Life

De bonnes tables parisiennes aux additions décentes

Nicolas de Rabaudy, mis à jour le 20.05.2012 à 10 h 35

Une sélection de restos qui ne sont pas hors de prix.

Le restaurant Akrame.

Le restaurant Akrame.

Le gourmet moderne recherche des adresses sans coups de fusil, fréquents dans les restaurants huppés et étoilés. Voici un choix de restaurants où le client est choyé et respecté par les prix des prestations –attention aux eaux minérales à 8 euros.

River Café

Posé sur la Seine, ce gros bateau-péniche, géré par Mathieu Bucher, fils unique du regretté Jean-Paul Bucher, créateur du groupe Flo, permet un dépaysement bienvenu à l’heure du déjeuner sur l’eau et au dîner en musique, le week-end, sans majoration de tarif.

La cuisine élégante de Mathieu Scherrer conjugue des plats de tradition: la poitrine de cochon au foie gras, le canard de Barbarie, le carré d’agneau aux asperges vertes, le poulet fermier à l’orge perlé et des assiettes mode, le dos de saumon bio fumé maison, les nems de bœuf épicé et le foie de veau poêlé au vinaigre balsamique blanc, tout cela est copieux et préparé avec goût.

Remarquable carte-menu à 35 ou 39 euros, et formule concert le vendredi soir à 49 euros. Desserts de saison tel le macaron aux fraises gariguettes, et le délicieux moelleux au chocolat Guanaja.

  • River Café 146 quai Stalingrad 92130 Issy-les-Moulineaux. Tél.: 01 40 93 50 20. Pas de fermeture.

L’Acajou

Voici le restaurant cosy de Jean Imbert, 30 ans, qui est le Top Chef de l’année, vainqueur de ce concours culinaire suivi par 7 millions de téléspectateurs, à l’heure de la finale, d’où une formidable affluence pour sa table d’Auteuil, jusqu’à 500 demandes de réservations par jour, plus qu’aux deux Ateliers de Joël Robuchon à Paris. Un exploit.

Intérieur Acajou ©Patrick Rougereau. M6 Éditions

Ce chef passionné, créatif, ne s’est pas présenté aux épreuves de Top Chef pour se faire un nom et prendre du galon: il a été l’élève du chef Briffard, double étoilé au Vernet des Champs-Élysées et il admire Jean-François Piège, Antoine Westermann, Michel Rostang, Jean-Pierre Crouzil à Plancoët, l’as du homard et de la noix de Saint-Jacques. Imbert, un pro des casseroles, qui a une expérience vraie de restaurateur.

Tout comme Hélène Darroze rue d’Assas (75006) et Pascal Barbot, triple étoilé à l’Astrance rue Beethoven (75016), Jean Imbert propose des plats du jour, selon les produits du marché et son inspiration: le wok de calamars et légumes sauce rouille (14 euros), le bar sauvage, tartare, coriandre, gaspacho et avocat (26 euros).

C’est l’œuvre imprévue, sensible d’un artiste des saveurs, très attaché aux garnitures, légumes, herbes et condiments qu’il faudra suivre. Au déjeuner, une carte-menu à 40 euros, au dîner à 60 euros. On prend place à une table d’hôtes, au bar ou à deux ou trois tables séparées. Superbe gâterie à la mangue. Le soir, un décor noir de night-club qui surprend à Auteuil dans ce quartier bourgeois. A la carte, 75 euros. Service amical. Excellent Haut-Bailly au verre à 14 euros. Un chef d’avenir.

  • L'Acajou 35 bis rue de La Fontaine 75016 Paris. Tél.: 01 42 88 04 47. Fermé samedi et dimanche.

Akrame

Restaurant Akrame

Etoilé en 2012, révélation de ces derniers mois, Akrame Benallal a repris cette petite boîte inventée par Guy Savoy. Pas de nappes, coude-à-coude, et du papier végétal emballant le poisson (anguille fumée).

Là aussi, pas de carte détaillée avec entrées, plats, desserts, mais un ensemble de suggestions du jour qui emballent (ou pas) le gourmand. Ici, les surprises s’enchaînent et les papilles sont titillées: ce chef aux fulgurances rares –le maquereau au coulis de vieux comté, pousses de moutarde, les calamars façon risotto, le carpaccio de daurade au quinoa et parmesan, la glace lait-citron– peut vous envoyer au septième ciel. Vous êtes saisi, ému, bouleversé comme chez Pierre Gagnaire. La cuisine française avance, progresse, évolue grâce à la patte, à l’inventivité de ténors, de poètes comme Akrame, lequel peut aussi offrir un onglet de bœuf et des pommes de terre à l’ail.

Rien n’est choquant ni expérimental dans la palette d’Akrame, toujours présent aux deux services, et qui change les accompagnements au milieu du repas. Oui, un passionné très talentueux qui vaut une visite. Menu à 35 euros au déjeuner. Au dîner, 60 et 80 euros. Difficile d’avoir une table le soir et de trouver un vin à moins de 40 euros. Saké.

  • Akrame 19 rue Lauriston 75016 Paris. Tél.: 01 0 67 11 16. Fermé samedi et dimanche.

Le 1868 (ex-Masa) dans l’Hôtel Edmond

Ce prénom est celui d’Edmond Rostand, né en 1868, d’où l’enseigne à quatre chiffres de ce restaurant confortable, lumineux grâce à une verrière au centre de la salle à manger. A côté des gargotes du quartier, de la rue de Levis et environs, voici un restaurant agréable pour les repas d’affaires et les dîners d’intimité.

En cuisine, Jean-Sébastien Pouch, ancien second d’Eric Fréchon au Bristol, qui avait relancé Lapérouse sur les quais, présente une carte de quinze plats conçus d’après le produit de base: l’asperge verte, les petits violets au coulis de truffe noire et coquillages (28 euros), le foie de canard poêlé en papillote d’huîtres au thé vert dans un bouillon aux condiments, très belle assiette (24 euros) et le tourteau en cannelloni parfumé au radis daïkon dans une gelée de pamplemousse rose (21 euros). Oui, un style très personnel, une vraie quête des goûts et textures.

Des poissons nobles: le saint-pierre cuit en feuilles de bananier à la carotte et citronnelle (28 euros), le homard rôti au beurre mousseux dans un jus au poivre vert et asperges cuites à l’oxalis (35 euros). Des viandes d’AOC: le pigeon de Vendée cuit sur le coffre, purée d’oignons de Roscoff, jus balsamique (28 euros) et l’agneau de Lozère rôti au four à l’ail rose confit et champignons, une assiette très classique, sans fantaisie (35 euros). Attention aux complications inutiles qui chargent l’assiette: il faut viser l’épure.

Délicat dessert à l’amande en émulsion, crémeux de bergamote et sorbet au ras el hanout (12 euros). Et un vacherin revisité à la poire et caramel (12 euros). Au déjeuner, menus à 28 et 35 euros, eau et café inclus.

  • Le 1868 22 avenue de Villiers 75017 Paris. Tél.: 01 46 22 06 10. Fermé samedi et dimanche.

Maxan

Déplacée de la rue de Miromesnil au quartier Alma-Marceau, l’équipe de ce restaurant décoré à la new-yorkaise, parquet, banquettes et miroirs, a trouvé un second souffle grâce au savoir-faire, à l’expérience du chef Laurent Zajac, ancien du Trianon à Versailles de Gérard Vié et du Carré des Feuillants d’Alain Dutournier, expert en plats canailles: la terrine de lapin à la sarriette (au menu), le tartare de maquereau au curry, les légumes de printemps au pistou, la mijotée de canard, les petits pois à la française et la côte de veau de lait épaisse aux artichauts poivrade (39 euros), peut-être le plus beau plat de la carte actuelle.

Tout est excitant dans la partition du nouveau Maxan: le feuilleté de morilles fraîches et sa sauce (30 euros), l’œuf mollet pané et frit aux asperges vertes (14 euros) et le carré d’agneau rôti, jus court et blettes (28 euros). Succulente meringue aux framboises et chantilly, un régal d’enfance (10 euros). Dans la sélection des vins, un bordeaux supérieur de 2009, grande année, coulant et fruité à 6 euros. Menus à 32 euros ou 40 euros aux deux repas, bon rapport qualité prix-plaisir. Accueil très professionnel, tables bien séparées. Une bonne adresse dans le périmètre de l’avenue George V.

Maxan 3 rue Quentin Bauchart 75008 Paris. Tél.: 01 40 70 04 78. Fermé samedi et dimanche.

Restaurant Helen

Le cordon-bleu Catherine Guerraz, belle-fille de René Lasserre, partie sur les hauteurs de Nice, le fond de commerce de cette élégante enseigne, inaugurée dans les années 1990 par Guy Savoy, a été agrandie et rénovée par deux anciens de Le Duc à Montparnasse, considéré comme l’un des meilleurs restaurants de poissons de la capitale, étoilé Michelin jadis.

Carpaccio de daurade royale au citron caviar ©David Arous

Vue l’extrême fraîcheur des poissons et crustacés, on est là dans un établissement haut de gamme: le bar de ligne, le saint-pierre, le turbotin, la barbue, le turbot, le homard breton affichés de 75 euros à 100 euros le kg. Le menu du déjeuner est à 60 euros, un tarif mérité.

Cela dit, le gourmet pourra repérer dans les 40 plats –un formidable choix, chapeau– des préparations emballantes comme le carpaccio de bar (20 euros), le tartare de bar (22 euros), le ceviche de daurade royale (28 euros), les grosses moules d’Espagne (20 euros), la soupe de poissons maison (20 euros), les linguine aux encornets et aïoli (40 euros), et les plats du jour à 30 euros. Tout cela ciselé avec amour.

Le chef, Sébastien Carmona-Porto a retenu le meilleur du style Le Duc de son mentor: Stéphane Hélard, un maître de l’assaisonnement poissonnier. Il reste pour Helen à se forger une clientèle du dîner, en continuant à miser sur les origines des trésors de la mer, respectés par la gestuelle du chef qui devrait, sans mal, décrocher l’étoile l’an prochain. Une des vraies découvertes de l’année.

Très beau chariot de desserts: tarte au citron et Paris-Brest sans reproche. Vins de Marie, la sommelière charmante, venue de chez Robuchon, Sancerre blanc et Bordeaux au verre. À coup sûr, une table d’excellence pour fins becs exigeants.

  • 3 rue Berryer 75008 Paris. Tél.: 01 40 76 01 40. Fermé dimanche et lundi.

Nicolas de Rabaudy

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