Yann Arthus Bertrand sauve à nouveau la Planète
Home, un film à trois mains pour la défense de l'environnement.
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Yann Arthus Bertrand, François-Henri Pinault et Luc Besson: une super affiche pour «zéro bénéfice», et une grande première mondiale. Le premier a passé dix-huit mois à accumuler des images, captées depuis un hélicoptère, autour de la planète. Le second, patron de PPR, a financé le projet, mettant dix millions d'euros sur la table pour relever le défi du développement durable. Et le troisième, pourtant connu pour son aversion aux expériences qui bradent la démarche artistique en général et cinématographique en particulier, a produit le film qui sera distribué... gratuitement.
envoyé par yannaki. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
«Home», une déflagration
L'engagement de Yann Arthus Bertrand, devenu ambassadeur du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), n'a d'égal que son entêtement. Le globbe-trotter photographe qui a épousé la cause de la planète, voulait que son film soit mis gracieusement à la disposition des salles de cinéma comme des chaînes de télévisions et des sites internet. Pour toucher le plus grand nombre de spectateurs. Mais la clé du succès résidait dans la démesure: pour obtenir un retentissement planétaire, il fallait que le film sorte simultanément dans le monde entier. François-Henri Pinault adhéra très vite au projet, Luc Besson fut un peu plus difficile à convaincre, confie Yann Arthus Bertrand. Finalement, le contrat a été rempli: le 5 juin, journée mondiale de l'environnement pour l'ONU, «Home» - le film en question - sortira dans plus d'une centaine de pays. Et sur tous les médias.
Comme il sera mis à disposition gratuitement, les salles de cinéma devraient être accessibles à prix réduits et les DVD (destinés à devenir des outils pédagogiques pour les écoles et les associations) être commercialisés à prix coûtant. Pour les trois partenaires qui ont voulu déclencher une véritable déflagration cinématographique pour stimuler une prise de conscience populaire, le succès de l'opération ne se mesurera pas par la recette, mais par la fréquentation.
Secouer les consciences
«Home», c'est chez nous, notre planète. Comme dans le film E.T., la séquence passée aujourd'hui à la postérité où le petit bonhomme de l'espace tombé dans une famille américaine montre du doigt sa planète pour y retourner. «Home», c'est aussi la dénonciation d'un mode de développement à remettre en cause et le constat de l'immobilité des hommes politiques. «Home», c'est surtout un cri d'alarme car «notre monde va mal» et que «le flot de mauvaises nouvelles a quelque chose de sidérant et d'inquiétant: il ne suscite aucune réaction». «Il est trop tard pour être pessimiste», scande Yann Arthus Bertrand. Car trop tard pour prendre des décisions, c'est dans dix ans, affirme-t-il. Alors, il prend sa caméra pour secouer les consciences et mettre fin aux palabres. Et, en images, il reprend les thèmes développés sur le site GoodPlanet (goodplanet.info) qu'il a créé avec le soutien de BNP Paribas et Accenture.
Du gaspillage au pillage
Parce que «le monde consomme en 6 semaines autant de pétrole qu'il en consommait en 1 an en 1950», que «chaque année, nous consommons 2 à 3 fois plus de pétrole que nous en découvrons» et que «20% de la population mondiale consomme 80 % de l'énergie», Yann Arthus Bertrand prône «un nouveau modèle de développement basé sur l'économie des énergies et des ressources naturelles». Il y a aussi les méfaits d'une consommation excessive et superflue («un habitant des pays industrialisés produit en moyenne 450 kg de déchets par an», «en 2020, les besoins en eau douce pourraient être deux fois plus importants que les ressources disponibles», «si tout le monde consommait comme un Français, il faudrait 3 planètes pour satisfaire les besoins de chacun»... )
Rien de nouveau mais tout y passe, même la croissance de la consommation de viande (elle a doublé en quinze ans), car le développement de l'élevage est à l'origine de la déforestation pour nourrir le bétail («pour produire un kilo de viande de bœuf, il faut environ sept kilos de céréales», dénonce l'auteur de «La Terre vue du ciel»).
Autant de sujets à l'origine d'Action Carbone, programme solidaire soutenu par Yann Artus Bertrand, qui vise à développer la compensation de production de CO2 en favorisant la création de trappes à carbone grâce à la reforestation. Pour les entreprises, mais aussi pour les particuliers qui ont trop tendance à s'exonérer de leurs responsabilités en matière d'environnement (une personne sur deux en Europe, selon Eurostat). C'est justement pour les interpeller que Home a été réalisé.
Gilles Bridier
Crédit photo: récif corallien de Neuika, Nouvelle-Calédonie, France, site officiel Yann Arthus BertrandMis à jour le 27/05/2009 à 11h42








































voir Consciences secouées, danger 1
même commentaire
qu'est-ce qu'on attend pour sauver la planète ? c'est ça la question ? personnellement j'y peux pas grand chose mais on peut toujours poser la question aux américains quand ils signeront les accords de Kyoto.
On peut aussi poser la question aux chinois qui sont sur le point de dépasser les USA en terme d'émission de CO2.
Je vais quand même essayer de répondre à la question et moi aussi amener ma petit pierre : il faudrait diviser la population mondiale de moitié (sur la base du volontariat bien sûr, je ne suis pas un monstre ...) et la moitié survivante devra manger du tofu et planter des arbres. Des volontaires ?
Sérieusement, se sont les gouvernements qui doivent répondre et ce qui est sûr c'est qu'ils n'iront pas dans le sens d'un suicide économique même si on est déjà "un peu" dedans, ce qui fait barrage pour un changement profond c'est le "un peu". On pourra toujours voir de belles vues aériennes pour se consoler, faudra juste couper le son.
Avant la sortie du film "Home" le 5 juin
"Sortir du nucléaire" dénonce
l'engagement pronucléaire
de Yann Arthus-Bertrand
Le photographe héliporté avoue qu' "il y aura des accidents nucléaires un jour ou l'autre" mais… il soutient quand même le nucléaire
Selon le photographe, interviewé sur France inter samedi 30 mai (*), Alain Juppé lui avoué que Bordeaux avait failli être évacuée lors de l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais en décembre 1999. Pourtant, de façon incompréhensible, Yann Arthus-Bertrand continue de soutenir l'industrie nucléaire…
Le film "Home", porté par une puissante campagne de promotion, sort le 5 juin sur les 5 continents. Avec cette opération mondiale, Yann Arthus-Bertrand se pose comme l'un des premiers écologistes de la planète.
Or, ce statut est plus que contestable puisque le photographe continue imperturbablement de soutenir l'industrie nucléaire, une des industries les plus polluantes et dangereuses, qui met gravement en danger l'avenir de la planète. Cette position ne peut que renforcer les soupçons de collusion avec l'un de ses principaux sponsors, l'électricien français EDF.
La position pronucléaire de M. Arthus-Bertrand est d'autant plus indéfendable que, interviewé sur France inter, il vient de faire un aveu crucial : le maire de Bordeaux Alain Juppé lui a confié que, lors de la tempête de décembre 1999, l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) avait été si grave que les autorités avaient été à deux doigts de faire évacuer la ville de Bordeaux.
M. Arthus-Bertrand avoue qu' "il y aura des accidents nucléaires un jour ou l'autre, il faut le savoir" mais il ajoute à plusieurs reprises, sans s'expliquer sur cette incroyable contradiction, et sans justifier ce propos : "on a besoin du nucléaire". D'ailleurs, questionné sur les déchets radioactifs, il décrète "oublions les déchets" (*) ! Mais quel "'écologiste" est donc M. Arthus-Bertrand ?
Et de quel "besoin" s'agit-il ? Satisfaire les ambitions industrielles d'EDF et d'Areva ? Les obsessions de M Sarkozy ? Si M Arthus-Bertrand veut réellement "sauver la planète", il doit d'urgence, avant la sortie du film "Home", se positionner contre l'industrie nucléaire. A défaut, il sera légitime de dénoncer une véritable imposture.
(*) http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/zappingdefranceinter
(Emission du 30 mai 2009 - Avancer le curseur à 47'47'')
On ne va pas se lancer ici dans un débat interminable, qu'il me soit juste permis d'exprimer qu'il y a de bonnes raisons de comparer les antinucléaires aux pacifistes de 1938 : face à un danger majeur (réchauffement climatique) ils refusent d'employer une arme essentielle dans le combat, et nous conduisent au désastre, cf. lettre de James Hansen à Obama.
Nuclear power: it would be great if energy efficiency, renewable energies, and an improved ("smart") electric grid could satisfy all energy needs. However, the future of our children should not rest on that gamble. The danger is that the minority of vehement antinuclear "environmentalists" could cause development of advanced safe nuclear power to be slowed such that utilities are forced to continue coal-burning in order to keep the lights on. That is a prescription for disaster.
Arthur, un débat interminable? Impossible car il n'y a jamais de débat. Comme le constatait ailleurs un commentateur d'un échange Besancenot /Cohn Bendit à l'endroit du premier : "Ce dialogue m'éclaire : il est obtus et peu informé. Il a des leitmotivs qu'il aligne sans fin , son argumentaire est toujours le même et il refuse toute réelle interrogation. Il sait, le reste lui importe peu."
L'absolutisme c'est cela. On pourrait croire que les raisons avancées soient là pour établir la thèse. Pas du tout c'est la thèse qui justifie toutes ces bonnes raisons à postériori. La thèse est une posture, ancrée sans doute dans une haine inexpugnable, qui tiens à la résonance entre des sources personnelles et des situations qui la nourrissent. La position fantasmatique est engagée dans un combat contre, jamais pour. C'est à cela qu'on en discerne le caractère malsain. La critique peut être vive mais si elle est au service d'un projet d'avenir, d'une foi en l'homme, d'une participation au bien commun elle relativise ses positions à ces exigences prioritaires. Ne me dites pas que "la sortie du nucléaire" est un projet, une foi, une recherche du bien commun que c'est une stratégie de développement humain. C'est une compulsion totalitaire, une volonté de puissance fondée sur un refus absolu. La critique du nucléaire est certes possible mais pas celle-là.
Les Coupat, Besancenot, et d'autres intégristes ont en commun ce même type de posture totalitaire avec les mêmes dénonciations des "lobbies" et puissants "qui dirigent le monde voyez-vous" et qui menacent l'humanité entière tellement ils sont puissants et mauvais. Mais n'est ce pas là l'emblème d'une rivalité dont ils veulent sortir triomphants dans le plus grand mépris de ceux qui ne servent pas leur cause et notamment les "masses", les pauvres, les foules qui subissent. Ils continueront à subir si par malheur ils profitent d'une faiblesse pour s'arroger le pouvoir tant haï. L'histoire en a toujours montré le mécanisme répétitif et compulsif fatal.
Voyez la position: la vérité absolue est un donné premier qui n'a pas besoin d'être démontré, tout argument n'est qu'offensif, toute position différente est coupable, l'injonction de se rendre à l'évidence posée est bien une exigences de reddition et la condamnation menace d'avance le suspect. "Si M Arthus-Bertrand veut réellement "sauver la planète", il doit d'urgence, avant la sortie du film "Home", se positionner contre l'industrie nucléaire. A défaut, il sera légitime de dénoncer une véritable imposture." (noter "l'industrie nucléaire" lieu du pouvoir convoité)
Quand sera t-on devenus capable de qualifier les pollutions psychiques et les nuisances massives qui portent atteinte à l'esprit humain suscitant angoisse et haines, agressions et régressions? Les pires absolutistes sont toujours des hommes et à ce titre ont d'autres potentiels mais il serait temps d'évaluer et d'assumer aussi les risques de cette nature qu'ils représentent.
Non! la paranoïa n'est pas l'avenir de l'homme! Le principe de précaution devait nous rendre plus prudents en ces temps d'incertitudes.
Si l'on veut bien regarder ce qui sous-tend les réactions et déclarations associées au nucléaire, sans même parler de la question de fond, on obtient une image qui explique cette absence de vrai débat (tout du moins dans la sphère médiatique : entre scientifiques ce débat existe et il est intéressant).
Ainsi, les pro-nucléaires d'aujourd'hui se basent sur le caractère "CO2-free" du nucléaire. Je remarque que ce sont toutefois les mêmes qui étaient pronucléaires il y a plus de 10 ans alors que le réchauffement climatique n'était pas sur le devant de la scène. Autrement dit, leur conviction était acquise, et le CO2 est un argment de com et pas de fond dans leur esprit. Voyez le collectif SLC par exemple. Très rare sont les personnes, neutres à l'égard du nucléiare (ou même plutot hostiles) et qui deviennt plutot favorbales spécifiquement pour l'argument CO2.
De même, avant que n'émergent les ENR et leurs couts du kWh margement supérieur au coût d'exploitation du nucléaire, il faut rappeler que le cout du nucléaire a été critiqué depuis les débuts du programme : d'abord parce qu'il était inconnu jusque vers le milieu des années 80 (estimé trop faible, mixage indémêlable des investissements et des couts d'exploitation) ; ensuite parce que l'investissement dans le nucléaire se faisait par rapport à un prix de l'énergie chère suite au chox pétrlier de 73; enfin parce que les invetsissements mis dans le nucléaire ont été, structurellement très importants en France et cet argent aurait pu être mis dans d'autres pans de l'industrie. Alors que les investissements en hydraulique ont pu être amortis assez vite en raison de l'accroissement concomitant de l'industrie lourde, cela n'a pas été le cas pour le nucléaire et il a fallu trouver des débouchés (campagne pour le chauffage électrique) et trainer une dette EDF jusqu'à ce que l'Etat éponge en partie cette dette lors de l'entrée en bourse d'EDF.
On notera également que l'hydraulique et le nucléaire français avaient une visée d'indépendance énergétique, ou de moindre dépendance, ce qui est un objectif stratégique qui par lui-même a jsutifié de considérables investissements. Les ENR sont quand même ce qu'on fait de mieux en terme d'indépendance énergétique.
Du coté des écolos, les anti-nucléaires ressemblent de plus en plus à une secte, il faut bien l'avouer, en cela qu'ils défendent un dogme jamais quantifié. La dangerosité du nucléaire : une réalité, par exemple, mais à comparer aux autres industries, dont la chime lourde et ses usages agricoles, un mode de nutrition dont le coût en santé est exorbitant, etc. De plus, que cela plaise ou non, notre point de départ actuel est que nous consommons beaucoup d'énergie et en tout cas il faut faire avec : le déclin du nucléaire ne peut que suivre (ou accompagner) une décroissance des usages. De plus il impose une nouveau mode de gestion du réseau électrique, ce qui n'est quand même pas rien. Le nucléaire ne peut pas être remplacé aisément, surtout en Franc (idem en Allemagne ou en Chine pour le remplacement des centrales à charbon).
Les écolos anti me font vraiment penser aux anti-militaires d'antant. Super de ne pas avoir d'armée, mais le jour ou l'opresseur existe, il faut bien se défendre. Nous avons vitalement (au sens de la société) besoin d'énergie, il faut bien la produire.
Certes tous les écolos ne sont pas comme ça : le site "sortir du Nucléaire" présente ainsi à la fois des articles dogmatiques et un dossier de fond sur une sortie du nucléaire en 5 ans qui est bien fait. J'ajouterais même que si une crise majeure provoquait un rejet fort et immédiat du nucléaire civil, c'est le seul dossier que je connaisse qui présente un plan d'action. C'est inapplicable hors situation de crise, mais c'est du bon boulot.
Alors, on le fait, ce débat ?
et si le meilleur argument pro-nucléaire n'était tout simplement que son formidable intérêt scientifique? La recherche fondamentale précède toujours l'application industrielle ou commerciale, et la physique nucléaire c'est une très belle discipline (à laquelle je l'avoue je ne comprends pas grand chose, mais je me régale des quelques articles de vulgarisation que je trouve à lire)
et puis la fusion nucléaire et ITER, ça a de la gueule.
En ce qui concerne le dogme jamais quantifié et les dégats plus importants de la chimie, de nos modes de nutrition et autres, les écologistes n'en parlent pas autant parce que ces dégats existent, et quoi de plus simple que de leur répondre "vous avez laissé passer ça, comment voulez-vous être crédible?" Les risques du nucléaires sont connus, mais un accident est hypothétique, il est effectivement très sectaire de jouer au prophète en disant que le nucléaire conduira à la perte de l'humanité. Ce que certains écolos font. Pas tous, visiblement le collectif sortir du nucléaire adopte les deux postures.