Le point G et le mythe tenace de l'orgasme vaginal
Ce qui se cache derrière cette recherche absolue: la peur d'un féminisme défini comme des femmes n'ayant plus besoin des hommes.
- Bothanica, pièce de théâtre à Rome en 2010. REUTERS/Alessandro Bianchi -
Entre le récent barouf pour savoir si, oui ou non, les ménagères des classes moyennes et supérieures sont réellement les créatures les plus merveilleuses du monde et cette énième histoire relayée un peu partout qui «prouverait» l'existence du point G sur la base de faits scientifiquement fragiles, je commence à me demander si notre culture n'aurait pas un gros problème.
Certes, l’idéal pré-féministe voulant que la femme soit un appendice de l'homme, que sa vocation soit d'être à son service et allant jusqu'à orienter son plaisir sexuel autour de la pénétration n'est peut-être plus la norme, mais ce fantasme a encore la vie dure.
Non pas qu'il soit interdit de ressentir votre point G et de vouloir vous amuser avec, bien entendu! Les preuves scientifiques ne sont pas concluantes. Peut-être qu'il existe, peut-être qu'il n'existe pas, ou peut-être que certaines femmes en ont un et que d'autres n'en n'ont pas. Tout est possible.
Ce que nous savons, par contre, c'est que de nombreuses femmes aiment stimuler ce point et qu'elles peuvent parfaitement continuer à le faire et à en tirer du plaisir. Bien sûr, la plupart des témoignages les plus précis dont nous disposons sur le point G sapent effectivement le fantasme sexiste pour qui la femme ne peut jouir qu'en faisant des choses impliquant directement le pénis, vu qu'en général, vous devez vous servir de doigts ou d'accessoires pour y arriver.
Mais je doute que la fascination qu'exerce le point G soit seulement lié au désir des femmes de jouir de plusieurs façons. La plupart des gens ne connaissent pas les subtiles méthodes digitales permettant de l'atteindre, et pensent simplement qu'il est lié à l'insaisissable «orgasme vaginal» pour qui la jouissance féminine est directement liée à la pénétration.
L'excellent article de Debby Herbenick, dans le Daily Beast, montre bien comment le point G est considéré dans l'imaginaire collectif comme un objet tourné vers la pénétration, que ce soit par la photo illustrant ce papier (un couple en plein ébat), ou par la question que les journalistes posent souvent à Herbenick: «quelle est la meilleure position pour jouir du point G?»
La réponse, pour ce que j'en ai compris, consiste à dire «aucune position, mais un geste qui n'est pas une position sexuelle à proprement parler», et c'est enquiquinant. Car cette histoire ne fait pas appel à notre fantasme collectif où la pénétration est une fin en soi et un absolu sexuel. Cette histoire nous renvoie à une décevante réalité où, pour jouir, les femmes pourraient avoir besoin d'autre chose que d'un simple mouvement de va-et-vient.
A une époque où Dan Savage fait office de gourou américain de l'amour, où les boutiques de sex toys fleurissent à tous les coins de rue et où les magazines masculins publient des hymnes à la gloire du cunnilingus, il est étrange d'observer la persistance de cette obsession culturelle à trouver le bouton magique qui obligera toutes les femmes à jouir uniquement de la pénétration, en évitant de les faire passer pour sexuellement insuffisantes. (Ce que soulignent les auteurs de la dernière étude en date quand ils précisent que leur découverte permettra «l’amélioration de la fonction sexuelle féminine», comme si l'actuel modèle clitoridien était tout simplement insuffisant et avait besoin d'être amendé).
Dans un sens, je suis aussi obligée de me demander s'il s'agit vraiment et uniquement de sexe, ou si toutes ces histoires à dormir debout ne sont qu'une énième manifestation de peurs culturelles où le féminisme serait défini en gros comme des femmes n'ayant plus besoin des hommes.
Amanda Marcotte
Traduit par Peggy Sastre
Mis à jour le 05/05/2012 à 14h13














































Merci Slate qui pose des mots sur ce que je pense mais que je n'arrive pas à exprimer ! Article éclairant :)
Une chose m’ennuie.. en quelque sorte.
Vous semblez vouloir remplacer une dictature par une autre. En cela vous suivez d’ailleurs un chemin de plus en plus commun, chemin né de revendications que je perçois très agressivement féministes pour ne pas dire castratrices.
Ce chemin veut faire croire que les toutes les femmes sont d’abord clitoridiennes, que pour jouir il faut stimuler cet organe.
Que, en quelque sorte, point n’est besoin de pénétration pour jouir. A l’extrême.. point n’est besoin d’un homme, de son sexe.
Et bien… non… ras le bol de ce dictat.
Combien de fois j’ai du faire semblant pour ne pas paraitre anormale, pour ne pas être taxée de frigité… comment peut on être normale et non clitoridienne ou si peu ?
Et bien, maintenant je dis non à cette dictature. Nous ne sommes pas toutes identiques.
Pour jouir, comme beaucoup d’autres femmes, j’ai besoin de pénétration. Et comme nous sommes des êtres doués d’un cerveau (si si…), j’ai besoin de pénétration virile, pas d’artifices.
Et puis…. ce point quelque part sur la face antérieurs du vagin, ce point qui n’existe pas et bien lui à coup sure il déclenche une jouissance… très très humide.
Et franchement…. La vue, la sensation d’un sexe qui bande glorieusement…. C’est quand même plus excitant que celle d’une bouche ou de quelques doigts… Mâle et Femelle !
Rolala, Armanda, qu'est-ce qu'elle va chercher là !!?
Je suis fasciné par cette capacité de certaines personnes à tout politiser !
Si la pénétration nous fascine, en tant qu'homme, c'est d'abord parce que c'est ainsi qu'on prend du plaisir, et qu'on est très fainéant.
Ensuite, c'est parce que, sachant que les femmes font facilement semblant, c'est assez angoissant, de la bricoler maladroitement manuellement pendant 20 minutes à s'échiner à vouloir lui faire plaisir sans même savoir si ça marche.
Problème que n'ont pas les femmes, parce qu'un homme qui s'ennuie, c'est vite mou :-)
Ah bon natachavella si je suis lesbienne et ou pas très fan de pénétration vaginale. Je ne peux pas jouir.
Vous êtes contradictoire vous reprochez a la personne qui a écrit cet article d’être comme les pro féministes qui veulent a tout prix imposer leur vison des choses. Et bien vous faites pareil pour vous une femme un a tout prix besoin d'un pénis. Le début de votre commentaire commençait plutôt bien. Comme vous pouvez le constatez toutes les femmes sont différentes mais si on vous stimule le clitoris avec un doigt, la langue, une pénis ou autres vous serez très prés de l'organisme.
Donc si vous la vue d'un pénis bandant près a vous dégommer vous exite bah tant mieux mais ne prétendez pas que c'est le cas pour toute les femmes.
"Certes, l’idéal pré-féministe voulant que la femme soit un appendice de l'homme [...] n'est peut être plus la norme."
Ah oui ? Je ne suis pas certain d'en être aussi sûr : il suffit juste de regarder une chose : l'expansion du porno, par exemple, ou plus simplement, la fille ne sous-vêtements sur l'abris-bus devant chez vous pour vendre un bidon de désherbant, et il est vrai que le cerveau primal ne le prends par pour "argent comptant".
J'aurai encore une inquiètude/question autre, concernant le plaisir féminin : oui, il fait peur, effectivement, parce que s'il l'on accepte que la femme ait du plaisir (sous entendu "autant que l'homme", et non pas "dommage collatéral"), c'est accepter qu'elle soit un être sexuel. Un être sexué, oui. Mais un être sexuel, avec ses désirs, ses phantasmes, mais aussi ses refus, là, c'est plus difficile à accepter dans la phallocratie paternaliste sociale ("Micheline, vous avec un joli petit cul, veuillez bien poser tous ces dossiers par terre que je confirme").
Le fait est que une part de femmes a (encore) peur de son corps : et oui, on ne se libère pas de 2000 ans de christianisme comme ca,et qu'une partie, par contre, n'en a pas peur, mais ne sait pas s'en servir comme médium "noble", ou tout du moins respectable : ce sont les libertines. Non pas qu'être libertine soit punissable (et non pubissable, coquille), mais le fait de le paraître dans cette fameuse société patriarcale, c'est un peu trop hardcore. (et il y a celles qui ont peur de le corps, mais agissent comme si de rien était, croyant mener les hommes : ce sont, ce qui est communément appellé de facon péjorative, les "salopes", ou tout du moins, celles que l'on ne présente pas à ses parents).
Pour autant, même si les femmes doivent prendre conscience de leur identité sexuée, et de le désirs, et fissa - on ne va pas encore remercier l'éducation nationale pour celà, qui ose à peine présenter des capotes en seconde, alors que la moitié on déjà eu des relations, et où le mot de "position" ou même l'évocation de deux corps s'étreignant dans l'amour considère un pêché tellement gras, que c'est passé sous silence), la question que je me pose, est de savoir, si le bourgeonnement actuel du plaisir féminin assumé n'est pas repris par la société (masculine/phallocrate [attention, mëme ici, j'inclus les femmes dans la société "phallocrate"], au titre d'appendice de l'homme, mais 2.0 : ce n'est plus un "dommage collatéral", c'est un "plus", mais celà s'arrête là : que le plaisir féminin ne soit un accesoire à une relation réussie, mais ne soit pas encore accepté comme composante de la relation même, au même titre que le plaisir de l'homme (reconnu, et nécessaire, aux yeux de la société phallocrate) : comme un bel objet dans le salon, l'orgasme féminin est un meuble, et n'est pas encore une composante de la cellule familale...
J'ai l'impression qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, et je ne suis malheureusement pas si sûr qu'il n'y a que les hommes qui doivent en prendre conscience....
Amanda Marcotte est une misandre donc ce qu'elle dit est a prendre avec des grosses pince.
Elle voit l'orgasme féminin comme un moyen de domination pour mettre l'insécurité chez le partenaire, tu ne m'as pas fait jouir tu es un nul, non mais la je n'ai pas joui j'ai simulée etc , mettre le partenaire dans l'insécurité constante le dévalorisé, etc c'est de la manipulation émotionnel.
Pour le reste ne vous inquiétez pas les femmes sont autant sinon plus mécanique que les hommes.