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Crèmes solaires: ça marche mais c'est pas suffisant

Planète Santé , mis à jour le 28.06.2012 à 16 h 40

Si elles protègent des coups de soleil, les crèmes solaires ne sont pas pour autant un bouclier anti-soleil.

Des body-buildeuses s'enduisent de crème solaire - Antonio Bronic / Reuters

Des body-buildeuses s'enduisent de crème solaire - Antonio Bronic / Reuters

«Les crèmes solaires sont précieuses si elles sont bien utilisées. Le problème est qu'elles sont souvent considérées par le public comme une “armure anti-soleil”. Elles filtrent une partie du rayonnement UV, ce qui est déjà beaucoup, mais elles ne peuvent pas tout bloquer, et surtout pas des heures durant, lance le docteur Frédérique-Anne Le Gal, responsable de l’unité d’onco-dermatologie des Hôpitaux Univeristaires de Genève. Elles doivent donc être un complément à d'autres mesures de protection, comme le fait de ne pas s'exposer au soleil durant les heures de milieu de journée, de se mettre à l'ombre ou encore de porter des vêtements

Si elles protègent bel et bien la peau contre les coups de soleil, quand elles sont appliquées en quantité suffisante, leur pouvoir protecteur contre le cancer de la peau est difficile à déterminer. Si l'on considère des personnes exposées quotidiennement, et surtout involontairement (dans le cadre de leur travail) aux rayonnements, celles qui mettent régulièrement de la crème solaire semblent avoir moins de cancers de peau que celles qui n'en mettent pas.

Pour les personnes recevant certains traitements immunosuppresseurs (en particulier les patients ayant subi une greffe) la crème solaire a montré son efficacité. Par contre, si l'on considère des personnes qui s'exposent volontairement au soleil, pour bronzer par exemple, et qui, grâce à la crème solaire, augmentent leur temps d’exposition sans brûler, l’effet protecteur contre le cancer de la crème solaire n’est pas prouvé.

Enfin, il existe un problème général de clivage entre le savoir et la pratique: certaines études démontrent que si les gens ont globalement une bonne connaissance des mesures à prendre au soleil (heures à éviter, ombre et crème solaire), ils ne les appliquent pas pour autant.

Le soleil, un facteur déterminant

Le soleil joue un rôle clairement démontré dans la genèse des cancers de peau, mais il n’en est pas l’unique responsable. «L'exposition au soleil est le seul facteur environnemental que l’on puisse contrôler, explique le Dr Le Gal. La génétique a aussi une grande part de responsabilité, et le fait est que nous ne connaissons pas forcément notre patrimoine génétique.» Parmi les prédispositions connues, une peau très claire ou des personnes ayant beaucoup de grains de beauté par exemple seront plus à risque que les autres. D’autres susceptibilités génétiques non visibles entrent également en ligne de compte.

Dans tous les cas, il est un geste indispensable à adopter estime le Dr Le Gal: protéger les enfants. «La période qu’il faut protéger le plus est l’enfance, une période où un soleil excessif fera le lit du mélanome», insiste la spécialiste.

Une peau stressée

Il faut être conscient que le bronzage est un signe de stress de la peau, rappelle la spécialiste: «A partir du moment où l’on bronze, on a forcément stressé sa peau et exposé à un carcinogène.» Si cela ne veut pas dire pour autant que l’on va forcément avoir un cancer, il n’empêche qu’une personne qui a une fragilité intrinsèque par rapport à cela, selon son patrimoine génétique, s’expose à un risque.

Dans l’absolu il faudrait tout simplement que les gens cessent de «chercher à bronzer à tout prix». Le fait est qu’il a été prouvé que le soleil présente également des effets bénéfiques sur l’être humain, et ce plus particulièrement sur son humeur. Faut-il alors trouver un compromis? «On doit pouvoir faire ce dont on a envie et même si cela implique d’être au soleil, mais il faut alors que se soit à des heures où on prend beaucoup moins de risques, soit jusqu’à 11 heures ou midi, et à partir de 16 ou 17 heures l’après-midi. Entre les deux, il faut vraiment que l’on change ses habitudes pour choisir d’autres activités à ce moment-là. S’interdire tout, ça n’a pas de sens», insiste l’experte.

Winnie Covo

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