LIFE
- LIFE
- Santé
- médecine
- bioéthique
- Par Kléber Ducé
- DU MÊME AUTEUR
Kléber Ducé
Stories from Kléber Ducé
- 1 of 3
- ››
«Mères porteuses» contre «Grossesses pour autrui»
Scientifiques et médecins, évêques et psychanalystes partent en guerre. Cible: tous ceux qui réclament de pouvoir «louer des utérus».
Quand a-t-on observé, en France, une telle mobilisation, à la fois intellectuelle et philosophique, professionnelle et confessionnelle sur un sujet concernant le corps humain et la procréation?
On évoquera bien évidemment, non sans arguments, les années 1970 et les multiples revendications qualifiées de «féministes» en faveur de la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse. Mais l'affaire est cette fois d'un ordre radicalement différent, inverse, symétrique. Seul point commun: le contenu utérin. Il ne s'agit pas cette fois de demander au législateur d'obtenir que la justice ne poursuive plus les femmes qui, enceintes, ne souhaitent pas poursuivre leur gestation et, in fine, donner la vie. Il s'agit d'obtenir du même législateur que les femmes qui a priori ne peuvent procréer puissent obtenir (moyennant généralement plus de trente deniers) que d'autres puissent le faire à leur place; avant de leur offrir le nouveau-né.
Une expérience: abordez le sujet dès que possible; avec ceux que vous aimez, avec vos proches, vos voisins, votre beau-frère. Abordez-le dans le cercle de famille et, dimanche, si elle est présente et consciente, avec votre belle-mère. Faites-le avec vos collègues de travail. Succès garanti et durable. Â
Nulle plaisanterie ici. Mais bien un phénomène pleinement «moderne» qui s'inscrit dans le sillage des «avancées» de la procréation «médicalement assistée». Un phénomène d'autant plus remarquable qu'il est sans précédent depuis que la réflexion et le débat autour des principales questions de bioéthique se sont véritablement structurés en France. Soit depuis un quart de siècle et l'initiative prise par François Mitterrand de créer -première mondiale- un «comité national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé». Nous sortions alors de l'hiver 1983.
Et voici qu'en ce printemps 2009 émerge et s'amplifie une opposition radicale, violente et sans précédent, concernant une pratique qui, si elle devait être légalisée, aurait notamment pour conséquence de bouleverser les règles millénaires des filiations humaines. Symptôme éclairant de cette radicalité, cette pratique possède déjà un double nom de baptême: au choix «mères porteuses» (donné par ceux qui y sont opposés) ou «grossesses pour autrui» (donné par ceux qui voient ici un nouvel espace de liberté à conquérir et ce au titre de l'émancipation des femmes).
L'affaire commence à se structurer en un passionnant feuilleton. Le dernier épisode en date est la publication du texte intitulé «Mères porteuses, un plaidoyer pour la défense des plus vulnérables». Il est d'ores et déjà signé par une centaine de personnalités de multiples horizons professionnels, intellectuels confessionnels et politiques.
De qui s'agit-il? Nous connaissons tous cette règle bien injuste veut qui veut qu'en l'espèce on ne cite que les plus célèbres -soit les plus médiatiques- des signataires. Obéissons-lui donc: Laure Adler, Sylviane Agacinski, Françoise Barré-Sinoussi, Carole Bouquet, Boris Cyrulnik, Pr Bernard Debré, Catherine Dolto, Caroline Eliacheff, Pr René Frydman, Gisèle Halimi, Marin Karmitz, Pr Axel Kahn, Blandine Kriegel, Pr Olivier Lyon-Caen, Pr Luc Montagnier, Pr Marcel Rufo etc..
Les autres? Les miracles de la technique moderne permettent à chacun d'avoir accès à la liste grandissante des signataires. Ajoutons aussi que pour l'essentiel les responsables catholiques partagent les arguments qui sont développés dans ce texte.
Question annexe, moins anecdotique qu'on pourrait le penser au premier abord: pourquoi ce manifeste (je pense que le terme de «supplique» eût été plus parlant) signé par nombre d'hommes et de femmes «de gauche» a-t-il trouvé son espace d'expression dans les colonnes du quotidien Le Figaro? Hasard ou fatalité? Faudrait-il en déduire que les autres principaux responsables des organes de presse écrite nationale (quotidienne ou hebdomadaire) militent de facto pour le camp adverse? Mystère.
Prenons le temps d'écouter, pour bien comprendre, ceux qui ont la conviction que le moment est venu de partir en croisade contre la pratique des mères porteuses; que le moment est venu d'avoir le courage de mettre son nom au bas d'une déclaration de guerre faite au nom des droits de l'homme. Ils reprennent pour une large part les propos développés par la philosophe Sylviane Agacinski dans son dernier ouvrage (1). «Prendre en compte la souffrance des couples infertiles ne peut justifier de transgresser des principes qui fondent notre vie collective et notamment le devoir de protection des plus vulnérables, écrivent-ils. La gestation pour autrui ouvre la voie à des pratiques hautement contestables: l'exploitation des femmes, la promotion du «tout génétique», la programmation d'enfants conçus pour être abandonnés par la femme qui les a portés.»En d'autres termes le traitement de la stérilité féminine ne doit pas conduire à toutes les transgressions. Ils poursuivent: «Que la pratique soit légale ou non, la mère porteuse est dans la quasi-totalité des cas d'un milieu socio-économique et culturel défavorisé par rapport à celui du couple demandeur. Ce simple constat devrait nous arrêter, or ce n'est pas le cas. Les mères porteuses seraient sélectionnées en fonction de leur capacité à consacrer, par altruisme, neuf mois (plutôt douze) de leur existence à porter l'enfant d'un couple en s'interdisant de se fantasmer comme mère, ce qui s'apparente à un déni de maternité, tout en gardant la possibilité de se rétracter après la naissance. Pour soulager notre conscience? Quel professionnel peut s'autoriser à déclarer telle femme «bonne pour le service»?
Et, marxistes, freudiens ou pas, ils concluent: «La loi doit-elle permettre des conventions permettant à une femme de consentir à sa propre aliénation organique et à s'exposer à des risques corporels (ceux communs à toute grossesse) et psychiques ? Les conséquences sur son couple et sur ses propres enfants qui verraient leur mère donner le bébé qu'elle porte ne sont pas envisagées, pas plus que la place de l'enfant «porté» si elle se rétractait. Faut-il encourager des femmes consentantes, imaginant le plus souvent réparer une blessure ancienne plus ou moins enfouie, à embarquer leur famille dans cette aventure ? On ne peut concevoir que ces femmes ne soient pas rémunérées -on appellerait ça une indemnisation- ce qui revient à leur demander de se vendre pour produire une marchandise : l'enfant.»
Telle est bien l'une des clefs de voûte de cette problématique : dépénaliser cette pratique conduirait-il immanquablement à l'instauration d'une réification du corps humain ? Et l'incompréhension schizophrénique sur un tel sujet est si grande que le camp adverse dresse déjà ses oriflammes «au titre de l'émancipation des femmes.»
Nous exposerons prochainement leurs arguments. Avant, fidèlement et autant que faire se peut, de retranscrire ici les futurs épisodes de ce feuilleton des temps qui sont nôtres. Â
Kléber Ducé
Image de une: CC Flickr Emery Co Photo
Retrouvez Slate sur Facebook. Suivez-nous sur Twitter.
Si vous souhaitez commenter cet article, veuillez vous enregistrer ou bien vous connecter.




























Comments
Où mettre la limite ?
Nulle plaisanterie ici. Mais bien un phénomène pleinement «moderne» qui s'inscrit dans le sillage des «avancées» de la procréation «médicalement assistée».
Où mettre la limite, à supposer que cela soit possible dès lors qu'une solution scientifique et commerciale est possible ?
Les avancées scientifiques laissent raisonablement supposer que le clonage humain est pour un futur proche. Dans cette fascination pour la transmission de ses gènes, l'association clonage / mère porteuse représente sans doute le rève d'un grand nombre d'individus. Que rêver de mieux qu'une femme que je loue pour assurer la gestation d'un mini moi, sans enjeu affectif et sans "l'impureté" des 50% de gènes d'un partenaire du sexe opposé ?
Darwin aurait eu 200 ans cette année. La conséquence à long terme des ventres à louer, c'est la fin de la sélection naturelle. Les riches reproduiront leurs gènes grâce aux pauvres qui loueront leurs ventres. Et je suppose que le jour où, faute d'enfants de pauvres, il n'y aura plus de pauvres et donc plus de ventres à louer, on maîtrisera parfaitement la gestation extra-utero !
Comme le disait Reiser, dont les gènes d'ailleurs laissaient, à n'en pas douter, à désirer: On vit une époque formidable.
El Gato
Avis complètement partial
Cet article n'honore pas le journalisme. Je m'intéresse de près à l'AMP depuis 12 ans et je n'ai jamais lu un article qui fait l'impasse sur la réalité des couples infertiles à ce point.
Un petit peu de rappel historique. Le GPA ne correspond pas grossesse pour autrui mais à Gestation Pour Autrui. Il a été introduit dans le rapport de Noëlle Lenoir demandé par le premier Ministre Michel Rocard pour la préparation des premières lois de bioéthiques qui seront votées en 94. Comme le rapport l'a fait, ces lois ont introduit les termes de gestation pour autrui et de procréation pour autrui, pratiques toutes amalgamées sous le vocable de "mères porteuses", alors que ces pratiques sont bien différentes. Si on avait un doute sur la confusion entre les deux pratiques, l'article le rappelle : "Il s'agit d'obtenir du même législateur que les femmes qui a priori ne peuvent procréer puissent obtenir (moyennant généralement plus de trente deniers) que d'autres puissent le faire à leur place; avant de leur offrir le nouveau-né." Procréer pour autrui : la fécondation se fait in vivo avec l'ovule de la mère porteuse. Ce qui est bien différent de la gestation pour autrui où la fécondation se fait in vitro avec les ovules de la femme infertile. Ainsi, affirmer comme le fait S. Agacinski que le mot GPA est une imposture lexicale inventée par ses partisans pour faire oublier la réalité des mères porteuses alors que c'est la loi qui l'interdit qui a défini ce vocable une vingtaine d'années plus tôt montre tout simplement que S. Agacinski ne connait pas le sujet et spécule sur des fantasmes.
Vous dites également que le dernier épisode en date est le manifeste signé par environ 80 personnes menées par S. Agacinski et relayé abondamment par le Figaro. Avez-vous lu Le Monde et Libération la semaine dernière ? Il y a eu de nombreuses tribunes de personnalités pour montrer les abus, contradictions et contre-vérités du discours anti-GPA et pour souligner que ces discours moralisateurs qui prétendent protéger les plus vulnérables font l'impasse sur les enfants nés par GPA de parents français à l'étranger et dont la France ne veut pas reconnaître leur état civil.
Autre point fondamental, vous vous demandez pourquoi ces personnalités prétendues de gauche sont relayées par le Figaro ? Tout simplement parce que ce manifeste est une pâle copie de l'Appel à la légalisation de la gestation pour autrui dans un cadre altruiste, appel lancé par l'association CLARA et relayé par Le Monde et Libération fin mars, qui a recueilli plusieurs centaines de signatures d'intellectuels, féministes, docteurs, philosophes, sociologues, dont la plupart travaillent sur la question de l'AMP depuis une vingtaine d'années, et non pas seulement pour l'écriture d'un livre. Des noms comme E. Badinter, A. Fouque, E. Roudinesco, F. Olivennes, H. Caillavet, I. Nisand, G. Delaisi de Parseval, M. Godelier sont une autre pointure que le café du commerce réuni par l'égérie du Figaro.
Vous consultez le texte de l'appel et la liste des premiers signataires à :
http://claradoc.gpa.free.fr
Kléber, n'hésitez pas à me solliciter, je répondrai à toutes vos questions.
@Erika
"Il s'agit d'obtenir du même législateur que les femmes qui a priori ne peuvent procréer puissent obtenir (moyennant généralement plus de trente deniers) que d'autres puissent le faire à leur place; avant de leur offrir le nouveau-né." Procréer pour autrui : la fécondation se fait in vivo avec l'ovule de la mère porteuse. Ce qui est bien différent de la gestation pour autrui où la fécondation se fait in vitro avec les ovules de la femme infertile.
Au final, dans les 2 cas, on est en présence d'une femme qui va porter pendant 9 mois un enfant qu'elle devra remettre à sa naissance à une autre femme, et c'est ce point qui me semble le plus problématique. Pourquoi est-ce que cela vous semble tellement important de distinguer les 2 pratiques ?
El Gato
Et la psychologie ?
Dans la procréation pour autrui, le femme qui porte l'enfant transmet son patrimoine génétique. En conséquence, l'enfant qu'elle va voir va lui ressembler. Il ressemblera aussi à ces propres enfants qui ne manqueront pas de le remarquer. Ceci est un élément qui risque de causer des souffrances en minorant le fait que l'enfant est celui du couple infertile que cette femme aide. La grossesse tout comme la parenté sont aussi des constructions psychologiques. Il est plus facile de penser porter l'enfant d'autrui quand on n'a pas de lien génétique avec cet enfant. De même, sur le plan biologique, ce n'est pas la même chose. La place de l'ADN mitochondrial dans le développement du fœtus est très importante. Qu'il proviennent de la femme infertile plutôt que de la femme qui porte l'enfant modifie la contribution de chacun. D'autre part, la GPA oblige de passer par un processus médical très règlementé où toutes les décisions sont basées sur l'intérêt de l'enfant et sur le consentement libre et éclairé. Dans la procréation pour autrui, il s'agit d'une simple insémination qui peut se faire sans l'aide d'un médecin, et donc sans contrôle et sans information.
Quand vous dites que le point le plus problématique est la remise de l'enfant, la réalité vous donne tort. C'est un moment très fort de la relation entre cette femme et le couple qu'elle aide, comme le montre toutes les enquêtes sur le sujet. De plus, dans un pays comme l'Angleterre où cette personne a légalement le droit de garder l'enfant et d'en faire la demande encore pendant six semaines après la naissance, aucune de ces femmes n'a souhaité utiliser ce droit. Elles ont toute choisi de rendre l'enfant à ses parents.
Merci pour cette explication très claire.
Je connais très mal ce sujet. Je suis cependant toujours étonné de l'importance accordée à la transmission des gènes par la plupart des gens engagés dans ces démarches.
De même, sur le plan biologique, ce n'est pas la même chose. La place de l'ADN mitochondrial dans le développement du fœtus est très importante. Qu'il proviennent de la femme infertile plutôt que de la femme qui porte l'enfant modifie la contribution de chacun.
C'est sans doute parce que j'ai un cousin et une cousine, adoptés tout petit. Enfant j'ai toujours su qu'ils étaient adoptés, mais il n'en était pas moins mon cousin et ma cousine. C'était une évidence.
Dans la procréation pour autrui, le femme qui porte l'enfant transmet son patrimoine génétique. En conséquence, l'enfant qu'elle va voir va lui ressembler."
La ressemblance est beaucoup plus dans l'œil de celui qui regarde que dans l'existence ou non d'une réelle ressemblance. Pour reprendre le cas de mes deux cousins, les gens qui ignoraient leur origine, s'extasiait toujours de la ressemblance de mon cousin avec son père et de ma cousine avec sa mère. :~)
Et d'ailleurs depuis que l'humanité a pris conscience du rôle de l'homme dans la conception d'un enfant combien d'enfants ont eu un père biologique différent de celui qui était reconnu comme tel par la société, et ce sans que ni l'enfant, ni le père "social" ne le sache ?
El Gato
Avant tout un fait social plutôt qu'un fait biologique
Je suis bien d'accord qu'opposer un fait biologique à un autre n'a pas beaucoup de sens par rapport à la composante sociale de la parenté. C'est pour ça que je trouve ridicule la prétention de certains à hiérarchiser les parentés : il y en a qui seraient supposées être égoïstes car génétique et d'autres plus nobles. C'est doublement ridicule, car comme vous le dites, il y a un certain nombre de pères qui ignorent qu'ils ne sont pas les géniteurs de leur enfant (3% selon les études les plus poussées) et cela ne pose pas problème. D'autre part, j'ai des amis qui ont adopté, cela se passe très bien pour certains, d'autres ont pas mal de problèmes de famille. Soit exactement la même répartition que ceux qui ont fait leurs enfants sous la couette !
Pour revenir à la GPA, c'est une mauvaise interprétation que d'imaginer ces couples comme survalorisant le génétique. D'ailleurs, cette affirmation est le fait de personnes qui n'ont jamais rencontré de couples infertiles qui envisagent la GPA. J'ai personnellement rencontré dans mes activités plus d'une centaines de ces couples et je peux dire que c'est beaucoup plus compliqué que cela. C'est avant tout une volonté de faire un enfant en participant à cet engendrement. Il y a une sociologue qui a écrit un livre sur les entretiens avec ces couples sur ce sujet : Enfants du don de Dominique Mehl. Elle a une très bonne analyse de ces motivations, sans doute aidée aussi par le fait que ces couples réfléchissent longtemps à ces questions et les documentent pendant des années avant de se décider.
Je vous suggère d'aller sur le site de l'association CLARA (http://claradoc.gpa.free.fr) qui regorge de documents sur la GPA. C'est l'association qui a lancé un appel à la légalisation de la gestation pour autrui le 28 mars, appel qui a reçu plus d'un millier de signatures. Vous pourrez constater en lisant les noms et les professions de ces signataires (médecins, pédiatres, gynécologues, psychanalystes, philosophes, féministes, sociologues, anthropologues) que le soutien n'est pas là où S. Agacinski le prétend.
Idée de scénario
Le rédacteur chevronné d'un grand journal, divorcé sans enfant, vient d'épouser une journaliste de sa rédaction, seins attachés haut et longues jambes. Cette dernière est décidée à tout pour fracasser "le plafond de verre", aussi fait-elle comprendre à son mari qu'il ne peut être question pour elle "de faire des bébés".
D'un commun accord ils décident de recourir aux services d'une "mère porteuse".
La jeune femme qui élève seule, deux enfants en bas âge et qui vient de perdre son emploi n'a trouvé que cette solution pour s'en sortir.
Au fur et à mesure que la grossesse avance, le mari est de plus en plus ému par cette femme qu'il ne peut s'empêcher de considérer comme la mère de son enfant à venir. Dans le même temps il voit son épouse, qui continue sa brillante carrière, comme un fruit sec.
Pour finir il décide de demander à la mère porteuse qui partage ses sentiments, de faire usage de son droit de rétractation et de garder l'enfant.
Il quittera sa femme pour aller vivre avec la mère de son enfant.
Cela ferait un beau sujet de film pour Coline Serreau, non ?
Marianne Arnaud
Un scénario de film, pas la réalité
Depuis 25 ans que la gestation pour autrui existe, ce scénario ne s'est jamais réalisé. Tout simplement parce qu'un parcours de GPA est beaucoup plus difficile et long qu'une grossesse. Et aussi parce que ce n'est pas que la grossesse qui peut gêner une carrière, mais toute la vie après où dans nos sociétés, c'est la femme qui s'occupe surtout des enfants. Les congés maternité après la naissance, rester à la maison avec un enfant malade, les RdV chez le pédiatres et autres, la nounou qui tombe malade ou prend ses vacances, tout cela demande du temps et de l'imprévu que les employeurs n'apprécient pas franchement. Etre mère, ce n'est pas que pendant 9 mois, les employeurs et les maris devraient mieux prendre en compte cette réalité.