Europe: que faire contre le populisme?
Pour sortir de la crise européenne, il faut aller plus loin dans les mécanismes de solidarité. La solution populiste du retour au chacun pour soi mène à la catastrophe.
- Un militant du parti néonazi grec Aube dorée, le 25 avril 2012 à Athènes. REUTERS/Yannis Behrakis. -
Partout en Europe, l’austérité fait monter les partis populistes. Ils ont emporté un tiers des suffrages en France et gagné en Grèce où les deux partis historiques, la Nouvelle démocratie et les socialistes du Pasok, ont été battus par une kyrielle de partis d’extrême gauche et d’extrême droite. La crise des dettes débouche sur des crises politiques qui rappellent furieusement les années 1930: xénophobie et protectionnisme tentent les électeurs. Il faut vite trouver une parade et en convaincre les Allemands.
Un puits sans fond
En Grèce, les électeurs sont pour rester dans la zone euro. Mais ils refusent l’austérité de fer qu’on leur impose maintenant depuis deux ans. C’est en apparence contradictoire: on ne peut pas vouloir le beurre de l’euro sans payer le prix du beurre. Mais on peut aussi comprendre les Grecs. Le pays paraît s’enfoncer dans un puits sans fond.
Depuis quatre ans, le PIB a reculé au total de plus de 15%. Les salaires ont été réduits de 30%. La production industrielle de 20%, les investissements de 50%. Le taux de chômage atteint 20%. Tout ça a été décidé pour ramener le déficit budgétaire du pays dans les clous en échange d’aides européennes et internationales. Mais tous les efforts ne semblent servir à rien. Les rentrées fiscales se sont effondrées, le déficit se réduit, mais pas aussi vite que prévu. A quoi ça sert demandent les électeurs? La Troïka, elle, demande de nouveaux efforts.
Sans gouvernement à Athènes, les Européens pourraient fermer le robinet, l’Etat grec n’aurait plus de quoi payer ses fonctionnaires dans un mois. De nouvelles élections pourraient être organisées en juin. Mais donneront-elles cette fois-ci une majorité en faveur de l’austérité? C’est possible: la menace de couper les vivres pourrait faire son effet. Mais ce n’est pas sûr.
Spirale récessive
Ce qui est certain, c'est qu’il faut arrêter la spirale récessive dans les pays du sud européen. Et pas qu’en Grèce. Plusieurs solutions existent. D’abord, adoucir la rigueur et accepter de retarder les échéances. Ensuite mettre en place de nouveaux plans d’aides. Le Mécanisme européen de stabilité doté de 500 milliards d’euros peut servir à cela, en Grèce pour faire un trait sur une partie des dettes publiques (après que 70% des dettes privées ont été abandonnées) et en Espagne pour soutenir les banques. Enfin, surtout, il faut rétablir la croissance, comme le demande à raison François Hollande. Rendez-vous est pris le 23 mai à Bruxelles sur tous ces sujets.
Mais en clair, la crise de la zone euro est repartie de plus belle. Il faut aller encore plus loin dans les mécanismes de solidarité. La mauvaise solution populiste est le retour au chacun pour soi et à la lutte les uns contre les autres. La bonne solution européenne est d’aller au contraire vers plus d’union financière, économique et politique.
Absolutisme allemand
Le débat est essentiel et il est franco-allemand. Les Allemands ont raison de croire dans la vertu de l’orthodoxie, rigueur et réformes structurelles, mais ils ont tort d’en faire un absolu. Le keynésianisme a ses vérités: la demande ne peut être asséchée partout au même moment sans créer de spirale récessive.
Les Français ont raison de vouloir parler de croissance. Mais ils ont tort s’il ne s’agit que d’adoucir le remède et de différer dans le temps les réformes. Ils ont tort surtout par incohérence: on ne peut pas demander plus de solidarité sans accepter plus de fédéralisme politique. C’est fondamentalement anti-démocratique. Le PS français autrefois fédéraliste mais déchiré depuis le référendum constitutionnel doit vite se ressouder sur ses fondamentaux, sinon c’est lui qui mettra l’Europe en péril.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 09/05/2012 à 15h30




















































Un grand bravo à l'Europe, à la Troïka et à Merkozy : des nazis ( oui, aube dorée est un vrai parti nazi, importé... d'Allemagne de l'est), sont en passe d'accéder au parlement Grec§
Et les Grecs n'ont aucune part de responsabilité? Ce sont seulement des victimes! Ils ont un Etat et un système politique dysfonctionnels et corrompus depuis des décennies... et le reste du monde qui les finance a fini par s'en rendre compte. La Grèce est aussi à l'origine de ses propres malheurs même si évidemment la responsabilité en revient avant tout aux élites politiques et économiques qui s'accommodaient fort bien de ce système.
Le raisonnement qui consiste à dire que les malheurs de la Grèce ou des autres pays, suivez mon regard, viennent uniquement de l'étranger (l'Europe ou l'immigration par exemple) est exactement celui que tiennent les néonazis que vous dénoncez. Trouver un bouc émissaire c'est bien plus facile que de regarder la réalité désagréable en face...
Cordialement
Et il n'y a qu'un remède contre la peur : la confiance.
Comment avoir confiance dans des dirigeants qui expliquent depuis 30 ans que tous les malheurs des citoyens viennent de l'Europe, viennent de la mondialisation, viennent de la finance... 3 bêtes aussi immondes qu'insaisissables...
Les politiques n'auraient réussi cette escroquerie intellectuelle sans la très forte complicité des média.
Aussi, je pense qu'il faut commencer par informer...
Il y a une peur vis à vis de l'immigration : informons sur la réalité des chiffres, sur les couts de l'immigration, sur ce qu'elle rapporte aussi et sa nécessité démographique.
Il y a une peur de faire faillite : informons sur la dette, à qui elle appartient, ce qu'elle sert à financer, etc... Expliquons en quoi la dette grec enrichi considérablement certains pays du nord et que les plans de sauvetage ne sauvent que leurs intérêts, pas ceux du peuple grecs...informons sur les abus en tout genre, toutes ces dépenses inutiles...
il y a une peur de l'éloignement des centre de décision : informons sur les décisions qu'ils seraient plus pertinent d prendre au plus proche des gens ( tout ce qui concernent le quotidien, de l'éducation, santé, justice, sécurité,macro économie, agriculture maraichère, etc...) et tout ce qu'il serait plus pertinent de prendre à l'échelle européenne ( diplomatie, défense, équilibre fiscal, infrastructure, prerequation inter régions, etc...)
Mr Le Boucher, faite simplement votre boulot... et imposer aux politiques de faire le leur...
Il semblerait que les crises politiques que l'Europe va connaître à la suite des crises financière et économique, n'auront rien à leur envier quant à la gravité qu'elle vont revêtir, et dont on est encore loin de pouvoir mesurer les conséquences pour les peuples européens qui vont y être soumis.
Ce qui se passe en Grèce est, de ce point de vue, tout à fait emblématique où on assiste à une mutation profonde de la société, et où certains prédisent que "les grands partis vont disparaître".
La France n'est pas à l'abri d'une crise politique majeure due à la montée constante des populismes, dans la mesure où son code électoral permet que plus de six millions d'électeurs ne soient pas représentés à l'Assemblée nationale sans que cela ait l'air de poser un problème majeur à sa classe politique.
Cap2006 a sans doute raison, mais avant de pouvoir informer les citoyens, encore faut-il qu'ils soient enclins à écouter et entendre. Or ce n'est pas en se sentant méprisés et exclus du débat politique, qu'on parviendra à obtenir cette République apaisée à laquelle tout le monde aspire.
Bonjour marianne ARNAUD
"son code électoral permet que plus de six millions d'électeurs ne soient pas représentés à l'Assemblée nationale sans que cela ait l'air de poser un problème majeur à sa classe politique"
Très juste ! Mais n'oubliez pas de préciser que cette règle visait à l'origine le parti communiste.
Et effectivement, tant que c'était les communistes qui étaient lésés, cela ne semblait pas poser de problème majeur à la classe politique.
Pourquoi cela devrait-il tout à coup maintenant devenir un problème ?
@ récap59
Excusez-moi, mais je comprends mal votre remarque, dans la mesure où, sans remonter avant 1958 où ce devait être encore plus spectaculaire, le PCF a toujours été représenté à l'Assemblée nationale, ce qui n'a été le cas qu'une fois pour le Front national, en 1986, où Mitterrand avait institué un scrutin à la proportionnelle et où le PCF et le FN avaient tous deux remportés 35 sièges à l'Assemblée nationale.
Pour exemple : en 1993 - le PCF obtient 23 sièges avec 4,61% des voix au 2ème tour de la législative, alors que le FN obtient 0 siège avec 5,67% des voix.
En 1997 - le PCF obtient 36 sièges (8,64% des voix au 1er tour de la présidentielle de 1995), alors que le FN obtient 0 siège (15% des voix au premier tour de la présidentielle de 1995)
En 2002 - le PCF obtient 21 sièges (3,37% des voix 1er tour de la présidentielle, alors que le FN obtient 0 siège (17,79% des voix au second tour de la présidentielle)
En 2007 - le PCF obtient 15 sièges (1,93% des voix au 1er tour de la présidentielle), alors que le FN obtient 0 siège (10,44% au 1er tour de la présidentielle)
C'est vrai que le nombre de sièges du PCF n'a fait que décroître depuis les 86 sièges de 1978 avec 20,61% des voix, jusqu'à aujourd'hui.
Il n'en reste pas moins que la non représentation du FN est assez scandaleuse.
Très cordialement.
J'abonde parfaitement dans le sens de votre remarque sur la capacité à comprendre.
Depuis dimanche, j'en ai entendu des propos hallucinants sur l'incompétence supposée de Hollande et sa clique... et pas de personnes au faible niveau d'éducation dont je peux comprendre la difficulté à analyser, à prendre du recul sur des événements complexes.
Cela ne fait rien...
Il faut faire confiance... susciter l'intelligence que le gouvernement sortant à si complaisamment voulu enfouir... préférant réveiller les peurs ancestrales, les haines faciles...
Cela ne marchera pas sur tout le monde... cela ne rendra pas factuel et lucide le regard passionnel, émotionnel sur ces sujets...
Mais si le Président défend une vision citoyenne commune... s'il s’abstient de généraliser... ce serait déjà un progrès
Un discours dominant de pays riches qui stigmatise un peuple appauvri.
SIX PETITES REMARQUES QUI SONT ABSENTES DES DÉBATS SUR LA CRISE GRECQUE
1 - Personne ne veut évoquer le fait que la vie est devenue très chère en Grèce depuis l’adoption de l’euro, le salaire moyen est inférieur à 1000 euros, voire 600 e., et les prix de la nourriture ont triplé.
2 - Personne ne veut dire que Carrefour a racheté beaucoup, beaucoup de supermarchés grecs depuis l’adoption de l’euro et créé beaucoup d’établissements.
3 - Personne ne veut rappeler que la banque commerciale ( emporiki, 2 ème banque grecque ), la banque agricole ( agrotiki trapeza ), la banque générale ( géniki trapeza ) ont été rachetées par des banques françaises, en particulier la BNP. Et que le marché de la dérégulation depuis l’adoption de l’euro fait galopper les firmes internationales.
4 - Personne ne dit que les firmes étrangères, françaises, allemandes, … sont là pour racheter des entreprises grecques, du moins les parts de marché qu’elles représentent.
5 - Personne ne dit que l’aéroport d’Athènes a été concédé à une entreprise allemande, que le port du Pirée a été concédé à une entreprise chinoise. Autant dire que la Grèce perd peu à peu le contrôle de ses outils de transport.
6 - Personne ne dit que les partis politiques, le Pasok pour la gauche ou la Néa Démocratia pour la droite sont aux mains des mêmes groupes familiaux depuis des générations, et que la Grèce s’est libérée de la tutelle turque, mais qu’elle n’a jamais connu de révolution politique et sociale. On se succède très souvent de père en fils à la tête du parti socialiste, du parti de droite, ou de la mairie d’Athènes, voire comme premier ministre.
En échange des subventions de l’union européenne, les Grecs doivent ils accepter que leurs productions nationales agricoles voire industrielles soient écartées au bénéfice des fameux produits de Carrefour. Ou que les capitaux étrangers ou les marchés financeirs rachetent par petit bout leurs territoires, leur société.
On présente les Grecs comme ingrats, voire voleurs parce qu’ils prennnent les subventions europeénnes mais n’acceptent pas les lois du marché ou l’ouverture de leurs marchés nationaux à la dérégulation ou aux rêgles financières européennes ou mondiales.
Derrière le petit arbre grec, se cache un prétexte, un symbole. Et on veut nous faire croire l’incroyable ... À SAVOIR que le petit marché grec et la dette grecque mettent en danger l’Europe. Derrière ce discours, se cache un discours dominant de pays riches qui stigmatise un peuple appauvri. Un peuple qui doit prendre l’obole européenne, mais ne pas être ingrat en ouvrant leurs pays aux appétits de Carrefour, de la Bnp, ...
Enfin les Grecs pensent qu’ils vivaient beaucoup mieux avant l’adoption de l’euro qui est une catastrophe. Pour la jeunesse grecque, le parti centriste de droite et le parti centriste de gauche sont devenus le symbole de cet abandon de leurs droits et de leurs espérances.
Kali tuki, bonne chance aux porteurs d’espoir
Le populisme résulte de la perte presque complète de crédibilité des élites dont la gestion irresponsable (sinon même crapuleuse) précipite aujourd'hui des millions de gens dans la misère.
Il résulte également d'une crise morale profonde résultant de deux phénomènes opposés mais convergeant négativement :
. le capitalisme, désormais mondialisé, s'est coupé de ses racines nationales, ne veut assumer aucune responsabilité citoyenne et considère que seule la dimension planétaire est pertinente ;
. les "progressistes", toujours grelottant de culpabilité postcoloniale, cultivent une xénophilie faite surtout de mépris pour des identités nationales construites par les siècles et toujours vivantes dans de nombreux pays.
Ils chantent à deux voix le péan d'une culture-monde, et dansent ensemble le tango d'un multiculturalisme qui fait tant horreur aux populistes.
Il appartient aux élites contestées de surmonter les immenses difficultés qui empêchent l'adoption des solutions que chacun connaît :
. l'instauration d'une véritable fédération européenne capable de défendre les intérêts économiques, sociaux et moraux des citoyens européens contre une mondialisation capitaliste sans contrainte ;
. la restauration d'une certaine estime de soi pour l'identité européenne et les identités nationales (soucieuses des libertés publiques et privées, comme de la paix civile) face à des peuples dont le comportement est caractérisé par le fanatisme, la violence meurtrière, l'immaturité historique et politique, la corruption, les solidarités tribales et ethniques, la persécution des minorités religieuses et sexuelles, etc…
Partant d'un "il faut vite trouver une parade" aux populismes (mêlant, comme de bien entendu, des "extrêmes" pourtant opposés) pour arriver à charger d'avance et sans distinction le PS de toutes les responsabilités est tout de même révélateur. Et le Front Populaire, il explique, bien sûr, la grande crise qui l'a précédé ainsi que les années noires qui l'ont suivi ? (Le "rappel furieux" des années 30
était inclus dès l'introduction de la ristourne du jour sur la liquidation de l'économie politique). Reste le malaxage infructueux d'une poignée de récession avec une autre de croissance. Ce qui serait indiqué ici ne le serait pas là, sauf à rajouter la pincée d'Europe magique pour catalyser la solution miraculeuse. Tout ça sans payer le prix fort quant à tout ce qui a permis les conditions de la crise, déréglementation, dérégulation ? Sauver encore les banques
sans leur repasser les rênes pour les tenir dorénavant bien serrées, consacrées à la garantie de l'épargne et au financement de l'économie (réelle) et non plus à la spéculation pure et à l'évaporation de la valeur à saute-frontières ? L'amertume de la potion salvatrice doit être mieux partagée que ne l'a été le sirop des bulles avant leur éclatement !
Apothicarrément.
P. S. : le "vite" imploré pour trouver la parade au populismes est populiste.
Avant, quand les gens voulaient participer aux décisions qui les concerne, on appelait ça de la démocratie, maintenant on parle de populisme.
Avant, quand on parlait de réformes, on précisait lesquelles, maintenant on dit "les réformes", terme générique dont il n'est même plus besoin de préciser qu'il s'agit du démentèlement du droit du travail.
Avant, les journalistes n'auraient pas mis Syriza et la gauche démocratique dans le même sac que l'extrème droite xénophobe.
Mais ça, c'était avant .....
"Ils ont un Etat et un système politique dysfonctionnels et corrompus depuis des décennies... "
Et combien de pays occidentaux répondent à cette description? Pour ainsi dire tous, et c'est bien le problème. Il est mensonger de vouloir tenir pour reponsable la population dans son ensemble.
La Grece est régi par un régime representatif. Le peuple n'exerce donc pas le pouvoir, le pouvoir est exercé par ses représentants. Or, ces representants, comme vous le dites vous-mêmes, sont corrompus. Ils sont corrompus pour eux-mêmes bien sur, mais aussi pour le compte de l'étranger, c'est évident (c'est juste de la logique). Et leur corruption a, entre autres dommages, entrainé des dysfonctionnements en Grece. C'est donc bien les élites élus qui ont la responsabilité de ce désastre.
D'ailleurs, c'est pour ça qu'on les élit aussi: pour qu'ils prennent leurs responsabilités!!!
Que peut le peuple quand même la commission européenne a truqé ses rapports pour les rendre favorables afin de laisser la Grece entrer dans l'Euro? Que peut le peuple quand au moment de lui poser la question par référendum, toutes ces élites européennes démocratiques ont immédiatement crié au scandale? Quelle responsabilité pour le peuple alors que c'est lui qui est en train d'encaisser la facture?
Tout d'abord, merci pour cette fine analyse.
Ne sachant par quel canal passer pour signaler une faute, je passe par celui des réactions.
Puits prend toujours un s
Merci
C'est corrigé. Désolée pour la coquille
Merci beaucoup pour cet article intéressant.
Je voudrais cependant attirer l'attention sur la "méprise" souvent commise à la seule évocation du populisme.L'incidence ,le rapport à la crise économique n'est pas automatique.Autrement dit ,la montée du populisme ne se décline pas toujours du marasme financier ;économique.
L'analyse du phénomène ne doit pas dissimuler l'aspect idéologique ni ne négliger le recul de l'analyse politique efficiente ,la démission des élites ,la crise de l'école républicaine , enfin l'incapacité des approches sociologiques à contourner les mécanismes sophistes du discours populistes.
La bataille des idées ,le face à face à la démagogie calamiteuse du populisme ne doivent pas être écartées à la seule mention des facteurs économiques.Ce sera trop facile vis à vis d'un phénomène politique complexe porteur de dégâts aux conséquences dangereusement imprévisibles.
Si je devine bien, Hollande va négocier en mai un traité qu'il a signé en mars?! N'étant pas prêt à sortir de l'Euro, il se présente en quémandeur. La seule chose importante est donc l'état d'esprit des dirigeants allemands.
Si la négociation échoue, nous aurons une explosion de la pauvreté. Les Français ne le supporteront pas cinq ans et nous assisterons à de très grands mouvements sociaux, de plus en plus violents. Hollande aura le choix entre faire appel à l'armée ou organiser de nouvelles élections. Nous aurons Le Pen, ayant probablement nettoyé son parti, contre l'union des européistes, UMP, Centre, PS, EELV. Et même s'ils gagnent, leur vie sera intenable. Alors?
@Eric Leser,
je reconnais que la formule est un peu brutale.
Si vous allez sur mon blog http://kafenio.over-blog.com , vous pourrez constater que je n'exonère en rien la classe politique Grecque.
( pas le peuple, qui lui,n'y est pas pour grand chose !).
Ceci étant dit, l'UE et ses "remèdes ", qui vont conduire ce pays à une vraie ruine - pas une ruine comptable-, porte évidemment une très lourde responsabilité.
et ceci va conduire à notre propre ruine, aussi
le fascisme a toujours prospéré sur fonds de ruines, comme dans l'Allemagne des années 20.
Je constate que les slateurs sont nombreux à saisir la crise grecque pour prouver la pertinence de leurs opinions et leurs causes respectives. Notamment pour soutenir la thèse qu’un pays seul et non membre d’une union comme l’UE sortirait mieux de sa crise.
Gbenchou retient mal sa joie. Même les Nazis grecs sont la faute de l’UE. CAP2006 (dont je partage certains de ses points de vue) nous informe que la Grèce a « enrichi considérablement certains pays du nord) oubliant qu’ils se sont ‘enrichis’ au mieux à 50% étant donné que 50% de l’endettement a été purement et simplement abandonné !
Marianne, épaulée par Jardidi, nous rappelle comme d’habitude que l’Europe est en péril.
Loupvert nous accuse d’avoir oublié un ensemble de choses qui ont été pourtant très largement exposés (souvent à tort) dans les média – les salaires bas (il parle sans doute des salaires déclarés…), des banques achetées par des grandes banques européennes (et considérablement assainies et moralisées en conséquence), les dynasties PASOK et Néa Démocrtatia dont les Grecs sciemment ont cautionné les pratiques frauduleuses en retour de quelques petits privilèges.
Pour conclure que « Enfin les Grecs pensent qu’ils vivaient beaucoup mieux avant l’adoption de l’euro qui est une catastrophe. ». Il est vrai que l’Euro a été une catastrophe pour la Grèce mais je ne connais personne ici (sauf chez des populistes justement) qui veut le quitter. Ils ne sont pas fous ces Grecs !
Je rejoins Tartempion dans son appel pour « l'instauration d'une véritable fédération européenne capable de défendre les intérêts économiques, sociaux et moraux des citoyens européens » mais non pas par crainte d’une « mondialisation capitaliste sans contrainte «. Plutôt parce que l’évolution vers une Fédération Européenne est une évidence historique et nécessaire pour maintenir nos valeurs et notre place méritée sur cette planète.
A LionelPinpin je réponds que les 20 dernières années ont vu un enrichissement considérable de l’ensemble du peuple grec du plus petit paysan (qui a sa voiture, sa TV, son téléphone portable, sa petite maison) au plus riche entrepreneur. Ce n’est pas parce que l’économie a explosé qui est le problème. C’est parce que l’explosion a été financée par la dette – à tous les niveaux. Et maintenant il faut payer.
Les problèmes grecs sont la faute des Grecs. Evidemment ils ne vivent pas en autarcie et nous sommes tous concernés. Mais c’est aux Grecs de réparer l’état économique, fiscal et moral du pays. Autour de moi je vois des signes malgré tout que le processus a commencé.
Désolé de vous décevoir, mais les nazis au parlement Grec aurait plutôt tendance à me faire pleurer!
Pas vous?
Vous êtes aussi contre l'accès au bien être des Grecs?
Cette notion de responsabilité collective (des grecs) est très dangereuse. En d'autres temps et d'autres lieux, elle a causé beaucoup de ravages.
Je vous rappelle, aussi, que l'on est là pour échanger des idées, pas des invectives
A chacun son invective M. ou Mme gbenichou! Votre "Un grand bravo à l'Europe, à la Troïka et à Merkozy" n'en est pas une?
Vos propos s'ajoutent à l'hystérie qui a contribué à l'arrivée des extrèmistes ici en Grèce.
"A LionelPinpin je réponds que les 20 dernières années ont vu un enrichissement considérable de l’ensemble du peuple grec du plus petit paysan (qui a sa voiture, sa TV, son téléphone portable, sa petite maison) au plus riche entrepreneur. Ce n’est pas parce que l’économie a explosé qui est le problème. C’est parce que l’explosion a été financée par la dette – à tous les niveaux. Et maintenant il faut payer."
Aucun doute, le peuple grec s'est "enrichi" (il s'est enrichi matériellement d'ailleurs, pour le reste...) mais laisser entendre comme vous le faites que tout un chacun en a profité me parait trompeur.
L'argent de l'Union a d'abord servi à financer de grands projets d’infrastructure (megalos et disproportionnés pour la plupart): des autoroutes, des ports, des bâtiments publics, les JOs... Or tous ces investissements, par qui ont ils été en grande partie réalisés? les grands groupes français et allemands. De même, il est établi aujourd'hui que les partis politiques se sont copieusement arrosés durant cet "age d'or" où l'Europe filait son peze en notre nom sans même prendre la peine d'en vérifier l'usage.
Les responsabilités sont multiples et diluées mais elles ne sont pas impossibles à établir. Il ne s'agit pas de la recherche d'un bouc emissaire mais d'un responsable. La recherche du bouc émissaire vient quand on se refuse à rechercher les responsables.
Et dire que la responsabilité est générale n'est pas une réponse. Il y a des gens qui touchent de gros salaires pour assumer de grosses responsabilités. Il est temps pour eux de justifier leurs salaires.
La peuple a toujours raison et n'est responsable de rien. CQFD
Votre remarque est tellement juste qu'elle mériterait d'être "le mot de la fin" .
J'ajouterai juste un "mot de la faim" : contre le populisme, organisons des "soupes populaires " !
Supprimons le mot, et reprenons l'analyse politique et économique de l'Union européenne. La question est : Est-il possible de continuer avec les Institutions qui ont été mises en place ? La réponse est non. Une Commission ayant pour seul critère de gouvernance "la concurrence !", un Président du Conseil sans pouvoir, une Lady aux Affaires étrangères qui croit que l'UE fait partie du Commonwealth, un Parlement dont tout le monde se fiche... une Cour de Justice hors sol qui sanctionne des Etats souverains ! Balyons tout cela pour ne conserver que l'Euro avec la BCE et quelques autres trucs à créer pour que ça marche (noyau fiscal commun, droit du travail &c.)
Ce n'est pas le populisme qui pose problème, c'est ce que le peuple voit ! Et ce qu'il voit, ce n'est pas beau (cf ci-dessus).
Bien à vous.