Comparer les prix, mission impossible
Désormais, les industriels peuvent fixe librement le format des emballages leurs produits. Le pouvoir d'achat va souffrir.
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Avant, tout était simple: le lait se vendait principalement en bouteille de 1 litre, le camembert en boîte de 250 g, la sucre par kilo … C’est ce qu’on appelait «les quantités nominales» que devaient obligatoirement respecter les industriels. Un système désormais aboli.
Depuis le 11 avril, en application d’une directive européenne, les formats de la plupart des produits sont « libres ». A présent, rien n’empêche les marques de vous vendre du riz en paquet de 438 g (et non plus de 500g) ou de l’eau minérale en bouteille de 93 cl (et non plus de 1 litre)… Une liberté totale pour une centaine de produits: de l’alimentaire courant mais aussi de l’hygiène beauté (cosmétique, dentifrice, mousse à raser …) ou de l’entretien (lessives, colles, peinture…).
Y échappent les vins et spiritueux pour lesquels les formats obligatoires subsistent. Traitement spécial également pour les pâtes sèches dont les quantités ne seront libéralisées qu’à partir de l’automne 2012. A cette date, tous les articles de grande consommation, en gros tout ce que vous achetez au supermarché du coin, pourront en théorie adopter n’importe quel conditionnement.
Mais quelle mouche a donc piqué Bruxelles? Officiellement, la Commission européenne a pensé à l’intérêt du consommateur: qu’il puisse bénéficier d’un choix de formats de produits plus large et de prix réduits sur un grand nombre de références. Pas vraiment convaincant. Car ce qui pend en réalité au nez des clients, c’est d’être perdu devant une jungle de nouveaux formats. Si les industriels se mettent à lancer chacun des grammages différents, comparer les prix des produits va devenir un vrai casse-tête.
Certes, l’indication du prix au kilo ou au litre reste obligatoire dans les magasins. De même, les mentions de poids devront rester bien visibles sur les emballages pour éviter les effets « trompe l’œil » (Par exemple 480g de riz dans un emballage paraissant 500g). L’ennui, c’est que le prix au kilo ou litre n’est pas toujours bien lisible dans les rayons. Par ailleurs, vérifier pour chaque achat cette indication va devenir vite lassant pour le consommateur. Bref, la libéralisation des formats risque de brouiller l’information sur les prix, s’alarment les associations de consommateurs comme la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie). Déjà, avec l’avalanche des promotions en tout genre (lots, bons de réduction, carte de fidélité…), les repères avaient tendance à s’effacer. La profusion des quantités risque d’ajouter à la confusion.
Les industriels oseront-ils franchir le pas? Pas sur qu’ils prennent le risque d’être accusé de profiter de la situation sur le dos de Français qui peinent à boucler leur budget. Pourtant, de nombreux projets seraient dans les cartons, prêts à envahir les magasins progressivement. Il faut dire que rétrécir les conditionnements est très tentant.
Deux stratégies sont possibles pour les fabricants. Soit diminuer le prix proportionnellement à la quantité et donner l’impression au consommateur qu’il fait des économies. C’est moins cher mais on achète moins de produit. Soit ne pas toucher au prix à l’unité et donc en profiter pour accroître les marges. Vous payez aussi cher pour une quantité moindre. C’est ce dernier scénario que craint le plus la CLCV. Ce genre de combine a déjà été dénoncé l’an passé lorsque certaines marques avaient réduit en catimini leur emballage pour compenser la flambée des matières premières.
Derrière la libéralisation des formats se profile une nouvelle menace sur le pouvoir d’achat. N’en déplaise à Bruxelles, les ménages n’en tireront aucun bénéfice. Les industriels de la grande consommation, eux, ont tout à y gagner. Selon la CLCV, les marques n’attendent qu’une chose : que ces changements d’emballage passent inaperçus. Effectivement, pour le consommateur moyen, difficile de s’apercevoir que son paquet de biscuit préféré ne pèse plus que 300g au lieu des 330g habituels.
Bruno Askenazi
crédit: Reuters/Danny Moloshok, supermarché en Californie, mai 2009
Mis à jour le 27/05/2009 à 11h38










































Il y a quelques années, l'un de mes amis ,lorsqu'il ouvrait un boite de conserve et constatait un vide évident, perdu dans la masse du produit, s'exclamait :"Ho! les voleurs! ". Ce souvenir m'est resté et j'ai toujours gardé cet "oeil" sur les produits ainsi que cette exclamation.
Je trouve un peu rapide la suspicion (quasi systématique) envers les industriels censés profiter de nouvelles libertés pour tromper les consommateurs. Il n'y a pas que des pourris dans les entreprises.
Plus sérieusement, je trouve que cette nouvelle liberté offerte sur les tailles d'emballages n'est pas une mauvaise chose. Cela permettra peut-être à chacun de trouver le produit au format qui lui convient le mieux suivant ses propres pratiques de consommations.
Par contre, j'ai l'habitude de faire mes achats en supermarchés en regardant systématiquement le prix au kilo ou litre. C'est très instructif. Notamment pour les supercheries des offres "grand format" ou "familial" qui sous-entendent un tarif avantageux qui bien souvent ne l'est pas.
Effectivement, ce n'est pas toujours simple car l'affichage de cette information est souvent minuscule.
Je suggère donc aux associations de consommateurs (CLCV, UFC et autres) de militer soit pour rendre obligatoire la distribution de loupes à l'entrée des magasins, soit d'imposer une taille d'affichage minimale pour les tarifs au kilo.
Sinon, pour les Geeks, il y a peut-être une apps iPhone qui permet de lire les codes à barres pour avoir toute l'information sur le produit que l'on souhaite acheter (poids au kilo, valeur nutritionnelle, fabricant (notamment pour les MDD), calcul de temps avant péremption ...). Peut-être d'ici quelques mois!!!
Encore une directive européenne qui aura pour résultat de rétrécir non pas les emballages mais surtout le portefeuille des Français.
Sur un tout autre plan, sait-on en France que depuis quelques mois les D.D.E. n'ont plus le droit d'assurer la maîtrise d'oeuvre des collectivités locales en matière de voirie et d'aménagement de l'espace ? Cela parce que les D.D.E. intervenaient sur le champ concurrenciel avec des tarifs bien moins élevés que les cabinets privés, et une directive européenne l'a interdit. Donc si vous me suivez, cela veut dire une augmentation des dépenses des collectivités locales dans les années à venir, donc une augmentation des impôts locaux, et au final toujours moins d'argent disponible dans le portefeuille du citoyen lambda.
Dans ce cadre-là, qui s'étonne encore de l'absentéisme croissant des électeurs pour ce scrutin ? Comment ne pas comprendre que les citoyens ne voient venir de l'Europe que des contraintes et des restrictions de leur cadre de vie, et que cela ne les motive pas à voter pour un tel ou un tel qui de toute façon ne représentera pas leurs vrais intérêts, mais plutôt "collaborera" à une politique soumise de manière effrayante aux lobbies industriels et commerciaux.
La commission a pensé à l'intérêt du consommateur grâce à la PRESSION DES LOBBIES INDUSTRIELS de qui se moque - t-on encore et toujours du consommateur.
J'aime la crédulité de @ objopinion sachez que le "système" est toujours à l'avantage de l'industriel.
Pour avoir participé à la remontée des prix pendant des années pour : le dividende de l'actionnaire seul moteur d'un industriel et non pour la logique du marché. Encore aujourd'hui et malgré la crise le leitmotiv des industriels présever le dividende, certains prix augmentent hors régle du marché si vanté par le MEDEF. Non ne soyez pas crédule il y a le discours et la réalité. Un commentaire de @ Corto 74 il ya quelques semaines sur les prix des hypers étaient très intéressant je vous invite à le lire ainsi qu'un autre commentaire d'internaute sur les contrats dans l'informatique. Svp ne soyez pas crédule le monde industriel est IMPITOYABLE pour le consommateur.
Le savoir ,juste pour dire à nos industriels vous êtes un passage obligé dans bien des cas mais nous ne sommes pas dupes de vos règles bien loin de celles d'un vrai marché ouvert.
La preuve la baisse du lait pour nos agriculteurs n'est pas répercutée sur les produits laitiers mais vous verrez que le dividende des actionnaires sera maintenu et même pour les "plus malins" en croissance. Pour info les "petits actionnaires" sont également les dindons de nos chers industriels qui communiquent pour faire plaisir à l'actionnariat le plus "fort" à ce jeu Mr MESSIER, un bon souvenir pour certains non?