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Sous les étiquettes, l'environnement

Des pommes au Salon de l'agriculture, en 2012. REUTERS/Jacky Naegelen.

Des pommes au Salon de l'agriculture, en 2012. REUTERS/Jacky Naegelen.

C'est une idée née du Grenelle de l'environnement. Chaque produit devra avoir son étiquette verte, histoire que le consommateur puisse mesurer son impact sur l'environnement. Mais pas facile de faire des comparaisons objectives.

Composition détaillée, mention d'allergènes éventuels, origine du produit, informations nutritionnelles, présence éventuelle d'un logo ou d'un label, et, bien sûr, code barre, les étiquettes des produits alimentaires emballés offrent déjà, à qui sait les lire, une mine d'informations.

Alors que certains se verraient bien ajouter, pour la boucherie, une mention consacrée au mode d'abattage du bétail, le grand débat du moment, chez les professionnels, est ailleurs. Il concerne l'affichage environnemental des produits de grande consommation, qu'ils soient, ou non, alimentaires.

Peut-on savoir si un jus de pomme émet plus de gaz à effet de serre qu'un jus d'orange? Dans quelles proportions une bouteille de gaz domestique contribue-t-elle  à l'utilisation de ressources non renouvelables? Quel est l'impact sur les ressources en eau de la planète de la fabrication d'un paquet d'enveloppes? Et quelles peintures produisent le moins d'émissions dans l'air intérieur?

A chaque produit son étiquette verte

C'était l'idée du Grenelle de l'environnement: à terme, chaque produit devait avoir son étiquette verte, histoire que le consommateur puisse choisir, s'il le souhaite, en toute conscience écologique.

Et pas question de se limiter à la seule empreinte «carbone» qui mesure les émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2: la mesure est trop réductrice. Certains produits de l'agriculture bio, par exemple, sont aussi (voire parfois un peu plus)  émetteurs de CO2 que leurs équivalents «traditionnels»  parce que l'agriculture bio est plus mécanisée et moins chimique. En revanche, ils ont plus de chances d'afficher de meilleures performances en matière de  biodiversité ou d'impact sur l'eau.  

Le dessein était ambitieux. Mais encore fallait-il s'accorder sur les critères choisis, bien évidemment différents selon les produits: des groupes de travail sectoriels réunis dans une plate-forme unique de réflexion par l'Afnor (l'organisme de normalisation française) et l'Ademe (agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) travaillent depuis désormais quatre ans pour déterminer les indicateurs les plus judicieux pour chaque type de produit.

Aucune définiton de l'impact sur la biodiversité

Selon les cas, il est ainsi plus intéressant de se pencher sur l'eutrophisation de l'eau que sur la seule consommation d'eau, ou sur la pollution de l'air intérieur plutôt que l'air en général. Il faut ensuite se mettre d'accord sur  le périmètre précis de calcul des impacts: car s'il faut étudier l'impact d'un produit du berceau à la tombe, recyclage inclus, faut-il ou non inclure, par exemple, les consommation de fioul d'une ferme  ou seulement celle du tracteur?

Le travail est immense, et il est loin d'être terminé. Ainsi, aucune définition officielle de l'impact sur la biodiversité n'existe encore. De son côté, l'Ademe travaille à mettre sur pied (sans doute d'ici la fin de l'année) une base de données qui aidera industriels et distributeurs à faire leurs comptes environnementaux: elle donnera par exemple l'impact moyen d'une tonne d'acier en termes d'émissions de gaz à effet de serre.

Reste ensuite à savoir comment faire passer le message auprès du consommateur. Comment, par exemple, lui expliquer que l'impact d'un produit sur l'épuisement des ressources se chiffre en équivalent de kilogrammes d'antimoine, un métal peu abondant qui pourrait être l'un des premiers à faire défaut?  Du coup, dans un premier temps, la loi a prévu une expérimentation nationale, sur plus de 160 entreprises de toutes sortes, pendant environ un an.

Différentes présentations possibles

Depuis l'été 2011, les acteurs concernés testent chacun leur manière de présenter le résultat: indice environnemental (à quel hauteur de l'impact environnemental moyen d'un Français contribue le produit en question?), note globale unique, résultats détaillés pour chaque indicateur en valeur absolue ou relative, etc.

Certains affichent le résultat sur le produit, d'autres en magasin, sur internet ou sur téléphone mobile.  La société Greenext, qui est l'un des acteurs de cette expérimentation, a même mis en ligne un répertoire des données environnementales pour les produits alimentaires.

Un bilan sera réalisé début 2013, avant de décider du rythme et des modalités de généralisation de l'opération, mais d'ores et déjà, les consommateurs sont invités à donner leur avis.

Catherine Bernard

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