Cannibalisme: niveau goût, à quoi ressemble la viande d'humain?
Ces dernières semaines, des cas de cannibalisme ont été rapportés aux Etats-Unis et en Suède et le doute persiste autour du cas de Luka Rocco Magnotta.
- Militante de l'organisation de défense des droits des animaux Peta, à Barcelone, en 2012. REUTERS/Albert Gea -
A Berlin, la police a arrêté Luka Rocco Magnotta, le Canadien soupçonné d'avoir tué et dépecé un étudiant chinois. Selon certaines sources Magnotta aurait mangé des morceaux du corps de sa victime. Ces deux dernières semaines, des cas de cannibalisme ont été rapportés en Floride, au Maryland et en Suède. Quel est le goût de la chair humaine?
Celui du veau. En 1931, dans son livre Jungle Ways [Secrets de la jungle], l'aventurier et journaliste William Buehler Seabrook donna au monde la description la plus détaillée du goût de la chair humaine. Selon Seabrook, crue, la viande d'humain ressemble au bœuf, mais en un peu moins rouge et avec un gras jaune clair.
Cru ou cuit?
Grillée, la viande tourne au gris, comme l'agneau ou le veau, et son odeur rappelle celle du bœuf cuit. Et niveau goût, Seabrook écrit:
«C’était si proche d’une bonne pièce de veau à pleine maturité qu'à mon sens, aucune personne dotée d’un palais ordinaire et d’une sensibilité normale n’aurait pu faire la différence.»
Mais on peut légitimement douter du témoignage de Seabrook. Il était parti en Afrique de l'Ouest pour obtenir des informations de première main sur le cannibalisme auprès des Guero, mais avoua ensuite que les membres de cette tribu, méfiants, ne lui avaient pas permis de partager leurs traditions.
Dans son autobiographie, Seabrook prétend avoir obtenu le corps d'un patient récemment décédé dans un hôpital français, qu'il cuisit ensuite à la broche. Quand il se dépeint en mangeur d'homme dans Secrets de la jungle, il n'a pas vécu cette expérience en Afrique de l'Ouest, mais à Paris.
Malgré ses soucis de crédibilité, la description de Seabrook reste encore la plus précieuse. De nombreux témoignages sur le goût de la viande humaine nous viennent de fous –des tueurs en série comme Karl Denke, par exemple, ou le meurtrier allemand Armin Meiwes– ce qui fait qu'on ne peut pas vraiment compter dessus.
Pour le reste, ces propos sont souvent vagues et contradictoires. Plus cohérente et prévisible, l'idée que la viande d'enfants serait plus tendre que celles d'adultes, du fait du développement du collagène qui s'accroît avec l'âge. Certains ont même laissé entendre que cette viande juvénile était si tendre que sa texture rappelait celle du poisson.
Cela dépend de l'assaisonnement
Par ailleurs, des cannibales ont décrit la viande d'humain à des anthropologues comme étant sucrée, amère, tendre, coriace et grasse. Des variations qui pourraient s'expliquer par différents modes d’accommodement. De nombreuses tribus mangent la viande d'humains décédés après l'avoir laissée faisander quelques temps.
La grillade et le ragoût sont visiblement les modes de cuisson les plus répandus et beaucoup de tribus assaisonnent le tout avec des piments ou d'autres épices. En Afrique centrale, pendant la cuisson de leurs ragoûts d'humain, les Azande ont apparemment l'habitude d'écumer la graisse pour l'utiliser ensuite dans des sauces ou des lampes à huile. Dans le Pacifique sud, des cannibales enveloppent des morceaux d'humain dans des feuilles qu'ils cuisent à la broche. Et on a vu des anthropophages du Sumatra servir des criminels avec du sel et du citron.
Les auteurs de la récente vague de cannibalisme ont tous opté pour des morceaux différents. Rudy Eugene, l'agresseur de Floride, a mangé le visage de sa victime. Le cannibale suédois s'est contenté de ses lèvres, tandis qu'un Tokyoïte aurait cuisiné et servi ses propres organes génitaux à des convives qui avaient gagné leur repas aux enchères.
Dans les tribus cannibales, on observe une diversité comparable. Selon Seabrook, en Afrique de l'Ouest, les cannibales préfèrent le milieu du dos, les côtes, les fesses et les paumes des mains, qu'ils considèrent comme particulièrement tendres. Ils mangent des organes humains, écrit-il, sans trouver aucune différence de goût avec ceux d'autres animaux.
Au XIXe siècle, des cannibales des îles Fidji
préféraient visiblement le cœur, les cuisses et le haut des bras. Pour d'autres
tribus, les seins de
jeunes femmes sont apparemment des morceaux de
choix. (Quand le cannibalisme est rituel, la symbolique des morceaux consommés
est souvent bien plus importante que leur goût. Selon certaines croyances,
avaler le cœur d'un courageux guerrier ou les bras d'un puissant combattant
permettrait au mangeur d'assimiler les qualités souhaitables du défunt).
Brian Palmer
Traduit par Peggy Sastre
A lire aussi, dans les archives des blogs de Slate:
» Nous sommes tous des cannibales sur Chasseur d'étrange
» Quelle saveur a la chair humaine? sur Globule et Téléscope
Mis à jour le 07/06/2012 à 17h06














































Franchement, vous trouvez pas qu'il y a assez de tarés comme ça pour écrire que la viande humaine ça a l'air bon ?!
Pourquoi pas un article sur le goût des parties génitales d'un nourrisson ?!
Sérieusement ... ?
C'est vrai ça ! Il faudrait aussi arrêter de publier des articles sur les conflits, la violences et les drogues, on est jamais trop sûr de nos jours...
Mais ce journaliste est complètement inconscient d'écrire ce type d'article. Ok on ne va pas tous se mettre à manger de la viande humaine parce que l'on lit ce type d'article mais c'est vraiment juste histoire de faire un "papier" racoleur.
je trouve que cet article est au journalisme ce qu'Universal Soldier est au conflit en Afganistan. Ni une recherche de réponse ni une enquête bien menée !
Je trouve au contraire qu'il y a des réponses, de l'enquête, et de l'information difficile à se procurer simplement, ce qui en fait un bon article, même pour un végétarien.
Ce n'est pas du tout un article de fond. Il est mal documenté et très inexact. Car il est très difficile de s'informer avec certitude sur un tabou aussi important que le cannibalisme. Wikipédia, au moins, fait preuve de bien plus de prudence quant à l'actualité réelle de cette pratique (outre les cas isolés vus dans les médias ces derniers jours). À lire cet article on croit que les cannibales traînent un peu partout dans la jungle, qu'il va falloir faire attention.... Ce qui est évidemment
faux.
Un cas non "traditionnel" ou "criminel" classique est celui de l'équipe de football américain dont l'avion de ligne s'est écrasé dans les andes (dans les années 40?). La majeur partie des passagers ont survécu au crash, mais on dû attendre pendant les longues semaines l'arrivées des secours, dans le froid glacial. Pour cela ils ont d'abords mangé les rations de repas puis... les restes des passagés décédés, gardé de manière bien pratique au frais.
Alors qu'ils se sont réunis pendant des années à chaque anniversaire du crash, ils ont toujours refusé de dire en public, de manière offcielle à quoi ressemblait le gôut. Mais de manière privées, il semble que cela ressemblait "au goût du porc, en plus fort". Ce qui est cohérent avec une viande assez blanche.
Cela semble d'autant plus raisonnable que le porc est bien l'animal le plus proche de nous (on peut en faire des greffes sur des hommes). De plus il est, exactement comme nous, omnivore (et nous ne nous nourrissons pas d'herbe). Or il est évident que l'on a le goût de ce que l'on mange... Ce qui doit laisser une large palette de gôut possible (en fonction du détail de l'alimentation).
Bravo. Le journalisme avance.
Nous mangeons des animaux qui sont faits de la même chair que nous, donc le goût est forcément très similaire.
Au lieu de s'indigner de cet article, les gens feraient mieux de se poser des questions sur la viande qu'ils mangent quotidiennement, génératrice de grande souffrance pour les animaux élevés dans des camps de concentration, transportés et abattus dans des conditions que personne n'accepterait s'il s'agissait d'humains.
Le pire dans tout cela, c'est que cela n'est absolument pas nécessaire pour la santé.
Si vous ne me croyez pas, allez demander aux centaines de millions de végétariens dans le monde s'ils ont des problèmes d'obésité, de diabète, de cancers et de maladies cardiovasculaires...
Au fait AntoineGuillien, quand vous mangez du veau ou de l'agneau, vous mangez du bébé, ça ne vous choque pas?
En quoi est-ce plus choquant de manger de l'humain, que manger de l'agneau ( bébé ) du lapin, cochon, homard ( ébouillanté vivant) foie gras ( animal gavé sous la torture ) poulet, veau enlevé à sa mère dès la naissance ecc.. ?? j'aimerais une réponse étayée ..
Pour moi c'est idem ! Je ne mange pas d'animaux, pour les mêmes raisons qui vous font vous horrifier quand il s'agit d'humains !!
L'autre , peut-on l'exploiter, le torturer et le manger ?
Ne sommes nous pas nous aussi des animaux humains ?
Pourquoi cet effroi parmi vous ?
Il existe déjà un aspect purement instinctif qui interdit de se nourrir d'animaux de sa propre espèce. C'est d'ailleurs particulièrement rare dans la nature.
Ensuite, un côté pratique. Vous connaissez comme moi les turpitudes de l'homme : trafic d'êtres humains, d'armes, de drogues... Ou encore la chasse des albinos faite dans certains pays africains pour prendre leurs organes ou leurs membres qui conféreraient certaines vertus à celui qui les mange. Diaboliser cette pratique est la meilleure façon pour qu'elle ne soit pas commercialisée.
Je voulais juste apporter ma voix et confirmer ce qui est dit précédemment: c'est parfaitement aberrant de s'insurger contre ce genre d'article alors que les abattoirs sont monnaie courante et les exécutions d'animaux tristement banales. Deux lapins meurent par seconde rien qu'en France dans les élevages irrespectueux de la nature, et ça ne fait pas broncher. Nous sommes des animaux, ne vous étonnez pas que certains cannibales ne fassent pas la différence morale dans leur repas sanglant, trop peu de gens la font au quotidien dans leur alimentation guidée par l'agro industrie et les conseils grotesques édictés par des nutritionnistes conformistes.
S'il n'est pas d'éthique pour protéger les animaux d'élevage, nulle raison de s'étonner qu'il n'y en ait pas davantage pour préserver les humains de l'appétit insatiable de l'homme.
Pierre Barthélémy 1 - Brian Palmer 0
Amplement présente, facile à abattre, riche en protéine, pré- traitée en anti- biotiques voir en hormones de croissance. Ce serait donc une solution possible à la faim dans le monde et à l' explosion démographique.
Reste juste à traiter contre le Kreuzfeld- Jakobs.
Un ManDonald pour un homoburger?
Cet article est fallacieux et racoleur, dans la mesure où, dans certains passages clé, il utilise le présent de l'indicatif, comme s'il s'agissait d'actualité anthropologique : "En Afrique centrale, pendant la cuisson de leurs ragoûts d'humain, les Azande ont apparament l'habitude de (etc)....". C'est n'importe quoi. Enfin bon, avec Slate on commence à avoir l'habitude désormais. Bon appétit.