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- Par Christian Delage
- Christian Delage, historien et réalisateur, est chercheur associé à l'Institut d'Histoire du temps présent.
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Christian Delage
Christian Delage, historien et réalisateur, est chercheur associé à l'Institut d'Histoire du temps présent.
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Un palmarès convenu
Le palmarès de ce 62ème festival correspond globalement aux attentes des festivaliers, sauf pour Pedro Almodovar, qui n'a rien obtenu.
Le palmarès de ce 62ème festival correspond globalement aux attentes des festivaliers, sauf pour Pedro Almodovar, qui n'a rien obtenu. J'avais, dans mon premier article, souligné combien les films de la compétition officielle s'inscrivaient cette année dans l'histoire du temps présent. En décernant un prix spécial à Alain Resnais, le jury a célébré un auteur dont l'un des tout premiers films, Nuit et Brouillard, a marqué des générations de lycéens et d'étudiants.
Le film de Lou Ye, Nuits d'ivresse printanière, qui a adapté son écriture cinématographique au caractère clandestin de sa réalisation, reçoit le prix du meilleur scénario. La déambulation des jeunes personnages dans la ville de Nankin, leur affranchissement des règles sociales, ne les coupe pas du passé récent. Au contraire, le réalisateur a trouvé son inspiration en subsumant, sous le bloc maoïste, la période des années 1920, riche en vie intellectuelle et artistique.
Le prix du jury (ex-aequo avec Thirst, du Coréen Park Chan-wook) va à Fish Tank, de la Britannique Andrea Arnold, dont la jeune héroïne, Mia, possède une énergie vitale qu'elle canalise dans la danse et la musique, à défaut de pouvoir trouver, dans le paysage désolé d'une banlieue, et au sein d'un foyer familial désuni, l'équilibre d'une vie en devenir.
Les prix d'interprétation ont été attribués avec justesse à Charlotte Gainsbourg (Antichrist, du Danois Lars von Trier) et à l'Autrichien Christoph Waltz (Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino), dont nous avons souligné la qualité du jeu et la force de la présence à l'écran.
Nous attendions en revanche que la palme d'or soit attribuée à Jacques Audiard, dont le film, Un prophète, marque à la fois l'aboutissement d'une (encore jeune) carrière, tout en offrant une vision épurée et tranchante de la domination, en maison d'arrêt, de jeux de pouvoir exactement contraires à la nécessité d'aider ceux qui ont enfreint les règles à retrouver une identité sociale. Il a finalement obtenu le Grand prix, la palme revenant à Michael Haneke, cinéaste dont nul n'ignore l'admiration dans laquelle le tient la présidente du jury, Isabelle Huppert. Quoi qu'il en soit, Le Ruban blanc est certainement le film qui a ouvert le plus de discussions à Cannes, dans sa double volonté de dire quelque chose sur l'état de la société allemande avant la Grande Guerre et sur les conditions de déshumanisation actuelle qui poussent des hommes et des femmes à intérioriser une violence radicale.
Christian Delage
Photo: Michael Haneke et Isabelle Huppert Regis Duvignau / Reuters
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Comments
Conflit d'intérêt
Isabelle Hubert présidente du jury qui décerne la Palme d'Or à Michael Haneke, et prix d'interprétation féminine pour La Pianiste de Michael Haneke...
Ne peut-on pas parler de conflit d'intérêt, qui a démarré dès la sélection du film et de la présidente du jury?
À voir l'émotion et la joie d'Isabelle Hubert à la montée du scène d'Haneke, beaucoup de questions se posent et rarent sont les journalistes qui osent le faire...
Rendez à Isabelle
Monsieur,
Soyez assez aimable pour demander en toute urgence une modification à notre rédaction, pour rendre à la présidente du jury du festival de Cannes son nom qui est : Isabelle HUPPERT.
En son nom, je vous remercie.
Marianne Arnaud
C'est de la faute de l'organistion du festival
Deja que sa n'interesse pas grand monde en france , en plus il choisisse une president qui a tournée dans le film . Comment voulez vous qu'il n'y est pas de polémique . On a le chic en France de se mettre dans la merde expret . Moi pour moi lui ou un autre je m'en fou royalement cela ne m'influence en rien . Sur tout a canne car bien souvant les films prinés sont décevant . Pour moi se fetival de pacotille ne sera credible que si les films només sont jugés par un publique populaire , et non des professionel qui n'ont pas la méme perception du cinéma que nous . Le plus admirable pour moi dans ce festival c'est depardieu pas de chichi il c'est occupé de la promo de son vin et c'est trés bien . Le reste n'est que superflux , ma tu vue , ecervelé , pailletes , maquillage , mode que de la M.... Non franchement on e fait trop pour ce festival qui bien souvant et source de scandales . Quant a emanuel berr presantateur de ceremonie de cloture avec ses proses de fond de calçon c'etait lamantable .
SIL54
@SIL54
Ce qui est lamentable, c'est surtout votre orthographe. Si vous étes étranger, pardonnez-moi, si vous ne l'êtes pas, un peu de respect pour vos lecteurs.
Th G
A Mr Delage,
Ayant eu la chance d'être festivalier pendant quelques jours à Cannes, j'ai eu la chance de voir quelques films de la compétition officielle notamment ceux que vous avez commenté pour Slate. Ne partageant pas, loin de là , vos avis, je ne veux certainement pas entrer dans le raisonnement absurde de Marianne Arnaud qui estime que les critiques ne doivent écrire que sur les films qu'ils aiment. Je respecte le travail du critique et accepte une analyse qui diverge de la mienne.
Je regrette beaucoup l'absence du film extraordinaire de Jane Campion au palmarès, film dont le style poétique et littéraire se démarque de l' air du temps. Je pense que l'accueil public et l'épreuve du temps rendront justice à ce film magnifique.
Votre article sur le Ruban Blanc témoigne d'un contre-sens regrettable sur l'interprétation que vous donnez du film car il me semble que Haneke y décrit la naissance du mal et donc l'origine du nazisme. Ce film impressionnant mérite sa palme et contrairement à SIL54, on ne peut suspecter la présidente du jury Isabelle Huppert d'être partisane. Je la trouve au contraire courageuse d'avoir affirmé son choix en méprisant ce genre de réactions faciles et réactionnaires.
Merci à la culture d'exister, merci au festival de Cannes, merci aux critiques d'analyser, de nous guider vers les salles obscures même si la polémique naît d'avis contraires. Et merci à Slate !
palmares raté plutôt que convenu
pour beaucoup de festivaliers et de critiques, ce n'est pas almodovar qui a été oublié mais suleiman, bellocchio ou jane campion qui valaient beaucoup mieux que les films asiatiques primés ou celui d'andrea arnold.