Le cinéma français est-il misogyne?
Le sexisme, «ce n'est pas à Cannes, ni au mois de mai, qu'il faut poser le problème, c'est toute l'année» estime Thierry Frémaux. Qu'en est-il, toute l'année, dans le cinéma français?
- A Cannes, le 20 mai 2012. REUTERS/Yves Herman -
Des femmes sans jambes, des femmes malades, des femmes touristes sexuelles, des amoureuses, des voyageuses. Et même un homme qui voudrait être femme. C’est Cannes: les femmes sont partout dans les films, partout en compétition officielle. Sauf derrière la caméra. Pour les filmer: des hommes.
C’est cette situation qu’a dénoncée avant le début du Festival le collectif féministe La Barbe, à l'origine d'une pétition signée par plus de 1.700 personnes, hommes et femmes, du monde du cinéma et d'ailleurs, dont Coline Serreau, Virginie Despentes, Zabou Breitman, Annie Ernaux... Thierry Frémaux, responsable de la sélection en compétition officielle, partage leur conviction que «la place faite aux femmes doit être augmentée» dans le cinéma mais juge que «ce n'est pas à Cannes, ni au mois de mai, qu'il faut poser le problème, c'est toute l'année». Justement, que se passe-t-il le reste de l’année dans le cinéma français?
En avance sur les autres
A Cannes, assise sur une banquette du bateau Arte lors d’une soirée en son honneur, Agnès Varda est songeuse. A 84 ans, elle se souvient de 1955, année où son premier long-métrage, La Pointe courte, était présenté sur la Croisette. Elle n’avait pas 30 ans:
«Quand j’ai commencé, quelques femmes travaillaient dans le cinéma, mais peu, très peu. En 1954 je ne me suis pas positionnée comme femme cinéaste mais comme cinéaste innovante. Depuis, beaucoup de femmes s’y sont mises en France. Pas seulement comme réalisatrices, mais dans les métiers techniques où l'on ne rencontrait pas de femmes, comme chef op, comme mixeuses. Maintenant elles sont capables de tout!»
Citer des réalisatrices françaises contemporaines est devenu facile, elles sont légion. L’an dernier, à Cannes justement, Valérie Donzelli (La Guerre est déclarée) et Maïwenn (Polisse) étaient portées aux nues. Plus âgées ou plus jeunes, adeptes d'un cinéma plus exigeant ou plus grand public, on peut aussi citer pêle-mêle Claire Denis, Zabou Breitman, Céline Sciamma, Lisa Azuelos, Danièle Thompson, Coline Serreau, Pascale Ferran, Noémie Lvovsky…
«C’est la force du cinéma français d’être relativement jeune et relativement féminin: c’est sa richesse», assure l’historien et critique de cinéma Antoine de Baecque, qui souligne:
«Il n'y a pas seulement des films de femmes mais de bons films de femmes; leur absence en compétition est simplement une anomalie cette année —sans compter que Cannes n'est pas le simple reflet du cinéma français.»
Il estime qu’il y a aujourd’hui autant de réalisatrices que de réalisateurs en France –comme pour dire que parmi les auteurs qui comptent, la parité est plus ou moins assurée. Mais dans les faits, les femmes ne représentent qu’un quart des réalisateurs en France: en 2010, sur 203 films d’initiative française agréés par le CNC, 21% étaient réalisés par des femmes; en 2011, 25% l’étaient sur 207 films.
Dans les écoles de cinéma, en revanche, les effectifs sont de plus en plus à parité. «Sur les cinq dernières années, les effectifs d’hommes et de femmes qui ont intégré la Femis sont très proches», explique Marc Nicolas, directeur du prestigieux établissement. Sans jamais avoir imposé de quotas, il se contente de rappeler aux équipes de jurys qu’il serait étrange qu’une proportion manifestement supérieure d’hommes soit choisie:
«En 2007, nous avions 51% de femmes; en 2008 49%, en 2009 48%. En 2010 une légère majorité de femmes, en 2011 cela s’inverse de nouveau.»
Surtout, ce sont les différences de choix de filières qui s’amenuisent: «A une exception près qui me désole chaque année: il y a toujours plus de scriptes femmes». Parmi les réalisateurs, on compte néanmoins toujours plus d’hommes: «Le problème c’est que nous ne sommes qu’en 2012. Nous sommes face à un déséquilibre hommes/femmes qui dure depuis des siècles et le véritable combat pour l’égalité n’a qu’une cinquantaine d’années», justifie le directeur.
S’accrocher à l’Histoire
Il y a toujours eu des femmes dans le cinéma. Pour tout vous dire, la première personne à réaliser un film de fiction en France se nommait Alice Guy. Mais qui se souvient d’Alice Guy?
«C’est l’un des problèmes des femmes, dans tous les domaines: se maintenir dans l’Histoire, dans l’historiographie», explique Brigitte Rollet, chercheuse et historienne qui a notamment travaillé sur l’histoire des réalisatrices en France. «Si l’on oublie leur présence dans certains domaines, le rôle qu’elles ont eu dans certains projets, certains marqueurs de l’Histoire, elles perdent de la force, forcément.»
Se souvenir donc, d’Alice Guy, devenue Guy-Blaché après mariage. Alice travaillait chez Gaumont à la fin du 19e siècle, jusqu'au début du 20e. Elle était une sorte de représentante de commerce, et pour faire valoir les appareils, elle s’était mise à tourner des saynètes. Elle avait le champ libre, s’est mise à faire des longs-métrages. Très peu de documents demeurent sur elle.
L’Histoire s’écrit au masculin dans le domaine du cinéma comme dans les autres. Mais les femmes ont une responsabilité là-dedans, une place à saisir, une confiance en elles à construire.
Un gratin ou des films
«Il m’arrive de voir des jeunes filles qui viennent me dire “je voudrais faire des films mais ça doit être difficile pour une femme“, remarque Agnès Varda. «Je leur dis “allez vite faire un gratin et mettez-le au four“. Si elles s’autolimitent, il faut qu’elles s’interrogent. Certaines femmes n’ont pas encore assez confiance en elles-.mêmes. Ou alors autour d’elles,on les décourage».
Christelle Raynal, réalisatrice de 40 ans qui a sorti cette année son premier long-métrage, une comédie très grand public, Plan de Table (et qui est l’auteure des pubs Milka où la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu), témoigne de cette peur-là. Ayant grandi en province, loin des écoles prestigieuses parisiennes et sans aucun lien avec le monde du cinéma, elle pensait qu’être une femme serait l’élément de trop:
«Je manquais de modèle féminin. Il y avait Agnès Varda, et je ne me reconnaissais pas dans ce cinéma-là, dans le cinéma d’auteur. Ce métier avait l’air d’un métier d’hommes.»
Confiance en soi
Christelle Raynal est passée par la publicité, après une école de graphisme, qui lui paraissait plus accessible que le cinéma. Et devenant peu à peu directrice et réalisatrice de ses propres projets, se rendant compte que le monde du cinéma était à portée de main, bien qu’étant une femme, elle s’est jetée à l’eau:
«Mais c’est une question de confiance en soi au moins autant que de misogynie réelle. Moi j’ai choisi la discrétion pour avancer à pas de loups, qu’on me laisse tranquille, qu’on ne me retienne pas en arrière. On devient très politique, très diplomate. Il ne faut pas montrer qu’on est une femme trop forte pour ne pas être empêchée, tirée en arrière. Et beaucoup d’hommes ne se rendent même pas compte du problème.»
C'est possiblement cette même question de confiance en soi qui explique que la parité grandissante dans les écoles, y compris dans les sections réalisation (40% de femmes entre 1990 et 2008 à la Femis, selon des chiffres étudiés par Brigitte Rollet), ne se traduit pas encore dans les films réalisés. «En France beaucoup de réalisatrices font des premiers films, puis s’arrêtent», affirme Jackie Buet, signataire de la pétition de La Barbe et présidente du Festival international de films de femmes à Créteil.
Une évolution contre-nature pour le cinéma
Certes, la misogynie concrète, directe, existe, plusieurs femmes du milieu en témoignent. A l’Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), qui présente neuf films à Cannes dont trois réalisés par des femmes, la déléguée générale Fabienne Hanclot rappelle qu’elle est la seule déléguée générale de sexe féminin. Des marques de sexisme?
«Ce sont des réunions où il y a quinze personnes et quand une femme prend la parole, on la coupe plus facilement. C'est la revendication soudaine d'un ton plus agressif: il y a moins de considération. Quelques habitudes de ce genre traînent encore.»
Mais la vraie marque de sexisme dans le cinéma français, c’est l'équation «femme=actrice». Pourquoi filmeraient-elles, puisqu’elles sont si bien devant la caméra? Alice Bloch, très jeune productrice de 21 ans, qui s’occupe déjà d’un film en même temps qu’elle termine ses études à Sciences Po, raconte ainsi la façon dont le monde la prend forcément pour une comédienne:
«Quand je dis que je travaille dans le cinéma, on croit volontiers que c’est pour jouer. Si je dis que c’est pour produire, il y a presque un scepticisme. Pas parce que je suis jeune, mais comme si ce n’était pas ma place.»
«Pas de rôles pour les femmes moches»
Alice Bloch est jolie, les jolies filles sont faites pour être devant la caméra. Françoise Ménidrey, directrice de casting qui a notamment découvert Sophie Marceau pour La Boum, et continue de chercher des acteurs pour différents réalisateurs et réalisatrices, témoigne de cette importance attachée au physique. «Les comédiens ont le droit d’être moches ou quelconques», estime-t-elle, énumérant Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Benoït Poelvoorde, Gérard Depardieu…
«Mais les femmes? A part Yolande Moreau? On n’écrit pas de rôles pour les femmes moches. Et globalement toutes les jeunes comédiennes sont ravissantes. Ca a toujours été comme ça. L’injustice est là. Les hommes peuvent prendre du ventre, pour les femmes qui vieillissent il y a beaucoup moins de rôles. Et les femmes qui écrivent n’écrivent pas plus pour les femmes qui vieillissent que les hommes.»
«Les producteurs disent qu’on fait du cinéma pour faire rêver et il vaut mieux que les femmes soient jolies que le contraire. Ça arrive régulièrement qu’on me dise qu’une comédienne n’est pas assez jolie», ajoute-t-elle. «Pour les hommes, on recherche moins le glamour.»
Si le cinéma français est plutôt plus paritaire que les autres, il manifeste donc lui aussi un sexisme qui reflète l'image de la femme construite par le cinéma américain. Cette année, sur l’affiche du Festival de Cannes, Marilyn Monroe souffle une bougie: cette femme que l’on sait désormais passionnée par la littérature, curieuse, avide de connaissances, et dont le mot le plus célèbre reste sans doute «Poupoupidou», sorte d’onomatopée non signifiante, comme une bouillie informe dans une bouche charmante. Un pantin dont l’esprit importait peu, il ne fallait garder que ses hanches, son sourire, sa chevelure peroxydée. Et Hollywood créa la femme.

«Le cinéma est une machine à rêves qui a complètement fantasmé les femmes depuis le début du cinéma, avec des icônes à la Marilyn. Jouer et réaliser sont deux choses différentes et le cinéma a depuis longtemps réparti les rôles», rappelle Brigitte Rollet. «Des femmes prouvent sans cesse qu'elles sont de grandes réalisatrices. Elles doivent simplement se battre contre la pente naturelle du monde du cinéma», estime Jackie Buet.
Cannes à la cueillette aux champignons.
Thierry Frémaux a donc raison: «La cause des femmes doit être défendue bien en amont de Cannes, qui est une conséquence et une illustration de ce qu'est le cinéma». Mais le Festival ne doit-il être qu’une «conséquence» de quoi que ce soit?
Sur la Croisette, la question résonne. Réalisateurs, producteurs, critiques continuent d'en parler, comme une preuve que si Cannes n'était pas le coupable principal, le Festival était pourtant la meilleure caisse de résonance pour poser la question. Même Thierry Frémaux semble avoir sans cesse le problème à l'esprit. Lors de la présentation du film de Sylvie Verheyde, le délégué général plaisante: «Je ne ferai pas d'allusion au fait que la réalisatrice que nous allons accueillir est une femme»...

Et après chaque projection de film en compétition moyennement apprécié, mauvais ou convenu (Lawless, La Chasse, Paradis: Amour...), il y a toujours une personne pour s'étonner: «Et il n'y avait pas un film de femme meilleur que celui-là?»
«Je ne crois pas que les sélectionneurs aient été misogynes pour ce festival de Cannes 2012, qu’il y ait une discrimination délibérée, confie Agnès Varda. Ce que je leur reproche, c’est de la paresse, le manque de désir de trouver des films de femmes. C’est comme lorsque on va cuellir des champignons. Il y a ceux qui ne trouvent rien, et ceux qui trouvent les bons. Je crois que les sélectionneurs n’ont pas assez voulu trouver.»
La réalisatrice de Sans toit ni loi ajoute qu’il faut être vigilant, que les progrès de la parité ne sont pas linéaires. «Est-ce que la cause des femmes va mieux que lorsque j’étais jeune? Oui ça va mieux, mais l'Histoire des femmes est lente. Les avancées du féminisme ont diminué. Il y a des reculs graves. La sélection du festival n'est qu'un détail dans un tout petit milieu. Si on regarde un peu plus loin, les femmes sont en danger.».
Selon Jackie Buet, en disant qu'il ne choisira «jamais un film qui ne le mérite pas simplement parce qu'il est réalisé par une femme», Thierry Frémaux sous-entend que pas un film de femme ne méritait d'être sélectionné cette année. «Sans besoin de quotas, il n'est pas question de cela, Cannes devrait pouvoir montrer qu’il y a des femmes qui font de belles choses dans le monde.» Pas simplement qu’elles peuvent être de belles choses.
Charlotte Pudlowski
Mis à jour le 23/05/2012 à 17h42

































Le cinéma français est-il raciste? en a-t-il après les roux ou les unijambistes?
Pourquoi toujours se focaliser sur les femmes? Pourquoi bafouer des critères objectifs comme le talent, le travail pour ne retenir que le sexe? Pourquoi lutter, par exemple, contre la violence faite aux femmes et non la violence tout court?
Où se situent aujourd'hui les différences de droit, d'accès à l'éducation ou à la fonction publique entre les hommes et les femmes?
Les association féministes et les grandes figures du féminisme ont hélas manifesté moins d'énergie pour dénoncer l'abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel, problème qui touche beaucoup plus de femmes et d'hommes que la seule population des réalisatrices sélectionnables à Cannes. A noter aussi qu'il n'y a pas de réalisateur africain dans la sélection officielle. En découle-t-il la question "Le cinéma français est-il raciste ?" ?
Je suis désolée, gdem, mais votre commentaire est un reflet de votre ignorance et de votre mauvaise foi.
On se focalise sur les femmes parce qu'il y a des indicateurs objectifs que les femmes sont vitimes de discrimination. Contrairement à ce que vous avez l'air de pensez, vous n'êtes pas une victime prise en otage par les féministes.
(Sur la violence faite aux femmes, par exemple, elle est une forme spécifique de violence. Ce n'est pas être sexiste que se consacrer à ça. C'est un choix sexiste, pour vous, d'être gynécologue et pas médecin ?)
Il y a des centaines d'études qui montrent que les hommes et les femmes, indépendamment des efforts juridiques, ne sont toujours pas traités pareils. Ils ne reçoivent pas les mêmes encouragements et stimulus de la part des figures d'autorités comme leurs parents et professeurs. Ils n'ont pas les mêmes modèles auxquels se référer. La publicité, le cinéma et la littérature ne disent pas la même chose sur les hommes et sur les femmes.
Anecdote personnelle: j'étais assez déboussolée, enfant, quand je lisais des propos misogynes de la part de figures frictionnelles ou historiques et que je n'avais personne pour m'expliquer pourquoi Sherlock Holmes ou Voltaire, que part ailleurs j'admirais beaucoup, se mettaient soudainement à m'insulter.
Nous somme encore une société sexiste, nous sommes tous et toutes le produit d'une société sexiste. le cinéma et le produit de cette même société, et quelque part il reflète les efforts restants à fiare. Ce n'est pas que les femmes cinéastes n'existent pas ou manquent de talent mais probablement que chaque étape pour monter le projet est plus dure pour une femme. Parce qu'inconsciemment ou non, les partenaires dont on a besoin font moins confiances à l'autorité, au talent, à la motivation d'une femme. Les financiers, les producteurs.
Ce genre de débat sert à rappeler qu'on en a pas finit avec le sexisme, pour que tout le monde fasse le petit effort de remise en question nécessaire et que le poids de la culture et de l'education s'efface peu à peu.
Sérieusement? J'ai l'impression de lire un vieux marxiste qui n'a pas dépassé mai68 et la lutte des classes... Toujours la même rhétorique, tout es lutte des sexes et caetera...
Oui, il y a toujours des vieux relents de sexisme, tout comme il y a des soirées filles,tout comme les femmes se font plus facilement offrir des verres, obtiennent plus facilement des cigarettes quand elles en demandent à un inconnu ou bénéficient des avantages des principes dictés par la galanterie.
Certes, il est des plus important de se battre pour l'équité (je mords le premier qui me ressort le terme d'égalité, attention!), mais il faut arrêter les arguties et les débats de comptoir, qui occultent les véritables problèmes et décrédibilisent les féministes.
Qui plus est, il faudrait aussi examiner tous les aspects des problèmes, notamment en matière d'égalité salariale: le but d'un employeur est simple: gagner de l'argent. En sachant qu'un femme en congé maladie va profiter de toute augmentation générale et individuelle de son service, continuer d'être payée et qu'il faudra prendre un CDD pour la durée dudit congé maternité (voire ses éventuelles prolongations), l'employeur s'interroge. (Je ne juge ni ne considère que c'est la bonne solution, je constate, non je ne suis pas un horrible phallocrate frustré et haineux, promis juré craché).
Bref, plutôt que de pousser des cris orfraies pour des bêtises, si vous cherchez à tout prix à défendre la cause féminine, battez vous sur des terrains plus intéressants et utiles (allez, soyez sympas, un beau geste...).
Je suis bien d'accord pour la discrimination à l'embauche, mais c'ets bien pour ça qu'on créer un congé parental pour les hommes. L'immaculée conception étant un phénomène toutefois assez rare, si le partenaire prend en charge sa part de responsabilité et que le congé paternel se popularise suffisamment, cet argument n'aura plus lieu d'être.
Par contre, là ou vous sortez l'argument (habituel, mais toujours aussi mesquin) de la galanterie je suis un peu consternée. Il faut que je me repense sur les origines de cette pratique, mais la galanterie n'ets pas réellement un avantage féminin. C'est l'expression désuète d'une condescendance envers les femmes est une invitation à se mouvoir dans un monde ou l'homme prend en charge les contraintes matérielles.
C'est amusant parce que vous en semblez pas être très au fais de ce que comprend la galanterie, en fait. Les manuels préconisent à l'hommes des pratiques extrêmement inutiles comme se placer coté caniveaux sur le trottoir pour ou monter les escaliers en premier.
Je peux le tolérer dans un contexte de flirt, quand c'est une attention particulière pas systématique, mais en général je n'y tiens particulièrement. je peux ouvir les portes toute seule,
Et puis se faire ouvrir les portes et allumer les cigarettes n'est absolument pas une compensation pour les différences de salaires, la différence de pouvoir sur la société en général. Je suis pour un politesse unisexe, pas pour un code sexiste et désuet.
L'argument de la galanterie n'était pas tout à fait le fond de mon propos... Je vous parlais, du fait de mon expérience d'étudiant débauché courant toutes les soirées tel un méhari perdu dans le désert depuis des mois, guettant n'importe quelle occasion d'éteindre sa soif.
Il existe une discrimination favorable aux femmes, qui fait que celles ci payent moins cher, voire pas du tout, l'entrée dans certains lieux de convivialité (ouais bon, dans les clubs, mais ça fait plus classe de dire lieux de convivialité), les consommations, voire ont des soirées qui leurs sont réservées.
Si ceci est acceptable, c'est bien qu'on reconnait leur différence et à statut différent, solution différente.
Pour ce qui est de l'immaculée conception, je veux bien reconnaitre que c'est plus trop à la mode, cependant, vous n'allez pas au bout de votre raisonnement: si un congé paternité venait à être développé, c'est l'entreprise qui devrait en supporter les conséquences.
L'entreprise devrait (et doit déjà), assumer les choix de ses salariés... Des choix personnels... On passe (en fait, on est déjà en plein dedans) à l'entreprise providence, l'employeur est là pour remplacer l'Etat...
Les femmes seules peuvent procréer, il est donc logique qu'elles bénéficient d'un congé maternité (de ce que j'en ai lu/vu, l'accouchement a l'air beaucoup moins sympa qu'une semaine de vacances au club Med... Et tout ce qu'il y a avant n'a pas l'air super engageant non plus), cependant, à situation différente, solution différente: puisqu'elles représentent une charge sans bénéfice pour l'entreprise, leur salaire est moindre. Il y a un certaine rationalité dans la chose...
Alors certes, on peut envisager une égalité de salaire pour les femmes stériles, ménopausées ou stérilisées, mais je suis pas convaincu...
Donc à défaut de mieux, la situation actuelle ne me parait pas si choquante que ça.
Allez, bisou, Jésus et moi on t'aime.
J'ai un peu la flemme de répondre dans le détails mais il y a quelques points que je vais soulever.
Le congé maternité, comme beaucoup de prestations sociales unisexes n'est pas un cadeaux qu'on (= les entreprises) fait au femme parce qu'on est sympa et altruiste. Il permet d'encourager le renouvellement de la population, qui est quand même nécessaire d'un point de vue économique (il faut renouveler les consommateurs) et social (une société qui ne fait pas d'enfants est condamnée. Si les Français ne se reproduisent pas il faudrait encourager l'immigration. on voit déjà actuellement le problème du vieillissement de la population)
Ca coûte moins cher aux entreprise, à long terme, de payer des congés maternités que d'évoluer dans une société ou les retraités sont trop nombreux par rapport aux actifs;
De ce point de vue là, la législation française est un avantage par rapports à d'autres pays, et pas une générosité.
D'autre part sur les "soirées filles". Ce n'est toujours pas une générosité envers le "beau sexe". La femme est le produit d'appel de ces lieux de convivialité, au même titre que l'alcool et la musique. Les soirées filles sont souvent une réponse marketing au fiat qu'elles ne viennent pas spontanément, et les mâles hétéros ne vont pas en boite pour rencontrer d'autres mâles hétéros ! :p Donc pas de filles >> pas de mecs >> pas de clients. Vite une soirée fille pour sauver la boite !
(Pourquoi la demande est dissymétrique, ce serait long à expliquer)
Bisous, Judith Butler et moi, on est sans rancune
Perso j'ai pas la flemme, mais il faut dire qu'un débat où je ne me suis pas fait traiter de phallocrate misogyne reproduisant un schéma patriarcal dépassé et oppresseur de la cause féminine, ça fait plaisir (soyez en remerciée).
Effectivement, le congé mat' n'est pas un cadeau de l'entreprise à la cause féminine, c'est la réponse de l'Etat pour se débarrasser d'un problème emmerdant: tiens, les entreprises, vous allez filer un congé payé aux nanas qui viennent de pondre leur côtelette (oui, c'est vulgaire et non, je ne regrette rien), vous allez vous démerder aussi pour la rémun', parce que nous on n'a pas que ça à foutre et vous allez les faire profiter des augmentations de service, parce que ça fait vachement égalité des sexes et tout ça, c'est bon pour notre promo...
La fin de votre raisonnement me convainc beaucoup moins, mais je ne vais pas me lancer dans le débat économique, ça me fait vraiment trop chier...
Quant aux soirées "filles", comme leur nom l'indique, elles ne comprennent que des filles, donc le coup sur les mâles hétéros... Raté (bien fait, na! ;) ).
Cependant, il est évident que les tarifs préférentiels sont là pour faire venir les femmes et donc les clients. Il y a donc une inégalité de facto. Les femmes ont un avantage à être femme et c'est là le point de mon raisonnement: nous avons des avantages différents liés à notre genre, faut il chercher une égalité impossible, ou l'équité, tout en prenant en compte les différences factuelles entre chaque situation?
Bref, la recherche juridique et sociale de l'égalité est un vecteur de discriminations et d'inégalités et il faut, au contraire, chercher l'équité dans le cas par cas.
Bisous à Judith!
Si je comprends bien Fil-à-plomb vous m'expliquez qu'en fait entre les hommes et les femmes il y a d'une part des différences physiques, dont les conséquences sont cette violence spécifique dont vous parlez qui n'est autre que la domination d'un fort sur un faible. Attention c'est inaccéptable, je vois déjà sous l'étandart de "mon ignorance" le mauvais procès de la legitimité de cette violence.
Vous m'expliquez d'autre part que vous ressentez aussi une différence d'éducation, un traitement différent par la société, mais ne serait-ce pas tout simplement parce que les hommes et les femmes ne réagissent pas de la même manières aux événements? Qu'il y aurait en outre de cette différence physique indéniable, une approche psycologique différente liée à la nature même? Je suis bien inccapable d'expliquer pourquoi chez les animaux (une version très primaire de nous-même) les rôles dans la société sont bien définis, la capacité d'enfanter par exemple peut être une source d'explications...
Vous avez donc l'air d'avoir saisi à peu près que les hommes et les femmes ont des différences qui font que dans le constat de leur place dans la société, on ne peut que se soumettre à une logique naturelle.
Il y a évidament des femmes talentueuses qui méritent amplement leur place de "number one" dans beaucoup de domaines, je conçois totalement qu'une femme se révèle être meilleure que plusieurs hommes pour réaliser un film (pour rester dans le sujet) je m'offusque simplement contre cette idée d'égalité absolu, cette parité de façade qu'on nous vend à longueur de journée. C'est ça la véritable discrimination!
Les animaux en sont pas une version très primaires de nous-mêmes. Et les rôles dans le règne animal sont si divers que l'argument ne resiste guère à une examination poussée des faits. Chez les insectes, il ya de nombreuses organisations matriarcales, et du cannibalisme. Le monsieur puce de lit perfore le dos de madame puce de lit pour pouvoir la metter en ceinte. La mante religieuse et certaines araignées mangent leur compagnon après l'acte sexuel. L'Hippocampe mâle porte les petits dans on ventre.
Chez les mammifères, nos cousins plus proche, l'inceste est une pratique courante.
Une bien belle inspiration pour construire la société.
Nous sommes des animaux dénaturés. Très peu d'entre nous vivent dans un paysage qui n'est pas sensiblement aménagé et artificialisés par la main de l'homme (et je compte une bonne partie de nos campagnes comme paysages artificialisés mais c'est un autre débat) Nous mangeons une nourriture transformée, nous préoccupons de choses très éloignées de nos besoins de base, avons des professions tertiaires qui nous poussent à un mode de vie statique, qui, les médecins l'hurlent, est contraire aux besoins du corps humain.
Je ne pense pas que vous vouliez renoncez au confort au progrès technique et social, qui vous soigne quand vous êtes malade et vous donne accès à internet. Pourquoi voulez-vous que les femmes cessent de réclamer ce progrès pour elles-mêmes ?
Chaque cellule humaine comprend 22 paires de chromosomes qui abritent nos gènes. Un seule de ces paires diffères en fonction du sexe. Et encore, c'est parce que qu'un des chromosomes de la paire, le chromosome Y est un chromosomes X avec une branche "manquante".
Je vous en prie, Parlez-moi de la côte d'Adam. Dites-moi à quel point la "nature" féminine est différentes de la "nature" masculine. Montrez-moi ou se trouve ce fossé entre le raisonnement féminin et masculin. Montrez-moi surtout que la société n'a rien à voir dans la différence de comportement des hommes et des femmes.
Le problème n'est de toute façon pas qu'il existe une petite différence entre les hommes et les femmes. C'est que cette différence est un continuum, une progression, mais qu'elle est présentée comme un mur infranchissable, et que la différence biologique est devenue un argument pour justifier une différence de statut social bien supérieure.
Les animaux n'ont qu'un but dans la vie: survivre et se reproduire, pour se faire quelque soit l'espèce la nature a attribué un rôle bien spécifique à chaque sexe, il n'y a aucun jugement de valeur dans mon propos sur celui qui a le meilleur rôle, celui qui se fait dominer...etc
Et c'est ça qui me fatigue dans les débats avec (contre?) les féministes c'est que tout est interprété comme une agression, tous les arguments sont rejetés par dogme, par principe.
Je vous rejoints: le problème n'est vraiment pas qu'il existe une petite différence entre les hommes et les femmes, mais que vous êtes convaincue que cette différence se manifeste par une domination masculine écrasante . Il n'y a pas de mûr, ce n'est pas un combat, à toutes les féministes: "Arrêtez de vous prendre la tête avec ça, vivez votre life quoi!"
Et vous voulez parler de difference statut sociale entre quel homme et quelle femme?
Josiane, rentière qui vit dans le XVIe et Mouloud, éboueur au Smic?
Je vais devoir réitérer mon accusation de mauvaise foi. Votre exemple ajoute une autre variable (la richesse et disons, l'ethnie) à la variable qu'on essaye d'étudier (le genre/sexe)
On estime que dans le monde, les femmes représentent 75% des travailleurs pauvres, votre exemple n'est donc pas représentatif. Evidement qu'il existe quand même des femmes aisées, encore heureux.
Le problème, c'est que justement, les femmes veulent vivre leur vie, mais que la société ne leur offre pas encore, même si ça change, autant d'opportunités qu'aux hommes. Pour retomber sur l'article, Les femmes veulent être cinéaste (on va vers la parité dans les écoles, ou sur les cours métrages, quand l'entrée se fait (plus ou moins) strictement au mérite) mais par la suite, le chemin est plus dur pour elles : elles sont moins nombreuses à pouvoir réaliser des longs métrages, peut-être pour des raisons que j'ai évoqué.
C'est bien pour que davantage d'opportunités leurs soit offertes que les féministes se battent. Après si vous n'aimez pas qu'on remette en question la société, si pour vous c'est "se prendre la tête" que d'observer, réfléchir, et s'indigner, c'est un peu votre souci. Personnellement, je ne considère pas la pensée féministe comme un fardeau. Je la trouve au contraire extrêmement libératrice, cette nouvelle grille de lecture du monde.
Vous allez dire aux militants des droits des minorités raciales d'"arrêter de se prendre la tête" et de "vivre leur vie" , aussi ?
C'est un peu facile alors que ça fait 3 jours que j'essaie par des arguments détaillés de décrire ma position par rapport à ce problème,de dire que je n'aime pas "remettre en question la société, observer, réfléchir, et [m]'indigner". D'autant plus que ma position, est un peu moins démagogique que la votre.
Quand je dis qu'il faut arrêter de se prendre la tête, je veux dire que, du moins dans notre milieu occidental, le combat est dépassé, s'acharner autant sur des détails alors qu'il y d'autres raisons de vraiment s'indigner je vois ça comme une perte de temps et d'énergie.
Et effectivement je vais dire aussi aux militants des minorités raciales d'"arrêter de se prendre la tête" et de "vivre leur LIFE", j'ai beaucoup de choses à dire contre les actions de SOS Racisme ou de la LICRA qui comme les féministes sont des minorités qui théorisent la réalité et parlent au nom de gens qui ne veulent pas être représentés par eux. Mais ceci est un débat que je n'ai pas envie d'avoir.
Avant toute forme d'indignation primaire, je suis métis issu d'un mélange noir/blanc, je pense donc ne pas avoir à recevoir de leçons sur le sujet.
Je trouve que ma dernière phrase ne devrait pas être utile pour accompagner ma position, mais l'ad hominem étant une arme que vous affectionnez, je prends les devants.
Je ne sais pas, ça fait trois jours que je démonte pacifiquement vos arguments. Je n'ai pas l'impression de m'en être pris à vous en tant que personne, si c'est le cas je suis navrée. Mais aucun de vos arguments n'est un fait avéré, plutôt des conceptions un peu flous sur la "nature" de l'humanité qui serait comparable à celle des animaux. La "nature" étant un fantasme, et pas un fait.
A la racine du problème, je pense que vous n'êtes pas sensibilisé à la question, c'est tout. Vous considérez cette question comme négligeable. Et pourtant qu'on en discute, même de manière périphérique via le biais du cinéma, vous agace suffisamment pour déclencher un commentaire. Ce paradoxe me semble intéressant à relever.
Pourtant des études, des essais qui montrent que la différence de statut entre les hommes et les femmes n'est pas un "détails" malgré les énormes progrès effectués en occident depuis 50 ans, il y en a des tas. Et Je ne pense pas qu' "arrêtez de vous prendre la tête" soit un bon argument à opposer à quiconque débat avec vous ^^. SI j'ai fais le comparatif avec les militants anti-racistes, ce n'étais pas pour vous agresser ou vous taxer de racisme mais pour relever ce que je trouve être une énormité: le dialogue et le débat, même revendicatif, n'est pas une "prise de tête". C'est un exercice intellectuel, que je trouve divertissant, et la condition du progrès. Si vous n'êtes pas d'accords avec ce qui est dit c'est un autre problème.
Voilà voilà, sans rancune de ma part.