuille à faire tourner le carré vip auquel, peut être un jour si la petite fourmi marche sur assez de ses congénères, elle pourra prétendre faire partie.
Car c'est comme ça qu'on fait rêver et donc là où est l'entourloupe, de faire croire aux neuneus du monde entier qu'en écoutant guetta on devient famous. Parce que quand jeune j'allais en boîte c'était bien entendu pour la musique, et pas du tout pour choper de la chaudasse comme dans les clips.
Vous êtes au courant que la tekno française c'est plus que daft punk au fait ? Qu'il y a des artistes autrefois underground qui tournent dans le monde entier ? Et même en boîte de nuit, et oui !
Pendant ce temps dave balance des paillettes au Garorock, allez comprendre.
Moi ce que lis au final c'est que Guetta c'est un gros truand.
Tu le dis toi-même, il privilégie la quantité à la qualité, c'est ce pourquoi le placer n°1 est totalement contradictoire. Si l'on récompense les gens pour combien ils font et non pour ce qu'ils font, alors le problème est ailleurs.
Ah et puis connaître le visage de quelqu'un ne veut absolument pas dire qu'il est apprécié, écouté ou encore moins expérimenté, les Daft Punk sont connus, pourtant peu de personnes connaissent leur visage ;)
Je savais pas que Didier Lestrade écrivait encore sur la musique, ça fait plaisir!
Sinon sur le fond de l'article je pense qu'une bonne partie du "Guetta bashing" prend sa source dans la jalousie de la scène underground dont il faisait partie à ses débuts et qui ne supporte pas qu'il vende autant. Guetta, Sinclar & co font de la musique commerciale, de bonne qualité puisqu'elle se vend et que c'est quand même le but premier de la musique commerciale.
Il faudrait que les puristes arrêtent de redécouvrir l'eau chaude tous les 2 ans: une bonne partie de ce qu'on appelle musiques électroniques est commercial depuis ses origines et si un Jeff Mills a certainement plus contribué sur le fond à ce qu'elles sont aujourd'hui c'est aussi parce Masterboy a habitué le grand public à écouter des mélodies au synthé..