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Les dix paris des lieutenants de Marine Le Pen, hors Hénin-Beaumont

Jean-Laurent Cassely, Grégoire Fleurot et Jean-Marie Pottier, mis à jour le 08.06.2012 à 17 h 14

Alors que le duel Le Pen-Mélenchon accapare les regards, focus sur dix autres circonscriptions où le Front national, vainqueur, faiseur de roi ou perturbateur, entend bien peser les 10 et 17 juin.

Marine Le Pen et Gilbert Collard en campagne à Vauvert (Gard), le 7 juin 2012. Jean-Paul Pelissier / Reuters

Marine Le Pen et Gilbert Collard en campagne à Vauvert (Gard), le 7 juin 2012. Jean-Paul Pelissier / Reuters

Depuis le 12 mai et l'annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon aux législatives, une circonscription française attire tous les regards: la onzième du Pas-de-Calais, celle d'Hénin-Beaumont, où le leader du Front de gauche est venu défier Marine Le Pen. On aurait tort de s'y arrêter. Car, fort des 17,90% de sa chef de file le 22 avril, le FN dispose de positions avantageuses dans d'autres circonscriptions.

Nous avons choisi d'en retenir dix, de dix départements différents, en nous basant, en dehors des résultats du premier tour, sur les calculs du spécialiste de la géographie électorale Frédéric Salmon, sur l'analyse du géographe Laurent Chalard et sur celle du spécialiste de la carte électorale Emmanuel Saint-Bonnet qui a établi une projection faisant état de trois sièges gagnables pour le FN, à Hénin-Beaumont, Saint-Gilles (Gard) et Carpentras (Vaucluse).

Dix batailles que le FN ne remportera certainement pas toutes les 17 juin, mais dans lesquelles il pourrait peser différemment, en empêchant la droite parlementaire de gagner en triangulaire, en s'imposant comme la première force à droite, en éliminant le PS, en défiant le Front de gauche...

Dix batailles loin d'Hénin-Beaumont

Saint-Gilles, la meilleure chance?

2e circonscription du Gard. Moins à gauche qu’Hénin-Beaumont, avec un sortant moins implanté qu’à Carpentras… C’est la circonscription où le FN dispose a priori du plus de chances d’obtenir son premier siège à l’Assemblée nationale depuis 1997, avec qui plus est un candidat très médiatique, Gilbert Collard, président du comité de soutien de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle. Cette dernière se dit d’ailleurs «quasiment sûre» de la victoire du célèbre avocat.

A 72 ans, Etienne Mourrut (UMP), député depuis 2002, réélu en 2007 avec 59,4% des voix face au socialiste Robert Crauste, est très menacé par le parachutage de Collard dans le seul département où Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour de l’élection présidentielle, avec une pointe à près de 29% dans la circonscription.

D’autant plus que le FN bénéficie d’une «légitimité institutionnelle» sur ce territoire, comme le rappelle Joël Gombin, doctorant sur le vote FN à l’université d’Amiens: c’est dans la principale ville de cette circonscription, à Saint-Gilles, que le parti a décroché sa première mairie de plus de 10.000 habitants en 1989. «C'est un pays de forte tradition, les gens ont du caractère et du courage, a récemment déclaré Gilbert Collard. Ici, on ne pactise pas sur les idées, on n'a pas peur du terrorisme intellectuel.»

Un sondage Ifop réalisé les 4 et 5 juin a donné les trois principaux candidats, Mourrut, Collard et la socialiste Katy Guyot, à égalité parfaite au premier tour avec 29,5% des suffrages chacun. La circonscription a connu deux triangulaires récemment: en 1997, le PS Alain Fabre-Pujol l'avait emporté de deux points et en 2002 Etienne Mourrut avait reconquis la circonscription à droite avec cinq points d'avance.

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Carpentras-sud, la vengeance des Le Pen?

3e circonscription du Vaucluse. Avec 27,03%, le Vaucluse a offert au FN son meilleur score, et de loin, dans la région Paca. «C’est ici que que se recompose la droite», souligne Michel Gairaud, rédacteur en chef du Ravi, mensuel satirique et d’investigation de la région Paca qui vient de réaliser un dossier sur les législatives dans la région.

Le Vaucluse, laboratoire de la recomposition? Un étrange rapprochement va dans ce sens: cinq candidats aux législatives ont signé une charte d’union de la droite et du centre. Outre Jacques Bompard, le maire d’Orange et fondateur du parti d’extrême droite la Ligue du Sud, figurent sur la liste des signataires… le président départemental du Nouveau Centre et une candidate divers droite.

«C’est un jeu du chat et de la souris entre le FN et Bompard, ils se rapprochent et se combattent en même temps», poursuit Michel Gairaud. C’est même un jeu à trois, puisqu’entre UMP locale radicalisée, Ligue du Sud régionaliste et FN hardcore, bien heureux qui saura établir des nuances… La situation dans la circonscription voisine (la 4e) l’atteste. Le seul conseiller général FN, issu de la fournée 2011, a apporté son soutien non pas à la candidate de son parti, mais au maire d’Orange Jacques Bompard.

Et dans la circonscription où se présente Marion Maréchal-Le Pen, celui qui devait être candidat pour la Ligue du Sud, Hervé de Lépinau, sera finalement… suppléant de la petite-fille du fondateur du FN.  Pour compliquer encore un peu les choses, précisons que le fils de Jacques Bompard, Guillaume, est quant à lui suppléant d'une candidate divers droite proche de la Ligue du Sud dans la 3e, Astrid Ducros. Si vous suivez toujours, vous êtes sans doute le(a) seul(e), bravo.

C’est donc dans ce voisinage, idéologiquement particulièrement bienveillant mais politiquement trouble, qu’a poussé la candidature de la jeune Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans, nièce de la présidente du parti, petite-fille de son fondateur. Soucieuse de «laver l’affront» fait à Jean-Marie Le Pen lors de l’affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras, en 1990, elle atterrit dans la circonscription qui a donné au FN son meilleur score national au premier tour de la présidentielle (31,50%).

Mais un très gros obstacle se dresse entre elle et l’Assemblée. Le sortant Jean-Michel Ferrand (UMP), réélu depuis 1986, «archétype de la Droite populaire», souligne Michel Gairaud, est extrêmement bien implanté. «J'aurais préféré avoir affaire à son grand-père. Ça aurait été plus amusant», fanfaronnait encore récemment ce vieux briscard de l’Assemblée. Contre l’atout célébrité de Marion Maréchal-Le Pen, l’UMP mise sur ce candidat localement connu et dont l’orientation bien à droite laisse politiquement peu d’espace à la nouvelle venue.

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Vitrolles-Marignane, l'ancien fief de Mégret

12e circonscription des Bouches-du-Rhône. Ce territoire situé autour du site industriel de l’étang de Berre, à l'ouest de Marseille, reste célèbre, dans l'histoire du parti, pour lui avoir offert deux succès lors des municipales de 1995, avec Bruno Mégret à Vitrolles (puis sa femme Catherine après son invalidation) et Daniel Simonpieri à Marignane.

En revanche, la circonscription s'est toujours refusée au premier nommé, d'extrême justesse en 1993 (49,5%), de plus en plus nettement ensuite au fur et à mesure qu'il payait sa scission avec le parti, jusqu'à un petit 2% en 2007. Le FN reste néanmoins fort, comme l'atteste son score au premier tour de la présidentielle (29,90%) ou celui de son candidat Paul Cupolati l'an dernier dans le canton de Châteauneuf Côte-Bleue (44,77%).

Reste à savoir si, face au député sortant Eric Diard, maire UMP de Sausset-les-Pins, élu dès le premier tour avec 50,49% des voix en 2007, Cupolati pourra consolider ces récents bons scores. Si la guéguerre entre lepénistes et mégrétistes a disparu, Alde Vinci, candidat FN aux cantonales l'an dernier au nom de la tendance gollnischienne, portera les couleurs du Parti de la France de Carl Lang dans la circonscription…

Une situation locale favorable aux rapprochements FN - UMP  pourrait également peser sur le scrutin, avec force clins d'oeil de candidats de la Droite populaire dans les circonscriptions voisines, qu'il s'agisse de Dominique Tian à Marseille, qui a accueilli lors d’un meeting en mai l’ex-FN Stéphane Durbec, de Michèle Vasserot à Martigues, qui a affirmé dans un reportage de Canal + qu’«au niveau local, faire des accords avec des candidats [FN], ça ne […] paraît pas idiot», de la député-maire d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, qui rappelle «avoir toujours défendu» les valeurs de Marine Le Pen, ou encore du maire des Saintes-Maries-de-la-Mer Roland Chassain, qui a déclaré dans l'hebdomadaire d'extrême droite Minute qu'il était favorable à une entente locale avec le FN pour battre son adversaire socialiste Michel Vauzelle.

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Brignoles, le FN vise plus haut

6e circonscription du Var. Le département a offert au parti de Jean-Marie Le Pen une bonne partie de ses rares députés élus au scrutin majoritaire: Yann Piat à Hyères, en 1988, puis Jean-Marie Le Chevallier à Toulon, en 1997, deux ans après avoir conquis la mairie —et pour un an seulement, le temps d’être invalidé et battu par la socialiste Odette Casanova.

En 2011, la 6e circonscription a aussi donné au parti un conseiller général FN, Jean-Paul Dispard, vainqueur du maire PCF de Brignoles Claude Gilardo par cinq voix d’écart. «C’est très encourageant pour l’avenir, notamment en vue des élections législatives qui se dérouleront dans environ un an», déclarait-il alors, six mois avant que le tribunal administratif n’annule cette élection.

C'est une conseillère régionale qui a été investie pour le parti, l'ancienne viticultrice Armelle De Pierrefeu. Forte des 26,75% de Le Pen à la présidentielle, elle pourrait bénéficier des divisions de la gauche: candidat au nom du Front de gauche, le premier secrétaire départemental du PCF Alain Bolla a proposé au PS et à EELV (qui a récupéré la 6e avec Delphine Van Hoorebeke) de présenter un seul candidat de gauche dans trois circonscriptions du département pour tenter de profiter d'éventuelles triangulaires, mais ils ont refusé en vertu de leur accord national. L’unité est loin d’être acquise puisqu’un candidat divers gauche, Gérard Bleinc, se présente également.

En dépit de déceptions locales vis-à-vis de la sortante, la députée Josette Pons (UMP), sur le dossier de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui reliera Marseille à Nice, cette dernière apparaît suffisamment implantée pour être reconduite le 17 juin.

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Béziers, le second tour à défaut de victoire?

6e circonscription de l'Hérault. La présence du FN le 17 juin dans cette circonscription semble acquise après le très bon score de Marine Le Pen (27,75% des voix) à la présidentielle, et des qualification pour le second tour en 1997 et en 2002. Le secrétaire départemental du FN Guillaume Vouzellaud défie le député sortant UMP Elie Aboud, qui s’était fait remarquer en 2009 avec une proposition de loi pour bannir les drapeaux étrangers des mariages civils.

Vouzellaud n’a perdu que de 170 voix au second tour des cantonales l’année dernière face au candidat socialiste, et bénéficiera au premier tour d’une gauche très divisée avec de nombreux candidats dont un dissident socialiste exclu du parti depuis sa candidature, ce qui fait craindre à certains le risque d’une absence pure et simple du second tour. Preuve des espoirs placés par le FN dans cette circonscription, Jean-Marie Le Pen en personne s’est déplacé fin mai pour soutenir le candidat local.

Mais une victoire finale semble néanmoins compliquée pour le parti dirigé par la fille Le Pen. Aux législatives de 2007, l’UMP Paul-Henri Cugnenc l’emportait avec plus de 57% des voix au second tour face à la socialiste Eliane Bauduin, après avoir récolté 46,5% au premier tour.

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Perpignan, entre mêlée et match de boxe 

1re circonscription des Pyrénées-Orientales. Dans cette circonscription qui recouvre 60% de la ville de Perpignan, avec une importante population pied-noir et une insécurité galopante, l’UMP Daniel Mach, déjà réélu en 2007 avec 57% des voix au second tour face au communiste Jean Vila, brigue son troisième mandat. En 2007, le candidat FN Louis Aliot n’avait recueilli que 6,75% des suffrages, mais sa situation a bien changé depuis: battu de peu au second tour des cantonales en 2011, le conseiller régional de Languedoc-Roussillon est devenu une figure politique nationale pendant la campagne présidentielle de 2012 et Marine Le Pen a recueilli 23,6% des suffrages au premier tour dans cette circonscription (un score presque identique à celui de Jean-Marie Le Pen en 2002).

Nicolas Sarkozy et François Hollande, eux, se sont quittés à égalité parfaite avec chacun 26% au premier tour et 50% au second. Pour rajouter encore un peu d’incertitude sur les forces politiques qui seront présentes au second tour cette année, deux candidatures se font concurrence à gauche, celle de Jean Vila, député de 1997 à 2002, et du socialiste Jacques Cresta.

Le compagnon de Marine Le Pen, ancien rugbyman, table sur une triangulaire UMP-PS-FN pour éviter que l’un des deux grands partis ne lui fasse barrage en appelant au vote républicain. Daniel Mach, membre de la Droite populaire et ancien boxeur, mène lui une campagne à droite toute pour contrer la poussée du FN et tenter de décrocher son troisième mandat, mettant en première position sur ses tracts le refus du droit de vote des étrangers et de la régularisation massive des sans-papiers. 

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Forbach, le parachutage du bras droit

6e circonscription de la Moselle. Un super-diplômé (ENA, HEC) a déployé son parachute pour sauter sur le bassin minier: c’est à Florian Philippot, le directeur stratégique de la campagne de Marine Le Pen, que le FN a confié la tâche d’essayer de conquérir cette circonscription où sa chef de file est sortie en tête le 6 mai. Et comme beaucoup de parachutés, Philippot a eu droit en guise de comité d’accueil à un dissident, Eric Vilain, qui l’a accusé d’être «un sans-papier mosellan» et a depuis été exclu du parti. Réplique crâne de Philippot: «Je ne suis pas de cette région, mais c'est le lot de tout résistant d'être parachuté.»

Normalement, le FN a tout pour lui sur ce terrain qui «concentre toutes les difficultés de la société française» selon son chef de file. Son score à la présidentielle: près de 30%. Les taux massifs de chômage des chefs-lieux de la circonscription, en plein cœur des Houillères de Lorraine définitivement fermées depuis dix ans: 20% à Freyming-Merlebach et Stiring-Wendel, 22% à Forbach, 26% à Behren-lès-Forbach. Ou encore sa présence au second tour dans trois cantons de la circonscription (dont celui d’Eric Vilain…) lors de leur dernier renouvellement en 2011.

Mais l’expérience incite à la prudence: en 2002, le FN avait dévissé en six semaines de plus de 29% à 17% des voix, échouant à accéder au second tour. Dans cette circonscription où le sortant UMP Pierre Lang s’était imposé avec 65% des voix en 2007, sa présence le 17 juin en triangulaire constituerait une chance sérieuse de victoire pour le PS Laurent Kalinowski, qui reproche au Front «d'instrumentaliser la désespérance et la colère». En 1997, ce scénario avait d’ailleurs déjà coûté son siège à Lang.

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Saint-Dizier, sur les terres du Général 

2e circonscription de la Haute-Marne. Le futur député de cette circonscription comptera parmi ses mandants les quelque 680 habitants de Colombey-les-deux-Eglises, village où Charles De Gaulle a fini ses jours dans la propriété de la Boisserie. Le 22 avril, le fief du Général a voté Marine Le Pen à 24% et a donné quasiment la majorité à Nicolas Sarkozy dès le premier tour. Presque à contre-courant d’une circonscription en voie de désertification (sa principale agglomération, Saint-Dizier, connaît «le plus fort déclin démographique récent en France», selon le géographe Laurent Chalard: moins 5.000 habitants en dix ans) qui a placé la présidente du FN en tête avec près de 29%.

Pas une première, car Jean-Marie Le Pen avait réussi la même performance lors des législatives il y a dix ans. Dans la foulée, le FN avait accédé au second tour, sans empêcher le député UMP François Cornut-Gentille, spécialiste des questions de défense, d’être réélu avec plus de 74% des voix. Pour déloger ce dernier, qui a entretemps été réélu dès le premier tour en 2007, le parti a cette fois-ci envoyé une figure connue, mais tout sauf un frontiste pur jus: le souverainiste Paul-Marie Coûteaux, passé successivement par le RPF de Pasqua, le Pôle républicain de Chevènement (dont il fut exclu pour avoir refusé d’appeler à voter Chirac au second tour en 2002) et le MPF de de Villiers, et désormais associé au FN avec son parti, le Siel (pour Souveraineté, indépendance et libertés).

Sans aller jusqu’à battre Cornut-Gentille, il devrait pouvoir être présent au second tour, et peut-être même en duel au vu des divisions de la gauche: un candidat PS, Denis Maillot, dont la suppléante est communiste, fait face à un candidat… Front de gauche, un autre Denis, Monnier de son nom. «Les gens qu'on rencontre sont troublés par cette situation, ils ne comprennent rien. D'autant que sur les tracts du socialiste, il y a le logo du Front de gauche. Ce n'est pas normal», a regretté ce dernier dans 20 minutes.

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Saint-Amand-les-Eaux, le court annexe du match des Fronts

20e circonscription du Nord. Dans l’affrontement Front contre Front, les médias ont déjà pris leur place sur le court central du Nord-Pas de Calais, pour assister au match très attendu Mélenchon/Le Pen. Partons plutôt sur le court voisin de la 20e circonscription du Nord, où les deux Front pourraient également se disputer un siège à l’Assemblée.

Le match est plus verrouillé qu'à Hénin par Alain Bocquet, invaincu sur la surface depuis 1978 et son premier mandat sous l’étiquette PCF, et qui joue pour une huitième victoire consécutive, cette fois sous les couleurs du Front de Gauche. Dans ce fief communiste, qui contient notamment la commune d'Anzin, celle de la grande grève des mineurs de 1884 qui inspira le Germinal de Zola, la 20e circonscription a donné à Jean-Luc Mélenchon 16,06% des suffrages le 22 avril.

Mais les cantonales ont vu une hausse importante du vote FN, se situant souvent autour des 20%, là où le candidat FN ne réalisait qu’un faible score (5,44%) aux législatives de 2007… Et Marine Le Pen, avec 28% des voix, a fini en tête au premier tour de l’élection présidentielle, réalisant son plus gros score du département.

C’est une assistante juridique au siège du parti, Nathalie Betegnies, qui est parachutée dans la circonscription.

Autre élément sur lequel le FN peut compter pour accéder au second tour pour la première fois depuis 1997 (sans forcément se faire trop d’illusion sur le rapport de forces final, Bocquet ayant gagné avec plus de 69% en 2007), la dissidence à droite. Monique Huon, candidate CPNT investie par l'UMP, fera face à Gilles Waddington, suppléant UMP en 2007 qui se présente cette fois-ci sous l'étiquette divers droite.

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Compiègne-nord, la conquête des périurbains

6e circonscription de l'Oise. A première vue, le député sortant UMP François-Michel Gonnot, qui l’avait emporté avec 54% des voix au second tour face au communiste Patrice Carvalho en 2007, part avec une longueur d’avance pour sa réélection dans un département qui est un véritable fief de la droite (l’UMP compte six députés sur sept circonscriptions). Le candidat du FN Michel Guiniot, membre du bureau politique et figure locale du parti (c'est lui qui y gère les collectes de signature pour Marine Le Pen), n’avait obtenu que 7,6% des voix au premier tour en 2007.

Mais la situation a bien évolué en cinq ans. Si Nicolas Sarkozy est arrivé en tête au second tour de la présidentielle, son score est en net recul par rapport à 2007. Et surtout, la Picardie est la région où Marine Le Pen a réalisé son meilleur score national à la présidentielle avec 25%. Même avec la baisse attendue de la participation, le FN peut raisonnablement espérer se qualifier pour le second tour dans cette circonscription où il a eu un conseiller général de 1998 à 2004, à Noyon. Un scénario qui pourrait bénéficier à Patrice Carvalho.

Pour Michel Guiniot, pas de doute, la dynamique est bonne pour son parti, avec une analyse qu’il ressort sans cesse: la Picardie accueille de plus en plus d’anciens Franciliens devenus propriétaires dans cette zone moins urbaine et voulant absolument éviter les problèmes de la ville comme l’insécurité et les «campements de Roms».

Un phénomène qui «ne peut expliquer à lui seul le vote FN car le renouvellement démographique n’est pas assez rapide» selon le spécialiste du FN à l'université d'Amiens Joël Gombin, mais qui correspond effectivement au portrait-robot de «ces nouvelles zones périurbaines où le FN réalise ses meilleurs scores», notamment chez les classes moyennes inférieures. 

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Jean-Laurent Cassely, Grégoire Fleurot et Jean-Marie Pottier

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