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Sarkozy, c'est Giscard ou Poutine?

Hugues Serraf, mis à jour le 10.05.2012 à 14 h 12

C’est le printemps, mais le gros temps est déjà là pour le nouveau président. S’il est à la peine, est-ce que Sarkozy peut se mettre à rêver de son «boulot de dans 5 ans»?

Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy REUTERS/montage Reuters

Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy REUTERS/montage Reuters

Il ne faut pas s’avancer trop vite parce qu’à l’heure du bombardement d’info en 140 signes sur Twitter, les sentiments et les perceptions changent de minute en minute mais, d’un autre côté, si ce qui suit est stupide, ce sera aussitôt oublié…

A peine battu, Nicolas Sarkozy n’est-il pas déjà en train de négocier son retour en grâce, façon Poulidor? La France n’est pas un pays de losers, loin s’en faut ―c’est tout de même la patrie de Napoléon, de De Gaulle et de Bernard Hinault―, mais elle aime bien les types qui arrivent seconds, voire derniers. Elle aime bien les morts aussi, d’où sa propension à en commémorer un en grandes pompes un matin sur deux.

Et si le pas-encore-totalement-ex-président n’est pas un «second», un dernier, un mort politique, on se demande bien ce qu’il est! Bah, comme il est malin, qu’il sait l’opinion fluctuante, qu’il a soigneusement évité de faire son Jospin en promettant explicitement d’abandonner la vie politique et de se rendre à l’île de Ré sur le rafiot de Bolloré, il n’a plus qu’à se mettre en mode Chirac et cogiter sur son «boulot de dans cinq ans».

Chirac, c’est d’ailleurs un bon modèle et il n’y a pas de raison qu’il ne serve qu’à Hollande, après tout. A peine renvoyé dans ses foyers, Supermenteur, c’était son surnom, souvenez-vous, l’homme dont les casseroles étaient plus lourdes encore que celles de Paul Bocuse et des frères Troisgros réunis, le type qu’Arnaud Montebourg pourchassait sans relâche sous les regards effarés de Jean-Louis Debré, est devenu un brave pépère universellement apprécié.

Qui l’eut cru!

Bon, encore une fois, Hollande débarque tout juste, il a le vent en poupe au moins jusqu’aux législatives, la droite est en déroute, on reparle de Georges Tron et de ses massages de petons récalcitrants, Copé, Fillon et NKM vont s’étriper pour savoir qui est le boss maintenant que le boss est parti. A défaut d’état de grâce pure laine, on a connu pire situation pour un bizut... Mais tout de même, entre la Grèce qui refait des siennes, Dexia qui menace de faire sauter une République et une monarchie d’un seul coup d’un seul et General Motors qui fiche 1.000 personnes à la rue, Sarkozy va pouvoir tranquillement compter les points en observant son adversaire se démener ―lui le président des crises qui boulottait un drame de ce genre tous les matins au petit-déjeuner.

On ne le souhaite pas franchement parce qu’on a suffisamment de fierté nationale pour ne pas avoir envie d’être présenté, en 2017, sur CNN comme une Russie-bis  où des présidents font des breaks et reviennent en force, mais d’ici à ce que le tsar du Kremlin soit le premier chef d’Etat à féliciter Sarkozy pour son brillant retour aux affaires, il n’y a qu’une toute petite Bérézina.

Giscard ou Poutine, la fin de l'histoire reste à écrire.

Hugues Serraf

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