Culture

Woody Allen revient à l'humour juif

Temps de lecture : 2 min

Le dernier Woody Allen «Whatever works» qui sortira le 1er Juillet en France, est, d'après le New York Magazine, le dernier volet de la série de films très new-yorkais des années 70: «Woody et les Robots», «Annie Hall» et «Manhattan», et il incarne «l'humour juif»

Au début de l'année 2009, pensant être confronté à une grève d'acteurs qui durerait tout l'été, Woody Allen s'est retrouvé contraint de commencer un film trois mois à l'avance. Cela signifiait rester à New York — les enfants avaient école— et le nouveau script n'étant pas prêt, il fallut en ressortir un vieux. Un très vieux même, de Zero Mostel, mort en 1977. «Ce nouveau film est littéralement du Woody Allen vintage. De fait, il réveille une veine de l'humour juif qui demeure tout sauf aseptisé ces dernières années: névrosé, dépressif, mordant, exclu.»

Allen a choisi pour ce film l'acteur Larry David, «l'homme qui, à travers six saisons de la série «Curb Your enthusiasm» sur HBO, a fait plus que quiconque pour maintenir cette sensibilité humoristique, auprès d'une génération qui lui est presque totalement étrangère.»

Ce film fait du Juif un triste homme drôle à peine opérationnel, et «l'on se demande si ce type a un rapport avec une époque où les Juifs Américains ne se sentent plus mal par rapport à grand chose — si ce n'est le jour du Grand Pardon».

Ni Allen ni David ne voient leur film comme une «comédie juive». «Il l'est pourtant, au moins au sens littéral: l'humour d'Allen et David est juif dans son essence.(...)  Si ce type d'humour est en voie de disparition, ce pourrait être parce qu'il provient d'une combinaison de douleur et de fierté qui semble désormais plus historique que contemporaine.» L'humour juif a toujours été dû à l'exclusion des Juifs auto-dérision mêlée à leur auto-glorification. Que peut devenir cet humour, alors que les Juifs américains sont désormais parfaitement intégrés?

Larry David avait trouvé une solution dans sa série, faisant à nouveau des Juifs des outsiders, et recréant l'exil des Juifs...à Los Angeles, loin de Manhattan. Là ce n'est pas leur religion, mais leur style de vie, leur pessimisme et leur hypocondrie, qui les empêche de se fondre dans le paysage hollywoodien. Pas étonnant qu'un acteur de ce style, dirigé par Woody Allen, ait drainé autant de spectateurs et d'applaudissements à la projection de «Whatever works», au Tribeca Film Festival.

[Lire l'article complet sur le New York Magazine]

(Photo: Woody Allen par Colin Swan, via Flickr)

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Slate.fr

Newsletters

Quatre bonnes raisons de se plonger dans un livre dès ce soir

Quatre bonnes raisons de se plonger dans un livre dès ce soir

Il est indispensable de lire de (vrais) bouquins.

Les trois lumières: Bong Joon-ho, Desplechin et Gu Xiaogang

Les trois lumières: Bong Joon-ho, Desplechin et Gu Xiaogang

«Parasite» et son classicisme inventif, «Roubaix, une lumière» d’une douceur révolutionnaire et l'inattendu «Séjour dans les Monts Fuchun», la journée la plus convaincante jusqu'ici.

À Cannes, les femmes de la compétition n'ont souvent que des lots de consolation

À Cannes, les femmes de la compétition n'ont souvent que des lots de consolation

Le Festival doit encore faire ses preuves sur ces questions. En soixante-douze ans, seule une femme a remporté la Palme d'or (et encore, elle a dû la partager).

Newsletters