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A Paris, la gauche remporte douze sièges et la droite six

Hugues Serraf, mis à jour le 18.06.2012 à 10 h 55

Comme le pressentait NKM, les Parisiens ont effectivement envie de voir Cécile Duflot en jean et fumant un pétard sur le perron de l’Élysée...

François Fillon, ex-Premier ministre, perplexe devant l'étendue du choix s'offrant à lui. REUTERS/Julien Muguet.

François Fillon, ex-Premier ministre, perplexe devant l'étendue du choix s'offrant à lui. REUTERS/Julien Muguet.

Pas de surprise à Paris, puisqu'avec 12 députés pour la majorité présidentielle (10 PS, 2 EELV) contre 6 pour l'opposition, la gauche confirme son contrôle de la capitale (60% des suffrages exprimés au second tour avec un taux de participation de 56%). Mais François Fillon, fraîchement débarqué de la Sarthe, se tient d'ores et déjà en embuscade dans la perspective éventuelle de la municipale de 2014.

Un observateur de droite, amateur de verre à moitié plein, lui concèderait d'ailleurs que le rapport de force deux tiers-un tiers reste strictement inchangé en dépit d'un passage de 21 à 18 circonscriptions depuis le redécoupage, et que tous les sortants ont été reconduits. Un observateur de gauche également optimiste lui rétorquerait qu'ils ne le sont que sur des secteurs sociologiquement irrémédiablement acquis à l'opposition quand le PS et ses alliés continuent de progresser sur l'ensemble des circonscriptions.

Première circonscription: Pierre Lellouche s’en est tiré! Avec 53,17%, il semble avoir fait le plein des voix de droite (le MoDem, c’est de droite, non  Hum, ça dépend) et même d’extrême droite (ce qui n’était pas gagné). Bah, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. La socialiste Claire Morel, de son côté, n’a que la gueule de bois (46,83%).

Deuxième circonscription: Tant pis pour Axel Kahn (43,5%), c’est François Fillon qui l’emporte avec 56,5% des voix. Le généticien investi par le parti socialiste n’a pas démérité mais un ancien Premier ministre, c’est dur à battre. Une petite consolation tout de même, c’est le PS Stéphane Le Foll qui remporte la bataille législative dans l’ex-fief sarthois de Fillon. Un partout, la balle au centre.

Troisième circonscription: «Camembert!» pourrait lancer la socialiste Annick Lepetit en direction de son adversaire UMP Valérie Paparemborde si elle ne faisait pas montre d’un minimum de retenue. Avec ses 59,8% des suffrages, elle se réinstalle à l’aise dans ses habits de parlementaire…  

Quatrième circonscription:  Bernard Debré s’apprêtait sans doute à gagner avec un score de maréchal, il se débrouille pour faire encore mieux! Le désistement de la vraie-fausse dissidente UMP Brigitte Kuster (totalement fausse au final, donc), arrivée seconde, lui permet d’être élu avec 100% des voix en vertu de l’article L.O. 458 du code électoral. On hésite à le féliciter pour l’âpreté de ce combat…

Cinquième circonscription:  Seybah Dagoma (70,10%)remporte une victoire sans surprise sur Benjamin Lancar (29,9%), le jeune mais pas si populaire poulain UMP envoyé au casse-pipe dans ce secteur de la capitale largement acquis à la gauche. Avec ses 21,3% du premier tour, il était acquis qu'il aurait du mal à refaire son retard. Mais bon, la défaite est formatrice et sa prochaine défaite sera certainement moins cuisante.

Sixième circonscription: «Si les gens veulent une Cécile Duflot fumant des pétards en jeans sur le perron de l’Elysée, qu’ils le disent!», persiflait NKM la semaine dernière. Hum, ils l’ont dit, apparemment.  La candidate verte l’emporte en effet par 72% sur son adversaire UMP Jack-Yves Bohbot, lequel avait pourtant un patronyme particulièrement adapté à ce secteur de la capitale. C’est Danielle Hoffman-Rispal, la députée sortante et suppléante de la ministre du Logement, qui doit être contente!

Septième circonscription: Le socialiste Patrick Bloche, avec 67,47% des voix, confirme que l’UMP Claude-Annick Tissot (32,43%) n’avait à peu près aucune chance de renverser la vapeur: le rapport de force était trop déséquilibré. Mais bon, l’essentiel c’est de participer, affirmait le baron de Coubertin à propos de ces législatives (apocryphe).

Huitième circonscription: Comme convenu, Charles Beigbeder (38,49%), le businessman énergétique de l’UMP, est blackboulé par la socialiste Sandrine Mazetier et ses 61,51%, sur la candidature de laquelle écolos et frontistes de gauche se sont gentiment reportés. Ça c’est de la discipline républicaine!

Neuvième circonscription: Jean-Marie Le Guen (PS) achève ce second tour à 68,87% des voix et humilie littéralement sa concurrente UMP Anne-Marie Souhaite (31,13%). Je ne refais pas la vanne de la semaine dernière sur le patronyme de cette dernière, ça ferait un peu réchauffé.

Dixième circonscription: C’est bon pour Denis Baupin, qui déboule au Parlement avec un plus qu’honnête 64,73% des suffrages. L’UMP Chenva Tieu, qui plafonnait à 23,13% la semaine dernière, ne devait d’ailleurs pas se faire trop d’illusions en calculant les reports potentiels du Front de gauche dans les parages (près de 12%). Il termine à 35,27%.

Onzième circonscription: Pascal Cherki, le socialiste en lice dans la onzième circonscription, décroche 56,47% des voix et son adversaire UMP Jean-Pierre Lecoq (43,53%) en a les plumes toutes hérissées. De toute manière, le maire du 14e arrondissement jouait sur du velours, compte tenu de ses réserves écolos et Front de gauche.

Douzième circonscription:  On ne peut tout de même pas gagner partout. Dans la douzième circonscription, l’UMP Philippe Goujon vient interrompre ce winning streak en battant la socialiste Capucine Edou à plates coutures avec 60,36%.

Treizième circonscription: Jean-François Lamour était député, il le reste. Avec 54,6% des voix, il ne démolit pas exactement le radical de gauche Gilles Alayrac (45,4%) mais même dans un combat à fleurets mouchetés, l’objectif est de l’emporter. Un radical, c’est plus à l’aise au pays du cassoulet qu’en région capitale.

Quatorzième circonscription: On vous l’avait déjà dit la semaine dernière, on vous le rappelle. Claude Goasguen a été réélu haut-la-main dès le premier tour avec 58,11% des suffrages. C’est sa maman qui doit être fière de lui, d’autant plus qu’il est le seul UMP à avoir réussi un coup pareil cette année. La fois dernière, ils étaient encore quatre.

Quinzième circonscription: George Pau-Langevin a donc sauvé son portefeuille. Non pas qu’elle ait dû empêcher la pickpocket UMP Nathalie Fanfant (26,5%) de lui piquer son larfeuille, bien sûr, mais en s’arrogeant quelque 73,5 % des voix, elle permet à sa suppléante Fanélie Carrey-Conte d’aller siéger au Palais Bourbon. Un geste sympa serait d’envoyer des tulipes à la malheureuse perdante.

Seizième circonscription:  Jean-Christophe Cambadélis peut enfin retrouver le sourire. L’ancien lieutenant de DSK a eu tellement de déboires, ces derniers mois, qu’il avait bien besoin de gagner quelque chose. Il le fait d’ailleurs avec un certain panache: 70,01% contre l’UMP Jean-Jacques Giannessi, ça fait certainement (re)voir la vie en rose.

Dix-septième circonscription: L’UMP Roxane Decorte, c’est un peu Benjamin Lancar dans dix ans. Elle perd elle perd, mais cent fois sur le métier elle remet son ouvrage. C’est beau, cette abnégation. Mais qu’allait-elle donc faire dans cette galère, avec ses 27,16%  contre les 72,84% du vieux renard socialiste Daniel Vaillant? On se le demande.

Dix-huitième circonscription: Christophe Caresche (PS) empoche 72,21% des voix de sa circonscription, loin devant l’UMP Pierre-Yves Bournazel. Ce dernier améliore toutefois son score médiocre de la fois dernière (23%). Il perd, c’est sûr, mais il gagne un peu aussi quelque part, comme à l’école des fans.

H. S.

Hugues Serraf
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